TOUL
son ancien château que Louis XIII fit démolir.
320 kil. Toul (hôt. de V Europe), ch.-l. d'arrond; du départ, de la MftUrthe, V. de 7687 hab., située sur la Moselle , fortifiée d'après les plans de Vauban, est l'une des plus anciennes villes de la France.
Au moyen âge, son évêché, supprimé en 1790, formait une souveraineté indépendante qui ne relevait que de l'Empereur; en 1552, elle devint française. Elle a vu naître le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, le baron Louis et l'amiral de Rigny.
Ses broderies sont estimées.
On peut visiter à Toul : l'église Saint- É tienne (ancienne cathédrale) , commencée en 970 et consacrée en 981, puis en 1149; la nef, toutefois, ne fut terminée qu'en 1340, et le portail en 1496. Ce portail est un chef-d'œuvre d'architecture. « Ses deux tours si élégamment découpées, dit M. Henri Lepage , sa jolie tourelle de l'horloge, ses légères aiguilles, sa rosace resplendissante, ses trois portes creusées en ogives , la profusion de ses broderies, et toute la richesse du style gothique qu'il étale avec un goût exquis, excitent l'admiration.
Malheureusement il a été dépouillé en 1793 de toutes les statues. Le chœur actuel a été reconstruit de 1625 à 1725; L'intérieur, qui a été dépouillé en 1791 d'un joli jubé, et d'un monument de Jeanne d'Arc, a subi en outre à cette époque de graves dégradations. On y remarque toutefois de beaux vitraux, dont le principal, datant de 1567, représente le Baptême du Christ, un buffet d'orgues soutenu par une voûte plate qui passe pour une merveille architecturale, l'autel du chœur, dont les colonnes en marbre noir
sont d'un grand prix, les chapelles de Sainte-Ursule , des Évôques et de Saint-Étienne , le fauteuil de saint Gérard , etc. La nef, haute de 36 mèt. , a 88 mèt. de long, 48 mèt.
de largeur à la croisée, 27 mèt. en y comprenant les collatéraux ; les tours ont 75 mèt. de hauteur. Saint- Étienne est classée parmi les monuments historiques; — Véglise Saint- Gengoult, d'abord chapelle d'une communauté religieuse, et construite dans le style ogival; le portail, du style roman de transition, est surmonté de deux tours , dont une seule est achevée; l'intérieur de l'église renferme de beaux vitraux et un tombeau du xv" s.; le cloître est également fort curieux; — Véglise Saint-Pierre, convertie en maison particulière; — Yhôtel de ville , ou l'ancien palais épiscopal, construit en 1740; — Y hôpital f bâti en 1725 , sur l'emplacement de l'ancien hospice de Saint-Esprit, ainsi que le grand séminaire, établi en 1673 dans les bâtiments de cet hospice qui avaient été conservés; — le collège de Saint-Claude , ouvert en 1769 ; — la salle de spêctacle, établie dans l'ancienne église du couvent du Tiers-Ordre ; — la gendarmerie; — le beau pont sur la Moselle, construit en 1770; — les ruines d'une tour dite la tour de Saint-Léon, derrière le collège , etc.
On franchit le canal de la Marne au Rhin, puis la Moselle à peu de distance de la station de
329 kil. Fontenoy -sur -Moselle, v.
de 261 hab., qui possédait autrefois un château fort démoli vers 1822, mais dont une tour est encore debout ; Véglise, bâtie à d iflféren tes époques, renferme quelques vitraux bien conservés et les débris des tombeaux des anciens comtes de Fontenoy.
Le paysage devient plus accidenté et même pittoresque dans la vallée boisée de la Moselle; on franchit cette rivière en deçà de la station de
338 kil. Liverdun , bourg de 341 hab. , situé sur une côte escarpée, au pied de laquelle coule la Moselle , et que terminent quelques restes des fortifications, démantelées en 1766.
Ce bourg, fort ancien, très-important au iv" s., a été le premier berceau du christianisme prêché dans la contrée par saint Eucaire.
Véglise , construite au xm° s. , mais presque totalement remaniée, renferme, derrière l'escalier conduisant aux orgues, le tombeau de saint Eucaire , de belles stalles (dans le chœur) et une sculpture de la Renaissance placée dans la sacristie.
La maison du gouverneur (près de la porte d'en haut, à la g. de laquelle est une tour en ruine) est la plus curieuse des constructions du xve siècle conservées à Liverdun ;
— la maison de la cure avec son portail bas, massif, que décorent des médaillons en plâtre du règne de Louis XV, mérite aussi une visite;
— le calvaire, nommé croix de Saint- Eucaire, date de 1289.
Le canal de la Marne au Rhin passe sous la colline de Liverdun dans un souterrain de 500 mèt. de longueur précédé d'une profonde tranchée de 40 mèt. d'escarpement, puis, â 400 mèt. de ce souterrain, après avoir décrit une courbe dans une autre tranchée, il franchit la Moselle sur un pont de pierre qui le maintient à 10 mèt. au-dessus des plus hautes eaux. Ce pont de 12 arches (commencé en 1841) a 175 mèt. de longueur.
Le chemin de fer descend , entre
FROUARD.
la Moselle et le canal, la vallée de la Moselle , dont les collines plantées de vignes à la base sont couronnées de bois au sommet.
345 kil. Frouard, v. de 984 hab., situé en face de Pompey, près du confluent de la Moselle et de la Meurthe. Son château, bâti en 1271, a été démoli en 1633, par ordre de Louis XIII. Son pont, construit en 1781 , est l'un des plus beaux du département. Son calvaire, de 8 mèt.
de hauteur, mérite d'être signalé aux archéologues et aux artistes.
De Frouard part, sur la g., un embranchement qui se dirige sur Metz et relie le réseau de l'Est par Thionville à Luxembourg et à Trêves (R. 33) par Forbach à Mannheim et à Mayence (R. 17).
Entre Frouard et Nancy, on parcourt une charmante vallée où la Meurthe vient se jeter dans la Moselle ; on passe en vue de Bouxières, célèbre par son abbaye de Bénédictins, fondée par saint Gauzelin vers 936, puis par son chapitre de Dames nobles ; on côtoie Champigneulles, où le duc Charles II battit les ducs de Bourgogne et de Bar, et les comtes de Saarwerden, de Saltn et Bouquenom ; on traverse le canal delà Marne au Rhin sur un pont en biais aussi hardi qu'élégant; et l'on arrive à la gare de Nancy, entre les faubourgs Saint- Jean et Stanislas, sur remplacement même des étangs où fut tué Charles le Téméraire.
353 kil. Nancy (buffet à la gare).
Renseignements généraux.
Omnibus. — De la gare aux hôtels, 30 c; avec bagages, 50 c.
Hôtels. — De l'Europe, rue des Carmes et Poissonnerie ; de France, rue de la Poissonnerie ; de Paris, rue Saint- Dizier; du Oommerce, rue des Carmes.
Cafés. — De la Comédie, place Stanislas ; du Commerce , place Stanislas ; de l'Opéra, place Stanislas ; de la Paix, place Stanislas.
Poste aux lettres. — Direction, rue Saint-Nicolas, 2. — Bureaux ouverts de 7 h. du matin à 7 h. du soir enété,et de 8 h du matin à 7 h. du soir en hiver.
TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. — TTOt-
toirs Stanislas, 26. — Bureaux ouverts * à toute heure du jour et de la nuit.
Libraires. — Mlle Gonet, rue des Dominicains, 14; Grosjean-Maupin , trottoirs Stanislas; Husson-Lemoine, Nicolas Grosjean, place Stanislas; Hinzelin et C,e,rue Saint-Dizier, 67.
Journaux. — L'Espérance (tous les deux jours) ; l'Impartial de la Meurthe et des Vosges (tous les deux jours) ; le Journal de la Meurthe (tous les deux jours) ; le Moniteur de la Meurthe (tous les deux jours) ; VEstafette lorraine (le samedi).
Situation. — Population. — Aspeot général.
Nancy, l'ancienne capitale du duché de Lorraine , aujourd'hui ch.-l. du département de la Meurthe, est située dans une plaine fertile, arrosée parla Meurthe, et sur la rive g. de cette rivière. Sa population est de 49305 hab. Son nom lui vient, dit-on, du mot celtique Nant , qui signifie mare ou marais ; elle était en effet à sa naissance environnée de terrains marécageux, qui ne furent desséchés que vers le milieu du xve s.
Ce fut sous le roi Stanislas que la ville de Nancy, devenue à peu près ce qu'elle est aujourd'hui, prit rang parmi les plus belles villes de l'Europe, non-seulement pour le nombre et la richesse de ses édifices publics, mais encore pour la beauté de ses rues bien bâties, larges, aérées, tirées au cordeau, qui, dans \el ville neuve, se coupent presque toutes à angle droit.
Sept ou plutôt huit portes monumentales y donnent accès.
La plus remarquable est la porte Notre-Dame, originairement de la Craffe, un des plus anciens monuments de la ville vieille. Les ducs faisaient autrefois leur entrée par cette porte flanquée de deux tours qui servent aujourd'hui de prison militaire. Au delà de la porte de la Craffe se trouve la citadelle, destinée par Louis XIII à tenir la ville en respect. La caserne et le corps de garde en sont occupés par un détachement de la garnison. De l'autre côté de la citadelle est une seconde porte également appelée Notre-Dame; la face intérieure en est ornée de quatre bas-reliefs sculptés par Florent Drouin , et de deux trophées d'armes : les montants sont sculptés et un personnage allégorique décore chacune des extrémités du chapiteau. On arrive par une longue voûte à l'ouverture extérieure dont la façade, d'ordre dorique, offre quatre pilastres rustiqués, des trophées, les armes de Salm et celles de Lorraine , deux grandes figures allégoriques ; toute cette ornementation est riche et d'un bel aspect.
La porte Neuve , d'ordre ionique, à l'extrémité du cours Léopold, fut construite en 1785, pour célébrer la naissance du Dauphin et l'alliance de la France avec les États-Unis ; on remarque à l'extérieur deux basreliefs, dont un, représentant la Bataille de Nancy, a été sculpté par Schunken.
La porte Stanislas, d'ordre dorique, élevée par Stanislas en 1752, fut reconstruite dix ans plus tard, après s'être écroulée, faute de fondations suffisamment solides. , La porte Saint- Jean est contiguë
à la place du même nom, où se trouvent à la fois le temple des protestants, un quartier de cavalerie, l'hôpital militaire, le mont-de-piété et la caisse d'épargne.
La porte Saint- Georges doit son nom à la statue (par Florent Drouin) que Charles III y fit placer.
La porte Sainte-Catherine , d'ordre dorique, deux fois démolie et déplacée , fut élevée par Stanislas en l'honneur de Catherine Opalmska, son épouse.
La porte Saint-Nicolas , par laquelle, depuis la fondation de la ville neuve, les ducs de Lorraine faisaient leur entrée solennelle, fut construite en 1608 et n'a conservé son ancienne architecture qu'à la face extérieure.
Histoire.
Nancy, en 1070, n'était encore qu'une forteresse, assez considérable toutefois pour arrêter les efforts réunis des trois armées de l'archevêque de Trêves, de l'évêque de Metz et du comte de Bar. En 1329, les maisons bâties autour du château commençaient à former une sorte de ville, que le duc Raoul augmenta, embellit et fit paver.
Cinquante ans plus tard, Jean Ier, qui avait à se défendre contre l'évêque de Metz, y fit élever les tours de la Craffe , où Charles II renferma ses prisonniers, après avoir vaincu, à Champigneulles, les troupes coalisées du duc d'Orléans, du comte de Bar, de l'évêque de Verdun, des comtes de Nassau , de Salm , et de Saarwerden, du damoiseau deCommercy et de plusieurs autres seigneurs. Ce fut des mains de ce même Charles II que, suivant la Chronique de Lorraine , Jeanne d'Arc, amenée à Nancy par le ca-
pitaine Baud ri court , reçut un harnais, des armes et un cheval. Sous le règne de René II, en 1476, la ville de Nancy fut assiégée et prise par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Ce prince belliqueux ne jouit pas longtemps de sa conquête; « le 5 janvier de l'année suivante, il tombait sous les armes victorieuses de René II, aux portes de cette même ville qui obtint des embellissements et des privilèges en récompense du courage héroïque de ses habitants. Mais ce fut surtout sous le règne de Charles III que cette cité, à peine ébauchée, entra réellement dans une ère de splendeur et de prospérité. Orphée de Galéan reconstruisit les fortifications renversées par le duc de Bourgogne; les marais se transformèrent en longues et larges rues; une ville neuve sortit de terre, tout près de la vieille ville, en moins de quarante années. L'imprimerie, suivant M. de Beaupré , s'établit à Nancy vers la même époque. Mais tout ce que cette ville avait acquis de grandeur et de richesse sous Charles III et sous Henri II, elle le perdit pendant le règne agité de Charles IV. Tombée au pouvoir de la France , démantelée , désolée par la famine et par la peste, rendue à son souverain dans un état si pitoyable qu'il se vit obligé d'octroyer force privilèges, pour lui procurer quelques habitants , elle demeura languissante jusqu'en 1697, année où le génie de Léopold fit surgir de ces ruines des hôtels, des fabriques, des manufactures, des académies, et toute une nouvelle population.
Stanislas, achevant l'œuvre de Léopold, donna définitivement à cette ville ressuscitée le rang qu'elle n'a cessé d'occuper parmi les plus belles
cités d'Europe. Ce prince , beaupère de Louis XV, ayant été dépouillé de son royaume de Pologne, s'était vu , par suite du traité de 1736, mis en possession du duché de Lorraine et de Bar, lequel, après sa mort, devait être réuni à la couronne de France. 11 enrichit sa nouvelle capitale de monuments où furent prodigués le marbre et les sculptures ; il y fonda une académie, une université, un collège de médecine et de chirurgie , des établissements de bienfaisance, une bibliothèque publique, un jardin botanique. A partir de sa réunion à la France, qui eut lieu le 23 février 1776 , Nancy n'a plus d'histoire particulière. Ce fut dans celte ville que, le 31 août 1790, le jeune officier Désille , voulant éviter l'effusion du sang, se jeta au devant de la bouche des canons et fut tué en arrachant les mèches des mains des canonniers. On prétend aussi que l'idée première de la Sainte- Alliance y fut conçue par les trois souverains coalisés qift l'occupèrent deux fois, en 1814 et en 1815.
Nancy a vu naître l'auteur des Lettres d'une Péruvienne, Mme de Graffigny ; Louis Maimbourg , le prédicateur aux saillies burlesques; Palissot, auteur de la comédie des Philosophes; le critique Hoffmann; Guilbert de Pixérécourt, un des créateurs du mélodrame; Mme Élisa Voïart, auteur de romans estimés; Mme de Vannoz, poète; les deux le Pois, médecins ; les sculpteurs Adam , Drouin et Bagard; les peintres Bellange , Herbel, Claude Charles , Jacquard, Isabey; les graveurs Saint- Urbain et Israël Sylvestre ; Jacques Callot; Jean Latnour, serrurier artiste; le danseur Gardel ; Audinot, fondateur du théâtre de l'Ambigu ;
Mlle Raucourt, tragédienne; les généraux : Hugo, fils d'un menuisier; Liébaut, fils d'un parfumeur; Grandjean; Drouot, fils d'un boulanger, et surnommé, par Napoléon, le Sage de la grande armée.
Édifices religieux.
La Cathédrale ne date que du xviii- s.; située dans la ville neuve, près de la porte Saint-Georges, elle a été construite sur le plan de l'église Saint-André du Val, de Rome.
La façade, large de 50 mèt. , est d'ordre corinthien dans le soubassement, et au-dessus, d'ordre composite, ainsi que les tours, décorées de p i last res et d e bal ust rades q ue su rmontent des dômes terminés par une lanterne en pierre ouverte de toutes parts et entourée d'un balcon en fer. Parmi les décorations intérieures de l'église, on remarque : la coupole peinte par Claude Jacquard ; la boiseiie du sanctuaire; deux grands tableaux de Claude Charles :
le Couronnement de saint Sigisbert et un Banquet de pauvres servis à table par ce roi; les grillages des chapelles de Saint-Jean-Baptiste et de Saint-Charles, exécutés par Lamour ; les statues des quatre Docteurs de l'Église , sculptées par Nicolas Drouin pour le tombeau du cardinal de Vaudemont et nui sont aujourd'hui dans les deux dernières chapelles près de la grille qui sépare la nef du sanctuaire; trois tableaux de Girardet dans la chapelle des Congréganistes ; quelques tableaux de Nicolas de Bar et de Bellange ; un petit Christ en face de la chaire ; une grosse lampe d'argent, présent d'un prince espagnol, prisonnier en 1809; un magnifique jeu d'orgues, placé en 1757 et 1758; une belle statue de la Vierge, sculp-
tée par Bagard. Cette église possède les reliques de saint Sigisbert, et conserve dans son trésor le calice, la patène et l'évangéliaire de saint Gauzelin.
Dans l'église des Cordeliers (Grande rue, ville vieille), bâtie en 1477 , par René, on voit : le magni- • fique mausolée de René II , curieuse sculpture de la renaissance des arts au xvi° s. ; le tombeau du cardinal de Vaudemont, sculpté par Nicolas Drouin ; celui de Jacques Callot; le mausolée de Philippe de Gueldres, dont la statue est due au ciseau de Ligier Richier.
De l'église des Cordeliers on passe dans la Chapelle ronde, ou chapelle ducale, par une sorte de vestibule étroit où les regards sont attirés sur un monument fort ancien , surmonté d'une statue qui passe pour être celle de Gérard d'Alsace, premier duc héréditaire de Lorraine.
La chapelle forme un octogone régulier, percé de cinq fenêtres décorées de vitraux violets. Dans les vides que laissent entre elles seize colonnes d'ordre composite , dont les fûts de marbre noir sont surmontés de chapiteaux blancs, on voit rangés, au nombre de sept, les mausolées en marbre noir, érigés à la mémoire des ducs de Lorraine et de leur famille. Au dessus de la corniche sont les seize médaillons des ducs de Lorraine, séparés par des trophées militaires. Des rosaces en vitraux de couleur décorent la coupole, que domine une lanterne percée à jour. Au milieu de la chapelle s'élève un autel en marbre blanc, dont le dessus porte une Vierge entre deux anges adorateurs, et dont le devant représente le Christ sur son linceul. Sous la chapelle règne un caveau sépul-
cral, avec un gros pilier creux au milieu. Les restes des princes morts depuis 1390 y furent déposés en 1744. Ce monument, construit sur les dessins de Baptiste Stabily, fut commencé sous Charles III, terminé sous le duc Henri, restauré par l'empereur François I", dégradé pendant la Révolution, et enfin restauré une seconde fois, en 1822, aux frais de la France et de l'Autriche.
Saint-Sébastien, du xvur* s. t occupe la partie supérieure de la place Mengin. Des sculptures et des bas-reliefs de Meny décorent le portail. On remarque à l'intérieur des sculptures de Bagard, des peintures de Jean Leclerc et de Claude Charles, et le beau mausolée que les artistes lorrains élevèrent à la mémoire de Girardet (contre le mur à gauche, près du chœur).
Édifices civils.
Une des principales curiosités de Nancy est la place Stanislas, où s'élevèrent successivement les statues de Louis XV, du Génie de la France et de Stanislas, et dont tous les travaux furent confiés à des artistes et à des ouvriers lorrains, sous la direction d'Emmanuel Héré, premier architecte du roi. Elle a pour encadrement cinq beaux pavillons, de superbes grilles en fer, deux magnifiques fontaines et un arc de triomphe.
L'arc de triomphe, construit par les ordres de Stanislas, est d'ordre corinthien, élevé sur un piédestal, couronné d'un attique et termine par le médaillon de Louis XV en plomb doré, lequel est soutenu par un Génie et par une femme représentant la Lorraine ; une Renommée plane au-dessus du Génie; de cha- |
que côté sont des trophées d'armes.
Trois bas-reliefs en marbre blanc régnent au-dessus des trois portiques : au milieu, Mercure et Minerve assis sous un dattier; à dr., Apollon jouant de la lyre en présence des Muses et d'un groupe en extase; à g., Apollon lançant une flèche contre un dragon ailé qui enlace un homme dans ses replis.
Sur la corniche s'élèvent les statues colossales de Cérès, de Minerve, d'Hercule et de Mars.
Les pavillons, d'ordre corinthien à pilastres, ont des croisées ornées d'agrafes et de balcons, à plein cintre au premier étage, bombées au second. L'entablement de toutes les faces est surmonté d'une balustrade que décorent des groupes d'enfants, des urnes et des vases. Ces pavillons sont : le pavillon Jacquet , occupé par des marchands et des particuliers ; le pavillon de YÉcole de musique; le pavillon de YÉvêché; le pavillon de la Comédie, et enfin celui de YHôtel de ville, qui est le plus grand et le plus beau , et qui fait face à l'arc de triomphe.
On entre à l'hôtel de ville par un vestibule que soutiennent deux rangs de colonnes et qu'entourent des pilastres cannelés d'ordre ionique. Les bureaux et la salle des Redoutes, destinée aux bals et aux concerts, occupent le rez-de-chaussée. Le double escalier qui conduit au premier étage , construit par Joly, de Saint-Nicolas, est garni d'une belle grille en fer ; Girardet en a peint la cage et le plafond. Le salon du premier étage renferme deux belles cheminées en marbre et les grandes fresques de Girardet. Le musée est à dr. du salon ; à g. sont de vastes et beaux appartements.
Des grillages en er , du serrurier
Lamour, œuvre d'un riche travail et d'une exécution délicate , occupent les quatre angles de la place.
De chaque côté de l'hôtel de ville, ils forment des espèces de portes flamandes ; les deux autres sont ornés de fontaines , surmontées, l'une d'une Amphitrite, l'autre d'un Neptune, dont le char, tiré par des chevaux marins, est accompagné d'un Fleuve, d'un Dragon et d'une Naïade.
Au milieu de la place se dresse la statue en bronze de Stanislas, sculptée par M. Jacquot, coulée à Paris, et inaugurée le 6 novembre 1831. Du point occupé par cette statue, on aperçoit, aux extrémités de deux longues rues tirées au cordeau , les portes Stanislas et Sainte-Catherine, bâties en arcs de triomphe.
La Carrière , où se tient la foire annuelle de Nancy, séparée de la place Stanislas par l'arc de triomphe, est, comme cette dernière, une place monumentale. Elle est décorée d'une colonnade qui aboutit à l'ancien hôtel du Gouvernement, aujourd'hui la résidence du maréchal commandant le 3e corps d'armée. Au milieu est une promenade plantée d'arbres , entourée d'un parapet surmonté d'urnes et de statues, et ornée de. jolies fontaines aux quatre angles. Sur les côtés s'élèvent la Bourse, et le Palais de justice, où l'on peut voir la fameuse tapisserie (25 mèt. de longueur sur 4 mèt. de hauteur) trouvée, aprè-* la bataille de Nancy, dans la tente de Charles le Téméraire.
Le Palais-Ducal, commencé par le duc Raoul, qui régnait en 1329, fut achevé par René II. Antoine et Charles 111 accrurent et embellirent cette résidence, qui reçut, en 1673,
Louis XIV avec la reine et sa suite.
Stanislas la fit démolir, à l'exception de la face qui donne sur la Grande-Rue, et d'une salle qui servait aux séances des États. Un trèsbel escalier conduit à cette salle, nommée galerie des Cerfs, parce qu'on y déposait les bois des cerfs tués à la chasse par les ducs. Le Palais-Ducal, quoique mutilé, conserve encore une belle corniche, de riches balcons, une grande porterie, de style ogival tertiaire, et une petite porterie, moins ancienne, que le peuple appelait, sous Léopold, porte Masco, du nom de l'ours qui avait sa huche sous une galerie voisine. La grande porterie, dite porterie d'Antoine , achevée en 1512, a été restaurée en 1848 ; elle est surmontée d'une statue équestre du duc Antoine, sculptée en 1851 par Jiorné Viard, pour remplacer une statue du môme duc, détruite en
Le palais de Y Académie, construction récente , située sur la place de Grève, est un vaste et beau bâtiment carré, dont la façade se compose d'un corps de logis et de deux pavillons. Huit colonnes d'ordre dorique décorent le rez-dechaussée du corps de logis, au milieu duquel s'ouvre, entre deux colonnes, la porte principale. Chacun des pavillons offre, au rez-de-chaussée , deux médaillons où sont les bustes en relief: à g., de Henri Braconnot, chimiste, et de Charles le Pois, médecin; àdr. , de François Guinet, jurisconsulte, et de Nicolas Gilbert, poète. Sous le vestibule, deux autres médaillons re^.
présentent dom Calmet et de Haldat du Lys. De chaque côté de l'édifice, et sur la même ligne que la façade, est une grille d'entrée dont les pi-