‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 28 sur 278 · BOURDAINE, AUNE NOIR, BOURDAINIER · texte numérisé non relu

BOURDAINE, AUNE NOIR, BOURDAINIER

Frangula dodonœi seu integrifolia (T.} Rliamnus frangula (L4

La bourgène vient abondamment dans les taillis, les haies et les terrains frais du nord de la France. L'écorce est usitée, et on a aussi employé quelquefois les baies.

Préparations et doses.

A l'intériedr : Infusion ou décoction des racines, 50 à 60 gram. par kilog. d'eau.

Sirop H sur 2 de sucre), de 30 à 60 gram., en potion. Eu substance^ triturée avec un mucilage, 4 à 2 gram.

Propriétés.

L^écorce moyenne, jaune, inodore, d'une saveur amère, styptique, nauséabonde, vomitive quand elle est fraîche, purgative quand elle est sèche, peut être employée avec avantage dans quelques cas, surtout chez les indigents, à cause de la facilité quel'on a de se la procurer.

J'ai donné plusieurs fois l'écorce de bourgène à la dose de 2 grammes, triturée longtemps avec le mucilage de guimauve ou de graine de lin , et réduite en pilules. Elle a toujours produit un effet purgatif régulier. Un garçon de douze ans a rendu par ce remède, pris à la dose de 1 gram., une grande quantité de vers lombrics. Gilibert rapporte qu'il a vu rendre un ver solitaire par l'action de celle écorce. Roques indique depuis 2 gros jusqu'à demi-once (8 à 16 gram.j de l'écorce de bourgène sèche et concassée, bouillie dans quantité d'eau suffisante pour obtenir 20 onces (620 gram.) de decoctum édulcoré avec un sirop agréable ; on en donne 4 onces (120 gram.), répétées plusieurs fois le jour. Je l'ai administrée de cette manière chez un cultivateur ailcint d'anasarque par suite de fièvres intermittentes négligées. Elle a produit des évacuations répétées qui ont diminué prompiement l'infdtration cellulaire. A cause de l'eiat de débilité du sujet, j'ai discontinué l'usage de ce purgatif pour achever la guérison au moyen d'un vin diuré-^

liqucamer, que je prépare avec l'absynihe, la cendre de genêt ei le vin blanc.

Les baies, que l'on regarde aussi comme purgatives, sans doute à cause de leur analogie avec celles du nerprun, n'ont point celte propriété. J'en ai vu manger par des enfants, en assez grande quantité, sans qu'aucun elFet ait été produit. Celte remarque avait déjà été faite par quelques auteurs.

[L'écorce de bourgène bouillie dans une très-petite quantité d'eau, ou pilée avec du vinaigre, a été employée extérieurement avec avantage contre la gale et certaines affections dartreuses invétérées.]

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