DÉFINITION DU GLAUCOME
sera encore du temps jusqu'à ce qu'on s'entende bien sur les causes diverses qui peuvent rompre l'équilibre entre sé- et excrétion, et entraîner ainsi un excès de tension, mais on n'ébranlera pas ces données principales sans retomber dans le cbaos des connaissances sur le glaucome telles qu'elles existaient avant la découverte de l'ophthalmoscope et avant les travaux classiques de de Graefe.
Peu de personnes ont eu occasion d'étudier les affections glaucomaleuses sur un plus vaste matériel clinique que nous, car nous pratiquons, en moyenne, par année, une centaine (1) d'opérations pour le glaucome, et il se présente au moins semblable nombre de cas non opérables à notre observation. L'étude que nous donnons se base donc sur une observation clinique très vaste qui nous a permis de contrôler les raisonnements théoriques et les expériences nombreuses que l'on a publiés dans ces temps récents sur le glaucome.
L'exposé que nous tracerons sera, nous l'espérons, un résumé exact des ; impressions cliniques dégagées autant que possible de toute préoccupation doctrinaire. Ce que nous a appris cette étude, poursuivie pendant de longues années, c'est qu'il faut absolument séparer du glaucome le terme inflammatoire; il n'existe pas, comme Donders l'a pensé, dans le glaucome, une ophthalmie. La rupture d'équilibre entre sécrétion et excrétion, suivant qu'elle est brusque et plus ou moins accentuée, entraîne plus ou moins de syi;nptômes irritatifs, mais non des inflammations. Nous aurons occasion I d'exposer que tous les prétendus phénomènes inflammatoires sont le résultat ! d'un excès de pression, et n'ont de l'inflammation que l'apparence, tout proi duit inflammatoire faisant défaut. Bien du temps aussi se passera proba- I blement encore jusqu'à ce qu'on ait rompu avec la routine de parler d'un glaucome inflammatoire, se cantonnant derrière les cas où une inflammation
(1) Voici, dans les cinq dernières années, le total des opérations pratiquées à ma clini7ucpour le glaucome :