IRIS DES JARDINS
lUIS FLAMBE, IRIS OU FLAMBE GERMANIQUE, LIRGUO, IRIS NOSTRAS.
Iris vulgaris (jermanica, sive syhestris (T.) iris germanica (L.)
Cette belle espèce d'iris vient spontanément sur les vieux murs, les toits de chaume, etc., et est cultivée dans nos jardins pour ses fleurs. On emploie la racine, regardée par M. Guibourt comme une tige souterraine.
Préparation» et closes,
A L'iNTÊniEDR : Suc fruis, de 43 à 60 grammes.
Fiii, 120 gram. de racines pour un demi kilog. de vm, en macération pendant vingt-quai re heures.
Pondre, de 1 à 2 gram. en pilules électuau-es, etc. A l'extékiedr : Eu poudre, comme sternutatoire, dentifrice, sialogogue, aromatique.
Propriétés.
l'état frais , d'une odeur désagréable
dans l'hvdropisic, l'asthme humide, le catarrhe li" mi de etc.
[Les observations de Rivière, de Rufïï,s et de Werlhoff attestent que le suc de la racine d'ms nostras a ele employé
•\vec succès dans l'ascilc, l'anasarquc el autres liydropisies, soil primitives ou essentielles, qu'elle peut alors guérir , soit svmpathinues ou liées à des lésions organiques, ou il n apporte qu'un soulagement résultant de l'évacuation des sérosités. Ses succès, dans ces cas, tiennent évidemment a son action purgative. Montet {IIist.de l'Academ. des scierie. ,\ /72, p.\et 657), et Wauters [Repert. remedior. mdigenor. exoticis in medicinâ substituendor. Gandœ, 1810, 71 et 72 , ont proposé de substituer la racine d'iris germanique a celle d'iris de Florence, qu'elle a plus d'une fois remplacée frauduleusement dans le commerce : « Florentma niiUàprœroqalwà gcmdetprœ nostrate, qiim illius vanetas est, sive ad medicdndum sive ad odorandum adiiiheatur. ..decem ultimis annis guihus ruri medicinam feci semper indigenam hanc planîmn œquali successu ac antea exoticam pmscripsi. »
(AVauters, loc. cit.)
A dose altérante , la racine d'iris germanique en poudre a été administrée avec avantage dans l'asthme humide, dans le premier degré delà phihisie, la coqueluche, et en général dans tous les cas où l'ipécacuanha, donné à petites doses, est indiqué.]
J'ai administré deux fois le suc frais de la racine d iris germanique dans l'hydropisie, comme drastique. Les vives douleurs intestinales qu'elle a produites à la dose de 40 gr., accompagnées de vomissements et de selles abondantes, me l'ont fait, sinon abandonner, du moins réserver pour les tempéraments lymphatiques difficiles à émouvoir (1). Nous possédons assez de purgatifs indigènes sans recourir à ceux dont les effets sont ou incertains ou dangereux. L'iris agit d'une manière tellement directe sur la muqueuse gastrointestinale , qu'elle y détermine un sentiment de chaleur acre et briilante qui persiste encore long-temps après la cessation des contractions de la membrane musculaire du tube digestif. Toutefois, dans l'un des deux cas où je l'ai mis en usage,ceteffela été bien moins prononcé, parce que j'ai eu la précaution d'étendre 40 grammes de suc dans 150 grammes d'infusion de guimauve. De nouveaux essais me mettront peut-être a même d'apprécier plus sûrement les avantages et les inconvénients de ce purgatif drastique.
La racine d'iris germanique perd une grande partie de son activité par la dessiccation. On peut alors la réduire en poudre ets'en servir pour remplacer celle d'iris de Florence dans
(1) 11 est à remarquer que Wauters^ qui a eu à se louer de Temploi de celle racine , exerçait à la campagne chez des flamands robustes et d'une sensibilité obtuse.
les pi'éparalions où l'odeur trop forle de celle-ci répugne.
[On doit récoller la racine d'iris pendant l'été, en enlever l'épiderme avec un couteau, et la faire sécher proniplemeni et complètement en l'exposant à l'ardeur du soleil, à l'action du vent, et, à défaut de ces moyens, à la chaleur du four. Avec ces précautions on l'oblîenl blanche et non moisie.
Iris des mauais, Glayeul des marais. Iris jaune. — (Iris palustris lutea (T.) — Iris pseudo-acorus (L.) — Cette espèce d'iris croît dans les lieux aquatiques, sur le bord des étangs, où ses fleurs jaunes le font aisément distinguer. On emploie sa racine. On l'administre de la même manière et aux mêmes doses que l'iris germanique.L'odeur marécageuse qu'elle exhale dans l'état frais, se dissipe parla dessiccation; elle est alors inodore, un peu acre, et exerce sur nos organes line action tonique et une légère astriclion. Lorsqu'elle est récente, son action purgative est peut-être plus prononcée encore que celle de l'iris germanique. Aussi Ramsay, Plaier et d'autres auteurs l'ont-ils employée contre ranasarqueetTascite.EtmuUer Tamise en usage comme vermifuge, etBlair, au rapport de Murray, attribuait au suc qu'elle fournit de bons effets contre les scrofules. Celte racine, à la fois tonique, astringente et purgative, selon la dose à laquelle on l'administre et l'élat des organes soumis à son action, peut, en effet, être utile dans les diverses maladies que nous venons de citer; mais peut-on admettre son eîïicacilé (quand elle est sèche) dans la diarrhée et la dyssenterie, contre lesquelles on l'a préconisée, sans préciser les circonstances où elle convient et celles où elle pourrait être nuisible? Si son usage est contre-indiqué dans l'élat aigii de ses affections, il ne l'est peut-être pas moins parfois dans l'éiat chronique. Dans ce dernier cas, en effet, il est plus difficile de juger de l'opportuniié d'une médication astringente que ne le pensent ces praticiens routiniers qui, prenant leur aveugle empirisme pour de l'expérience, trouvent toujours avec facilité, dans la matière médicale, un remède contre chaque maladie, et dans chaque remède un spécifique.
Le suc de la racine d'iris jaune, introduit dans les narines, irrite vivement la membrane piluilaire, produit de l'ardeur dans les fosses nasales, le pharynx, et détermine un écoulement abondant de mucosités par le nez. Amstrong dit que cet effet a dissipé des céphalalgies opiniâtres et des odontalgies qui avaient résisté à tous les autres moyens. J'en ai 'retiré de grands avantages dans un cas d'amaurose commençante, chez un sujet d'une constitution délicate et d'un tempérament nerveux : c'est un moyen à employer en
nareii cas mais après s'élre assuré qu'il n'existe point de cono-eslion sanguine au cerveau, et lorsque les moyens genérîux indiqués ont été mis en usage. Vicat dit que ce suc est si "actif que, si on l'applique sur une dent malade, il en détruit sur-le-champ la sensibilité.
h'x racine d'iris des marais sèche est acerbe, astringente. Sa décociion, mêlée avec des préparations de fer, sert aux montagnards de l'Ecosse pour faire de 1 encre. Un anglais fWilliJm Skrimskire) a présenté les graines de celle plante comme pouvant remplacer le café. Ces graines acquièrent, par la torréfaction, un parfum qui a plus d analogie avec ce dernier que toutes les graines qu'on a jusqu'à présent tente de lui substituer. (Voyez dans les knnales de chimie, vol. Lxxviii, p. 95, Vexamen de la graine dHns comparée au café, par Bomllon-Lagrange.)
L'Iris fétide est aussi employé en médecine (Voyez Glaijeul puant, p. 192.)