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ACTE PREMIER

MINOTORO.

D'abord, mon cher, le peuple aime le changement; Puis, l'ancien gouverneur, dont nous servons la cause, A le juger sans haine, était un pas grand'chose; Croire que tout Gadiz contre son successeur Va s'insurger pour lui — serait d'une épaisseur D'esprit particulière.

GRIF.

Et pourtant tu nous risques?

MINOTORO.

Qu'il ait moins de chevaux, de gens et d'odalisques. Ça me touche très-peu, mais j'ai servi quatre ans Sous son frère, et tu dois comprendre...

Je comprends.

GRIF.

MINOTORO.

On est soldat ou non.

GRIF.

C'est évident.

MINOTORO.

Du reste, Quand je dis : « Nous avons perdu » , je suis modeste : Nous ne remettons pas l'ex -gouverneur sur pied, Mais nous jetons bas l'autre.

GRIF.

Oui?

MINOTORO.

L'Etat se rassied A peine du dernier mouvement militaire.

On s'efforce de tout calmer. Le ministère Punira le nouveau gouverneur, tu m'entends, D'être cause d'un train quelconque dans un temps Où la contagion est vite universelle.

Qui craint un incendie a peur d'une étincelle !

GRIF.

Quelle heure est-il?

MINOTORO.

Une heure, au moins.

GRIF.

Que faisons-nous Du reste de la nuit?

MINOTORO.

Ces sièges sont moins mous Que de bons matelas; mais, si quelque imbécile Bavardait, j'aime autant être sans domicile.

OR IF, lui montrant la place, qui s'est dépeuplée par degrés.

Nous voilà seuls ici, nous serons remarqués ; Nous ferions mieux alors de marcher sur les quais.

Ils sont pleins d'alguazils, comme toute la ville, D'ailleurs. Nous ferons mieux d'entrer dans cet asile.

Appelant.

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