SPA
louer, dont les prix varient selon l'époque de la saison, l'affluence des étrangers, l'exposition, etc. — Les restaurants portent des dîners en ville à volonté (5 fr. pour 2 personnes).
Poste et télégraphie électrique. — Rue du Moulin. Bureaux ouverts de 7 h. du matin à midi, et de 2 à 6 h. du soir.
Voitures et chevaux. — Les principaux loueurs sont MM. Jehin et Gernay. Tous les prix sont tarifés ; ils subissent une diminution pendant les mois de juin , de septembre et d'octobre.
Spa est une ville d'environ 6000 hab., située sur le ruisseau le Weay, au fond d'une vallée longitudinale, à la base d'une colline escarpée et boisée qui la protège contre les vents du N. Son élévation au-dessus de la mer est de 272 mètres. L'air y est vif, et le climat, quoique variable, s'y fait remarquer par sa salubrité. En 1832 et 1849, le choléra, qui décimait les populations de Liège , Verviers, Malmédy, Pépinster, n'y a frappé aucun des habitants de Spa ni aucun des étrangers qui étaient venus s'y réfugier. Les environs de cette ville offrent d'agréables promenades (V. ci-dessous.) Pendant l'été, des fêtes charmantes, habi lement ordonnées, s'y succèdentsansinterruption. Mais Spa doit surtoutsa célébrité à ses eaux ferrugineuses, froides et très -gazeuses, qui guérissent un grand nombre de maladies, et qui y ont attiré et retenu, entre autres personnages, illustres à des titres divers, Louis de Gonzague, duc de Nevers (1576) , Marguerite de Valois, femme de Henri IV (1577); Henri III, roi de France et de Pologne, frère de cette princesse (1 585) ; Alexandre Farnèse, duc de Parme, petit-fils de Charles-Quint (1591) ; le roi d'Angleterre Charles II; la
reine de Suède Christine ; un roi de Danemark ; un grand-duc de Toscane : Juste Lipse (1592 et 1 605) ; le czar Pierre le Grand (1717) ; Gustave III (1780); l'empereur Joseph II (1781) , sous le nom de comte de Falkenstein ; il s'y trouva avec le prince Henri de Prusse, frère du grand Frédéric, et l'abbé Raynal; le czarowitz, depuis Paul I" (1782) ; le comte d'Artois, depuis Charles X (1783) ; la duchesse d'Orléans , mère de Louis- Philippe (1787); Sauvenière ; Monge; de Candolle ; Alfieri; Volney; la reine de Westphalie (1809) ; la reine Hortense (1810); le roi des Pays-Bas (1$17); l'empereur Alexandre; le roi de Prusse le duc de Wellington (1818) ; le roi et la reine des Belges (1833), etc.
Les principales sources minérales de Spa sont : le Pouhon, la Géronstère, la Sauvenière, le Grœsbeck, le Watroz, le Tonnelet et le Barisart.
La fontaine du Pouhon, que l'on appelait autrefois le Pouxhon, la plus célèbre , la plus fréquentée et la plus activedes eaux de Spa, estsituée au centre de la ville , à 344 mèt. au-dessus du niveau de la mer. La date de sa découverte est inconnue.
Spa lui doit probablement son origine. C'est sous un portique, bâti en 1820 par le prince d'Orange à la mémoire de Pierre le Grand, que se trouve le puits, de forme quadrangulaire, dans lequel jaillit la source ; une inscription, gravée au fronton, rappelle que Pierre le Grand recouvra la santé l'an 1717 pour avoir fait usage de l'eau du Pouhon. — L'eau du Pouhon ne tarit jamais ; elle sort en bouillonnant des fentes de roches micacées, parfaitement transparente, pétillante, d'une saveur acidulé, piquante et
ferrugineuse ; elle a une température de 10° cent, et contient 0 gr. 05 de carbonate de fer par litre.
La Géronstère est située à 160 mèt. au-dessus du niveau du Pouhon et à 3 kil. au S. de Spa. Une belle route , parfaitement entretenue et bordée de beaux arbres, y conduit en gravissant un coteau gracieux, d'où l'on découvre de jolis points de vue. Une charmante promenade l'entoure (bon restaurantj.
Cette source, dont la température est de 9°, 5 cent., dégage une légère odeur sulfureuse et contient seulement 0 gr. 03 de fer par litre.
La Sauvenière et le Grœsbeck, presque voisines Tune de l'autre, sont situées à 30 min. de la ville, à g. de la route de Malmédy (une bonne route conduit, à travers le bois, de la Géronsière à la Sauvemère). Elles jaillissent chacune dans un puits carré, taillé dans la roche vive, et surmonté d'un petit dôme.
Leur température est de 9° 71 cent.
Leurs qualités physiques ressemblent beaucoup à celles des sources précédentes; seulement c'est dans la pierre qui entoure le puits de la Sauvenière que se trouve le trou appelé le Pied de saint Remacle. D'après la tradition, il suffit à une jeune femme, pour cesser d'être stérile, déboire, pendant neuf jours consécutifs , de l'eau de la Sauvenière eu posant son pied sur l'empreinte de celui de saint Reoiacle.
A quelques pas de la source une colonne de marbre noir , haute de 2 mètres environ et entourée d'une grille de fer, porte l'inscription suivante :