ACTE TROISIÈME
Une fête Où tout Cadiz ira célébrer la défaite De l'émeute. On l'attend aux apprêts qui s'en font...
Il se lève.
DON A CAPRIN A.
J'ai, grâce à mon mari, pu voir une âme à fond.
DON ELISEO, à part.
Aurait-il donc?...
DON A CAPRINA.
Il faut vous dire que mon maître Et seigneur est très-franc ; l'enfant qui vient de naître Est moins candide ; il a cette sincérité Qui dit, sans le vouloir, toute la vérité. Il a cela parmi des mérites sans nombre. Cette sincérité lumineuse a pour ombre L'impossibilité de garder un secret.
DON ELISEO, jetant sur Tragaldabas un regard de défia A part.
L'animal a donc dit?...
Tragaldabas lui fait, par derrière dona Caprina, des gestes de dénégation. DONA CAPRINA.
Je signale à regret Le seul point qui dépare un si beau caractère, Une incapacité terrible de se taire, A laquelle je dois une indiscrétion D'où mon petit esprit, par une induction
Que vous seul comprendrez, a conclu qu'une femme A qui vous offririez votre vie et votre âme Serait sage d'en rire aux éclats... — Mais j'ai tort, Vous allez en vouloir à mon mari.
DON ELISEO, à part.
Butor !
TRAGALDABAS, ne pouvant plus se taire.
Je n'ai pas dit!...
DONA CAPRINA.
Daignez lui pardonner...
Je jure...
DON ELISEO, à part. Furieux.
Brute !
Idiot!
DONA CAPRINA.
C'est sans malice et par enfance pure...
DON ELISEO, à part.
DONA CAPRINA.
Qu'il vous a dénoncé.
TRAGALDABAS, hors de lui.
Que le ciel Tombe si j'ai parlé du duel !
DONA CAPRINA, avec un cri.
Ah ! c'est le duel !