DE METZ A LUXEMBOURG
64 kil. — Chemin de fer ouvert en 1859.
4 convois par jour. Trajet en 2 h. 35 min. et 2 h. 45 min., pour 5 fr. 70 c. et 3 fr. 65 c.
Au sortir de Metz on franchit la Moselle sur un beau pont; puis, après avoir suivi la ligne de Frouard, on revient vers la ville par la rive opposée.
2 kil. Devant-les-Ponts. —Traversant des champs et des prairies, le chemin de fer laisse à g. Woippy (1400 hab.), où l'on peut voir une voie romaine et un château, Saulny (500 hab.), Norroy- le- Veneur (600 hab.) etSemécourt (302 hab.) , avant d'atteindre
11 kil. Maùières, v. de 500 hab. , situé près de la Moselle et possédant une sablière et deux moulins.
16 kil. Hagondange (375 hab.), v. bâti sur la rive gauche de la Moselle. Dans les environs existe une source ferrugineuse. Un petit embranchement conduit de la station d'Hagondange aux usines de Moulin-Neuf, de Jamail et de Moyeuvre.
On laisse à g. Richemonl (1050 hab.) , et à dr. Bousse et Guenange (600 hab.), dont les carrières fournissent des pierres calcaires trèsrecherchées; puis on passe à
21 kil. Uckange, v. d'env. 960 hab. , situé sur la rive g. de la Moselle. Le chemin de fer, décrivant une courbe, incline à dr. et laisse à g. Florange (1100 hab.), où s'exploitent d'importantes mines de fer.
27 kil. Thionville (hôt. du Luxembourg) , V. de 7810 hab., forteresse de 3* classe , située sur la Moselle. On y remarque la tour de l'horloge, le manège, l'un des plus beaux de France, et un pont de 5 arches sur la Moselle (F. 17tinéraire de la France, par Ad.
Joanne, 6* section).
A partir de Thionville, le chemin de fer s'élève sur les coteaux pour atteindre le point de partage des bassins de la Moselle et de l'Alzette.
34 kil. Hettange. — Bientôt après on traverse la frontière et l'on entre dans le grand-duché de Luxembourg. L'établissement de la voie a donné lieu sur ce point du parcours à des travaux d'art importants : d'abord le Souterrain de Dxtdelange, qui a 380 mèt. de longueur sur 8 mèt. 50 d'ouverture en plein cintre; puis, à
54 kil. Bettembourg, un pont sur l'Alzette, composé de 3 arches et long d'env. 45 mèt. — On descend la vallée de l'Alzette dans la direction du N. E.
59 kil. Fentange.
64 kiL Luxembourg (hôt. : de Cologne, de l'Ancre d'or, des Ar dennes, de Luxembourg; — Caférestaurant de la gare) , V. de 20000 hab. , capitale du grandduché de Luxembourg, est située à 289 mèt. d'altit. , sur un rocher escarpé dont PAlzette baigne la base.
Sa fondation date de la fin du x* s.
En 1354, ses comtes devinrent des ducs. En 1444, Elisabeth, la fille du duc Jean, la vendit avec le duché à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Le mariage de Marie de Bourgogne ( 1477 ) la donna à Maximilien d'Autriche. En 1597 , le maréchal de Biron, qui était venu l'assiéger, ne put s'en rendre maître; mais, en 1684, les Français s'en emparèrent et la gardèrent jusqu'à la paix de Ryswyk (1698); ils la reprirent en 1701. En 1715, elle tomba de nouveau en la possession de l'Autriche, à qui elle resta fidèle jusqu'à ce que, le 11 juin 1795, elle fut prise de nouveau par les Français. Elle devint alors le ch.-l. du département des Forêts.
Le traité de Vienne (1815) la donna, avec le grand-duché dont elle est le chef-lieu, au roi des Pays-Bas, Guillaume I*r de Nassau, qui, en échange, renonça à ses prétentions sur le Nassau.
Le Grand-Duché de Luxembourg fait actuellement partie de la Hollande, mais il est en même temps un État de la Confédération germanique, dans laquelle il occupe (avec le Limbourg) le onzième rang.
Il doit fournir à la Confédération 2500 soldats et le Limbourg 877 hommes de cavalerie. La superficie du duché de Luxembourg est de 699044 hectares; sa population, de 196 804 hab.; sa longueur, de 116 kil. de l'E. à PO. ; sa largeur de
112 kil. Il a pour limites : au S., la France; à l'O. et au N%, la Belgique; à TE., la province rhénane de Prusse. — La maison de Luxembourg, fondée par Waleran de Limbourg, qui épousa, au xn«s., Ermesinrle, héritière du Luxembourg, a fourni cinq empereurs à l'Allemagne, des rois à la Bohême, à la Pologne, à la Hongrie, des reines, des connétables et des maréchaux, à la France ; des prélats à l'Êgli se.
La ville de Luxembourg, divisée en ville haute et en ville basse, occupe un plateau entouré de trois côtés par des précipices presque à pic, de 60 mèt. env.de hauteur, et une étroite vallée qu'arrosent le Petersburn et 1" Alzette; un rocher escarpé et fortifié, le Bouc, la partage en deux parties. La plupart de ses fortifications sont taillées dans le roc. Elles ont été construites, augmentées et consolidées constamment par les Espagnols (1698), les Autrichiens (1713) , les Français (1684 et 1795) et les Hollandais. La Confédération germanique y a dépensé depuis 1831 des sommes considérables , et cependant Carnot avait déjà dit avant ces travaux que « c'était la plus forte place de l'Europe , Gibraltar excepté. » Aujourd'hui, pour entrer dans la ville, il faut franchir six ou sept portes et autant de pont-levis. La Confédération germanique y entretient, en temps de paix , une garnison de 4000 Prussiens; en temps de guerre, cette garnison serait plus que doublée.
Deux places servent de promenades aux habitants de la ville haute : la place d'Armes , plantée d'arbres, et la place Guillaume ou Grande- Place. Une courte galerie les met en communication l'une avec l'autre. Au-dessus de la Grande-Place