‹ TragaldabasChapitre 61 sur 96 · CTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CTE QUATRIÈME

Un freluquet!

JACINTHA

Les duels ne prennent pas tous les jours la tournure Qu'on leur souhaiterait. Pour une'égratignure...

Égratignure !

JACINTHA

Non, blessure...

GRIF.

Un élégant.

Qui m'a flanqué cela sans même ôter son gant! Un gaillard à la mode! un promeneur de femme! Un roucouleur! J'en ai, le soir, puni ma lame. Crac! — Et j'étais allé chercher moi-même exprès Ce galant ! c'est très-gai. Tenez, je couperais Ma main qui s'est laissé toucher par un bellâtre ! Et c'était mon témoin ! Non, l'histoire est folâtre. Bête brute! A dîner, qu'on me serve du foin. Avoir été blessé par mon propre témoin ! Triste !

JACINTHA, i part.

Essayons de l'autre.

Elle revient à Minotoro.

Eh bien?

MINOTORO.

Ombre et tonnerre

JACINTHA, à elle-même.

Ça va tout seul.

A Minotoro.

Mino! toi si doux d'ordinaire!

Mon petit Min ! Les jours de fête sont si courts ! Le travail reprendra demain son triste cours ; Sois bon ; le temps est beau , ne nous fais pas d'orage : Sois gracieux un jour ; une risette !

MINOTORO.

JACINTHA

0 rage !

Mais enfin qu'avez-vous ? Depuis avant-hier soir Vous froncez des sourcils horribles sans vouloir Même dire pourquoi. Grif montre sa blessure, Lui. Montrez-nous la vôtre, au moins !

MINOTORO.

Etes-vous sûre De l'ignorer?

Quels yeux méchants! Allons, riez.

Vous brandissez toujours ce bouquet; vous feriez Bien mieux de me l'offrir.

MINOTORO, terrible.

En auriez-vous envie?

Elle recule effrayée. Il la poursuit de son bouquet.

Osez donc me le dire, et ma' rage assouvie Vous en remercîra.

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