DE WISSEMBOURG A NEUSTADT
6 1/4 mil. — Chemin de fer. 4 convois par jour. Trajet en t h. 35 min., pour 2 fl. 6 kr. 1 fl. 15 kr. et 51 kr.
Au delà- de Wissembourg on traverse la Lauter (clair), rivière qui sert de limite à la France et l'on entre sur le territoire de la Confédération germanique, dans le Palatinat bavarois. A la station de Schaidt on subit la visite de la douane bavaroise.
2 1/4 mil. Winden, station desservant Bergzabern (hôt. de l'Ours noir), V. de 3000 hab., située à I mil. env. à l'O.
2 3/4 mil. Rohrbach.
3 3/4 mil. Landau (hôt. : Zum Schwan ou Poste , Pfœlserhof), V.
de 7000 hab. (non compris la garnison de 4500 hab. environ), située sur la Queich (ses portes sont fer-
LANDAU. — LA MADENBURG.
mées de bonne heure). Au xnr s.
ce n'était qu'un village; en 1291, Rodolphe de Habsburg en fit une ville, qui fut bientôt, pour son malheur, entourée de fortifications.
En 1652, le margrave Albert de Brandebourg s'en empare et la saccage. Pendant la guerre de Trente ans elle est prise et pillée sept fois par tous les partis. La paix de Westphaiie la donne à la France, qui la garde trois ans ; en 1678 , elle tombe au pouvoir du duc de Lorraine; en 1679, les Français la reprennent, et le traité de Ryswick la leur cède (1691); dans l'intervalle, LouisXIV l'avait fait fortifier par Vauban, et un incendie l'avait réduite en cendres (1689). Pendant la guerre de la Succession , elle est obligée de subir quatre capitulations. Enfin la paix de Rastatt la rendit à la France, qui la garda cent ans. En 1793 elle soutint un siège de neuf mois. En 1815 elle fut cédée d'abord à l'Autriche, puis à la Bavière. C'est aujourd'hui une forteresse de la Confédération germanique, occupée en temps de paix par la Bavière; récemment ses fortifications ont été considérablement augmentées. Sur ses deux portes on lit encore la devise de Louis XIV : Nec pluribus impar. L'église, bâtie en 1280 et servant aux deux communions (la moitié de la population professe la religion catholique, l'autre moitié la religion protestante) , renferme le monument d'un baron de Monclar (j- 1690), gouverneur de l'Alsace « qui chassa de Huningue le duc de Saxe et soumit au roi le duché de- Wurtemberg et les pays voisins. » Du haut de la tour de l'église on découvre une belle vue sur les montagnes du Haardt. — Le bonnet phrygien qui surmonte la
tourelle orientale de V Arsenal, y a été placé en 1793.
C'est en général de Landau que l'on part pour aller visiter les ruines de la Madenburg (2 h.). Le chemin passe par Ârzheim, où on laisse à dr. celui qui conduit à Trifels, puis par Ilbesheim, avant d'atteindre (1 h. 30 min.) Eschbach (hôt. Engel), petit v. de 750 hab.
où l'on peut aisément se procurer un guide (36 kr.) pour aller à la Madenburg et à Trifels. Deux chemins, un de piétons, un de chars, montent à la Madenburg. Le chemin des piétons est plus roide mais plus court et passablement ombragé.
La Madenburg (30 min. d'Eschbach) ou Maidenburg, fondée on ne sait à quelle époquej appartenait, au xiii' siècle, au comte 'de Leiningen. Frédéric le Victorieux l'assiégea, la prit et la saccagea en 1470. En 1516, le duc Ulrich de Wurtemberg la vendit àl'évêque de Spire. Elle fut de nouveau prise et pillée en 1525 par les paysans insurgés. Cette fois encore elle se releva de ses ruines; mais en 1552, le margrave de Brandebourg, surnommé Alcibiade, la livra aux flammes.
Durant la guerre de Trente ans,, elle appartint tour à tour à Mansfeld (1622), aux Français (1634), aux Impériaux (1636), et aux Français (1644). La paix de Westphalie la rendit aux évêques de Spire, qui la reconstruisirent; mais, en 1680, le général français Montciar en fit la ruine que l'on admire aujourd'hui, c'est-à-dire une des plus grandes et des plus belles ruines du Palatitiat du Rhin, d'autant plus visitée qu'elle offre un admirable panorama sur la vallée du Rhin. On voit Strasbourg, Carlsruhe, Mann-
heim, Spire et Worms, les montagnes de l'Odenwald et de la Forêt- Noire, les montagnes du Haardt et les Vosges. À PO. s'élèvent de nombreux pics coniques aux formations étranges, et ressemblant à des châteaux en ruine.
Un sentier, difficile à trouver sans guide , conduit en 1 h . 30 min'. , par des bois, de la Madenburg, à Trifels.
Une voiture publique correspondant avec le chemin de fer va tous les jours de Landau, en 1 h. 15 minutes, à
Gleisweiler, v. de 600 hab., où, en 1844, le docteur Schneider, de Landau, a formé un établissement hydrothérapique, célèbre maintenant sous le nom de Bad Cleisweiler (on y fait aussi des cures de petit-lait et de raisin). La maison de bains, bien abritée des vents du N. et de PO., contient soixante-dix chambres, un restaurant, une salle de billard, un cabinet de lecture., deux grands salons, des chambres de bains séparées pour les deux sexes, et tous les appareils nécessaires au traitement des maladies par l'eau froide. Les cures de petit-lait se font au chalet suisse , élevé près de l'établissement.
Les vignes et les châtaigniers, qui prospèrent dans le voisinage, témoignent de la douceur du climat. Les environs offrent en outre un grand nombre de promenades et d'excursions , pour lesquelles on trouve toujours à l'établissement des ânes, des chevaux et des voitures. On peut, en moins d'une demi-journée, aller visiter Edenkoben, Maxburg, Kropsburg, Trifels, Madenburg , Neucastel, etc. (V.
ci-dessus). Les promenades les plus
rapprochées sont : 1° le joli jardin qui entoure l'établissement, orné d'un jet d'eau de 16 mèt. de haut; 2° la chapelle Sainte-Anne (30 min.) ; 3° le Teufelsberg (30 min.
de la chapelle Sainte-Anne), haut de 618 mèt. , d'où l'on découvre un beau panorama; 4° le Ringelsberg (45 min.), belle vue principalement sur la vallée d' An nwei 1er; 5° VOrensberg, à PO. du Ringelsberg (1 h.) ; 6° le château Scharfeneck (l h.), détruit et pillé par les paysans en 1525, détruit de nouveau par les Français dans la guerre de la Succession; 7° Ramberg (1 h. 15 min.) , château qui domine le v. du même nom, et qui a eu le même sort que la Scharfeneck ; 8° le Maisterselc ou le Modmbacher Schloss (30 min. au N. de Ramberg), château détruit en 1680; 9° Eussersthal (2 h. par Frankweiler et.Albertsweiler, et de 2 h. 15 min. à 2 h. 30 min. par Ramberg), v. de 900 hab. près duquel on voit à peine quelques débris de la riche abbaye du même nom (ordre de Cîteaux), fondée en 1148, par Ëtienne de Mœrlheim, dotée par un grand nombre de princes, d'empereurs et de rois, souvent incendiée et pillée, supprimée à la Réformation, en 1560, par l'électeur Frédéric III, et détruite par les Français dans la guerre de la Succession.
La route de Gleisweiler à Edenkoben passe par (15 min ) Burrweiler , 1200 hab., v. que domine la chapelle Sainte-Anne , d'où Pon découvre une belle vue; (30 min.) Hainfeld, 800 hab. (à g. Weiher, dont les vins passent pour les meilleursdu Palatinat) : (15min.) Rhodt, 1650 hab. (F. ci -dessous Ludwigshœhe); (30 min.) Edenkoben (F.
ci-dessous).
[R. 16] GLEISWEILER.
De Landau à Carlsruhe, R. 13, 4 1/2 mil. (chemin de fer jusqu'à Winden).
Diligence tous les jours, en 3 h. 15 min., pour 1 fl. 56 kr. — à Spire, R. 18, en 6 h. — à Gemersheim, R. 18, en 1 h.
En sortant de Landau on franchit la Queich qui formait autrefois la limite entre l'Alsace et le Palatinat . et y sépare la chaîne des Vosges de celle du Haardt. Les stations de Knœrringen et d'Edesheim n'offrent aucun intérêt.
5 1/4 mil. Edenkoben ( hôt.
Schaaf) , V. industrielle de 5000 hab.
Une source minérale (Kurbrunneri) jaillit dans les environs (au N.). Le roi de Bavière a fait construire, près du v. de Rhodt^ sur une hauteur voisine couverte de vignes et de châtaigniers, une belle villa nommée Ludwigshœhe. Au-dessus de ce château s'élèvent, sur une montagne escarpée, les ruines de la Jlielburg ou Rippburg, détruite au xni" s.
De nombreux sentiers y conduisent.
Elles n'ont rien dè curieux, mais on y jouit d'une vue étendue.
On peut d'Edenkoben aller visiter la Kropsburg, la Maxburg, la Kalmit ( V. ci -dessous ) , ou monter (2 h.), par la vallée qui s'ouvre à l'O. — nommée le Modenbacherthal — au Steigerkopf, appelé vulgairement Schaenzel, dont le sommet, élevé de 638 mût., au-dessus de la mer, offre un magnifique panorama sur la plaine du Rhin et les montagnes qui la bordent.
Le chemin de fer longe la base des montagnes du Haardt, sur lesquelles on découvre de beaux points de vue; du côté opposé on aperçoit à l'horizon, quand le temps est clair, la chaîne bleuâtre des montagnes de la Forêt-Noire.
De la station de Maikammer, v.
de 2500 hab. , on aperçoit , à g. , la
— EDENKOBEN. 195
Maxburg, la Kalmit et la Kropsburg qui dominent au loin la contrée.
C'est de Saint-Martin (30 min. d/Edenkoben ou de Maikammer) que l'on monte le plus facilement à la Kropsburg (belle vue), château bâti vers le xin* s. , souvent élargi et embelli, épargné par la guerre, abandonné et vendu au commencement de ce siècle par ses anciens possesseurs, démoli en partie pour construire les fortifications de Germersheim, habité aujourd'hui par une colonie de pauvres. — Audessus de Maikammer (hôt. Zur Pfalz), dont l'église possède un beau tableau de l'école allemande, faussement attribué à Albert Dûrer, s'élève, à 698 mèt., la Kalmit, le plus haut point des montagnes du Palatinat, après le Donnersberg. Le sommet, qui offre un panorama étendu, est couronné d'un obélisque érigé, en 1824, parla commune de Maikammer, en l'honneur du roi Maximilien- Joseph. Près de cet obélisque on remarque les fragments d'une tour inachevée.
Enfin, l'ascension de la colline boisée (333 mèt.) que domine la • Maxburg se fait, soit d'Oberhambach, soit de Mittelhambach, soit par un sentier qui passe du côté S.
La Maxburg, appelée autrefois Nam bâcher Schlossy Kxstelberg et Kestenburg, doit son nom actuel au roi Maximilien de Bavière, auquel les habitants du Palatinat l'ont offert comme cadeau de noces, le 12 oct.
1842, lors de son mariage avec la princesse Marie de Prusse, et qui Ta fait reconstruire magnifiquement par l'architecte Voit de Munich.
L'éporrue de la fondation de ce château est inconnue. Quelques restes de murailles romaines permettent de supposer que cet emplacement
était occupé par un camp romain.
Depuis l'an 1100 jusqu'à la Révolution française, l'ancien château appartint au chapitre de la cathédrale de Spire. En 1525, les paysans révoltés s'en emparèrent et le pillèrent; en 1552, le margrave Albert de Brandebourg le livra aux flammes après l'avoir saccagé. L'évêque de Spire ne le fit pas reconstruire, mais, dans la guerre de la Succession, les Français incendièrent et ravagèrent ses ruines. A la Révolution française, il devint une propriété nationale; en 1823, il fut vendu sous la condition que le propriétaire ne laisserait plus emporter ses débris. Dès lors il resta l'une des promenades les plus fréquentées des environs. Une tradition populaire assure qu'en 1077 l'empereur d'Allemagne Henri IV partit de ce château, pieds nus, pour son pèlerinage expiatoire de Canossa. En 1832 (le 25 mai) s'y célébra lagran Je fête populaire appelée Hambacher Fest. Les étudiants y délibérèrent sur les moyens de rétablir l'unité de l'empire d'Allemagne et provoquèrent des mesures répressives de la part des gouvernements. On y jouit d'une belle vue sur les montagnes du Haardt et la plaine du Rhin, large de 10 lieues, où l'on distingue, entre autres villes, Neustadt, Edenkoben, Landau, Carlsruhe, Germersheim, Spire, Heidelberg, Mannheim, Frankenthal et Worms.
6 1/4 mil. Neustadt(F. R.17..4).
4 mil. De Neustadt à Ludwigshafen (Voir pour la description détaillée de cette partie du chemin, la R. 17, A).