NIEDER-INGELHEIM
s'y fit construire, de 768 à 774, un magnifique palais, orné de cent colonnes de marbre et de porphyre qu'il avait prises dans les palais de Rome, et de précieuses mosaïques que lui avait envoyées de Ravenne le pape Adrien. Ce palais, dont de misérables maisons et le cimetière juif occupent aujourd'hui l'emplacement, s'élevait près de la plus petite des deux églises d'Ingelheim (du côté de Mayence). L'empereur Charles IV fut le dernier empereur qui y résida. Les bourgeois de Mayence l'incendièrent pendant la guerre que l'électeur palatin Frédéric le Victorieux soutint contre l'archevêque de Mayence. Il n'en reste aujourd'hui que des vestiges insignifiants : des débris de piliers à l'intérieur de l'église, une colonne incrustée dans l'angle d'une vieille porte en ruine, des murailles à demi écroulées. Quatre de ces colonnes ont été transférées à Heidelberg; quelques fragments en sont aussi conservés à Mayence et à Eberbach. On voit également dans l'église d'Ingelheim le monument de l'une des quatre femmes de Charlemagne, pierre grossièrement sculptée sur laquelle on distingue encore une figure de femme vêtue d'habits royaux. — L'autre église (du côté de Bingen), dont la tour est carrée , est un intéressant échantillon du style roman.
Ce fut à Ingelheim, le 30 déc.
1105, que s'assemblèrent les évèques de Mayence, de Cologne et de Worms, pour déposer l'empereur Henri IV. « Ils s'avancèrent vers lui , dit un historien du xvie,s. , lui ôtèrent la couronne de dessus la tête, l'arrachèrent du trône où il était assis, et le dépouillèrent de ses vêtements impériaux. »
Le vin rouge d'Ingelheim jouit d'une certaine réputation.
A l'extrémité d'Ingelheim, on remarque près de la route un petit obélisque avec cette inscription :
Route de Charlemagne, terrhinée en Van Ier du règne de Napoléon , empereur des Français.
La voie ferrée, franchissant la Selz, croise la route de terre de Mayence à Bingen, traverse un bois de pins et pénètre dans une tranchée au sortir de laquelle on voit, à dr., la belle plaine du Rheingau, puis le Niederwald, et à g., des coteaux plantés de vignes et de vergers. Au delà de Gaualgesheim , on tourne brusquement à l'O. pour se rapprocher du Rhin à
4 3/10 mil. Bingen (F. R. 31). On franchit la Nahe à son embouchure dans le Rhin, sur un pont à treillis de trois travées, d'environ 37 mèt.
chacune. A dr. , sur la hauteur, se dresse la ruine pittoresque du château d'Ehrenfels (F. R. 31).
Au delà de Bingerbrûck, le chemin de fer longe les bords du Rhin, et décrit une grande courbe au sortir d'une tranchée. On laisse sur la rive dr. du fleuve Assmannshausen , Lorch et Lorchausen (R. 30) avant d'atteindre
6 2/10 mil. Bacharach (R. 31) et d'apercevoir, au milieu du fleuve, les ruines de la Pfalz, et, sur la rive dr. , la ville de Caub.
7 mil. Oberwesel (R. 31). Les rochers des deux rives se resserrent de plus en plus. Le chemin de fer traverse successivement trois tunnels : le premier de 250 mèt., le second de 267 mèt., en amont de la Lurlei, le troisième enfin de 400 mèt., immédiatement avant la station de
7 9/10 mil. Sanct-Goar (F. R. 31).
On ne cesse de côtoyer le Rhin, fort sinueux en cet endroit.
9 9/10 mil. Boppart. Après avoir suivi pendant quelque temps la direction de TE., on reprend celle du N.
et Ton passe devant Rhense, en face d'Oberlahnstein et de la Marxburg (R. 31), et au pied du Kœnigsstuhl.
11 8/10 mil. Câpellen, v. situé à la base du rocher de Stolzenfels (R. 31), vis-à-vis de l'embouchure de la Lahn.
12 6/10 mil. Coblenz (F. R. 36).