SCILLE
SCILLE MARrriME, SCILLE OTTICINALE, GRANDE SCILLE, SQUILLE ROUGE, OIGNON MARIN, OUNITIIOGALï: MARINE, CIIARPENTAIRE.
Celle plante croît snr les plages sablonneuses de la Méditen'année et de l'Océan; on la Ironve abondammeni en Bretagne et en Normandie. On emploie sa bulbe ou oignon.
Préparations et doses.
A L'INTÉRIEUR : pot.d/e, de 5 à 50 cent, en pilules, dan^ un vélu-
7v'"hw'*''(tsurTcValcool à 22°), de i à 8 gram. en potion. Fin {\ sur 16 de vin) , de 15 à GO gram.
sur 12 de vinaigre fort) de 5 à 10 ^™n. en pot.^^^^ Oximel (t d€ vinaigre sciUilique sur 2 de miel), de 15 a aO gtam.
Ex7?rK?'i/ "oo/irii.. (1 de scille sèche snr 5 d alcool à 22"), 5 à 20
KrTiii ariulux, par infusion (1 fraîche snr 4 d'eau), rarement employé, 5 à 20 cent, pilules.
ai/extérieur: de 10 à 60 cent, en friciion ou par la méthode
Dp^codiôrde^ à 15 gram. en lavement de 350 gram . d'eau. Teiuiui€,LU 10 à 15 gram. en frictions àl hypogaslre,a l intérieur
des cuisses, etc.
Vin. de 30 à GO gram. en lotions, Vinaixjre, de 10 à 50 gram. en lotions- P(i/»e, en cataplasme comme rubéfiant, maturatif. Pommade (l (le poudre sur 2 d'axonge), de 4 a 15 gram. en
frictions.
Oximel, de 30 à GO gram. en gargarisme.
ProprIélëM.
La «cille, a l'état frais, a une odeur ylve et pénétrante, «ne saveurâcreel Irès-amère; les émanations qui s'en échappent irritent les yeuxel la muqueuse nasale. Appliquée sur la peau, elle produit la rubéfaction; à l'état sec,elleest inodore, a moins d'àcreté.mais elle conserve toute son amertume.
A haute dose, la scille agit à la manière des poisons uaicotico-acresj elle produit des nausées, des vomissements, de la cardialgie, des coliques, l'hématurie, la strangurie, la superpurgation, l'inflammalion et la gangrène de l'estomac et des intestins, des mouvements convulsifs et la mort. C'est un médicament qu'il faut employer avec prudence. Lange (Rem. domest , p. 176) dit qu'une femme d'Helmstad , attaquée de timpanite, à laquelle un charlatan en fit prendre une trop grande dose, en mourut; on lui trouva l'estomac enflammé. M. Orlila a constaté ces dangereux eflets de la scille sur des chiens, même appliquée à l'extérieur dans l'épaisseur des chairs,
A petite dose fréquemment répétée, cette racine excite principalement les reins et augmente la sécrétion urinaire. Elle a été considérée à juste titre par les anciens et les modernes, comme le plus puissant des diurétiques. Sous ce rapport, on l'a employée avec beaucoup de succès dans l'anasarque, l'hydrothorax, les infdtrations séreuses en général. Cependant elle ne produit aucun effet dans l'hydropisie enkystée des ovaires, et réussit rarement dans l'ascite. «Que peut celte plante, dit Aliberi, contre les squirrosités, les tubercules, les kystes, les concrétions ou autres altérations des organes, qui produisent les épanchements hydropiques?» Je réponds à cela que lorsque l'hydropisie n'est pas le résultat d'une lésion organique incurable, la guérison peut avoir lieu après l'écoulement des eaux, et que, dans le cas contraire, on obtient toujours du soulagement, une guérison apparente qui fait gagner du temps ei consolele malade en le livrant aux douces illusions de l'espérance.
La scille exerce aussi une action très-marquée sur la muqueuse pulmonaire, et provoque Texpectoration dans les affections de poitrine où des mucosités tenaces engouent les ramifications bronchiques ; elle convient, à ce titre, à la fin des pneumonies, dans certains catarrhes chroniques , dans l'asthme humide, l'infiltration pulmonaire, etc., lorsque, toutefois, il y a absence d'irrilation et de fièvre. On en a aussi recommandé l'usage dans certaines maladies des voies urinaires exemptes de douleur et d'inflammation,
telles que la néphrite calculeusc, l'albuminurie, le catarrhe chronique de la vessie.
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expectorantes, etc., nu auut —
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n esHas Sèment par «ne trop forte dose ce médirent ^e^^^ H peul encore deve-
ï funë te même i petite dose, sott par une disposit.on Il '"'>es''^ ' ' . en reçoivent 1 action, soit
t^:S^ée^X^on n.o^bide^latente de ces mêmes o'-^anes. Quarin rapporte un cas où douze grains de Sre suffifent pour causer la mort. Tl est donc prudent de rommënce^^^^^^^^ des doses légères, qu'on augmente g;ri«;'quanddes nausées se manifestent, on doit
^'Uon dou'detempsen temps, suspendre l'usage de la sciJle car onglemps continué, même en irès-pel.te quantité, cet us'ao' t ouble les digestions et produit une sorte de gas- Ste ce qui arrive également par l'action prolongée des amers sur la muqueuse gastro-intestmale.
Associée à la digitale, la scille est employée dans les maladies de cœur, fhydro-péncarde, les palpitations pour ralentir le pouls et produire en même temps une diurèse abondante. Ce mélange convient surtout s i y a dyspnée, éfouffement etc., symptômes souvent dûs à l'infillral.on du tMn^onaire'. Unii au calomel, cette racine devient plus riî.irP inue et affit plus efficacement sur les absorbants. M Bertrand la mêle à l'oxide noir de fer pour combattre les hvdropisies atoniques. Dans la vue de diminuer son action trop irritante, ou de modifier ses propi-ietes suivant l'indication on l'unit encore à l'opium, a 1 ipecacuanha, i\ la somme aramoniaque,à la scammonée, au vin d Espagne,au savon, aux aromates, aux antispasmodiques, aux mucilagi-
neux, etc. , , ,
Employée en frictions, la scille agit également comme diurétique. La teinture est ordinairement préférée pour ce mode d'administration. On en use depuis quatre grammes
jusqu a liiiit chaque fois. Une pins grande quanlilé pourrait causer des accidents analogues à ceux que produit le médicament pris à l'intérieur. On se sert souvent pour ces frictions de parties égales de teinlurc de scille et de celle de digilalc, auxquelles on ajoute quelquefois auiant d'huile essentielle de (érébenlhine. Je me suis très-bien trouvé de ce dernier mélange en frictions sur la région lombaire, sur l'hypogastre et à IMnlérieur des cuisses, dans l'albuminurie chronique, la leucophlegmaiie, l'hydrolhorax, etc., surtout lorsque l'état des voies digesiives s opposait à l'usage intérieur de la scille et des autres diurétiques irritants. Les lavements de décoction de scille peuvent agir cmcacement comme révulsifs. Schmveker [DisserU de ScUld] les a conseillés dans les commotions cérébrales et dans les blessures graves de la tête. Larrey [Mcm.deChir. milit.) appliquait des cataplasmes de bulbes de scille, cuits sous la cendre, sur les bubons pestilentiels pour en hâter la. suppuration.
La poudre de scille n'est pas facile à préparer. Les squammes de cet oignon détachées, doivent être prélimiiiairemenl desséchées au soleil en été, à l'éluve en hiver. Quand elles ne sont pas très-sèches, elles moisissent dans les bocaux et ne se pulvérisent pas. La poudre devient aussi humide et s'altère si elle n'est pas conservée dans un lieu sec.
LascUHtinc, découverte par Vogel, est le principe immédiat auquel, d'après ce chimiste, Ja scille doit sa propriété active ; elle est inusitée.