BRUXELLES
niination une résistance qui n'eut point d'effet. Cependant elle ne cessa de s'insurrectionner contre les divers gouverneurs envoyés d'Espagne.
Prise et pillée par les Français au xviie s., elle retourna bientôt à l'Autriche, qui s'en assura la possession par le traité d'Utrecht (1713); mais, affaiblie par des luttes continuelles contre les habitants de la ville, la domination autrichienne disparut pour faire place à la domination française, à laquelle les Cosaques mirent fin en 1814. Guillaume d'Orange- Nassau vint alors s'y faire proclamer roi; mais, en 1830, Bruxelles, donnant le premier exemple d'un soulèvement qui gagna bientôt la Belgique entière, chassa les troupes royales et reconquit son indépendance.
On entre à Bruxelles par sept portes ; celle de liai est le seul reste des anciens remparts.
L'église Sainte-Gudule , reconstruite aux xiii", xiv« et xv« s., possède une façade du style ogival tertiaire, flanquée de deux tours carrées terminées par une plateforme; cette façade a été récemment restaurée. A l'intérieur, on remarque : les beaux vitraux qui décorent la nef et les chapelles ; l'immense verrière du portail, près de l'orgue, représentant le Jugement dernier; la chaire, en bois sculpté (1699), de Henri Verbruggen; les statues colossales adossées aux colonnes de la grande nef ; le mausolée de Jean II, duc de Brabant.
Dans le chœur, à g. , s'élève, dans la chapelle de Notre-Dame de Délivrance , le monument du comte de Mérode, tué (1830) au milieu des volontaires belges.
V église Saint-Jacques sur- Caudenberg (xvni* s.) offre un portique
de six colonnes d'ordre corinthien, supportant un fronton triangulaire orné d'une fresque. — Véglise Notre-Dame des Victoires ou du Sablon, la plus belle église ogivale de Bruxelles, après Sainte-Gudule, date du xve et du xn9 s. Un beau porche à profondes voussures concentriques et une vaste fenêtre flamboyante décorent l'entrée principale ; l'intérieur renferme les mausolées sculptés de la famille la Tour Taxis (chapelle à dr. du chœur)-; le tombeau de J. B. Rousseau et son buste en marbre blanc, et, dans le collatéral de dr., le riche mausolée de Klaminio Garnier, secrétaire du conseil privé. — L'église Notre-Dame de la Chapelle (xin* et xv* s.) possède de belles statues de Jésus-Christ, de la Vierge et des douze Apôtres; une chaire de Plumier; un pupitre de chœur, remarquablement sculpté ; plusieurs monuments funéraires; un tableau de Crayer [Jésus-Christ apparaissant à Madeleine) et plusieurs toiles de Van Eyok. — Dans Véglise Sainte-Catherine (construction trèsancienne, avec une tour de la Renaissance encore inachevée) on voit un Crayer et un Otto-Venius. — L'église du Béguinage ou de Saint- Jean-Baptiste (xvii* s.) est décorée à l'intérieur de plusieurs tableaux de Crayer, d'Otto-Venius, de Van Loon, et d'une statue colossale de saint Jean-Baptiste (au-dessus du maîtce-autel), sculptée par Puyenbroek. — Signalons encore Véglise Notre-Dame du Finistère (XVIIe s.), restaurée en 1804 et décorée d'un frontispice en 1828; — Véglise Notre- Dame de Bon- Secours (xvii* et xvnr s.), dont l'ornementation est d'un style aussi pur qu'élégant; — Véglise des Ministres (xvn- et xvnr
s.) ; — Yéglise Saint- Joseph , édifice du style italien.
L'hôtel de ville (xv« s.) est un quadrilatère irrégulier, flanqué aux deux angles de la façade d'une tourelle octogone terminée par une aiguille en pointe. Cette façade (80 met. de longueur) se compose au rez-de-chaussée d'un portique de dix-sept arcades ogivales, supportant une plate-forme au-dessus de laquelle s'élèvent deux étages de fenêtres rectangulaires, surmontés eux-mêmes d'un toit très- élevé , percé de quatre rangs de lucarnes.
Au-dessus de la grande porte s'élève une tour (91 mèt. 63 cent, de haut.) carrée jusqu'au sommet des toits, et polygonale dans sa partie supérieure, qui passe pour la plus belle de ia Belgique; elle est soutenue par des contre-forts recouverts de tourelles et de clochetons. Du troisième étage s'élance une flèche, découpée comme une dentelle pyramidale et surmontée d'une statue colossale (5 mèt. 2 cent, de hauteur) de saint Michel, en cuivre doré, tournant au vent comme une girouette.
A l'intérieur de l'hôtel de ville , on remarque, parmi plusieurs salles somptueuses, la salle des États de Brabant et la grande salle, décorée de dorures et de tapisseries (plafond peint par Janssens : ['Assemblée des Dieux) ; dans la cour sont deux fontaines sculptées, l'une par Kinder, l'autre par Plumier. — La Maison du roi, édifice ogival du xvi* s. mutilé en 1695, a été maladroitement restauré depuis. — Le Palais du roi (quelques tableaux anciens et modernes) est attenant au Palais de la Nation (lieu de réunion du Sénat et de la Chambre des représentants), dont la façade, décorée de huit colonnes cannelées
d'ordre ionique, supporte un fronton triangulaire (bas-relief). — Le Palais du prince héréditaire, édifice de style italien, construit en 1823, renferme une belle salle de bal , dont les murs sont revêtus de marbre de Carrare. — Au Palais de justice sont jointes les Archives du royaume (innombrable quantité de documents). — Le Palais de V Industrie (statue en bronze du prince Charles de Lorraine, au milieu de la cour) est occupé en partie par la magnifique Bibliothèque royale (200000 imprimés, 20000 manuscrits, 7000 médailles, 50000 estampes). — Le Musée est une riche collection des chefs-d'œuvre des écoles flamande, hollandaise et allemande.
«Le musée de Bruxelles, dit M. A.
J. Du Pays (Itinéraire de la Belgique), s'ouvrit en 1801.... Il compte aujourd'hui plus de 500 toiles....
Bien qu'inférieur à celui d'Anvers, il est cependant digne de l'attention des amateurs. Les peintres italiens n'y comptent ni par le nombre, ni par la valeur des œuvres.
Mais, en revanche, il possède dix toiles de Rubens (le Christ voulant foudroyer le monde, le Martyre de saint Liévin, le Couronnement de la Vierge, Y Assomption, le Christ au tombeau, Y Adoration des mages, Vénus demandant des armes à Vulcain, etc.) ; treize toiles de Gaspard de Crayer, qu'on peut y étudier dans quelques - uns de ses meilleurs ouvrages ( la Pêche miraculeuse , Assomption de sainte Catherine, le Chevalier Donglebnrt et sa femme en adoration devant le Christ mort, la Sainte Famille, etc. ): des peintures de Jordaêns, de la facture la plus vigoureuse (les Dons et les Occupations de V Automne, allégorie, « tableau capital du mu-