‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 47 sur 278 · CHÊNE · texte numérisé non relu

CHÊNE

Qtiercus latifoiici rohur (T.) Qiiercus robur (L.)

Le chêne se trouve dans toutes les forêts de l'Europe. L'écorce , les fruits et les feuilles sont usités.

Préparations et doscis*

▲ l'intérieur: Décocfio», de 10 à 30 gram. par kilog. d'ean, Glands torréfiés. en infusion^ de 30 à 40 gram. par kilog. d'eau,

et même à plus forte dose.

Pondre de Vécorce., de 2 à 4 gram., en électuaire ou dans du vin. €îipt(/e du gland, en poudre, il à 4 gram., dans du vin ou en électuaire, bols, pilules, etc.

A l'extérieur: Decocliou, q. s. pour lotions, fomentations, injeciions, etc.

Poudre de ^é^6rce, q. s. pour saupoudrer les ulcères, suppositoires, cataplasmes. > » i

Propriétés.

L'écorce de chêne est astringente, fébrifuge, siyplique. Un la prescrit rarement à l'intérieur, bien qu'elle ait été conseillée dans les mélrorrhagies atoniques , les fleurs blanches sans irritation, la fin des blennorrhagies , les hémorragies passives, l'incontinence d'urine, les fièvres intermittentes, les diarrhées, les dyssenteries chroniques,eic.

Cet astringent indigène peut remplacer tous les astringents exotiques. J'ai employé la poudre d'écorce de chêne jnêlée avec du miel, à la dose de 2 ù 4 grammes, contre des hémorragies utérines qui n'avaient cédé à aucun autre moyen. Le gland torréfié ne m'a pas moins réussi en pareil cas (1). Je pourrais rapporter en détail vingt observations qui prouvent l'efficacité de l'un ou de l'autre de ces moyens contre la ménorrhagie atonique, le mélœna , l'hémoptysie, etc.

J'ai , à l'exemple de Scopoli , employé le calice ou cupule du gland pulvérisé, à la dose de 4 grammes dans un verre devin rouge, répétée toutes les trois heures, dans un cas d'hémorragie utérine continuant à la suite d'un avorlement, chez une jeune femme d'une faible constitution et ayant habituellement une menstruation abondante. Dès le premier jour, l'hémorragie diminua de moitié, et dans l'espace de trois jours elle avait entièrement cessé. Il n'est pas inutile de dire que cette femme avait fait usage sans succès d'une décoction de racine de grande consoude et de ratanhia, prescrite par un médecin de la ville voisine du village qu'elle habite.

[ Alibert employait avec succès lecorce de chêne dans les leucorrhées continuelles entretenues par une faiblesse générale et un relâchement de la muqueuse vaginale. Dans ce dernier cas on injecte la partie soiiirranle avec la décoction de cette écorce , en même temps qu'on en fait prendre à l'intérieur la poudre ou l'infusion vineuse. Cullen, Waulers et Schwiigué ont dissipé des fièvres intermittentes par l'administration de ces dernières préparations. Dans ces cas,

(1; D'après les recherches de Dav^, la lorrt'faction est Irès-propre à dc'velopper le principe tannin, puisqu^s^les j^lands qu'on a fait cuire dans un four chauffe à 880 de lleaumur eu oM. donné une quantité considérable, tandis qu'ils n'en fournissent point "tkius l'état naturel. (,Pliiloso. Transacl., 48'J3.)

je crois qu'il est avantageux de l'associer, comme pour l'emploi de l'écorce d'aune et delà racine de bisiorle, à une certaine quantité de racine de gentiane , de sommités de petite centaurée, d'absyntlie ou de feuilles de calcitrape. Ce mélange m'a quelquefois réussi dans les fièvres intermittentes anciennes , et contre lesquelles on avait à diverses reprises fait usage des préparations de quinquina. ]

Les habitants de la campagne usent contre les vers d'une décoction de quatre grammes environ de tan dans une lasse d'eau réduite à moitié, et qu'ils font prendre aux enfants le matin. J'en ai vu de si bons résultats que je l'ai employée dans ma pratique. Je l'administre de la même manière dans les cas d'atfeciion vermineuse sans complication, et dans les fièvres mucoso-vermineuses.

Un cultivateur âgé de 53 ans m'a dit s'être débarrassé de fissures à l'anus, qui le faisaient beaucoup souffrir, par le moyens d'injections et de lotions faites avec la décocton rapprochée de feuilles de chêne dans l'eau où l'on avait fait éteindre à diverses reprises du fer rougi au feu. Je pense que l'écorce de chêne aurait dans cette maladie le même avantage que la racine de ralanhia, que quelques praticiens ont employée avec succès.

A l'extérieur, l'écorce de chêne peut remplacer le quinquina. J'en ai vu de très-bons effets dans les hôpitaux militaires, du temps de l'Empire, lorsque le quinquina était d'un prix tellement élevé qu'il était impossible d'en étendre l'usage au service chirurgical. Ce succédané rendait de grands services comme antiseptique et astringent dans la gangrène, la pourriture d'hôpital , les ulcères de mauvais caractère, les engorgements scorbutiques des extrémités inférieures, etc. On l'employait en décoction simple ou animée avec q. s. d'eau-de-vie camphrée, ou mêlée avec autant d'eau de chaux , et en poudre seule ou mêlée avec le sel ammoniac, le sel commun , la poudre de charbon , le camphre , etc.

[J'ai vu employer avec avantage , sur lesiiernies commençantes, l'hydrocèle et la chûte du rectum chez les enfants, le tan seul ou mêlé avec une suffisante quantité de lie de vin. Les feuilles de chêne infusées dans du vin rouge, avec addition d'un peu de miel, forment un gargarisme dont j'ai reconnu l'efficacité dans le relâchement des gencives, l'angine commençante ou chronique, la stomacacè, etc.]

(Voy. supplément, p. 615.)

CHÈVllE-FEUILLE,

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