MENSURATION DU DIAMÈTRE DE LA PUPILLE
§ 146. La mensuration exacte du diamètre de la pupille présente plusieurs difficultés :
L'œil étant d'une mobilité extrême, la pupille participe naturellement à tous ses mouvements, et ne conserve que rarement l'immobilité nécessaire aux méthodes ordinaires de mensuration. On ne saurait éviter complètement ces mouvements oculaires, surtout lorsqu'on opère sur des animaux. Il en résulte que, lorsqu'on vise l'extrémité d'un diamètre pupillaire pardessus une règle graduée, par exemple, on ne sait jamais si l'extrémité opposée correspond encore au zéro de la graduation.
La pupille est, de plus, entourée par l'iris qui, le plus souvent, présente une teinte foncée, ne tranchant pas assez avec celle de la pupille elle-même. Même dans les yeux clairs, le bord pupillaire est généralement entouré d'un liséré de pigment presque noir, qui se confond avec la pupille, et la fait paraître plus grande qu'elle n'est en réalité.
La parallaxe, ou le déplacement que deux points, situés l'un devant l'autre, semblent exécuter, lorsque l'œil observateur se meut, est encore un obstacle à l'évaluation exacte du diamètre pupillaire. Elle est due à la distance comprise entre la pupille et l'instrument gradué qu'on en approche, et qui reste toujours séparé de la pupille au moins par la profondeur de la chambre antérieure.
La chambre antérieure et la cornée agissent, en outre, comme un ménisque convexe, et font apparaître la pupille comme à travers un verre grossissant.
Enfin, la pupille est soumise à une foule d'influences étrangères qui font sans cesse varier son diamètre. Tout objet d'une certaine dimension qu'on approche de l'œil l'obscurcit et fait dilater la pupille; une lumière vive la rétrécit. La douleur, une émotion morale quelconque chez l'individu en observation, la peur, par exemple, agrandit la pupille ; il doit être tenu compte de ce l'ait surtout dans les expériences sur les animaux. L'état d'accommodation de l'œil agit aussi dans un sens ou dans l'autre.
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Nous ne devons donc pas nous étonner, en présence de toutes les difficultés qu'il faut surmonter pour combiner un boti pupillomètre, si parmi tontes les méthodes qui ont été indiquées jusqu'à ce jour, il n'en est que très peu capables de donner des résultats satisfaisants dans la mesure des dimensions de la pupille.
Nous allons passer successivement en revue ces différentes méthodes, et dire quelques mots des appareils imaginés.
Échelles des pupilles de Follin. — Un des moyens les plus simples pour évaluer le diamètre de la pupille, consiste à placer près de l'œil à examiner une feuille de carton blanc sur laquelle sont dessinés des cercles noirs dont le diamètre s'accroît progressivement de 1 à 13 millimètres (fig. 246).
Fig. 'i'lQ.
Ce carton étant placé à côté de l'œil, on juge par comparaison du diamètre de la pupille; si, par exemple, il paraît se rapprocher le plus du cercle n° 4, on dira que la pupille mesure 4 millimètres de diamètre. Il est évident que ce procédé d'estimation est loin d'être rigoureux.
Pupillomètre d'Olbers. — Olbers a proposé de produire l'image réfléchie de l'œil observé à Faide d'un miroir plan, et de mesurer le diamètre de l'image de la pupille avec un compas.
Ce moyen n'est guère plus exact que le précédent.
Pupillomètre de Follin (i). — Cet instrument consiste en un disque de verre où sont gravées des divisions micrométriques. Il est supporté par un manche, et doit être placé devant la pupille, pour juger de son diamètre par transparence.
La parallaxe, les mouvements de l'œil et l'influence qu'exerce sur la pupille l'instrument lui-même en Fobscurcissant, rendent l'exactitude de ce moyen de mensuration plus que problématique.
Pupillomètre de Hcilma-Grcmd. — Halma-Grand a fait construire un
(1) Follin et Duplay, Traité de pathologie externe, t. IV, p. 206.
m SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
pupillomètre d'après ce même principe ; il a simplement ajouté une loupe, servant à faciliter la lecture des divisions.
Piipillomètre de Laurence. — Laurence a proposé en 1864, pour la mensuration (le la pupille, un instrument qu'il appelle pupillomètre ou coréomètre, et qui consiste en une échelle horizontale divisée en quarts de ligne. Celte échelle porte deux marques verticales, l'une fixe, l'autre mobile à l'aide d'une vis. L'instrument étant rapproché de l'œil, on donne aux marques un écartement tel qu'elles renferment la pupille aussi exactement que cela est possible.
Pupillomètre de Galezowski modifié par Dubujadoux (1). — L'appareil proposé par Galezowski ^et modifié par Dubujadoux est presque identique au précédent. Il consiste en une règle graduée sur laquelle glissent deux potences ayant chacune deux bras horizontaux; entre les deux talons est tendu un crin qui se trouve dès lors vertical.
(( Les deux crins, grâce à la mobilité des curseurs, peuvent se rapprocher jusqu'au contact ou s'éloigner tout en restant parallèles.
» Pour obtenir une mensuration, on apj^ique une des extrémités de la règle sur la racine du nez, de façon à prendre un point d'appui fixe; on fait glisser les deux curseurs vers cette extrémité, et on cherche ensuite à amener chacun des crins en contact avec le bord correspondant de la pupille. »
Ce pupillomèlre est encore moins propre à donner des résultats exacts que celui de FoUin, car il est encore plus éloigné de l'œil que ce dernier; par conséquent la parallaxe et les mouvements oculaires entravent davantage la mensuration.
Pupillomètre de Coccius (2). — Ce pupillomètre, dont la figure 247 donne une vue d'ensemble, la figure 248 une coupe horizontale, la figure 249 une coupe verticale, se compose d'une caisse rectangulaire de 60 centimètres de long sur 40 centimètres de haut et de large, qui porte deux ouvertures 0 et 0' de 30 millimètres de diamètre, et contient une lentille L de 74 millimètres de distance focale; son axe coïncide avec l'axe de la caisse. Le couvercle de cette dernière est, comme l'indique la figure, enlevé pour pouvoir éclairer l'œil examiné. La lentille L est mobile dans le sens de l'axe; l'anneau a, qui l'enchâsse, peut glisser dans une rainure r. A la partie inférieure de la monture de la lentille, se trouve une règle d divisée en demi-millimètres. Son plan est perpendiculaire à l'axe de la lentille. Dans l'ouverture 0, opposée à la division d, se trouve un petit miroir m qui occupe la moitié inférieure de l'ouverture.
(1) Dubujadoux, thèse de Paris, 1873.
(2) Ferge, neues Instrument mr Bestimmung der Durckmesser der Hornhautbasis und der Pupilleniveite (Thèse. Leipzig, 1873).
PIJPILLOMÉTRIE. 945
L'observateur qui regarde à travers l'ouverture 0', voit dans le miroir l'image de la division d grossie par la lentille.
FiG. 247.
Une ouverture latérale l sert à éclairer la division d.
FiG. 248.
Pour mesurer le diamètre de la pupille, on place l'ouverture 0 de l'appareil devant l'œil à examiner, et on rapproche son propre œil de i'ouver-
94f) SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE. '
turc 0', jusqu'à ce que le bord pupillaire apparaisse aussi net que l'image réfléchie de la division. Dans ce cas, le grossissement des deux divisions doit être le même. On mesure ainsi la pupille à l'aide de l'image réfléchie de la division.
FiG. 249.
Il est probable, quoiqu'il n'en soit pas fait mention dans la description de l'instrument, qu'on doit rapprocher la règle graduée du miroir indépendamment de la lentille L, jusqu'à ce que l'image réfléchie de la règle divisée se trouve à la même distance que la pupille.
Pupillomètre d'Obeniier, — Obernier a indiqué un instrument destiné à déterminer les différences qui existent dans le diamètre des deux pupilles chez le même individu. Cet instrument se compose simplement de deux miroirs plans, formant ensemble un angle de 150 à 160 degrés (fig. 250).
FiG. 250.
L'expérimentateur se place derrière le sujet examiné et tient les miroir devant la figure de ce dernier, de façon que chacun des miroirs réfléchissel i moitié de l'œil qui lui correspond. Les demi-images des deux pupiTes doivent alors se toucher dans la ligne de séparation l ; deux miroirs ) ■
rOPILLOMÉÏHlE.
cette façon l'examinateur peut comparer ensemble les diamètres verticaux des deux pupilles, pourvu qu'il ait donné à l'instrument une inclinaison telle qu'il puisse voir les images réfléchies.
Pupillomètre de Fick. — En 1(S56, Fick. a indiqué, pour la mensuration des dimensions de la pupille, un moyen entièrement différent des précédents.
Il base son instrument sur l'observation entoptique de l'image de la pupille :
Lorsqu'on place devant l'œil un foyer lumineux extrêmement petit, pour lequel l'œil n'est pas adapté, celui-ci forme sur la rétine un cercle de diffusion lumineux qui est limité par l'ombre projetée par l'iris, c'est-à-dire par l'image entoptique du bord pupillaire.
Ainsi, en regardant à travers une carte de visite percée d'un trou d'épingle, ou en approchant très près de l'œil un morceau de velours noir sur lequel on a déposé une gouttelette de mercure qui peut être considérée, dans ce cas, comme un miroir convexe extrêmement puissant, on observe un cercle lumineux.
Deux foyers lumineux placés à la même distance formeront deux cercles de diffusion, dont l'écartement dépend de l'écartement des deux points, de leur distance à l'œil, de la dilatation de la pupille, de la force réfringente du système diopsirique et de la longueur de l'œil. On peut s'en convaincre facilement en perçant dans la carte un second trou à côté du premier, ou en déposant une seconde gouttelette de mercure à côté de la première, c'est-à-dire en produisant deux foyers lumineux.
Fick pense que, lorsque les deux foyei s lumineux se trouvent très-près de l'œil (il ne dit pas exactement à quelle dislatice , et qu'on leur donne un écartement tel que les cercles de diffusion se touchent, l'écartement des deux points est égal au diamètre delà pupille.
Ceci peut être exact, mais seulement dans certaines conditions.
Il est évident que, toutes choses étant égales d'ailleurs, deux cercles de diffusion ne peuvent se loucher que dans un œil d'une longueur donnée.
Si, par exemple, dans l'expérience de Fick, les deux points lumineux ont un écartement égal au diamètre de la pupille, et si leurs cercles de diffusion sont en contact sur le fond d'un œil de 23 millimètres de long, ces cercles de diffusion ne se loucheront plus si la rétine est plus rapprochée de la cornée.
Ceci résulte également du calcul des cercles de diffusion que nous avons fait d'après la méthode que Helmholtz indique page 98 de son Optique physiologique (i)age 135 de la traduction française). Nous nous sommes basé sur l'œil schématique et non sur l'œil réduit, c'est-à-dire nous avons tenu compte des deux points nodaux et des images que forment de la pupille, d'une part la cornée, d'autre part le cristallin. Supposons un diamètre de la pupille de 4 millimètres et donnons, de même, aux deux points lumineux un écartement de 4 millimètres. Lorsque^les deux points se trouvent à 150 mil-
m SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
limètres en avant du premier point nodal, il faut à l'œil une longueur de 22,9 millimètres pour que les deux cercles de diffusion se touchent; lorsqu'ils se trouvent dans le foyer antérieur, une longueur de 24,6 millimètres; enfin, lorsqu'ils sont à 2 millimètres de la cornée, il faut un œil de 33,3 millimètres pour que les cercles de diffusion se touchent sur la rétine.
Les pupillomètres basés sur le principe de Fick ne peuvent donc pas donner des résultats exacts.
L'instrument de Fick se compose d'une première plaque métallique dans l'épaisseur de laquelle sont ménagées deux fentes en V (fig. 251). Une
FiG. 251.
seconde plaque percée d'une fente verticale se meut de droite à gauche sur la première, contre laquelle elle est maintenue à l'aide de deux glissières. La fente verticale et les fentes angulaires produisent deux ouvertures plus ou moins éloignées, suivant que la plaque se rapproche ou s'éloigne du sommet de Tangle. L'observateur place l'instrument devant son œil et écarte es deux ouvertures jusqu'à ce que les deux cercles de diffusion soient en contact.
M. Grétès a modifié la disposition de l'appareil de Fick, en remplaçant le diaphragme à fente angulaire par une plaque fendue en spirak;. L'écartement des trous est d'autant plus considérable que la spirale rencontre la fente transversale en un point plus ou moins excentrique. Au lieu de faire glisser lès deux plaques l'une sur l'autre, on laisse en place la plaque portant la fente rectiligne et l'on fait tourner celle qui porte la spirale.
Même si le principe de ce pupillomètre était exact, les mstruments basés sur ce principe demeureraient toujours d'un usage très-restreint, attendu qu'ils ne peuvent être employés que sur des personnes douées d'un degré d'intelligence suffisant. De plus, le diamètre de la pupille ainsi obtenu est toujours considérablement modifié par l'ombre que projette l'instrument. Aussi Fick n'a-t-il pas eu l'idée de mesurer de cette manière le diamètre de la pupille d'une façon absolue, mais seulement de déterminer le maximum de dilatation que la pupille peut atteindre sous l'influence de Fobscurcisse- Tient.
Pupillomètre de Robert Boudin, — Robert Houdin (1) a présenté, au (1) Robert Houdin, Congrès ophthalmologiqwe de Paris, J867, p. 68.
PUPILLOMÉTRIE. 949
Congrès international d'ophtlialmologie de Paris en 1867, un appareil reposant sur le même principe que celui de Fick.
Il se compose de deux écrans, percés chacun d'une très-petite ouverture; l'un des écrans est fixe, l'autre mobile, avec des graduations qui indiquent la distance qui les sépare. Ces deux écrans sont enchâssés dans un anneau métallique qui les maintient à une distance de 12 millimètres de la cornée^ c'est-à-dire dans le foyer antérieur de l'œil.
Pupillomètre de Badal. — Partant encore du même principe, M. Badal fl) a fait construire en 1870 un appareil consistant en un tube de 15 centimètres de longueur, dont l'extrémité ouverte est appliquée contre l'œil à examiner, et dont l'autre extrémité est fermée par un système de deux écrans percés chacun d'un trou d'épingle, et qu'on peut éloigner ou rapprocher à volonté. L'œil non examiné étant ouvert, le sujet dirige son regard au loin vers une surface bien éclairée, un mur blanc, ou un ciel bien pur, et amène les deux cercles de diffusion en contact. C'est toujours la méthode de Fick avec les causes d'erreur que nous avons signalées.
Méthode de pupiUométrie de Mulder et KrencJiel (2). — Pour comparer le diamètre des deux pupilles chez le même individu, MM. Mulder et Krenchel ont employé le procédé suivant : ils ont placé à une distance de 50 centimètres de l'œil observé deux bougies allumées; l'observateur se place entre les deux bougies, et cherche quel écartement il doit donner aux bougies, pour que leurs images, réfléchies par la cornée observée, apparaissent aux deux extrémités du diamètre de la pupille.
On peut objecter à ce procédé que l'écartement des deux flammes ne dépend pas seulement du diamètre de la pupille, mais aussi de la courbure de la cornée, qui varie considérablement d'un œil à l'autre. Si l'on peut faire abstraction de ce facteur, ou si l'on connaît la courbure de la cornée, il y aurait un procédé plus simple encore pour mesurer le diamètre pupillaire : On prend un cercle en carton blanc, percé au centre d'une ouverture d'un centimètre de diamètre environ pour l'œil de l'observateur ; on le rapproche de l'œil observé jusqu'à ce que l'image de ce cercle, réfléchie par la cornée, coïncide avec le bord pupillaire. De cette distance, qu'on lirait sur une règle ou un ruban gradué, on pourrait facilement déduire le diamètre de la pupille.
Pupillomètre de Doijer. — M. Doijer emploie, pour la mensuration de la
(1) Badal, Comptes rendus de la Société de biologie, séance du 13 mai 1876, et Gazette des hôpitaux, 1876, p. 452. — Ann. dVc, t. LXXV, p. 290. La tliéorie développée pai" M. Badal est malheureusement inexacte.
(2) Over de Werking van muscarine op de accommodatie en de pupil, XV. Yerslag : Ned, Gasthuis voor Ooglijdcrs, p. 36, 1874.
SNELLEN ET LANDOLT. — MÉTROLOGIE.
pupille, le principe suivant : L'image renversée de l'œil examiné est produite à l'aide d'une lentille convexe qui se trouve au double de sa distance focale de l'œil observé. L'image de la pupille a donc la même grandeur que la pupille elle-même, et est mesurée à l'aide d'un micromètre.
L'appareil de M. Doijer se compose -d'une planchette verticale fixée à l'extrémité d'une table, et munie d'un anneau contre lequel se place l'œil observé. Sur la table se trouve un pied qui supporte un tube dont l'axe coïncide avec celui de l'œil examiné. Ce tube con ient une lentille convexe de 5 dioptries, 20 centimètres de distance focale, et placée à 40 centimètres de l'œil observé. L'image de ce dernier se forme à 40 centimètres de la lentille, sur une lame de verre divisée en centièmes de millimètre, et y est observée, grossie par un oculaire Ramsdon.
Mensuration de la pupille à Vaide de Vophthalmomètre. — La méthode la plus exacte de mensuration de la pupille est celle qui nous est fournie par l'ophthalmomètre. On procède comme pour la mesuration du diamètre de la cornée fpage 753) : on dirige l'ophiialmomètre sur la pupille, et, par la rotation des lames, on amène les doubles images de la pupille en contact. De l'angle de rotation des lames on déduira la valeur linéaire qui correspond au diamètre apparent de la pupille. Pour obtenir le diamètre réel, il faut tenir compte de l'action dioptrique de la cornée et de la chambre antérieure, qui grossit l'image de la pupille.
Cette rectification devrait d'ailleurs être faite pour tous les pupillomètres ; seulement l'ophthalmomètre permet de déterminer la valeur de l'erreur, ce qui n'est pas possible avec les autres instruments, à l'exception du suivant.
Pupillomètre de Landolt. — Notre ophlhalmomètre (p. 770) peut, tout comme celui de Helmhollz, servir à la mensuration de la pupille. Mais, comme un ophthalmomètre n'est pas à la portée de tout le monde, nous l'avons remplacé pour la pupillométrie par un petit appareil plus maniable.
Les deux prismes de notre ophthalmomètre sont enchatonnés dans un cadre métallique (fig. 252) moMle sur une règle de cuivre graduée A B, terminée à l'une de ses extrémités par un demi-anneau métallique, dont chaque branche se meut au moyen d'un pas de vis. Ces branches peuvent à volonté s'allonger ou se raccourcir isolément; de plus, une charnière permet de les incliner comme il est nécessaire, de manière qu'elles puissent s'appliquer exactement sur le pourtour de l'arcade orbitaire.
Pour plus d'exactitude nous avons fait ajouter un cran de mire à l'instrument, à l'aide duquel on peut placer le point zéro de la division bien au niveau du plan pupillaire.
La graduation de la tige indique en dixièmes de millimètre, pour chaque distance des prismes, le diamètre de l'objet dont les doubles images ont été amenées en contact par le rapprochement des prismes.
PIJPILLOMÉTRIE.
L'appareil étant appliqué sur l'arcade orbitaire d'un homme ou d'un animal quelconque, on rapproche les prismes de l'œil examiné, jusqu'à ce que les doubles imaa^es de la pupille arrivent en contact, et on lit son diamètre directement sur la graduation.
Avec notre instrument nous évitons les causes d'erreur que nous avons signalées et qui se produisent dans tous les autres pupillomèlres.
En effet, la parallaxe n'a plus aucune influence sur la mensuration de la pupille, puisque nous ne la mesurons pas sur une plaque ou sur une règle divisée; on ne projette aucune ombre sur l'œil, puisqu'on mesure à distance, la pupille n'est donc pas soumise à des variations de diamètre, causées par des différences d'éclairage; les mouvements de l'œil euxmêmes ne sont plus un obstacle, car les doubles images suivent ces mouvements; on prend les dimensions de la pupille, pour ainsi dire, avec elle-même, et l'on voit toujours à la fois les deux extrémités de son diamètre.
952 SNELLEN ET LANDOLT. — METROLOGIE.
L'application de notre pupillomètre ne rencontre une certaine difficulté que dans le cas où l'iris, étant très-foncé, ne tranche que très-peu sur le fond noir de la pupille.
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