LA FAVORITE
tion, une image de la Vierge arrêta la peste au xvr siècle. Un chemin, plus agréable que la route pour les piétons, conduit de là à Haueneberstein, en 1 h. 30 min. On laisse ensuite à g. l'allée de peupliers qui aboutit à la Maison de Chasse (F. §12), avant d'atteindre Oos (V. R. 4), dont l'église, fort ancienne, s'élève au milieu de l'ancien cimetière qu'entoure une muraille élevée; là, prenant la direction du N. E. à travers la plaine, on se dirige au nord sur Haueneberslein (aub. Kroné) , petit v. au delà duquel on va visiter (à g.) la Favorite.
On donne ce nom à un château de plaisance situé à 2 h. 15 min. de Bade, et construit, en 1725, par les soins de la margrave Sibylle, veuve de Louis-Guillaume, le vainqueur des Turcs. Un ermitage, dans lequel cette princesse faisait pénitence durant le carême, est situé au milieu du parc. Lit de paille, cilice, discipline et ceinture armées de pointes, tous les raffinements enfin de la dévotion la plus exaltée étaient réunis dans cet ermitage, où la margrave Sibylle prenaif ses repas, qu'elle préparait elle-même, avec des mannequins grotesques, représentant la Vierge, saint Joseph et le Christ. «Il fallait, dit avec raison Eugène Guinot dans son Été à Bade, que les péchés eussent été bien doux pour que la pénitence fût si rude. » On remarque surtout, à l'intérieur du château, la salle à manger haute de 2 étages (la pièce du milieu), la salle de jeu avec des mosaïques de Florence et les portraits des hommes célèbres sur les glaces, la salle chinoise dont toutes les figures remuent, celle dans laquelle la margrave et son époux sont représentés sous soixante-
douze costumes différents, les tapisseries brodées par la princesse et ses dames d'honneur, la cuisine nommée Prangkûche (cuisine d'apparat) où se trouvent des collections de plats, d'assiettes, de cristaux, un service en faïence, etc. Ce château , assez curieux à visiter, bien qu'il ne renferme aucune œuvre d'art, va, dit-on, êtie restauré. — La Favorite n'est qu'à 15 min. de distance de
(2 h. 15 min. de Bade-, 1 h. 30 min. de Rastatt) Kuppenheim (hôt. le Bœuf), ancienne capitale de l'Uffgau, v. de 1834 bab. dont 143 juifs, jadis fortifiée, incendiée par les Français en 1689, et située à l'entrée de la vallée de la Murg, qui s'ouvre entre VEichelberg au N. et le Durrenberg au S.
15 min. au delà de Kuppenheim, on laisse à dr. Oberndorf, v. d'environ 350 hab. 15 min. plus loin , on passe devant le modeste château de Rothenfels, appartenant au margrave Guillaume, séparé par la Murg du v. du même nom (1603 hab.) et situé au pied du Schanzenberg. En cherchant, il y a quelques années, du charbon de terre sur cette montagne, on y a découvert, à 100 met., une source minérale et saline, d'une température de 16 degrés cent, en toute saison. Cette source , un peu amère, a une odeur sulfureuse prononcée; on en fait usage en boissons et en bains, pour un certain nombre de maladies.
Elle jaillit au pied du Klingelberg, et fournit en 24 h. 3200 pots d'eau pour la Trinkhalle , et 20 000 pour les bains. On a construit au dessus une Trinkhalle, à côté de laquelle se trouvent quelques cabinets de bain. En avant, sur la route , s'élève un hôtel fort bien tenu et très-fré-
quenté pendant la belle saison, par les hôtes de Bade. Les environs offrent d'agréables promenades : le long de la Murg, au Klingelberg , à VEichelberg (393 mèt.), par Winkel et Oberweier, etc. Une route, réparée depuis peu, conduit directement à Bade par le Pfiffelsberg et le Verbrannte Buckel (la Bosse Brûlée, F. §20).
Après avoir dépassé une verrerie, on traverse la Murg à
Gaggenau (10 min. de Rothenfels), v. de 1270 hab. Au S., sur la rive g. de la Murg, près de la scierie d'Achilfurth, s'élève V Amalienberg , montagne couverte autrefois de pâturages incultes, et dont un paysan tyrolien, Rindeschwender, a fait une belle propriété d'agrément et de rapport. C'est à la mémoire de ce propriétaire modèle, que, en 1804, le grand-duc Charles-Frédéric éleva un monument en forme d'obélisque, près du village. Vis-à-vis de l'Amalienberg se trouve Michelbach (45 min.) dans une vallée tapissée de prairies.
A 15 min. environ de Gaggenau est Ottenau (hôt. : du Lion et de VÉtoile d'or) , où l'on traverse le Sulzbach qui descend de Sulzbach; au delà s'élève, au pied du Scheibenberg, un rocher de granit qui fait faire à la Murg un angle aigu. Un piédestal surmonté d'un débris de colonne porte la date de 1786. Ce rocher dépassé, on ne tarde pas à atteindre (15 min.) Hœrdten, joli v. de 1029 hab., situé au pied du Galgenberg , colline plantée de vignes. On y remarque les îles de la Murg, le batardeau qui sert à arrêter le bois flotté, et les scieries appartenant à la société des bateliers de la Murg.
Au delà de Hœrdten, la vallée