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DEUXIÈME SÉRIE

POLYPES (GNIDARIA)

Phytozoaires à corps formé de mérides ordinairement bien reconnaissables, même lorsqu'ils sont coalescents, disposés les uns par rapport aux autres de manière à former des arborescences ou des zoïdes rayonnés. Mérides ordinaire-

POLYPES

ment pourvues d'une bouche entourée de tentacules préhenseurs. Point de pores inhalants., de chambres ciliées ni de choanocytes des nématocystes dans l'exoderrne. Mésoderme nul ou formé d'un tissu muqueux; point de cavité générale.

Division en embranchements et en classes. — La Protohydra Leiickarli, la Microhydra Ryderi et les diverses formes beaucoup mieux connues du genre Hydra jouent dans la morphologie des Polypes le même rôle que les Ascons dans celle des Éponges, mais ce type initial conserve dans ses transformations et ses groupements divers une individualité beaucoup plus nette. Il est en conséquence plus facile de suivre la marche de la complication graduelle du corps et de définir les procédés grâce auxquels cette complication e«t obtenue. (Voir p. 35 à 43.)

La Protohydra Leuckarti est un simple cornet fixé à une extrémité, ouvert à l’autre, comparable à un Ascon sans pores inhalants; elle vit toujours isolée; la Microhydra a une structure aussi simple. Les polypes d’eau douce du genre Hydra ont une couronne de longs appendices préhenseurs, contractiles, les tentacules, fixés un peu au-dessous de la bouche; ils présentent en outre des phénomènes de croissance latérale qu'on n’observe ni chez la Protohydra ni chez la Microhydra, et qui sont le point de départ de la complication graduelle du corps. Vers le deuxième tiers de la longueur de l’animal à partir de l’extrémité libre, il apparaît, lorsque l’Hydre a suffisamment grandi, un bourgeon creux dont la cavité communique avec celle du corps du Polype. Ce bourgeon prend tous les caractères d’une Hydre nouvelle, qui se sépare d’ordinaire pour mener une vie indépendante; mais dans de bonnes conditions de température et de nutrition, cette séparation est tardive. L’Hydre produit alors de nouveaux bourgeons qu’elle porte en même temps que le premier, et dont les plus âgés peuvent même bourgeonner â leur tour avant que se produise la dissociation de toutes ces parties nées les unes sur les autres. Tant que ces parties demeurent unies, elles ne constituent qu’un seul corps, qu’un même organisme que, d’après la nomenclature exposée page 44, nous devons considérer comme un hydrozoïde dont l’hydre primitive et les hydres qu’elle a produites par bourgeonnement sont les hydromérides ou plus simplement les mérides.

Dans quelques espèces d’eau douce {Cordylophora lacustris, Limnocodium), dans la très grande majorité des espèces marines, les hydromérides qui demeurent ainsi associés, revêtent des formes et accomplissent des fonctions diverses, de telle façon qu’ils deviennent dans une certaine mesure solidaires et que l’iiydrozoïde prend de plus en plus les caractères d’une individualité physiologique, â la conservation de laquelle se subordonnent les fonctions des hydromérides. Trois formes principales se distinguent tout d’abord : l’hydroméride peut ne pas acquérir de bouche et se développer en longueur de manière â servir â la préhension ou au tact, c’est alors un dactyloméride; si des éléments génitaux se développent dans ses parois, il devient un gamoméride; quant â la forme fondamentale, essentiellement nourricière, que caractérisent la présence d’une bouche et l’absence d’éléments génitaux, on peut lui réserver le nom de gastroméride (tîg. oi8, p. 390). Les mérides d’un hydrozoïde peuvent affecter les dispositions relatives les plus diverses : ils sont quelquefois greffés latéralement les uns sur les autres, à la façon des rameaux d’un végétal; d’autres fois l’hydrozoïde est constitué soit par une tige dressée et ramifiée, soit par des stolons rampants, ramifiés et anastomosés sur lesquels naissent

les hydromérides; il existe donc entre eux des portions de tige, véritables entrenœuds, qu’on ne peut attribuer plus particulièrement à aucun d’eux et dont l’ensemble ,a été appelé par Allman, le cœnosarque. Le cœnosarque est généralement revêtu d’un étui cbitineux, le férisarque, qui. s’étend plus ou moins sur les hydromérides de manière à les soutenir, et s’épanouit souvent en clochettes ou en corbeilles dans lesquelles ils peuvent s’abriter.

Sur un hydrozoïde, il peut se constituer des groupes d’hydromérides formant de véritables zoïdes, capables assez souvent de se détacher et de vivre d'une vie indépendante. L’hydrozoïde passe alors à l’état A'hydrodéme. Dans ce cas, des dactylomérides se groupent en général en cercle autour d’un gastroméride et les éléments génitaux peuvent être abrités soit par les uns, soit par les autres. Si les dactylomérides sont concrescents, ils constituent autour du gastroméride une sorte de cloche ou d'ombrelle contractile, et le zoïde qu’ils forment tous ensemble est ce qu’on nomme une méduse. Dans les hydrodèmes fixés qui constituent la classe des Hydroïdes, les méduses demeurent attachées à l’hydrodème ou se détachent pour nager librement, grâce aux contractions rythmiques de leur ombrelle; les méduses d’un même hydrodème se ressemblent ou ne présentent entre elles que des différences sexuelles. Il n’en est plus ainsi chez les Polypes flottants qui constituent la grande classe des Siphonophores. Ici, la différenciation des parties est poussée beaucoup plus loin que chez les formes fixées et cette différenciation s’étend aux méduses qui peuvent être des zoïdes locomoteurs, les nectozoïdes, des zoïdes reproducteurs ou gamozoïdes ou remplir d’autres fonctions spéciales. La méduse typique n’en est pas moins le gamozoïde par excellence; elle joue, par rapport à l’bydrodème, le même rôle que la fleur et le fruit par rapport aux végétaux phanérogames; elle est le terme le plus élevé de l’évolution de l’hydraire, aussi trouve-t-on une série de formes dans lesquelles le développement de l’hydrodème semble sacrifié à celui de la méduse qui tinit par résulter directement du développement de l’œuf. Ces méduses à développement direct, d’abord peu différentes de celles qui naissent sur des hydrodèmes (Trachylina), finissent par constituer la classe des .4calèphes.

La série de Polypes dont nous venons de résumer les rapports constitue l’embranchement des Hydroméduses dans lequel on peut distinguer trois classes :

1° Les Hydroïdes, zoïdes ou dèmes fixés, à la constitution desquels peuvent prendre part des hydromérides et des méduses ;

2® Les SiPUONOPflORES, dèmes flottants composés d’hydromérides et de méduses;

3“ Les Acalèphes, hydrozoïdes nageurs ou fixés dont la méduse est le type.

On peut considérer comme une modification des Acalèphes, méritant de constituer un embranchement distinct, les Cténophores qui présentent une ombrelle sans gastroméride central, et se meuvent à l'aide de palettes vibrantes, laciniées, disposées en huit bandes longitudinales sur leur ombrelle dénuée de contractilité. Les contractions de l’ombrelle sont, au contraire, le seul moyen de locomotion des Acalèphes proprement dits.

Il n’existe aucune formation squelettique de nature minérale chez les Hydroméduses et les Cténophores. L’apparition dans l’épaisseur des tissus d’un hydrodème d’un réseau calcaire constituant un véritable squelette caractérise un troisième embranchement, celui des Anthozoaires. Ce squelette calcaire prend le nom de polypier. Dans l’embranchement des anthozoaires les hydromérides sont toujours

UYDROIDES.

différenciés en gastrornérides, dactylomérides et gamomérides. Chez les formes les plus inférieures, les dactylomérides ne présentent aucun rapport déterminé de position avec les gastrornérides qui ont leurs tentacules préhenseurs propres; mais dans les formes élevées les dactylomérides et les gamomérides se rapprochent graduellement des gastrornérides, autour desquels les dactylomérides finissent par former une couronne régulière. Chaque système cyclique formé par un gaslrozoïde, un cercle de dactylozoïdes et les gonomérides correspondants finit par avoir son squelette particulier, son calyce. rayonné. Tant que dans un pareil groupement les divers hydromérides ne communiquent que par l’intermédiaire de canaux issus de leur cavité gastrique, les dispositions fondamentales d’un hydrodème ne sont pas changées; les Anthozoaires dont les hydromérides conservent ce mode de communication forment une première classe, celle des hydrocoralliaires. Mais il arrive bientôt que les hydromérides, formant un même système cyclique, s’ouvrent tous dans une cavité atriale commune, qui les met en communication; ils constituent alors touS' ensemble un coralliozoide-, et la disposition qu’ils présentent caractérise une classe nouvelle des polypes, celle des Coralliaires. Eu résumé la série des Polypes se divise en trois embranchements, ceux des Hydroméduses, des Anthozoaires et des Cténophores.

L’embranchement des Hydroméduses comprend les trois classes des Hydroïdes, des SiPHONOPHORES et des Acalèphes.

L’embranchement des Anthozoaires ne comprend que les deux classes des Hydrocoralliaires et des Coralliaires.

L’embranchement des Cténophores ne comprend qu’une seule classe.

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