COBLENZ
De Coblenz à Ârenberg, aller
et retour, 2 h. d'arrêt. . . ! 5
— à Niederlahnstein » 22 1/2
Id., aller et retour, t h.
d'arrêt » 27 1/2
Id. , arrêt d'une demijournée 1 15
— à Ems 2 5
Id., aller et retour, arrêt d'une demi-journée. .. 2 20
Id., pour une journée entière 3 10
— à Sayn, aller et retour,
2 h. d'arrêt 1 22 1/2
Pour les voitures à 2 chevaux , le prix est augmenté de moitié. — Le péage du pont (4 1/2 sgr. pour une voiture à 1 cheval, 6 agr. pour une voiture à 2 chevaux) est à la' charge des voyageurs.
Coblenz doit son nom à sa position. Elle est située au confluent du Rhin et de la Moselle, et les Romains, qui y bâtirent un fort treize ans avant Jésus-Christ, rappelèrent Cottfluentia ou Confluentes. De ce mot latin, légèrement germanisé, est venu celui de Coblenz. A l'époque où Antonin écrivit son Itinéraire, cette forteresse avait environ 1000 habitants. Cependant aux Romains succédèrent les rois franks, qui se bâtirent un palais à Confluentia, appelé Cophelnuci. Quand les trois fils de Louis le Débonnaire se partagèrent l'empire de Charlemagne, les préliminaires du fameux traité de Verdun (843) furent discutés dans une diète impériale qui se tint à l'église de Saint-Castor, la cathédrale de Coblenz. Après avoir fait partie du royaume de Lorraine, à la suite de ce partage, Coblenz se vit réunie à l'empire d'Allemagne, en 978, par Othon le Grand. En 1018, Henri le Pieux la donna à Poppo, archevêque de Trêves. Les successeurs de Poppo
la cédèrent aux comtes palatins du Rhin ; elle passa par mariage à la maison de Nassau ; puis elle re\int sous forme de gage à ses anciens possesseurs , les archevêques de Trêves (,1253). Mais, pendant ces deux siècles, elle s'était complètement affranchie de leur juridiction , et sa bourgeoisie, qui avait secoué en partie le joug de la noblesse, en avait fait un des principaux centres commerciaux de l'Allemagne. Elle s'étendait alors non-seulement audessous d'Ehrenbreitstein , mais sur la rive g. de la Moselle, où l'on cherche vainement aujourd'hui les traces du petit Coblenz.
Vers la fin du xm* s., les archevêques de Trêves, souverains de Coblenz, voulurent fortifier cette ville sous prétexte de la mettre à l'abri d'une attaque extérieure , mais en réalité pour augmenter leur autorité et reprendre à la bourgeoisie les libertés qu'elle avait conquises. Les bourgeois avaient d'abord favorisé ce projet et voté des fonds pour la construction d'un mur d'enceinte ; ils s'y opposèrent ensuite, quand ils virent le piège qui leur était tendu. Une insurrection éclata. Après une guerre sanglante qui dura deux années, l'archevêque Henri l'emporta. Coblenz toutefois reconquit sous Diether, successeur de Henri, les libertés et les privilèges dont celui-ci l'avait dépouillée. Mais le successeur de Diether, Baudouin de Luxembourg (1354) , la soumit de nouveau à sou autorité absolue. Du reste il fut le bienfaiteur de la ville asservie : il l'entoura de fortifications, agrandit Khrenbreitstein appelé alors Hermannstein, bâtit le Vieux-Pont sur la Moselle, détruisit tous les châteaux situés sur son territoire, où.
des barons et des chevaliers exerçaient impunément la profession de voleurs de grand chemin, rétablit partout l'ordre et la paii, et, à sa mort, qui eut lieu en 1367, laissa Coblenz , sinon libre , du moins florissante.
A dater de cette époque, l'histoire de Coblenz peut se résumer par un petit nombre de dates. Pendant la guerre de Trente ans, elle fut prise en 1632 par les Suédois, puis par les Français; en 1636 par les Impériaux; en 1688 Boufflers, ne pouvant s'en emparer, la réduisit en cendres; en 1786 elle devint la résidence des électeurs de Trêves ; en 1 792 l'asile principal de l'émigration française ; prise par Marceau en 1794, elle fut plus tard le ch.-l.
d'un départ, de l'Empire français (Rhin-et-Moselle). Depuis 1815 elle appartient à la Prusse. Elle est la capitale des provinces rhénanes de ce royaume. Sa population s'élève à 23 000 hab. , à 29 000 en y comprenant la population d'Ehrenbreitstein et la garnison , qui est de 5300 hommes; car Coblenz, comme point militaire, est un lieu important. « Ses trois forteresses, a dit M. Victor Hugo, font face de toutes parts. La Chartreuse domine la route de Mayence : le Petersberg garde la route de Trêves et de Cologne ; l'Ehrenbreitstein surveille le Rhin et la route de Nassau. »
L'intérieur de Coblenz est peu intéressant ; mais il ne faut pas se contenter de voir cette ville du pont des bateaux à vapeur; des hauteurs qui la dominent on jouit de magnifiques points de vue.
La vieille ville, la partie la plus rapprochée de la Moselle, est un peu animée, mais elle n'a que des rues étroites , tortueuses, malpro-
pres. Si la ville neuve ou la ville de Clément, qui s'étend derrière le château royal, bâti de 1778 à 1786 par Clément Wenceslas, le dernier évêque électeur de Trêves, a des rues régulières et droites, des maisons bien bâties, elle parait inhabitée, tant les passants y sont rares.
Le bâtiment qui s'élève à l'angle formé par la jonction du Rhin et de la Moselle , est l'ancienne maison de l'ordre Teutonique (Deutsches H au s) .
En face de l'église Saint- Castor, de l'autre côté de la place, on remarque le General Commando, ancien hôtel Leyen, puis hôtel de la préfecture sous le gouvernement français, aujourd'hui résidence du commandant général des provinces rhénanes prussiennes. Ce bâtiment, reconstruit en partie parles Français, date de 1500.
C'est dans la ville vieille, à l'angle formé par la jonction du Rhin et de la Moselle, et à l'extrémité de l'affreux mur qui prive le quai ou Rhein-Strasse de la vue du fleuve, que s'élève l'église Saint-Castor, fondée au ix- s., incendiée au xi-, rebâtie à diverses époques : le chœur, de 1157 à 1201; la nef et le transsept en 1208 ; les voûtes en 1498; restaurée en 1830 et peinte en rose, à la grande joie de certains fidèles, au vif mécontentement des gens de goût. Le portail a été reconstruit en 1861. Les voûtes, assez lourdes, sont peintes en bleu et parsemées d'étoiles. Les parties les plus anciennes sont l'intérieur du chœur et les murs inférieurs des tours occidentales. Cette église rappelle plusieurs souvenirs historiques. Les envoyés des trois fils de Louis le Débonnaire s'y réunirent plusieurs fois, en 843, pour y partager le vaste empire de Char-
lemagne. De nombreux conciles y furent tenus, surtout au x* s. Saint Bernard y prêcha la croisade. L'empereur Henri IV s'en vit fermer les portes en 1105. Enfin, en 1338, l'empereur Louis le Bavarois nomma, devant le portail, le roi d'Angleterre, Edouard 1 II , vicaire de l'empire, pour qu'il l'aidât dans ses projets contre la France. On remarque à l'intérieur : dans le chœur, à g. , le tombeau de l'archevêque de Coblenz, Cuno de Falkenstein (f 1388) , orné de peintures sur fond d'or; en face, celui de l'archevêque "VVerner (f 1418); à g. du chœur, celui de sainte Rizza, que l'inscription appelle la fille de Louis le Débonnaire (ce dernier tombeau est moderne); dans la partie supérieure du chœur postérieur, deux fresques sur fond d'or peintes par Settegast, en 1849 et 1852; enfin, quatre statues de Prophètes, placées au-dessus des arcades de la nef et sculptées par Fuchs (1858).
En face de l'église Saint-Castor, une fontaine assez laide , la fontaine Saint-Castor, se signale à l'attention des passants par les deux inscriptions suivantes :