Un Petit Voleur d'oies, par Murtllo
— 98. La Femme et les Oiseaux, de Rubem et F. Snydera. — 103. Une Madone, de Lionel Spoda. — 108, 109 et 110. Trois devants d'autel, de Gaudenzio Ferrari, — 116. Une Madone, de Lorenzo di Credi. — 118. Elisabeth et Marie, de Schidone.— 1 37. Un Martyre, d'André Viso. — 163. Heuss, Thorwaldsen.
— 180. Portrait de la princesse de Talmouth, par Charte» Notoire. — 185.
Holbetn, Jeune Femme. — 187. Jeune Florentin, de Simon Memmi.
N. B. II a été publié chez M. Johann Wirth un Catalogue du Musée de Mayence, formant 63 pages (en allemand). On pourra aussi voir l'horloge astronomique de M. Alexis, et le modèle du pont du Rhin projeté par Napoléon I".
Au delà de la place de la Parade, sur laquelle se trouve V Église Saint- Pierre , s'ouvre la Grosse Bleiche, la plus longue rue de Mayence, qui conduit à la Thiermarkt-Strasse {V. ci-dessous) et au Mùnsterthor.
A dr. , en remontant cette rue, on trouve le Commandantur - Palast (palais du commandant), l'ancienne bibliothèque. Sur une petite place s'élève le Neubrunnen, construit au commencement de ce siècle.
Le Dom, ou la cathédrale, est de tous les édifices de Mayence celui qui, après l'exploration du quai et
du pont, reçoit le premier la visite des étrangers. La rue qui s'ouvre dans la Rhein-Strasse, en face du Fischthor, y conduit. Commencée en 978 par l'archevêque Willigis, incendiée six fois, toujours rebâtie sur un plan plus beau, reconstruite aux mi-, xiv- et xv" s., incendiée pendant le siège de 1793, transformée plus tard en magasin à fourrage , rendue au culte en 1804, redevenue, pendant les événements de 1813, 1814 et 1815, une caserne, un abattoir, un grenier à sel et à foin, elle a été enfin restaurée, aux frais du gouvernement, par l'architecte Moller , de Darmstadt. Elle a actuellement 119 mèt. de long et près de 50 mèt. de large.
Comme les cathédrales de Worms et de Trêves, le Dom de Mayence n'a pas de façade, et se termine, à ses deux extrémités, par deux chœurs. «Ce sont, dit M. V. Hugo, deux absides romanes, ayant chacune son transsept, qui se regardent et que réunit une grande nef.
On dirait deux églises soudées Tune à l'autre par leur façade. Les deux croix se touchent et se mêlent par le pied. Elles sont de deux époques différentes, et quoique presque identiques au dessin géométral, aux dimensions près, présentent comme édifices un contraste complet et frappant. La première, et la moins grande, date du x- siècle; la seconde, commencée peu de temps après la première, a été incendiée en 1190, et depuis lors chaque siècle y a mis sa pierre.... On dirait la sévère tiare de Grégoire VJ1, regardant la tiare splendide de Boniface VIII.... Tout ce vénérable ensemble est badigeonné en rose , tout, du haut en bas, les deux absides, la grande nef et les six clo-
[R. 26] MAYENGE. — ÉDIFICES PUBLICS
chers. La chose est faite avec recherche et goût. On a décerné le rose pâle au clocher byzantin, et le rose vif au clocher Pompadour. »
Outre cet ensemble, on remarque encore, à l'extérieur de la cathédrale de Mayence, les portes de bronze, qui s'ouvrent sur la place du Marché (Speise Markt) , du côté N. de l'édifice. Ces portes datent du x* siècle. Elles ont appartenu à l'église, aujourd'hui démolie, de Notre-Dame. En 1135, l'évôque Adalbert I,r fit graver en caractères romains, sur les battants d'en haut, les privilèges qu'il accordait à la ville, en reconnaissance du dévouement que lui avaient témoigné ses citoyens, lorsque l'empereur Henri V te tenait prisonnier au château de Trifels. Ils avaient en effet obtenu sa mise en liberté en s'emparant de la personne de l'Empereur qu'ils gardèrent comme otage jusqu'à ce que leur souverain leur eût été rendu.
a Si l'intérieur de Mayence rappelle les villes flamandes, ajoute l'auteur du Rhin, l'intérieur de sa cathédrale 1 rappelle les églises belges. La nef, les chapelles, les deux transsepts et les deux absides sont sans vitraux, sans mystère, badigeonnés en blanc du pavé à la voûte, mais somptueusement meublés. De toutes parts surgissent à l'œil les fresques , les tableaux , les boiseries, les colonnes torses et dorées ; mais les vrais joyaux de cet immense édifice, ce sont les tombeaux des archevêques -électeurs.
t. Le Dom est ouvert jusqu'à lo h.
30 min. du matin, et dans l'après-midi de 2 à 6 h. Aux autres heures, il faut s'adresser au suisse , qui est toujours prêt d'ailleurs, moyennant un pourboire de 18 à 24 krM à réciter l'explication de tous les monuments.
L'église en est pavée , les autels en sont faits, les piliers ensontétayés, les murs en sont couverts; ce sont de magnifiques lames de marbre et de pierre, plus précieuses quelquefois par le travail que les lames d'or du temple de Salomon. J'ai constaté, tant dans l'église que dans la salle capitulaire et le cloître, un tombeau du vme siècle, deux du xiii-, six du xive, six du xve, onze du xvi", huit du xvn' et neuf du xviii*; en tout, quarante-trois sépulcres. Dans ce nombre, je ne compte ni les tombeaux - autels , difficiles à aborder et à explorer, ni les tombeaux -pavés, sombre et confuse mosaïque de la mort, de jour en jour plus effacée sous les pieds de ceux qui vont et qui viennent. J'omets également les quatre ou cinq tombeaux insignifiants du xix# siècle. Toutes ces tombes, cinq exceptées, sont des sépultures d'archevêques. Sur ces trente-huit cénotaphes, dispersés sans ordre chronologique et comme au hasard sous une forêt de colonnes byzantines à chapiteaux énigmatiques, l'art de six siècles se développe, végète et croise inextricablement ses rameaux, d'où tombent, comme un double fruit, l'histoire de la pensée en même temps que l'histoire des faits....' Toutes les fantaisies d'époque, d'artiste et de mourant se mêlent à toutes les épitapbes.... Les armoiries, les manteaux héraldiques, la mitre, la couronne, le chapeau électoral, le chapeau cardinal, les sceptres, les épées, les crosses, abondent, s'entassent et s'amoncellent sur ces monuments, et s'efforcent de recomposer devant l'œil du passant cette grande et formidable figure qui présidait les neuf électeurs de
l'empire d'Allemagne, et qu'on appelait l'archevêque de Mayence. »
Il serait inutile d'énumérer ici tous ces monuments. Les plus curieux au point de vue de l'art ont été exécutés à la fin du xv* siècle ou au commencement du xvi*. Ce sont ceux du prince Albert de Saxe (1484), du chanoine Bernard de Breidenbach (1497) , d'Albert de Brandebourg (1545), de l'archevêque Berthold de Henneberg (1504), de l'archevêque Jacob de Liebenstein (1508), etc. Mais trois tombes attirent à d'autres titres l'attention des étrangers, celles de saint Boniface, de Fastrada et de Frauenlob. Le monument élevé à saint Boniface{V. ci-dessus) date de 1 357 :
il est en grès rouge, dans le côté g. de la nef. Le tombeau de Fastrada date du vme siècle. C'est une simple lame de marbre blanc aujourd'hui enchâssée dans un mur, et dont l'épitaphe est écrite en lettres romaines avec les abréviations byzantines. « Fastradana pia Caroli conjux vocitata, Chrîsto dilecta jacet hoc sub marmore tecta. Anuo sepiingentcsimo nonagesimo quarto. » Fastrada fut la troisième ou la quatrième femme de Charlemagne. Elle mourut à Francfort en 749. Son époux lui fit élever un superbe mausolée, dans l'église de Saint-Alban, détruite par le margrave Albert de Brandebourg. La pierre de son tombeau a été transportée dans la cathédrale. Quant à Frauenlob (louange des femmes), c'était un chanoine de la cathédrale, nommé Henri de Meissen, qui vécut dans les dernières années du xme siècle et les premières années du xiv*. Il fut un des premiers Minnessenger , et il chanta surtout la Vierge et les femmes,
comme le rappelle l'inscription de son tombeau. Quand il mourut, en 1317, les femmes de Mayence. qui l'avaient raillé et insulté pendant sa vie, voulurent porter son cercueil, et firent des libations de vin sur sa tombe, qu'elles baignèrent de leurs larmes. Ces femmes et ce cercueil chargé de fleurs et de couronnes sont ciselés dans la lame, un peu plus bas que la tête (rétablie en 1783 telle qu'elle exisait avant sa destruction par des ouvriers négligents). En 1843, les dames de Mayence se sont cotisées pour faire élever un monument à Frauenlob par le sculpteur Schwanthaler. Ce monument est placé à côté de la porte qui conduit à l'ancienne bibliothèque de la cathédrale. Au-dessus de cette porte se trouve le monument du gouverneur Henri de Selbold (1578), et, plus loin, un bas-relief remarquable rappelant la réconciliation du clergé et des citoyens après une révolte, au xii- s.
On remarque encore dans l'intérieur de la cathédrale de Mayence :
les escaliers byzantins de la vieille abside de 978 , et sa magnifique urne baptismale en bronze du xiv* s., « coiffée sous l'Empire, époque de goût, d'une espèce de casserole; »
la chaire, récemment restaurée; les vitraux de la fenêtre du milieu (dans le chœur), par Helmle(1831); et, dans la grande abside, « une grosse boiserie de chœur en chêne noir, où le style tourmenté et furieux du xviu* s. se déploie et s'insurge contre la ligne droite avec tant de violence, qu'il atteint près»
que la beauté. »
. Le chœur subit en ce moment une restauration : on en gratte les murs et Ton peint la voûte intérieure de