BUIS
Buxus arborescens (T.) Buxtis sempervirens (L.)
Spontané sur les collines pierreuses des départements méridionaux, en Italie, en Suisse et en Espagne, le buis est cultivé dans nos jardins. On utilise le bois, les feuilles et les racines.
Préparations et doses.
A L'iNTÉniEUU : Infusion, de \5 à 400 grara. par [kilog. d'eau boiiillanle ou devin (râpure du bois).
P dTcoS deSe sur T d'alcool à de 5 à 20 gram. Euile, de 20 à 30 cent., en potion. (Blennorrhée.)
Propriétés*
Le buis est un excitant sudorifique qu'on a préconisé
contre la goiitie, les afleclions rhumaiismalcs clironiques, les maladies syphilitiques secondaires et teriiaires. Les feuilles ont été employées comme purgatives, fébrifuges, etc. Amatus Lusiianus (Cwr. med. cent. 2. cur. 95) a guéri, au moyen de ce médicament, un jeune homme dont les symptômes vénériens avaient résisté cinq fois aux frictions mercurielles.
Gilibert, Macquart, Roques, Bodart, Biett, prescrivirent la râpure du bois ou de la racine de buis, à la dose de 30 à 60 grammes, bouillie dans un kilog. d'eau ou infusée dans la même quantité de vin, comme pouvant remplacer le gayac.
Rocques indique particulièrement 30 gram. de racine râpée, à bouillir dans un kilog. d'eau réduit à moitié, pour trois doses qu'on fait prendre dans le jour. C'est ainsi que je l'ai employée chez un manouvrier atteint d'arthrite chronique, suite d'un rhumatisme aigu articulaire mal soigné. Ce malade avait des articulations plus ou moins engorgées et douloureuses, alternativement l'une ou l'autre, avec plus d'intensité, depuis près de trois ans. Il se présenta chez moi au printemps de 1834; il était âgé de 48 ans, d'un tempérament îymphalico-sanguin, affaibli par le chagrin que lui causait son état impotent et la misère qui en était le résultat. Je lui procurai quelques secours et le mis de suite à l'usage de la décoction que je viens d'indiquer. Elle réussit au-delà de mes espérances. Au bout de huit jours, le soulagement était marqué , bien que la transpiration ne fût pas sensiblement augmentée. Je conseillai de prendre les trois doses à jeun et de rester au lit jusqu'à dix heures du malin. L'amélioration se prononça de plus en plus ; l'engorgement articulaire se dissipa graduellement, et après deux mois de traitement il n'en restait aucune trace. Le malade, complètement rétabli, put travaillera la moisson pendant tout l'été sans éprouver la moindre récidive. Je lui fis porter une chemise de laine sur la peau l'hiver suivant; car. ainsi que tous les praticiens ont été à même de l'observer, aucune maladie n'est plus sujette à récidiver que le rhumathisme articulaire chronique, lors môme qu'il n'en reste aucune trace apparente.
Dans un autre cas analogue à celui que je viens de rapporter, et qui eut lieu chez un individu âgé de 58 ans, habitant une chaumière humide, je n'ai pu obtenir par le même traitement qu'un soulagement momentané. Si ce malade avait été placé dans des conditions hygiéniques plus favorables, Peut-être eût-il eu le même bonheur.
Les feuilles de buis ont été proposées comme purgatives, à la dose de 4 grammes, en poudre, par Vogel et Puyhn! Je n ai point essayé ce moyen, à cause de Ja facilité que j'ai toujours eu de me procurer des pui-galifs indigènes d'un effet constaté par l'expérience, et sur lesquels je n'avais à observer que leur plus ou moins d'action pour faire un choix. L'extrait alcoolique, fiùt avec les feuilles et la racine de buis, est, suivant M. Raltier {DicL de méd. et de chir. prat.), un purgatif énergique.
BUSSEROLE,
BOUSSEROLE, EAISIN d'oURS, ARBOUSIER.
Uva ursi (T.) Arbutus uva ursi (L.)
On rencontre cette plante dans le midi de la France, principalement sur les montagnes de la Provence et du Dauphiné. (Dans les lieux élevés, ombrageux, stériles.) Les feuilles, l'écorce et les baies sont usitées.
Préparations et closes.
A l'intériedr : Injusion ou décoction, 8 à ^5 gram. par kilog. d'eau.
Extrait (I sur 7 d'eau), 1 à 2 gram., en potion, bols, pilules. Poudre^ de 1 à 4 gram., en bols, pilules.
Proprfcfcs.
La busserole est astringente, excitante, diurétique. Elle est employée contre la gravelle, le catarrhe chronique de la vessie, la blennorrhagie, la leucorrhée, la diarrhée atonique, l'albuminurie, l'engorgement de la prostate, etc.
Je n'ai rien observé de particulier sur les propriétés de cette plante. Je l'ai employée, comme tous les praticiens, dans les tisanes diurétiques. J'ai eu soin de m'assurer qu'il n'existait aucun signe d'inflammation, avant de la mettre en usage. Cullen dit qu'elle modère les symptômes de la pierre. Kleyskens l'a employée avec succès dans la cyslirrhée.
[(( Un journal hollandais rapporte que le docteur Sommers, chirurgien à Leyde, a cherché à réhabiliter l'usage de l'uva ursi. ou busserole, qui pendant longtemps a été employé dans le traitement de diverses affections des voies urinaires. Celle plante a été administrée à trois malades, et avec le
succès le plus complet. L'un d'eux, ygé de 75 ans, affeclé d'épiplocèle et d'hydropisie scrotalc, se trouvait, h la suite d'un refroidissement, dans l'impossibilité de rendre ses urines; une saignée du bras fut pratiquée, el M. Sommers sonda le malade, mais avec difficulté, la prostate étant trèsvolumineuse. Pendant un mois divers moyens furent employés, mais sans succès, lorsqu'on recourut enfin aux feuilles de busserole de la manière suivante :
Pr. feuilles de busserole pulvérisées . . 2 gros.
Camphre en poudre 6 grains.
Sucre blanc 2 gros.
«Mêlez et faites douze paquets, à prendre un paquet quatre fois dans la journée.
» Deux jours après, le malade se trouvait déjà notablement mieux ; il urinait naturellement, et l'engorgement de la prostate paraissait sensiblement diminué. Au bout d'une quinzaine de l'emploi de la busserole sans camphre la ffuérison était complète.
» Chez le second malade, également avancé en â<^e Vum ursi fut prescrit en infusion , k la dose de 2 gros par jour. Deux semaines suffirent pour amener une ffuérison complète.
» Enfin le troisième malade était un garçon de ferme qui avait depuis deux ans une incontinence d'urine. On mélangea parues égales de poudre de feuilles d'uva ursi et de sucre blanc (4 gros de chaque), et l'on divisa en vingtquatre paquets égaux. Le malade devait en prendre un toutes les trois heures.
» Au bout de trois semaines, l'incontinence d'urine avait entièrement disparu. [Journal de Médecine et de C/iirurqie pratiques, tome XVIII, 1847, page 490 ) ^
Le célèbre Barihez , atteint de la pierre, et ne voulant
n.tol T^'î"'^'' T'^ ^^'"1^»^ ses souffrances par
usage de la busserole, à laquelle il attribuait la propriété de diminuer sympathiquement l'irritation de la poitrine par
deux nZ,'"'" "i ''''^^r ^'^«y^it ainsi combatn-e à la foi deux affections dont il était atteint ; lorsqu'il se décida à se
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Suivant MM. Merat et Delens, on donne souvent dans les pharmacies, pour des feuilles de busserole, la plante comiue lousle nom de vaccinium vitis idœa, qui ne possS cune des propriétés de Vuva ursL Ce te sub li ut on fra ~
" opi^ir^st^^ë;