DE WALDSHUT A BALE
7 1/2 mil. — Chemin de fer. 4 convois par jour. Trajet en 1 h. 20 min. et en 2 h. pour 2 fl. 33 kr., 1 fl. 45 kr. et 1 fl. 12 kr.
Après avoir fait le tour de l'enceinte de Waldshut, le chemin de fer vient côtoyer le Rhin qui disparaît bientôt aux regards.
3/5 mil. Dogern, v. situé au pied de petits coteaux plantés de vignes ou boisés.
1 1/10 mil. Albbruck, v. situé sur l'Alb, qui lui a donné son nom (pont de l'A Ib). On y remarque une importante fonderie de fer.
D'Albbruckà Saint-Biaise, par la nou velle route très-recommandée aux touristes. R. 8.
En quittant la station on traverse l'Alb qui descend sur la dr. d'un joli vallon boisé; on se rapproche du Rhin et l'on passe sur le viaduc d'Albert, près de
1 4/10 mil. Hauenstein , petite V. d'une seule rue, dont les 200 hab. ont conservé les anciennes coutumes et le costume qu'ils portaient au xvi- s. Un château en ruine la domine.
Au delà de Luttingen le chemin de fer s'éloigne du Rhin ; on aperçoit sur la rive suisse le joli vallon de Mettau. Après s'être rapproché du fleuve on traverse une longue tranchée et un tunnel de 303 mèt., taillé dans le gneiss.
1 9/10 mil. Klein -Laufenburg (hôt. : Pose, Bebstock), v. badois situé sur la rive dr. du Rhin, en face de Gross-Laufenburg , V. suisse de 750 hab. (hôt. Adler), située sur la rive dr. De la station même on jouit du paysage le plus pittoresque. On embrasse d'un seul coup d'œil le village badois et la ville suisse, le pont de bois couvert qui les relie et les rochers entre lesquels le Rhin, resserré dans un lit étroit, profondément encaissé, se précipite et se brise sur les écueils, qui restent en grande partie à sec quand les eaux sont basses. Les bateaux , préalablement déchargés, franchissent, au moyen de cordes, cette chute ou ces rapides (en allemand Laufen), audessous desquels est une pêcherie de saumons appartenant à la commune, et rapportant en moyenne 5 à 600 florins par année. La petite pêche, surtout celle des nases, est affermée. Elle a lieu au mois de juin. A cette époque, les saumons couvrent pour ainsi dire le Rhin d'une rive à l'autre.
Il y a peu d'années un batelier de Laufenburg descendit heureusement les rapides. Un jeune Anglais, lord Montague, voulut tenter la même aventure , mais il se noya, et, par une étrange fatalité, le jour même de sa mort, son château patrimonial de Cowdray brûlait en Angleterre.
Laufenburg dépendait autrefois d'une branche des comtes de Habsburg. Leur château, détruit pendant la guerre de Trente ans, occupait une colline voisine. On en voit encore les ruines.
On franchit la Murg avant de s'arrêter à la station de
2 4/10 mil. Murg, v. situé à 313 mèt. près de l'embouchure de la..
Murg dans le Rhin: ses petits coteaux boisés ressemblent à un parc anglais. Sur la rive g. du Rhin on aperçoit le v. suisse de Sisseln , à l'embouchure de la rivière du même nom. La vallée s'élargit; on laisse à dr. Ober-Sœckingen dont l'église est moderne.
-3 1/10 mil. Sœckingen (hôt.
Lœwe), ch.-l. de c, V. de 2300 hab.
qui possédait jadis une abbaye princière d'où dépendait tout le canton actuel de Glaris. L'ancienne église abbatiale a conservé ses deux tours. Un pont couvert fait communiquer Saeckingen avec l'autre rive du Rhin sur laquelle se trouve Stein.
Le chemin de fer, suivant la direction du Rhin, incline au N. O., puis au N. On laisse à g. le v. de Wallbach et, sur la rive suisse, Oberwallbuch.
3 8/10 mil. Brennet, ham. situé près de l'embouchure de la Wehra dans le Rhin. .
De Brenfiet. dans le Wehrathal, V. cidessons.
[R. 10] KLEIN-LAUFENBURG. — RHEINFELDEN. 157
Le Rhin décrit une magnifique courbe. De belles forêts de sapins recouvrent les collines de sa rive g.
au-dessus desquelles apparaissent les sommités du Jura. On passe près des ruines de Steinsberg et du v. de Schwœrstadt. Le chemin de fer décrit avec le fleuve une nouvelle courbe avant d'atteindre
4 9/10 mil. Beuggen , ham. où l'on remarque les bâtiments fortifiés d'un ancien château de l'Ordre Teutonique, dans lequel ont été établis, en 1817, une institution et une maison de refuge pour les enfants pauvres. Les pentes des collines sont plantées en vignes. On peut visiter , dans les environs , une belle grotte à stalactites appelée le Tschamberloch.
De la .plaine bien cultivée que l'on traverse on aperçoit de loin, sur la rive g. du Rhin
Rheinfelden (hôt. : Schiff, Drei Kœnige, Àroue), V. argovienne de 2000 hab., sur la rive g. du Rhin, et communiquant avec la rive dr.
par un pont de bois, appuyé sur un rocher situé au milieu du fleuve qui porte encore les ruines du château de Slein, jadis si redoutable aux Suisses, et détruit par eux en 1445. Au-dessus et au-dessous de ce pont, le Rhin forme des rapides dangereux appelés Hœllenhaken.
Bâtie avec les débris d'Augusia Rauracorvm, Rheinfelden a éprouvé depuis huit siècles de bien cruelles vicissitudes. Elle a appartenu successivement aux comtes de Rheinfelden, aux ducs de Zaehringen (en 1090) , — à l'empire d'Aile* magne (1218) , — à l'Autriche (1330), — à la France (1801 à 1803), et enfin à la Suisse. Elle a été pillée en 1448 par la noblesse ; prise de force par les Suédois en 1633 ; ré-
duite à capituler en 1634 par le rhingrave Jean-Philippe; en 1638 par le duc Bernard de Weimar ; assiégée en 1679 par le maréchal de Gréqui; prise et détruite en 1744 par le maréchal de Belle-lsle ; oc- .
cupée de 1792 à 1803 par les Autrichiens et les Français. Son ancienne enceinte est encore visible.
Après avoir laissé à g. le v. de Warmbachj on aperçoit sur la dr., au pied du dernier contre-fort de la Forêt-Noire, le v. de Herthen.
Sur la rive g. du fleuve , près de l'entrée de la vallée de Liestal, se montre
Augst, v. séparé en deux parties par l'Ergolz, l'une bâloise, appelée Basel-Augst, 370 hab., et l'autre argovienne, appelée Kaiser-Augst, 400 hab.
Le premier de ces deux villages est situé sur l'emplacement de l'ancienne Raurica, capitale des Bauraci, et d'Augusta Bauracorum, ville célèbre du temps des Romains, fondée par Lucius Munatius Plancus sous le règne d'Auguste, et détruite par les Huns en 450. Elle avait 2446 toises de circuit. Des champs et des prés recouvrent aujourd'hui les ruines d'un fort destiné à la défense de la contrée, d'un temple, d'un amphithéâtre qui pouvait contenir douze mille spectateurs, d'un prétoire et de nombreux palais. Elle se trouvait sur la route qui conduisait de la Pannonie en Italie, et des bords du Rhin dans la Séquanie et la Gaule. Les restes d'antiquités que l'on y voyait encore il y a quelques années disparaissent peu à peu. Le propriétaire de la papeterie, M. Schmidt, s'occupe avec zèle de leur recherche et de leur conservation , mais la plus riche collection appartient à la bi-
bliothèque publique de Bâle ( F. la route 2, p. 104).
Au S. et au S. 0. les regards sont attirés sur les châteaux Birseck, Angerstein et Landskron, qui couronnent les croupes boisées du Jura.
Wyhleny v. situé à la dr. de la station et séparé par une faible distance de
Grenzach, près duquel on sort du duché de Baden pour entrer en Suisse. On laisse sur la dr. le chemin de la vallée de la Wiese (R. 10) , et l'on décrit une courbe au N. 0.
en se rapprochant de Bàle que l'on aperçoit de loin.
7 5/10 mil. Bâle (R. 2).
LE Wl ESENTHAL.
De Bâle à Schopfheim, 3 milles. Chemin de fer ouvert en juin 1862 ; 4 convois par jour; trajet en 1 h. 15 min. environ, pour 1 fl. 6kr., 48 kr. et 33 kr.— De Schopfheim à Todtnau, 3 6/10 milles. 2 diligences parjour en 3 h. 1/2 ; — à Zell, 3 diligences par jour en 55 min.
iV. B. Le Wiesenthal offre d'agréables paysages, mais il vaut mieux le parcourir en voiture qu'à pied.
Le Wiesenthal est une grande vallée qui commence, à la base méridionale du Feldberg, avec le ruisseau dont elle a pris le nom et qui débouche dans la vallée du Rhin, en face de Bâle, après avoir suivi, sur une longueur d'environ 12 h., la direction du S. 0. Sa partie inférieure , riche et fertile, n'a rien de pittoresque. Sa partie supérieure mérite seule d'être recommandée aux touristes, surtout à ceux qui montent au Feldberg par la vallée du Rhin, ou qui veulent en descendre par Bâle.
Le chemin de fer de Bâle à
Schopfheim, inauguré au mois de juin 1862, se détache de la ligne de Bâle à Schaffhouse, un peu en deçà de la station du Grenzach, pour remonter, à une assez longue distance, la rive g. de la Wiese, bordée de villas.
7/10 mil. Riehen , joli v. au delà duquel on sort de la Suisse pour entrer dans le grand-duché de Bade.
Il possède un institut de sourdsmuets et un établissement d'éducation pour les sœurs de charité protestantes. Avant de l'atteindre, on remarque à dr., sur une hauteur, l'ancienne chapelle de Sainte-Crischona (515 met.), jadis fréquentée par de nombreux pèlerins. La tradition rapporte qu'elle fut fondée par sainte Crischona, l'une des 11000 vierges qui, vers l'an 240, descendirent le Rhin pour se rendre à Cologne. Aujourd'hui c'est une succursale de la maison des missions de Bâle. A g. , dans le lointain , on aperçoit le v. de Tûllingen et le château de Rœtteln (voir ci-dessous). On laisse à dr. Stetten (antiquités romaines).
1 2/10 mil. Lœrrach (Hirsch ou Post) , ch.-l. de c. , V. de 4068 hab. , dont 1146 catholiques et 2745 protestants, située à 300 mèt. env. sur la rive g. de la Wiese. — C'est une ville moderne et industrielle (la fabrique d'indiennes de M. Kfpchlin et fils y occupe plus de 1000 ouvriers), sans intérêt aucun pour un touriste. Mais on peut aller visiter, en remontant la vallée (rive dr.), le vieux château de Rœtteln, qtii, détruit par les Français en 1678, domine de 30 mèt. env. le v.
de Rœttlerweiler (45 min.). — Sur une colline peu éloignée (45 min.), dans une direction opposée, s'élève l'église Sainte-Offilia ou Tûllingen,
[R. 10] SGHOPFHEIM. — ZELL. SGHŒNAU. 159
d'où Ton découvre une vue magnifique sur Bàle, le Rhin, les Vosges, le Jura et Ips Alpes. Le 14 octobre 1702, le général français Villars conquit à Tûilingen son bâton de maréchal.
C'est à Lœrrach que commence à proprement parler la vallée de la Wiese, dont on continue de remonter la rive g. Sur une colline qui s'élève à g., on aperçoit le château de Brombach, détruit en 1356 par un tremblement de terre, et dominant le v. du même nom, où Ton remarque une filature.
1 6/10 mil. Haagen, v. de 1294 hab. Les établissements industriels se multiplient. Le chemin de fer passe entre
2 mil. Steinen, à g., v. de 1176 hab. (filature), et Hœllstein, à dr.
(filature, fabrique de machines).
Une station a été établie à Maulburg, v. de 1563 hab., fort ancien, célèbre aujourd'hui pour les excellentes truites que l'on mange dans son Badhaus. — A g. s'ouvre l'étroite et sauvage vallée de la Belchenet Wiese, où l'on trouve le v.
de Wiesleth. Enfin on passe devant l'église de Gùndenhauscn , avant d'atteindre
3 mil. Schopfheim (hôt. . Pflug ou Poxf, Krone, Engel , Drei Kœnige), ch.-l. de c, V. industrielle de 2014 hab. dont 473 catholiques, située à 374 mèt. au-dessus du niveau de la mer, et bien bâtie, sur la rive g. de la Wiese.. Elle possède une filature et des fabriques de papier et de fils de fer. Le Schùtzenhaus et la Hebelshcehe (on y a élevé en 1861 un monument au poète Hebel, né dans les environs), offrent d'agréables promenades.
On peut de Schopfheim aller visiter la vallée de la Wehra (V. ci-
dessous). Une voiture part tous les jours de l'hôt. de la Poste pour Wehr (F. ci-dessous), en passant par (15 min.) Eichen, v. près duquel se trouve le lac du même nom, dont les eaux disparaissent de temps en temps.
Le chemin de fer ne dépasse pas Schopfheim. La route qui remonte la vallée de la Wiese dans la direction du N. reste sur la rive g. , passe à FahrnaUs puis devant les usines deux fois séculaires de Hausen. Le village de ce nom , où naquitle poète populaire Hebel, et où il passa les premières années de sa vie, est situé sur la rive dr. de la Wiese, au milieu d'arbres fruitiers. Une statue de Hebel a été érigée en 1860 devant l'église. Une inscription désigne la maison qu'il habitait et qui a été consacrée depuis à une œuvre de bienfaisance.
1 mil. Zell (hôt. : Hirsch, Krans, Lœwe), V. industrielle (filature, tissage, fonderie, fabriques de machines, etc.) de 1745 hab., incendiée en 1818 , et située dans la partie la plus étroite et la plus pittoresque de la vallée chantée par le poète Hebel.
La route remonte par une pente douce la vallée qui pren-i un caractère de plus en plus agreste et sauvage. On traverse Atxenbach (filatures), puis Mambach, au pied du Hochhlauen (O., 1073 mèt.).
1 6/10 mil. S chœnau (hôt. : L(rwe, Sonne), ch.-l. de c, V. indust. de 1230 hab. dont 1186 catholiques, située, à 502 mèt. d'altitude, à la base orientale du Belchen(F. R. 7).
En 1150 l'abbaye de Saint-Biaise y fitdéjà bâtir une église. Elle possède plusieurs filatures considérables.
Dans son cimetière, on montre un rocher sur lequel, d'après la tradi-
travaux d'art remarquables. On passe d'abord, en remontant la rive g. de la Wehra, à Oefflingen (hôt. Adler), dont on laisse à g. l'église, sur une hauteur escarpée; puis, après avoir dépassé la manufacture d'impressions sur étoffes de MM. Herosé et Burkard, et franchi la rivière près d'une brasserie, on laisse à g. Enkendorf.
6/10 mil. Wehr (hôt. : Kroney Adler, lœue)y bourg de 2054 hab. , dont 1995 cath., situé à 354 mèt., dominé par le château du même nom , qui existait déjà au »• s. On peut, de Wehr, visiter, avec un guide (45 min.), la ruine de Steinegg ou BœrenfelSy aVoù l'on découvre une belle vue sur la vallée du Rhin et les montagnes de la Suisse. On peut aussi, de Wehr, se rendre, en 30 min. (au N. 0.),kHasel (hôt. Pftug), village situé à 412 mèt. , et à 10 min. duquel se trouve la Hasel ou Erdmannshœhle, belle grotte de stalactites, dont il faut demander la clef au maître d'école du village (30 kr.
de pourboire).
Une route de voitures desservie par des voitures publiques met en communication directe Wehr et (1 1/10 mil.) Schopfheim, dans le Wiesentha) (V. ci-dessus, p. 159).
Le trajet se fait en 1 h. 50 min.
Au delà de Wehr, on traverse la rivière ; la vallée se resserre : la route , profondément encaissée , passe tantôt sur les rapides de la Wehra, tantôt à travers les roches menaçantes qui semblent à chaque instant lui fermer toute issue. A chaque détour, le paysage change.
La richesse de la végétation , la fraîcheur des forêts de bouleaux, de hêtres et de sapins, la coupe hardie des rochers, rendent celte gorge étroite plus belle peut-être que le
tion, l'apôtre saint Paul s'est âge nouillé. — A l'E. s'élève la Staltenkopf (1137 mèt.).
Après avoir dépassé (30 min.) Schœnenbuchen , lieu de pèlerinage, on rejoint à Uzenfeld la route de Staufen (R. 3) et, prenant la direction de l'E., on ne tarde pas à atteindre Geschwaend, où Ton rejoi nt la route de Freiburg à Saint-Biaise (R.8), que l'on remonte jusqu'à
1 mil. Todtnau (R. 8).
De Todtnau on peut aller à Freiburg, au Feldberg, à Saint-Biaise et à Waldshut (V. R. 8): et dans la vallée de la Wehra (V. ci-dessous).
LE WEHRATHAL