SCENE IV
MINOTORO, GRIF.
MINOTORO.
Je te trouve bien gai, loi.
GRIF.
C'est une apparence Je suis lugubre. Ami, le guignon est fécond, Et le premier déboire attend peu le second.
MINOTORO.
Le second ?
<; ri f.
J'ai perdu cette nuit, Dieu me damne!
Mon ami le plus cher.
Qui? ton frère?
GRIF.
Oui. mon âne.
MINOTORO.
Lequel? celui qui dit aux gens, d'un air mignon, Si leur femme est fidèle?
GRIF.
il disait toujours non.
Il avait d'un savant, hélas! toute l'étoffe.
MINOTORO.
L'Ane-Spirituel ?
GRIF.
Oui.
MINOTORO.
Quelle catastrophe!
Crois que je prends ma part de ta juste douleur.
GRIF.
Et tu n'es pas encore au fond de mon malheur.
J'en ai le cœur gonflé, Min, — et la bourse plate.
J'avais vendu cet âne au célèbre Ecarlâle
Venu pour exploiter la fête. Il consentait
Au prix que ce charmant élève méritait.
Il repart ce matin, et devait — c'est à fendre
Le cœur — en s'en allant le payer et le prendre.