HEIDELBERG
Neckarsteinach , journée entière , 5 fl.; demi-journée 4 fl.
Anes.— Au château, 18 kr., retour 12 kr.; au château et au Wolfebrunnen, 1 fl. ; au Kœnigsstuhl palier et retour), 1 fl. 45 kr.; à la Molkencur par le château et retour, 1 fl. 12 kr.; au Kœnigsstuhl, I fl.
30 kr.; aller et retour, 1 fl. 45 kr.; au Kœnigsstuhl et revenir par le Wolfsbrunnen, 2 fl. 24 kr. ; chaque heure d'arrêt se paye en outre 30 kr. On trouve ordinairement des ânes avec leurs conducteurs sur le sentier qui conduit de la place de Charles au château.
École de natation dans le Neckar.
Heidelberg, V. de 16 289 hab., dont 9721 protestants, est située et comme réfugiée au milieu des arbres, à l'entrée de la vallée du Neckar, a entre deux croupes boisées plus fières que des collines et moins âpres que des montagnes, »
le Kœnigsstuhl sur la rive g. et le Heiligenberg sur la rive dr. Elle s'étend le long de la rive g. du Neckar et à la base des derniers escarpements du Kœnigsstuhl, sur une longueur de 30 min., de PO. à TE., ou de la porte de Mannheim à la porte de Charles. Elle ne se compose pour ainsi dire que de deux rues parallèles, la Haupt Strasse ou rue principale, et la Plock Strasse, derrière laquelle se trouvent les Anlagen. Sur cette promenade bien plantée et bordée de charmantes maisons, on a érigé une statue de bronze (en 1860, par Brugger ) au feld - maréchal bavarois prince Charles Wiede (né à Heidelberg en 1767 , mort àEUingenen 1838), et deux monuments en l'honneur de leur créateur. Les embarcadères des chemins de fer sont situés près de la porte de Mannheim, qui
donnait seule autrefois accès dans la Haupt Strasse, et que la route tourne aujourd'hui des deux côtés.
La Haupt Strasse — comme la promenade et la Plock Strasse — mène au château, vers lequel se dirigent, dès leur arrivée, tous les étrangers.
Il fut un temps où la colline sur laquelle s'élève le château n'était couverte que de Heidelbeeren ou myrtilles. D'abord des bergers s'y établirent; puis les Romains les en chassèrent pour s'y fortifier. Plus tard, des maisons ou plutôt des huttes se groupèrent autour et audessous des murailles qu'ils avaient dû abandonner aux Barbares. Elles finirent par former un bourg, où vint se fixer, vers le milieu du xin« s. (1228 1253), le comte palatin Othon, l'illustre chef de la famille de Wittelsbach. A dater- de cette époque, jusqu'en 1720 , le bourg, devenu une ville, fut la capitale du palatinat du Rhin. Cet honneur lui coûta cher, comme on le verra ci-dessous en lisant l'histoire de son château. — En 1780, Charles-Philippe transporta à Mannheim le siège de son gouvernement. Depuis 1802, Heidelberg appartient au grand-duché de Bade.
Heidelberg est une ville entièrement moderne. De ses anciennes maisons les hommes et les éléments n'en ont épargné qu'une, située sur la place du Marché, en face de l'église du Saint-Esprit. Elle fut construite en 1592 par un Français de Tournay, Ch. Bélier, qui avait réussi à échapper aux massacres du la Saint-Barthélémy. C'est aujourd'hui une auberge. On l'appelle ^4u Clievalier Saint-Georges (Zum Ritter Sanct-Georg). « Figurez -vous, «lit M. Victor Hugo, trois étages à oroi-
sées étroites supportant un fronton triangulaire, à grosses volutes bouclées à jour; tout au travers de ces trois étages deux tourelles-espions à faîtages fantasques, faisant saillie sur la rue; enfin, toute cette façade en grès rouge, sculptée, Touillée, ciselée, tantôt goguenarde, tantôt sévère, et couverte du haut en bas d arabesques, de médaillons et de bustes dorés. Quand le poète qui bâtissait cette maison l'eut terminée , il écrivit en lettres d'or, au milieu du frontispice , ce verset obéissant et religieux : Si Jehova , non œdificet domum , frustra laborantœdificantes eam. «Si Jéhova ne bâtit pas une maison , ceux qui la bâtissent font un travail inutile. »
La maison du chevalier de Saint- Georges a constamment échappé aux désastres qui ont ruiné le reste de la ville. Fendant la guerre de Trente ans (1620-1648), Heidelberg fut prise quatre fois, deux fois bombardée et incendiée en 1636; la maison de 1595 resta seule debout. Pendant la guerre du Palatinat, Mélac, lieutenant général de Louis XIV, mit à sac, en 1689, la ville qui venait d'être reconstruite; la maison du chevalier fut respectée.
Enfin, en 1695, le maréchal de Lorges ayant de nouveau incendié Heidelberg. l'édifice privilégié se trouva seul épargné. « Aujourd'hui, dit M. Victor Hugo (le Rhin, 1. 111), la charmante façade vermeille, damasquinée d'or, toujours vierge, intacte et fière, et seule digne de se rattacher au château dans cet insignifiant entassement de maisons blanches qui compose à présent Heidelberg, se dresse superbement sur la ville et fait étinceler au soleil la triomphante inscription où je lis tous les matins en passant |
que Jéhova a été l'ouvrier et que Jéhova a été le sauveur.
* 11 est vrai, car il faut tout dire, et la dévotion de la Renaissance s'assaisonnait de fantaisies païennes, il est vrai que l'effet de ce grave psaume est un peu modifié par cette ligne profane que l'architecte a gravée au-dessus : Prœstat invicta Venus, laquelle doit elle-même se sentir un peu gênée par cette troisième légende dont se couronne le fronton : Soli. Deo. Gloria. »
Près de la maison du chevalier Saint-Georges se trouve Véglise du Saint-Esprit, bâtie à la fin du xives., et qui renfermait les tombeaux de plusieurs princes et électeurs palatins, en partie détruits par les Français, en 1793. Aujourd'hui les deux communions y célèbrent leur culte sous le même toit. Une autre église de Heidelberg, Véglise Saint-Pierre, rappelle un souvenir de la Réforme.
C'est à ses portes que Jérôme de Prague, l'ami et le disciple de Jean Huss, afficha les thèses célèbres qu'il soutint en plein air, devant la foule rassemblée, pour l'entendre, dans le cimetière voisin.
V Université de Heidelberg , la célèbre Ruperta-Carolina , doit surtout sa réputation à ses Facultés de droit et de médecine. Quelques-uns de ses professeurs se sont acquis une réputation européenne. Le nombre des étudiants varie de 500 à 600.
C'est l'une des plus anciennes universités de l'Allemagne, car sa fondation remonte à l'année 1386. Les bâtiments où elle est établie (place Louis, à peu près au milieu de la ville) n'ont rien de remarquable ni à l'extérieur ni à l'intérieur; la biiliothèque qui occupe un bâtiment séparé (ouverte tous les j. de 10 h.
à midi, mercredi et samedi de 2 h.