‹ Trait©♭ pratique et raisonn©♭ de l'emploi des plantes m©♭dicinales indig©·nes [electronic resource]Chapitre 61 sur 278 · CRESSON DE FONTAINE · texte numérisé non relu

CRESSON DE FONTAINE

CRESSON d'eau.

Sisymhnum imUslre repens (T.) Sisijmbïium naslurthm (L .)

Cette plante, dont les feuilles sont usitées, se trouve dans les eaux courantes des petits ruisseaux.

Fréi»ara(lonS et doses*

A L'iNTÉr.iEuu • Infusion ou décuL-tion à vase clos, de 30 i\ 60 grani. piu- kilog. d'eau.

Suc exprimé de l'herbe [raidie , de 60 à i20 grain. rop ( i de suc sur 2 de sucre ) , de 50 à 100 gram. , en potion ou pur,

Jhiile esseniielle , de 25 cent, à 1 gram., en potion (rarement employée ).

Eu salade, en quantité quelconque.— On mâche les feuilles pour ratïermir les gencives , déterger les ulcères scorbuli(|ues de la bouche.

Proprîctcis.

Le cresson d'eau est stimulant, anliscorbiiîiqne , diiu'étique, expectorant et diaphorélique. Il augmente les forces digesiives et convient dans la débilité de l'estomac , le scorbut, les cachexies, les engorgements de la rate par suite de fièvres intermittentes, l'anarsaque, les scrofules, laphlhisie, l'empième, les calculs. Son action est analogue à celle du cochlearia , du raifort et des autres plantes antiscorbuliques.

Le cresson est d'un usage tont-à-fait populaire ; on le mange en salade et le paysan le prend avec son pain. Toutefois, cette plante ne peut être uliie que lorsque les malades qui en font usage sont exempts de fièvre , d'inflammation, d'irritation locale quelconque ou d'irritabilité nerveuse. J'ai employé le cresson dans une fouie de cas de maladies chroniques. Je ne parlerai point du scorbut, contre lequel on l'administre sous toutes les formes. J'en ai retiré de grands avantages dans les catarrhes pulmonaires chez les sujets lympatiques et \n\ expectoraient abondamment. Dans ces cas, je donne le suc à la dose de 120 grammes , mêlé avec autant de lait.

Un jeune homme de 23 ans, fils d'un cultivateur du village de Crémarest , était atteint de toux avec sueurs nocturnes , amaigrissement, grande débilité, inappétence, etc.; il était regardé généralement comme poitrinaire depuis trois mois environ. Sa maladie datait du mois de février 1834, et nous étions en juin de la même année. Lorsque je le vis, ses traits étaient altérés, sa débilité prononcée au point qu'il ne pouvait plus sortir; sa toux était fréquente, surtout pendant la nuit, et il expectorait abondamment des crachats mucoso-purulcnts; mais il avait peu de fièvre. Il rapportait un état de gêne parfois très-pénible à la région slernale, sans signe de vive irritation. L'exploration de la poitrine me fit concevoir l'espérance de guérir ce malade: les poumons me pai-aissaient sains. Je le mis à l'usage du suc exprimé de cresson mêlé avec autant de lait chaud. Dès les premiersjours de l'emploi de ce moyen, l'amélioralioii fut sensible ; la toux et rcxpccloralion diminuèrent, l'uppéiit

revinl, les siieurs nocturnes cessèrent; les forces se rélablirent si prompiement qu'au bout de quarante à cinquanie jours de traitement le malade fut complètement guéri.

Je pense que les prétendues cures dephthisie pulmonaire par l'emploi du cresson et des autres anti-scorbutiques, souvent donnés sous forme de sirop dans la pratique urbaine, ne se rapportent qu'à des affections caiarrhales bronchiques. Il était souvent difficile de distinguer ces deux maladies avant la découverte de rausculiali(m médiate.

A l'extérieur, j'ai employé le cresson comnie résolutif et détersif, en cataplasme ou tout simplement pilé. Il convient sur les ulcères scorbutiques, scrofuleux, sordides, etc. J'ai vu des paysans débarrasser leurs enfants de la teigne en leur faisant manger du cresson et en appliquant sur la tête celte herbe pilée avec du saindoux, pendant quinze a vingt jours. Après la guérison apparente, on fait continuer l'usage intérieur du ci^esson aussi long-temps que la saison le permet. On conçoit toute l'action de celle plante sur les systèmes lymphatique et dermoïde. Selon ïournefort, son suc, injecté souvent dans les narines, aurait gueri des polypes muqueux, ,

Le suc de ci^esson esl la meilleure préparation a employer. La conserve et l'extrait aqueux qu'on en préparait autrefois ne méritent aucune confiance. La décoction, même a vase clos, esl peu énergique. La dessiccation dissipe le principe actif de cette plante.— On a récemment découvert la présence de l'iode dans le cresson.

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