ÉLECTRISATION DES NERFS MÉSENTÉRIQUES
péristaltiques sont au contraire manifestes lorsqu'on fait passer des ganglions aux nerfs mésentériques ou sur les nerfs mésentériques seuls un courant continu , surtout un courant descendant. Le courant ascendant produit un effet analogue sur les nerfs mésentériques, mais moins marqué, cest peut-être dans ce cas par une sorte d'action réflexe sur les ganglions. On peut voir un exemple du courant descendant sur les nerfs du mésentere (fig. 95, on é'ectrise en 4, on cesse en à). Les oscillations péri-
FLE 99.
Staltiques apparaissent peu de temps après la fermeture du circuit, continuent encore quelque temps après l'arrêt de l’excitation électrique, puis disparaissent de nouveau, à moins que les mouvements de l'intestin n'existent avant l’électrisation ; dans ce cas, les courants interrompus
S bolissent en augmentant la tension, et les courants contir us les exagèrent. 3
Il ne faut pas s’attendre à voir survenir * des contractions dans tous les cas; lorsque l'intestin est vide, on ne les obtient pas ; il est évident que la présence d’un contenu est indispensable à la manifestation de la contraction péristallique, de mème que la présence du sang est nécessaire pour la mise en activité des muscles vasculaires. La plupart des différences dans les résultats obtenus tiennent à l'état de réplétion ou de vacuité de l'intestin.
Dans les cas où il est impossible de réveiller l’action pé-
ristaltique, les courants continus amènent une contraction
spasmodique qui agit sur Pampoule et détermine dans celle-
ci une augmentation de tension qui persiste pendant le pas- … sage de l'électricité et cesse progressivement ensuite (fig. 96 on électrise au point &, on cesse en b).
table par tous les moyens US directs + se en - tte | encore lorsqu'on électrise les nerfs mésentériques, fgure 96 en est un exemple ; ce tracé a été pris avec l'intestin grêle d’un chien mort depuis quelque temps; l’électrisation du splanchnique et du pneumogastrique ne donnait rien, l’électrisation de Lintestin lui-même ne donnait presque rien, les courants interrompus sur les nerfs mésentériques ne produisaient pas plus d’effet, mais les courants descen-
dants sur ces nerfs déterminaient encore une contraction
assez forte. On remarquera qu'ici, comme dans le cas de vacuité de l'intestin, la tension augmente sans mouvement péristaltique. Nous avons réussi, en plaçant l’un des pôles du courant continu sur les plexus nerveux et l’autre dansle rectum, à faire apparaître les contractions péristaltiques de l'intestin (fig. 97, on électrise en à).
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Electrisation du pneumogastrique.
Tous les expérimentateurs ont déclaré que l’électrisation du pneumogastrique n’amenait aucune modification dans les mouvements de l'intestin, et, en effet, si l’on se contente qd’ observer le tube intestinal pendant l’électrisation, on ne remarque pas de changement notable; mais à l'aide de notre méthode d'investigation nous avons trouvé un phénomène très-net et digne d'intérêt. On savait que la faradisation du pneumogastrique déterminait un arrêt du r | diastole et un arrêt de la respiration en inspiration; Nous. montrerons qu’elle arrête également la contraction mestinale dans un état analogue à la diastole du cœur et à l'inspiration thoracique, c'est-à-dire que l'intestin est dilaté el qu'il se produit un abaissement de tension considérable.
Nos premières expériences ont été faites en électrisant le pneumogastrique au cou, sur des chiens porteurs de fistules intestinales, et par conséquent sans ouvrir le ventre (fig. 98). . Dec cetle façon, les efforts respiratoires et les cris
pliqu nt les résultats, et sur le graphique on voit des
i 1. ‘très-rapides et très-accentuées dès que l'on établit le courant en #. Malgré tout, la tension diminue promptement ét le niveau du tracé s’abaisse. Lorsqu'on
» arrête le courant en à, il y a de nouveau quelques
oscillations dues aux efforts, puis la tension augmente et devient telle qu’elle était au point de départ.
Si l’on répète cette expérience sur un lapin, il y à moins de cris et d’agitation (fig. 99); le résultat est le même sur le chien. Nous n'avons pas isolé le pneumogastrique du nerf sympathique, ce qui, du reste, n’est pas facile à exécuter,
et nous agissions sur les deux troncs nerveux réunis; mais, sur le lapin, l'électricité n'était appliquée que sur le pneumogastrique. Il était important de constater que les effets
Fic. 99.
produits étaient réellement dus au nerf vague et non au syrnpathique,
Restait une objection à détruire : nous avons vu dans la première partie que la respiration influençait puissamment
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la tension intestinale ; nos résultats étaient-ils simplement dus à la done C'était peu probable, attendu que Ürritation du pneumogastrique provoque une inspiration forcée el permanente ; cependant nous avons remarqué que chez les animaux qui respirent surtout par le thorax, comme chez les chiens, l’abaissement de tension intestinale coïncidat avec l'inspiration. Nous avons alors répété l'expérience sur des animaux dont le ventre était ouvert, et, les intestins soustraits à Pinfluence de la respiration, le phénomène a été encore pis évident (fig. 100); ce graphique a été pris
Fi. 100.
avec l intestin grèle d'un chien. On voit qu'iei la descente nese fait pas progressivement, comme lorsque la respiration vient contrarier les résultats ; elle est brusque, et dès qu'on électrise (au point 4), la iension baisse subitement et conserve le niveau acquis. Quelquefois après la descente brusque l'aiguille remonte légèrement tout en conservant un nivéau inférieur au niveau primitif, Souvent, lorsqu'on | cesse, il y à avant la montée une nouvelle petite descente fort rapide.
L'expérience répétée un grand nombre de fois à réussi presque constamment ; il est des cas rares cependant où l'on n'obtient pas l'abaissement de la tension. On conçoit en effet que si l’on a affaire à un inteslin paralysé par l'ouverture du ventre ou en état de repos absolu, le calibre, étant aussi considérable que le permet l’élasticité, ne pourra ètre augmenté d'aucune façon, c’est ce qui arrive quelque-
ol ONIMUS ET LEGROS, 42
fois ; il est à noter également que si l’on répète à plusieurs reprises l'expérience pendant la mêine séance on n'obtient plus le même résultat à la fin, peut-être à cause de la dilatation permanente de l’intestin qui ne peut dépasser certaines limites, peut-être aussi à cause de l’épuisement du nerf, L’électrisation du nerf au-dessous du res produit le même effet qu'au cou.
Si l'on prolonge l’action de l'électricité sur le pneumogastrique, on voit, après l'abaissement de tension ordinaire, survenir des ondulations très-marquées et la tension augmenter. On croirait tout d’abord (et c'était notre première impression) qu’une activité plus grande de l'intestin succède à la dépression; il n’en est rien, ce qui se produit alors est causé par l'arrêt du cœur sous linfluence de la galvanisation ; si l’oh a soin de lier l'aorte abdominale avant de procéder à l'expérience, et si l’on attend que les contractions provoquées par l’anémie se soient déclarées, la galvanisation du pneumogastrique produit un abaissement de tension, moins marqué il est vrai; mais, si l’on prolonge l’électrisation, il n’y a pas augmentation des contractions.
On réussit assez bien à montrer le phénomène que nous étudions ici sans mettre le nerf vague à découvert. La figure 104 a été obtenue en introduisant l’ampoule dans la fistule intestinale d'un chien et en faradisant le cou dans la fégion du nerf sur la peau préalablement rasée. L’abaissement de tension est évident dès qu’on électrise en 4, et, à l'interruptiou du courant en #, la ligne du tracé remonte et reprend le niveau primitif.
Il vous avait semblé d’abord qu'il y avait une différence d'action, suivant qu'on électrisait le nerf vague gauclie ou droit, À droite, l'effet dépressif nous paraissait plus marqué,
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et nous acceptions ce résultat, d'autant plus volontiers qu’il concordait avec la distribution différente du nerf à gauche
Fic. 101.
FiG. 102.
et à droite, le pneumogastrique droit se jetant dans le ganglion semi-lunaire. Nous nous SOMMES convainçus ensuite
que nous étions dans l'erreur et que les deux pneumogastriques agissaient de la même façon.
Restait à savoir si la galvanisalion du pneumogastrique influençait directement l'intestin où si nous avions affaire à une action réflexe. Pour nous en assurer, nous avons coupé ce nerkau cou, el nous avons successivement agi sur le bout supérieur et sur le bout inférieur. L’électrisation du bout inférieur n'amenait aucun changement du côté de l’intestin grêle et du gros Intestin, mais l’électrisation du bout supérieur provoquait immédiatement l'arrêt des contractions et l’abaissement de tension, comme lorsqu'on faradise le nerf vague sans le sectionner. C’est donc bien une action réflexe qui produit le phénomène. Comment et par quelle voie s'opère cette action réflexe? Il est permis de supposer que le pneumogastrique, jouant vis-à-vis de l'intestin le rôle de nerf sensitif, transmet la sensation au bulbe et aux cellules nerveuses de la moelle qui donnent naissance au grand sympathique; mais cette interprétation n'explique pas la dilatation de l'intestin. On est accoutumé à voir une action réflexe un peu vive mettre les muscles en activité, et ici clle les met au repos. L'hypothèse d’une dilatation active ne saurait satisfaire l'esprit, et une interprétation rigoureuse de ce fait est fort difficile à donner. Il est probable que les ganglions du grand sympathique ne sont pas étrangers au phénomène, non pas seulement les gros ganglions du plexus cœliaque, mais les ganglions unicellulaires de lintestin ; 1l ne répugne pas d'admettre qu'une vive excitation transmise par la moelle à ces éléments nerveux leur communique un ébranlement, une sorte de saisissement qui suspend leurs fonctions ordinaires. La même interprétation pourrait s’'appliquer aux arrêts fonctionnels provoqués par une vive exci-
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