TRAITEMENT CAUSAL ET DIRECT
lraux)ou un rétablissement de la conduclibililé des voies de conductibilité centripètes. Le premier but est, à vrai dire, d'une importance secondaire et il n'en est question que rarement ; en outre, il concorde le plus souvent avec la réalisation de l'indication causale ; le dernier but, le rétablissement de la conductibilité, est assurément la chose principale et ce à quoi l'on doit aspirer, dans la plupart des cas.
Quant aux moyens d'atteindre l'un et l'autre but, ils sont presque identiques; ils consistent principalement en une excitation assez forte et souvent répétée des appareils sensibles terminaux et des voies de conductibilité, pour écarter par une excitation intense les obstacles qui se trouvent dans la voie sensible de conductibilité, forcer ainsi le rétablissement de cette conductibilité, et finalement rendre, de nouveau et à peu près, la voie praticable par un usage plus fréquent de cette conductibilité au moyen de procédés artificiels d'excitation, praticables même pour des excitants plus faibles, pour les phénomènes naturels d'excitation.
Pour réaliser ce but, nous nous trouvons, en face des anesthésies, dans une situation bien plus favorable que vis-à-vis des paralysies. Relativement à celles-ci, nous établissons comme principe que l'excitant électrique parte du centre par rapport au siège delà lésion, pour obtenir l'effet désiré. Vous avez vu que cela ne nous est pas toujours possible, loin de là, et que nous ne pouvons atteindre- ce but, très souvent, que par des détours et par des détours très incertains (par l'excitation réflexe). Cet inconvénient n'existe pas pour les anesthésies; dans cellesci, il faut faire agir l'excitant à la périphérie par rapport au siège de la lésion, et les appareils périphériques des extrémités, ainsi que les voies de conductibilité périphériques sensibles, sont toujours à notre disposition pour atteindre ce but. D'où découle très simplement la méthode pour le traitement direct de l'anesthésie : excitation périphérique de la peau^ des troncs nerveux sensibles et, en cas de besoin, aussi de parties plus profondément situées, autant que possible avec des courants assez élevés pour qu'il en résulte au moins une sensation faible. Si cela ne réussit pas immédiatement, on peut espérer que le succès viendra plus tard, peut-être insensiblement, alors que les vagues de l'excitation venant souvent se briser contre l'obstacle l'auront peu à peu fait disparaître et rendu la voie libre, d'abord pour de fortes excitations et peu à peu pour des excitations de plus en plus faibles. Yoilà pourquoi il faut, au commencement, l'excitation la plus forte, après quoi l'on peut choisir, avec les progrès de la conductibilité, des excitations de plus en plus faibles.
Bans le courant galvanique, c'est l'emploi de la Ka stable et labile sur la peau et sur les troncs nerveux, qui convient le mieux ici. Il faut de môme pratiquer des fermetures réitérées de la Ka et pour exciter Erb. — Électrolhérapie, 33
ANESTIIÉSIE
davantage, même des commutations de courant; une excitation très intense est aussi produite par le pinceau métallique armé de la Ka ; mais pour cela il faut de grandes forces de courants et l'on doit éviter de tenir le pinceau trop longtemps sur le même point de la peau, sans quoi il y naît rapidement de fortes écorchures.
Mais, dans ce cas, on se sert, le plus souvent et avec prédilection, ducourani faradique qui, à l'aide du pinceau et des moxas, produit, avec des courants secondaires prompts et vigoureux, une énorme excitation de la peau, pouvant être graduée aisément et délicatement il chaque instant et cette excitation de la peau ne laisse jamais après elle de fâcheuses conséquences. Ainsi : emploi farado-cutané du pinceau, voilà la principale méthode : on peut préalablement sécher la peau en la poudrant. Vous pouvez d'ailleurs aussi exciter les troncs nerveux avec des électrodes humides ou faire agir, au moyen de celles-ci, des courants excitants sur des articulations, des muscles, des membranes muqueuses et sur d'autres parties plus profondément situées. Le courant peut d'abord être choisi assez fort pour provoquer une faible sensation qui, en général, s'accroît ensuite rapidement, de telle sorte qu'on est obligé de repousser le rouleau en arrière; à mesure que l'amélioration fait des progrès, des courants plus faibles pourront suffire.
Mais en traitant l'anesthésie de la sorte, on a rencontré bien des fois un fait surprenant, c'est que non seulement les régions de la peau et les troncs nerveux directement excités recouvrent leur sensibilité, mais qu'encore des régions de la peau, voisines et même éloignées redeviennent sensibles d'une manière passagère ou même durable. Bien plus, des anesthésies simultanées de membranes muqueuses et d'articulations, même d'organes cérébraux, sont dissipées par une simple faradisation locale d'une portion circonscrite de la peau. Spécialement dans les hémianesthésies cérébrales, provoquées par des lésions organiques ou par des modifications impalpables, et non moins dans d'autres formes, principalement dans les hémianesthésies hystériques, il suffit souvent de traiter avec le pinceau une petite région de la peau, pour rétablir complètement la sensibilité sur toute la moitié du corps et même encore au delà. Ce fait, qui a été l'objet d'une observation attentive de la part de Mor Meyer, dans son traité (3° édition, p. 288), a été rappelé avec insistance, dans ces derniers temps, par Vulpian. Il trouva que particulièrement l'emploi du pinceau faradique sur une faible partie de la peau, à l'extrémité supérieure (face externe de l'avant-bras), tous les jours, pendant 8 ou 10 minutes, avec des courants très forts, a cette action favorable, souvent môme plus favorable que la faradisation de toutes les parties anesthésiques de la peau et il donne la préférence à cette localisation de l'action excitante ; cepen-