ACTE CINQUIÈME
Le mien demande à s'abreuver !
Il ùte et remet sa manche.
MINOTORO.
Oh!
TRAGALDABAS, à don Eliseo.
Je n'ai pas besoin de vous faire observer Que, si j'étais tué, ma femme serait veuve.
DON ELISEO.
C'est une vérité qui se passe de preuve.
Veuve, par conséquent libre. Un coup meurtrier Lui donnerait le droit de se remarier.
DON ELISEO.
A qui le dites- vous?
TRAGALDABAS, à part.
C'est certain ! Je rabâche.
Il ûte son habit tout à fait. À Minotoro.
Ça, je t'attends!
Grif les place et engage les épées.
GRIF.
Allez.
MINOTORO.
Oh! pour cette fois !...
Au premier dégagement de Minotoro, Tragaldabas, hérissé de terreur, jette son épée, et se précipite rageusement sur don Eliseo.
Lâche !
Comment ?
Il me laissait tuer ! J'ai vu la mort! A. h Dieu! j'allais, croyant que nous étions d'accord! Il ne veut même plus payer pour moi, l'infâme ! Poltron ! gratte-liard ! pauvre ! amant de ma femme !
MINOTORO.
En as-tu pour longtemps?
Mon bon Minotoro, C'est à lui que j'en ai, non à toi.
A don Eliseo, en remettant son habit.
Va, zéro!
Va, lièvre ! Il est, avec sa mine de bravache, Aussi lâche que moi !
MINOTORO.
Faut-il qu'on te cravache La face de ce fer, pour que ta lâcheté Se batte enfin?
Un duel? moi! J'avais accepté Parce que je croyais qu'il aurait pris ma place, Mais je ne me bats pas moi-même.