CLASSE
ORTHONECTIDES
Les Orthonectides découverts par Keferstein dans le tube digestif de la Leptoplana
ORTHONECTIDES.
tremellaris, signalés plus tard par Mac Intosh dans la paroi du corps du Lineus gesserensis, retrouvés par Giard chez les Ophiures, ont été ensuite étudiés par MetschnikofF (Rhopalura Intoshii du Nemertes lacteus, R. Giardii, de VOphiocoma neylecta) et surtout par Julin. L’espèce la mieux connue est la Rhopalura Giardii, parasite de VOphiocoma neglecta. Elle présente une forme mâle décrite d’abord comme une espèce indépendante sous le nom de Rhopalura ophiocomæ et deux formes femelles dont l’une avait reçu le nom d'Intoshia gigas.
Le corps des individus mâles est fusiforme, long de 0““,104 et présente quatre ou cinq sillons annulaires, transversaux, déterminant l’apparence de cinq ou six segments du corps. Le premier anneau peut être composé de quatre ou de huit cellules couvertes de cils raides, dirigés en avant quand l’animal est mort. Le second anneau est formé par cinq rangées transversales de petites cellules cubiques, contenant chacune un corps réfringent irrégulier; cet anneau très apparent est Vanneau jmpillifêre] il est dépourvu de cils vibratiles. Les autres anneaux présentent tous des cils vibratiles dirigés en arrière et exceptionnellement longs sur le dernier, composé de huit cellules disposées sur deux rangs. La cavité du corps circonscrite par l’exoderme n’est occupée qu’en partie par le testicule formé d’une masse ovoïde, granuleuse, enfermée dans une enveloppe anhiste très apparente, elle-même recouverte d’une assise fibreuse qui la dépasse et vient se rattacher en s’effilant en pointe aux deux extrémités du corps; on observe parfois des noyaux sur le trajet des fibres. Au. moment de la maturité du testicule, ces fibres perdent leur noyau et s’écartent de manière à s’unir en trois ou quatre faisceaux; les cellules exodermiques se désagrègent par places et la voie se trouve ainsi ouverte aux spermatozoïdes.
Les deux formes femelles sont, l’une cylindrique {Intoshia gigas), l’autre aplatie. Les femelles cylindriques ont jusqu’à 0““,280 de longueur; leur corps est généralement divisé en huit anneaux; le premier et le dernier sont formés d’un grand nombre de petites cellules disposées en mosaïque; sur les autres anneaux les cellules sont disposées en rangées; il y a trois de ces rangées sur le 6® anneau, deux sur le i® et le 7®, une seule sur les autres. Tous les anneaux, sauf le second, sont couverts de cils vibratiles. La cavité du corps est presque uniquement occupée par une masse d’œufs polyédriques, autour de laquelle on observe une couche fibrillaire semblable à celle qui enveloppe le testicule. Lorsque les œufs sont mûrs, ils sont mis en liberté par la chute des deux premiers segments du corps qui se détachent comme un opercule.
Les femelles aplaties n’ont que 0'“'",2t)0 de longueur; elles sont elliptiques, entièrement ciliées, à peine sillonnées transversalement, et présentent sur la tranche de leur extrémité antérieure une cellule particulière qui fait saillie à l’intérieur du corps. Ces femelles arrivées à maturité se fragmentent, et les œufs contenus dans : les fragments, même après leur mise en liberté, demeurent unis par une sorte de
mucilage, constituant ce que Giard a considéré comme un sporocxjste, ce que Metschnikoff appelle un cylindre plasmodique. Les œufs contenus dans ces masses gélatineuses ne donnent jamais en se développant que l’une ou l’autre des deux formes femelles; les œufs de la forme cylindrique qui se développent librement donnent toujours, au contraire, naissance à des mâles. Si le dimorphisme des femelles a la même signification chez les Dicyémides et chez les Orthonectides, et si i les femelles aplaties de ces derniers correspondent aux nématogènes des premiers,
MÉSOZOAIRES.
il devient probable que les rhombogénes sont équivalentes aux femelles cylindriques et donnent comme elles naissance à des individus mâles, les prétendus embryom Infusori formes.
Le développement des mâles a été complètement suivi par Juliii. L’œuf se divise d’abord en deux sphères inégales, qui fourniront, la plus petite l’exoderme, la plus grande l’entoderme. La sphère exodermique se divise rapidement et fournit par des bipartitions répétées au moins quatorze cellules enveloppant la plus grande partie de la sphère entodermique, avant que celle-ci commence à se diviser. La division de la cellule entodermique ne fournit d’abord qu’une petite cellule postérieure; puis la couche exodermique se complète et avant qu’elle se ferme, la cellule entodermique produit une nouvelle petite cellule, sous le blastopore, à l’opposé de la précédente. Ces deux petites cellules, qu’on peut nommer ainsi que celles qui en proviennent cellules intermédiaires, se divisent chacune en deux, puis font le tour de la grande cellule comprise entre elles qui se fractionne en un assez grand nombre de cellules mal délimitées, pourvues chacune d’un petit noyau, et formant une petite masse sphérique. Les cellules intermédiaires se multiplient aussi et forment d’abord une calotte à chacun des deux pôles de la masse entodermique. Puis l’embryon s’allonge et l’animal est alors formé de huit rangées transversales de cellules exodermiques entièrement couvertes de cils vibratiles : les cellules constituant les deux premières rangées antérieures, exodermiques se rapprochent de manière que les cellules extrêmes de chaque côté se touchent sur la ligne médiane; les cellules intermédiaires en font autant, aussi bien en avant qu’en arrière de la masse entodermique; les cellules exodermiques des deux premières rangées sont l’origine de l’anneau céphalique. Les deux rangées de cellules exodermiques suivantes se divisent à leur tour transversalement, deviennent opaques, perdent leurs cils vibratiles et forment l’anneau papillifère; chacune des autres rangées de cellules donne naissance à l’un des anneaux de l’adulte; la dernière de ces rangées n’est formée, au début, que de deux cellules caudales. Les cellules intermédiaires finissent par envelopper complètement la masse entodermique centrale. 11 est probable qu’elles donnent naissance à la couche fibrillaire qui enveloppe le testicule du mâle adulte.
Chez les œufs destinés à former des femelles, la cellule entodermique parait se diviser plus tôt que chez ceux qui doivent former les mâles. Elle a donné naissance à un assez grand nombre de cellules polyédriques toutes semblables entre elles, bien avant que l’épibolie soit complète. Les embryons quittent les masses plasmodiques dans lesquelles ils sont enfermés â peu près au moment où l’épibolie s’achève. Ils sont entièrement ciliés. Les cellules exodermiques postérieures sont alors "beaucoup plus grandes que les cellules antérieures; mais elles ne tardent pas â devenir toutes semblables entre elles, en môme temps que la couche externe des cellules entodermiques se différencie. Ces cellules deviennent cylindriques et forment une enveloppe régulière â la masse des autres cellules demeurées polyédriques. A ce moment, dans les embryons destinés â devenir des femelles aplaties apparaît, entre les deux couches la cellule énigmatique de la région antérieure du corps; elle est probablement d’origine exodermique. Les cellules de la zone intermédiaire paraissent produire la couche fibrillaire qui enveloppe l’ovaire et qui parait bien avoir la signification d’un mésoderme.
TKOISIÈME DEGRÉ D’ORGANISATIOIN