l'AUALYSIE ET ATROI'UIE
telle façon que le processus d'excitalion volontaire et centrifuge puisse arriver de nouveau, sans obstacles, au muscle {m), il faut que l'excitation électrique (e) soit appliquée en un point central par rapport ù la région de la lésion (a). Gela va de soi ; c'est d'ailleurs très possible, dan» un grand nombre de paralysies périphériques, surtout aux extrémités, au bras et à la jambe. Mais souvent aussi c'est impra- Figuie^o. ticable, même dans les paralysies périphériques, par exemple lors de la paralysie du facial dans l'intérieur du canal de Fallope ou des nerfs cérébraux à la base du crâne, ou dans les lésions de la queue de cheval, etc. Ici donc, celte vue ne pourrait pas du tout se réaliser, si nous n'étions pas heureusement à même de transférer l'excitation électrique, par voie indirecle ou 7'éflexe, sur l'endroit souhaité, à partir du centre de la lésion. C'est là une chose très simple dans bien des cas ; mais, dans beaucoup d'autres, c'est difficile ; cependant, on peut le plus souvent atteindre ce but, comme vous l'indiqueront les schémas suivants.
La chose est très simple, quand on a obtenu l'arc réflexe le plus court et le plus souvent employé. Ainsi, par exemple, dans la paralysie faciale périphérique, tant que le trijumeau reste intact (Voir fig. 36). SI au nerf facial (VII), il existe un arrêt de conductibilité (a), à peu près vers l'entrée du canal de Fallope, nous ne pouvons appliquer le courant électrique, avec la force qui lui est nécessaire, en parlant du centre du point de la lésion. Si cependant nous irritons la peau (h) du visage, innervée par le trijumeau (V) avec le
Schéma d'une paraly- ^ ' ° ' ^ '
.siemoiiice, n = Toieae couraut éleclrique (e) ou le tronc ou quelques bran- S'n?enîrave"mis«à la «^^65 de cc oerf, il 86 manifeste une excitation centri- SiaiïnTeetriqnojd pèlc qui, dans l'organe central (c) est transférée par k"]é4'îi.'"" '"PP""^ l'arc réflexe le plus court sur le tronc du facial et agit dès lors comme excitation centrifuge sur l'arrêt de conductibilité, avec le même succès que nous aurions eu, si nous avions appliqué directement à partir de l'excitation électrique centrale.
Quelque chose de tout à fait semblable se passe, par exemple, dans la paralysie spinale des enfants; l'arrêt de conductibilité se trouve dans l'arc réflexe lui-môme ; mais la sensibilité de la peau reste intacte. Une excitation centrale de la voie de conductibilité motrice est aussi impossible ici ; en revanche, le processus de l'excitation réflexe peut aussi se produire ici dans une région favorable, pour vaincre l'obstacle existant, comme vous le montrera clairement le schéma ci-joint (fig. 37), sans autres explications.
BÔLE DE l'ÉLECTROTUÉRAI'IK; MÉTHODES 385
Mais la chose devient plus difficile, quand il s'agit de la pam/ysie de nerfs mixtes et périphériques et que la conductibililé sensible est interrompue en même temps ; voir (a) au schéma de la figure 38. Une excitation de la peau au point {h) n'aura ni aucune influence sur la paralysie motrice ; elle viendra se briser sur le point-obstacle (a) et elle ne pourra produire aucune excitation réflexe de la voie motrice ; si l'on veut atteindre ce but, on doit recourir plus en avant ou plus en arrière à des voies qui amèneront l'excitation réflexe (ou bien aussi à des voies situées à une hauteur égale sur l'autre partie du corps); dans notre schéma (fig. 38), par exemple, la voie {h), qui d'ailleurs, est en relation réflexe avec (m), (indirecte, exprimée par des flèches). Mais d'après
les lois physiolOgi- le ïaciaT!V= l'exciUtion Siectiîque appliquée i\ la "peau. Le processus '■ •' ° d'excitatioD éleetrique achève son cours Uans la direction des flèclies.
ques connues, cette
excitation réflexe finira par devenir bien plus faible qu'elle ne l'est dans l'usage de l'arc réflexe naturel et le plus court. Mais avec l'excitation électrique de (A) on peut arriver à un autre résultat : l'obstacle à la conductibilité sensible, au point (a), peut être vaincu, la conductibilité sensible être ainsi rendue libre ; l'arc réflexe le plus court s'ouvrir pour l'excitation centrifuge de la voie Rm. On rendra donc alors possible une action plus directe sur la paralysie. Le même avantage nous échoit, quand (et cela arrive souvent) la conductibihté sensible est, dans ces lésions périphériques, rétablie plus tôt que la direction motrice ; alors la voie sensible se laisse immédiatement utiliser pour l'excitation réflexe. Une partie des guérisons, que l'on obtient souvent, par le traitemeat faradique^et galvanique, au-dessous du point de la lésion, dans des paralysies périphériques, repose, je n'en doute pas, sur des processus qui se comportent suivant tel ou tel schéma.
Mais la chose devient encore plus comphquée et plus diflicile dans les paralysies centrales, si l'arc réflexe le plus court et le plus tôt utilisable, se trouve au-dessous du point de lésion (dans la figure 38, l'arc Erb. — Ëlectrothérapie. 25
386 l'ARALYSlIÎ ET ATKOl'niE
réflexe 7?i', quand la Ifîsion se trouve près d'à'), naturellement, son excitation n'a aucune influence directe sur le foyer du mal, ni par cons(5quenl sur la paralysie, surtout si, dans le môme instant, la direction sensible est cnti-avée à la hauteur de a. Il s'en suit que les paralysies spinales et aussi cérébrales, dans lesquelles les réflexes sont conservés ou surexcités, ne peuvent pas ou très peu, i'Xrc influencés Vi'gnvc :n. sur cette voie réflexe. On ne peut se figurer
cela que si, la direction sensible étant maintenue, l'excitation réflexe agit sur a', dans une direction centrifuge, par des détours ou par des voies sensibles plus éloignées (ce qui, d'après des faits physiologiques connus, n'offre aucune difTiculté) ; pour cela, on sera forcé d'utiliser de préférence les voies réflexes établies liL plus en avant. Comme il existe aussi, sans doute, des réflexes produits par l'écorce cérébrale et naissant peut-(Mre dans les centres corticaux moteurs ou même au delà (ils sont à la vérité peu connus et peu accessibles aux études physiologiques, vu que l'on ne peut guère éliminer les arcs réflexes situés plus bas). On acquiert ainsi e la possibilité d'utiliser l'excitation réflexe
Sc\iémfi d'une ijarni.iy.u'e (■(;!î(ra/c I). ex. t j „ i „ i i « • t- •, .•
paralysie spinale des e,if(Mis.<:= oigano Venant du ccntrc ct ccla gracB a 1 irritation
central . lu = muscle, h = peau, e = ex- ri , ■ i t i • . i
citation électriciue.hi = direction sensible éieCtriqUC, VCUant d UU CndrOlt qUClCOnqUC
de-s racines postérieures. To = direction
motrice et racines antérieures, a = point dC la peaU (SUr le CÔté paralvsé). Cette
de la lésion comprise dans l'arc rctlexe ^ i ^ /
i":"- possilibité existe pour les paralysies de
n'importe quel siège (par exemple aussi pour une lésion a", dans notre schéma, laquelle occuperait la région de la capsule interne).
A cela, se joint l'avantage que dans beaucoup de paralysies, qui sont précisément ici en question (par hémorragie cérébrale, etc.), la conduclibihlé sensible vers l'écorce cérébrale est conservée dans son intégrité. Ce fait aussi contribuera certainement à expliquer une partie des succès de la faradisation et de la galvanisation périphéi'iques des paralysies centrales et surtout cérébrales. Cela concorde d'une manière très satisfaisante (Voir plus haut, p. 305) avec les données de Vulpian et de Rumpf, d'après lesquelles, par une faradisation circonscrite au moyen du pinceau, sur la peau de l'avant-bras, dans les hémiplégies avec anesthésie, la paralysie motrice, le langage, etc., peuvent s'améliorer.
Pour obtenir ces actions excitantes, vous pouvez employer différentes méthodes déjà indiquées dans la partie générale (p. 2.31) pour
" RÔLE DU L'ÉLECTRO'mÉRAPIE ; MÉTHODES 387
les deux espèces de courants. Pour le courant galvanique, c'est l'usage de la Ka qui se recommande en première ligne, à cause de son action
Figure 38, HLl
excitante et qui augmente l'excitabilité ; ce pôle peut être employé d'une|manière stable, pour l'introduction, puis avec le plus grand avantage, d'une manière labile, en le promenant vigoureusement et avec une force de courant suffisante, par-dessus les segments de nerfs et de muscles à exciter, en d'autres termes, pardessus la peau. Pour mesurer la force d'un courant, on peut consulter les secousses produites ; pour l'excitation centrale, qui naturellement ne provoque pas de secousses, ou, si le nerf périphérique ne peut pasétreexcité, choisissez la force de courant d'après l'elTet qu'elle produit sur les nerfs sains, homonymes ou analogues.
Pour des excitations plus fortes et réitérées (provenant particulièrement du centre de la lésion), des fermetures du pôle négatif peuvent être utiles sur certains points; si vous avez besoin d'une excitation encore plus forte, des commutations réitérées du courant, seront le remède désiré.
Dans tous ces processus, le pôle positif peut être placé utilement sur le point de la lésion ou n'importe où, en parlant de ce point comme centre (sur le plexus, la moelle épinière, etc.), ou bien encore sur un point tout à fait indifférent. Il est probable que vous n'utiliserez guère le pôle positif luimême, pour le but que nous poursuivons ici. Pour exciter la peau, vous pouvez aussi vous servir du pinceau métallique armé de la Ka , mais 1 opération est très douloureuse, fait aisément des éraflures et n est pas plus efficace que le pinceau faradique, bien plus commode.
Scbema dos voie;, ,éflexos lluiinpouluiaQuient utilisables dans différentes panilysics centrales et périphériques. W = moelle dorsale. Hit = écoree cérébrale: !."' "' ù = '^'"''^^ mustdes moteurs, h, h, n,i'v.o 7 ^ oips sensibles et peau. a= l.ision d'un nerf "t périphérique, a' = lésion daus la voie de eonductibil. e ino ,iee et .pinale. a" = lésion dans la nh Lm, '"'""'l " «érébralo inolriee. - Voir de plus amples explications dans le texte.
388 l'ARALYSIE ET ATHOPUIE
Quand on emploie le courant faradique, il suiïil ordinairement de l'appliquer au moyen d'électrodes humides sur les troncs nerveux en question, suivant un lieu d'application déterminé par le cas spécial, tout à fait à la manière de la laradisation localisée, en parlant du centre, quand on veut agir sur les voies motrices, et, quand on veut agir sur les voies sensibles, périphériquement par rapport au point de la lésion. Vient ensuite la faradisation de la peau, soit, comme pour la faradisation générale, avec une électrodc-éponge, grande et mouillée (dans ce but, le mieux est d'employer le pôle négatif) ou, suivant les circonstances, aussi avec le pinceau faradique, en partie comme faradisation vigoureuse et locale de petites parties de la peau (Vulpian), en partie comme électrisation plus diffuse et faradocutanée par le pinceau, avec un courant d'une force modérée, en traits énergiques (Rumpf). En tout cas, soyez un peu prudents dans le choix de la force du courant; il ne faut pas exagérer ici, parce qu'il importe d'éviter l'épuisement des voies motrices et la surexcitation des voies sensibles.
On répète généralement que, pour combattre la paralysie, on peut se servir aussi des actions de courant modifiantes et augmentant spécialement V excitabilité ; ']e ne comprends pas bien cette assertion, car il s'agit ici d'une manière prépondérante et même exclusive du rétablissement de la conductibilité et non pas de l'excitabilité. Il est vrai que finalement la conductibilité dans les nerfs moteurs n'est pas autre chose que l'excitabilité successivement mise en œuvre de ses segments distincts, en présence d'une irritation partant du segment central le plus rapproché et, pour cette action on peut aussi trouver une base théorique. Car ici encore il ne s'agit que de l'application de la Ka, de la manière la plus stable possible, avec une force et une durée de courant croissantes. Cette application doit ensuite, autant que possible, avoir lieu sur tout le terrain nerveux malade. Est-il alors utile d'appliquer l'An périphériquement par rapport à la Ka, par exemple sur les muscles, pour obtenir l'action dite rafraîchissante, c'est là une question, à laquelle je ne répondrai pas pour le moment ; il est probable que le fait est assez indifférent.
c. Un problème plus large est celui de la suppression des troubles se- C07idai}'es, plus délicats, ou plus grossiers, qui peuvent exister sur la voie de conductibilité mot)nce, troubles qui entravent la fonction normale, c'est-à-dire ici le plus souvent la conductibilité. Ici il peut s'agir de deux espèces de choses : d'abord de troubles moléculaires plus fins, tels que, par exemple, ils peuvent être produits par des poisons dans les nerfs ou tels qu'ils se montrent, après une longue inaction, peut-être aussi lors de la disparition de certaines influences centrales et Irophiques et qu'ils deviennent un obstacle pour la propagation de l'excitation volontaire, dans les hémiplégies cérébrales, par exemple, ainsi
RÔLE DE l'ÉLECÏUOTUÉHAPIE ; MÉTHODES. 389
que Brenner l'a démontré. Souvent ici l'on peut se contenter d'une excitation modérée, unique ou souvent répétée, d'un parcours plus fréquent de la voie de conductibilité motrice par le processus d'excitation électrique, de façon à rétablir la conductibilité ; peut-être aussi que des excitations de voies et centres trophiques y jouent un certain rôle. Quoi qu'il en soit, on voit ici souvent, dans des circonstances favorables, se produire subitement des progrès considérables dans l'amélioration, et l'on voit survenir en partie ce que nous avons désigné (p. 298) comme « une réduction du trouble fonctionnel à sa grandeur anatomiquement déterminée ». (Mais il se pourrait que des effets réflexes jouassent ici un plus grand rôle.)
D'autre part vient en cause l'atrophie dégénérative des nerfs bien connue, qui naît de la suppression totale des influences trophiques centrales et se fait reconnaître par la réaction de dégénérescence. L'expérience, il est vrai, a prouvé qu'il est impossible d'arrêter complètement cette atrophie dégénérative, quelque hâtive et consciencieuse que soit l'électrisation. Partout où les centres trophiques sont complètement isolés, l'atrophie survient irrésistiblement et l'on ne peut la faire disparaître avec succès qu'après avoir attendu le retour spontané de la conductibilité. D'un autre côté, on ne peut sans doute le prouver directement, mais il est probable que des excitations régulières, faradiques et galvaniques, préviendront l'extension envahissante de l'atrophie des muscles et hâteront ultérieurement la régénération des fibres des nerfs et des muscles. Il s'agit d'obtenir des actions catalytiques et trophiques, l'augmentation de l'afflux sanguin et provoquer, aussitôt que possible, les processus d'excitation de façon à favoriser la régénération et arrêter la dégénérescence ultérieure. Ici le courant faradique ne sera pas bien efficace sans que son intervention soit tout à fait stérile. En tout cas, il faudra préférer le courant galvanique : action stable des deux pôles, sur les segments nerveux malades, puis une action labile et énergique de ces pôles, enfin le traitement des muscles eux-mêmes, dont il faut encore parler.
d. Notre dernière tâche consiste, pour beaucoup de cas, dans le rétablissement de l'excitabilité normale, de la faculté de contraction, de la force et aussi du volume normal des muscles paralysés. Tout cela contribue essentiellement à la guérison des paralysies. Ici encore, existent en partie, des troubles nutritifs, simplement moléculaires et plus délicats, comme dans les nerfs, en partie de simples atrophies, de l'amaigrissement par inactivité, par une pression extérieure, etc., en partie finalement la véritable atrophie dégénérative, telle que je vous l'ai dépeinte, dans la 10'^ leçon p. 177).
Je vais donc parler immédiatement du traitement des atrophies musculaires comme telles, car il est dans ses parties essentielles le même,