ACTE DEUXIÈME. Zi
Oh ! lui, c'est différent, puisqu'il est maître d'armes.
DON ELISEO.
Mais vous allez mourir !
Mon sort manque de charmes.
Je suis triste.
DON ELISEO.
Et moi donc ! Ah ! quel ennui !
Merci !
DON ELISEO.
Cet homme est furieux. — Mais quelle idée aussi D'aller se quereller quand on ne sait pas même Les premiers éléments !
TRAGALDABAS, à part.
Gomme ce seigneur m'aime !
DON ELISEO.
Vous ne pensez qu'à vous ! Ètes-vous si certain De n'être précieux à personne? Hier matin, Quand, tiré du péril où le complot vous livre. Vous me remerciiez, je vous ai dit de vivre : De quel droit mourez-vous sans ma permission ?
TRAGALDABAS, s'excusant.
Je me bats sans la mienne.
DON ELISEO.
Avec la passion Qu'y met l'autre... — Voyons toujours un peu.
A Grif.
Mon brave.
Est-ce que le sujet de la querelle est grave?
GRIF.
Des plus graves. Il a traité d'un ton léger Un plat que j'aime.
DON ELISEO, souriant.
Alors cela peut s'arranger.
GRIF.
Vous êtes son ami, je l'aperçois sans peine.
DON ELISEO.
Je risquerais ma vie au besoin pour la sienne. Grevez-lui les deux yeux!
GRIF.
Quoi ?
DON ELISEO.
Ne vous gênez point Pour lui faire sauter les dents à coups de poing. Je ne tiens qu'à sa vie, et, pourvu qu'il existe, Vous me l'ébrancheriez, je n'en serais pas triste, Et même, à dire vrai, j'en serais enchanté. Mutilez mon ami, sans nuire à sa santé,