‹ TragaldabasChapitre 51 sur 96 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Une fête Où tout Cadiz ira célébrer la défaite De l'émeute. On l'attend aux apprêts qui s'en font...

Il se lève.

DON A CAPRIN A.

J'ai, grâce à mon mari, pu voir une âme à fond.

DON ELISEO, à part.

Aurait-il donc?...

DON A CAPRINA.

Il faut vous dire que mon maître Et seigneur est très-franc ; l'enfant qui vient de naître Est moins candide ; il a cette sincérité Qui dit, sans le vouloir, toute la vérité. Il a cela parmi des mérites sans nombre. Cette sincérité lumineuse a pour ombre L'impossibilité de garder un secret.

DON ELISEO, jetant sur Tragaldabas un regard de défia A part.

L'animal a donc dit?...

Tragaldabas lui fait, par derrière dona Caprina, des gestes de dénégation. DONA CAPRINA.

Je signale à regret Le seul point qui dépare un si beau caractère, Une incapacité terrible de se taire, A laquelle je dois une indiscrétion D'où mon petit esprit, par une induction

Que vous seul comprendrez, a conclu qu'une femme A qui vous offririez votre vie et votre âme Serait sage d'en rire aux éclats... — Mais j'ai tort, Vous allez en vouloir à mon mari.

DON ELISEO, à part.

Butor !

TRAGALDABAS, ne pouvant plus se taire.

Je n'ai pas dit!...

DONA CAPRINA.

Daignez lui pardonner...

Je jure...

DON ELISEO, à part. Furieux.

Brute !

Idiot!

DONA CAPRINA.

C'est sans malice et par enfance pure...

DON ELISEO, à part.

DONA CAPRINA.

Qu'il vous a dénoncé.

TRAGALDABAS, hors de lui.

Que le ciel Tombe si j'ai parlé du duel !

DONA CAPRINA, avec un cri.

Ah ! c'est le duel !

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