‹ TragaldabasChapitre 75 sur 96 · ACTE QUATRIÈME. j · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME. j

C'est magnifique; et si, tant qu'à prendre un amant, Tout en voyant avec une allégresse extrême Qu'on aime mon mari, j'en préfère un qui m'aime, Ce monstrueux excès de personnalité Me laisse rendre hommage à votre loyauté Envers mon mari; loin de vous en faire un crime, Je n'aurai désormais pour vous que de l'estime. Adieu. Je vous défends de me suivre! A jamais Adieu.

Elle s'en va.

DON ELISEO, seul.

C'est pour de bon. Tant pis! car je l'aimais. Maudit soit ce Tragal avec ses duels! Ah! certe, Si je le retrouvais devant sa tombe ouverte, Je l'y laisserais choir cette fois sans regret, Avec joie! Et sa femme alors... — m'épouserait. Oui, mais si le péril était imaginaire? Si. tout en éclatant comme un coup de tonnerre, Tl ne foudroyait pas? Impossibilité — Le mari subsistant — de conjugalité, Et pourtant mon amour aurait donné la preuve. En n'intervenant pas, qu'il ne la craint pas veuve. Si ce Tragaldabas faisait encor semblant De mourir?... Si, poison aux dents, ou glaive au flanc. Il se précipitait dans quelque autre agonie? Son exploitation de moi n'est pas finie; Il va continuer! A présent, plus un sou. J'aurais l'air de le croire enfoncé jusqu'au cou,

Et, malgré son appel, je passerais au large. Voilà ce qu'il faudrait. En tout cas, je me charge De lui faire un péril éclatant et pompeux. Oui, je lui trouverai, dès ce soir, si je peux, Un accident terrible où, grâce à quelque leurre. Je puisse le laisser égorger sans qu'il meure. Cherchons.

Il s'éloigne en rêvassant.

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