‹ TragaldabasChapitre 23 sur 96 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Entrent TRAGALDABAS, GRIF et MINOTORO,

tous trois ivres, Minotoro, le premier et seul, absorbû dans une rêverie extatique; Crif et Tragahlnbas su donnant le bras.

MINOTORO.

Quels vins !

Je suis malade.

Je me repens d'avoir mangé de la salade.

GRIF.

Sois mon frère !

TRAG VLDABAS.

Je suis malade.

GRIF.

Ce festin Laissera quelque trace en l'avenir lointain. Chance énorme, fatale, étrange, échevelée, Que, s'étant hier matin perdus dans la mêlée, On se soit ce matin retrouvés nez à nez ! Ce déjeuner, ce roi, ce dieu des déjeuners, A pu n'être pas !

Oui.

GRIF.

Telle est la destinée!

Ce matin, sans prévoir cette grande journée, Je passais, quand soudain ton profil me frappa. Tu pouvais réciter notre mea culpa, Je crus bon de lancer une parole vague : « La balle t'a manqué, j'essaîrai de la dague ! » Te dis-je. C'est alors que tu nous invitas A ce festin, voulant nous attendrir. Quel tas De mets ! Je t'aime bien ! Tout était impayable. Mon frère!

Hormis le porc.

Tu m'insultes.

Du diable Si je t'insulte! En quoi?

Page 1