‹ Trait©♭ de zoologieChapitre 109 sur 347 · L’allantoïde se développe peu. Le cordon ombilical est · texte numérisé non relu

L’allantoïde se développe peu. Le cordon ombilical est

très long . Singes. Hommes.

O. L’allantoïde continue à se développer pendant longtemps. Le placenta est en masses simples . Ruminants.

G. L’allantoïde continue à se développer pendant longtemps; le placenta est diffus . Pachydermes et Cétacés.

Par une étude plus complète des formes diverses que peut revêtir le placenta, MM. Henri et Alphonse Milne Edwards ont singulièrement perfectionné cette classilication des Mammifères, et lui ont donné une forme détiuitive. Le placenta peut être en effet diffus, polycotylédonaire, en cloche, zonaire ou discoïde. Les Mammifères à placenta diffus sont les Pachydermes, les Siréniens et les Lémuriens; les Ruminants ont un placenta polycotylédonaire; certains Edentés {Myrmecophaga,Tamandu(t), un placenta en cloche; les Carnassiers, un placenta zonaire; les Insectivores, les Chéiroptères, les Rongeurs, les Singes et l’Homme, un placenta discoïde, mais qui se constitue chez les Singes et chez l’Homme autrement que chez les autres groupes. Si satisfaisante qu’elle paraisse, au premier abord, la considération du placenta a conduit à quelques résultats inattendus : les Proboscidiens, le Daman, une des espèces de Tatou, le Dasypus noverncinctus, ont un placenta zonaire comme les Carnassiers. Les autres Tatous, les Paresseux ont un placenta discoïde comme les Insectivores, les Rongeurs, les Singes et l’Homme, et tandis que les Fourmiliers d’Amérique ont un placenta en cloche, les Oryctéropes ont un placenta zonaire et les Pangolins un placenta diffus. Ainsi, d’une part, nous nous trouvons en face de rapprochements qui paraissent, au premier abord, peu naturels; d’autre part, un ordre accepté jusqu’ici par tous les naturalistes, celui des Edentés, se trouve absolument dissocié, et, ce qui est plus grave, la dissociation ne porte pas seulement sur les genres, mais encore sur les espèces d’un même genre, le genre Dasypus. Nous verrons plus d’une fois les classifications embryogéniques soulever des difficultés analogues.

Une série de découvertes qui eurent un grand retentissement avait cependant fait faire d'importants progrès à l’idée d’appliquer l’embryogénie à la classification. Lorsqu’on la vit dévoiler si clairement la véritable nature des Lernéens et des Cirripèdes, si longtemps discutée, lorsqu’elle eut indiqué les rapports si imprévus qui unissent les Méduses aux Hydres, on fut conduit à accorder la plus grande confiance

CLASSIFICATIONS

à ses indications. Dès 1844, Henri Milne Edwards, à la suite de ses recherches sur le développement des Crustacés et sur celui des Annélides, précisa les services qu’elle était susceptible de rendre en disant : « Les affinités zoologiques sont proportionnelles à la durée d'un certain parrallélisme dans la marche des phénomènes génésiques chez les divers animaux, de sorte que les êtres en voie de formation cesseraient de se ressembler d’autant plus tôt qu’ils appartiennent à des groupes distinctifs d’un rang plus élevé dans le système de nos classifications naturelles, et que les caractères essentiels, dominateurs de chacune de ces divisions, résideraient, non pas dans quelques parlicularités de formes organiques permanentes chez les adultes, mais dans l’existence plus ou moins prolongée d’une constitution primitive commune, du moins en apparence L »

Néanmoins Henri Milne Edwards conserve, nous l’avons vu, les grandes divisions du Règne animal de Cuvier et sa façon de les caractériser.

La même année, à la suite d’un mémoire sur le développement de Céphalopodes, Kœlliker donnait une autre forme à la classification de von Baër. S’appuyant sur les notions embryogéniques encore fort incomplètes que l’on possédait à cette époque, il considère que le point de départ du développement embryonnaire peut être une région limitée du vitellus où ne se constitue d’abord qu’une région déterminée du corps de laquelle les autres procèdent ensuite, ou bien que le corps de l’embryon se constitue d’emblée. De là deux grandes divisions primordiales qui renferment, la première les Vertébrés, les Articulés et les Mollusques, la seconde les Rayonnés et tes Vers. Comme les considérations exclusivement embryogéniques qu’il emploie conduisent Kœlliker à des groupements secondaires nouveaux, il est utile de condenser sa classification sous forme de tableaux :

Page 1