‹ TragaldabasChapitre 57 sur 96 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

Que, musiques, chansons, mouvement qui déborde,

Une ville dehors, les amis rencontrés,

L'entrain universel vous gagnant par degrés,

L'orgueil, quand de son mieux on s'est accommodée,

De traverser la foule et d'être regardée,

Tout cela ne vaut pas le bonheur de vous voir,

Silencieusement, au fond d'un bois bien noir,

Et que la plus stupide entre les malhonnêtes

Peut seule regretter quelque chose — où vous êtes!

DOX ELISEO.

Quelque chose — ou quelqu'un?

Quelqu'un?

DONA CAPRINA.

Vous supposez Que?...

Que l'espoir d'avoir les deux pieds écrasés N'est pas ce qui vous fait aimer cette cohue, Ni même le désir naturel d'être vue Quand on se sait vos yeux. Gadiz vous contemplait, Ça vous était égal; par un oubli complet De leur emploi, vos yeux, faits pour qu'on les regarde, Et pour n'apercevoir les gens que par mégarde, Distraitement, de loin, ainsi que de leurs cieux Les étoiles, — faisaient ce que font tous les yeux : Ils regardaient! non pas la fête, mais la foule. Vous alliez et veniez en tous sens dans la houle

De cette mer humaine; et, la tête en avant, Apre à tout visiter, parfois, comme trouvant, Radieuse, et soudain, votre erreur reconnue, Sombre, mais secouant votre déconvenue, Ne vous décourageant pour rien, et sans arrêt Poursuivant, — vous cherchiez quelqu'un!

DONA CAPRINA.

TRAGALDARAS.

Vous cherchez quelqu'un?

DONA CAPRINA.

Oui.

TRAGALDARAS.

Qui donc?

Quand ce serait?

Chacun le sien.

DONA CAPRINA.

C'est mon mystère.

TRAGALDARAS.

Uu mot, et vous pourrez vous taire.

L'être que vous cherchez avec ce diable au corps, Est-ce une femme ou bien un homme?

DONA CAPRINA.

TRAGALDARAS.

Un homme.

Alors.

Page 1