‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 166 sur 210 · NÉVROSES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

NÉVROSES GÉNÉRALES

tant depuis de longues années, etc. — Vous obtiendrez, il est vrai, bien des fois des résullats satisfaisants et rapides, surtout dans les formes légères, lorsque la disposition névropathique n'est pas trop accentuée mais le plus souvent le progrès est lent et l'amélioration ne se produira que grâce à un traitement logique prolongé ; plus d'une fois aussi vous employerez bien inutilement votre temps et votre peine pour de tels malades, dont la maladie brave tout traitement même le plus circonspect cl le plus varié. En vérité nous ne sommes pas encore en état d'indiquer plus exactement les cas qui se plient ou non spécialement à un traitement électrique ; nous n'en arriverons là qu'à l aide de nombreuses observations critiques ultérieures.

2. L'hypochondrie a évidement les relations de parenté les plus intimes avec la névrosthénie mais elle pénètre d'autre part aussi dans le domaine des psychoses. On peut la considérer comme une forme de tristesse dans laquelle l'attention du malade est dirigée principalement sur l'état maladif de son propre corps et ses suites fâcheuses possibles (pathophobie). Elle se développe le plus souvent sur le terrain d'une anomalie névropaLhique constitutionnelle, est très fréquemment accompagnée de troubles de l'organe digestif, de l'appareil de la génération et laisse en outre constater de nombreux troubles nerveux : sensations anormales, perte de sommeil, sensations d"angoisse, perle d'énergie, constipation, etc. ; ici aussi les constatations objectives sont loin de répondre à la complexité et à l'intensité des douleurs subjectives.

Pour cette névrose on emploie rarement l'électricité et peut-être plus rarement qu'il ne le faudrait. En général, vous vous servez pour elle de procédés identiques à ceux de la névrosthénie ; ici aussi la faradisation générale se recommande spécialement, — vous obtiendrez assez souvent aussi une action très favorable du traitement symptomatologique des symptômes prédominants de l'affeclion : par la suppression de la constipation, à l'aide de la faradisation de l'intestin, de l'impuissance par un traitement galvanique approprié, de l'insomnie, des sensations d'angoisse, de la douleur de tête au moyen des différents modes de procéder que vous connaissez.

Méditez aussi cet avis, que vous devez, outre tout cela, traiter aussi le malade d'une façon morale, que vos procédés éleclrothérapeuliques doivent être dirigés dans ce sens et utilisés dans ce but ; alors seulement vous obtiendrez des succès plus répétés dans ces formes morbides graves. Je vous rappellerai en outre ici, qu'il faut être prudent pour le choix des forces de courant, car beaucoup de ces malades sont

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très impressionnables el peuventôtresoit rendus plus malades soit, tout au moins, effrayés par une précipitation trop prompte.

3. L'hystérie^ cette étonnante névrose fonctionnelle avec ses symptômes innombrables, sa marche changeante et sa physionomie variée qui pourtant d'après des travaux récents, ne laisse pas, malgré toute son irrégularité apparente, que de présenter certaines lois, est souvent l'objet d'un traitement électrothérapeutique, en dépit des mécomptes nombreux et souvent surprenants que viennent, il est vrai, contre-balancer maints succès éclatants. En somme l'hystérie est tout aussi résistante au traitement électrique qu'à tout autre mode curatif. Il faut attribuer ce fait d'une part à des raisons psychologiques, de l'autre aussi à l'irritabilité souvent démesurée des hystériques, irritabilité contre laquelle on ne prend pas toujours de précautions suffisantes, lors de l'application et du dosage du courant électrique.

La nature de Thystérie reste encore pour nous dans l'obscurité et nous sommes ici aussi portés à admettre des troubles de nutrition délicats, extrêmement variables, qui ne sauraient être encore déterminés exactement. La localisation même de ces troubles intimes manque encore pour nous de clarté, sur bien des points, bien que d'ailleurs il soit de plus en plus probable qu'ils proviennent principalement du système nerveux central ; néanmoins, il ne serait pas impossible qu'une série de symptômes (névralgie, hyperesthésie, paralysie etc.), puissent être localisés à la périphérie.

L'hystérie est aussi une affection des plus difficilement curables et, comme dans la névrosthénie avec laquelle l'hystérie possède une certaine parenté, sans qu'il y ait cependant identité, cela peut résulter en partie de la disposition névropathique congénitale qui joue un si grand rôle sur l'éclosion de ces affections, en partie aussi de l'existence de certaines conditions étiologiques défavorables qui persistent et qu'il n'est pas possible -d'éloigner. En tout cas, gardez-vous bien de vous laisser aller à des espérances trop grandes et trop assurées, au sujet du courant électrique, dans le traitement de l'hystérie !

Le but de ce traitement est, en première ligne, la suppression delà maladie elle-même, du trouble pathologique de nutrition du système nerveux, en d'autres term.es il consistera à fortifier et tonifier tout aussi bien tout le système nerveux que l'économie entière, but que poursuivent également la plupart des autres moyens curatifs de l'hystérie. A cet effet on peut en premier lieu utiliser la faradisation générale et les bains électriques. VliériQUTem&nilo. galvanisation centrale, dans toute son extension ; après cela encore, la galvanisation de la colonne verté-

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bvalc iivoc coiiraiils ascendants stables, en ag-ifisant surtout sur la moolle cervicale y compris le sympathique du cou ; vu l'extrême irritabilité des hystériques, il faut ici recommander tout spécialement l'emploi de courants continus fai/jlus, le long de la colonne vertébrale (à l'aide d'une paire de plaques galvani(pies). Le traitement des points de pression et de douleur de la colonne vertébrale ou d'autres poinls du corps, agit aussi maintes fois d'une façon favorable sur l'ensemble de la maladie, enlin !(■ traitement de l'ovarie tel qu'il a été recommandé par Holst ou d'après la méthode indiquée par Nelld pour les névralgies viscérales (An sur la colonne vertébrale, Ka sur l'ovarie douloureuse, courant stable), (v. p, 321), peut aussi entrer en ligne de compte.

Durant ce traitement de l'hystérie, vous devez prendre des précautions toutes particulières ; c'est à peine si, dans aucune autre névrose, les conditions psychologiques jouent un rôle aussi important que pour celle-ci : la confiance dans le médecin et le traitement est la meilleure garantie de succès, la méfiance contre eux rend incertaine toute action curative ; cherchez donc à gagner, avant toutes choses, la confiance des hystériques pour vous et votre traitement et ne le hasai^dez pas en appliquant mal à propos et d'une manière inopportune des courants très forts. En tout cas débutez toujours par des courants extraordinairement faibles, des applications légères et de courte durée. J'ai souvent cru utile d'essayer l'action de l'impression psychique produite sur ces malades et sur leurs doléances et, par suite, pour beaucoup d'entre elles, j'ai habituellement commencé le traitement en plaçant les électrodes de la manière nécessitée par le plan du traitement, mais sans fermer le circuit, puis j'ai levé la séance, en gardant mon sérieux le plus parfait. Il est merveilleux de voir tout ce que l'on peut retirer d'enseignements des résultats d'une semblable séance, et cela dans le bon ou le mauvais sens ; mais en tout cas il en résulte une impression nette au sujet de l'effet que déterminent chez la malade l'imagination et l'excitation psychique, et dè celui qu'il sera possible d'attendre en réalité de l'action électrique ; le diagnostic thérapeutique en sera notablement fortifié. Chez les malades quelque peu sensées, on obtiendra une expression psychique sérieuse en avouant cette petite supercherie et on pourra par là accélérer beaucoup la guérison ; chez d'autres à la vérité, une telle franchise produira l'effet tout opposé, la vanité blessée de maintes hystériques ne pardonnant pas au médecin un tel méfait ; en ce cas, il vaut mieux garder le secret pour soi et ne pas se laisser tromper par les contradictions de la patiente.

En tous cas, chez les hystériques, il ne faut rien attendre de la violence, mais vous devez procéder lentement et progressivement.

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arrêter plus d'une fois subitement le traitement pour ne pas provoquer une trop grande excitation; ce n"est que sur quelques symptômes particuliers que vous pouvez agir énergiquement.

Le traitement symptomalique, quand on soigne les hystériques, embrasse précisément un champ d'action très étendu. Il ne présente assurément rien de spécifique, mais s'effectue absolument d'après les méthodes jusqu'ici indiquées, qui doivent à la vérité subir certaines modifications, eu égard à l'état général de la malade, à la nature hystérique de l'affection fondamentale, mais qui, dans l'espèce, ne varient pas beaucoup.

Contre les névralgies et hyperesthésies, vous emploierez le procédé ordinaire avec toutes les précautions énoncées ; Tovarie exige, dans les cas graves, des précautions toutes particulières.

Contre les pai^alysies hystériques, on doit également employer le traitement généralement usité pour les paralysies, et avec ses modifications diverses. Au point de vue électrodiagnostic, je ferai seulement observer que l'excitabilité des nerfs moteurs et des muscles n'esL habituellement alors changée en aucune façon et que cette idée de Duchenne, d'après laquelle la sensibilité serait généralement éteinte en pareil cas, n'est nullement valable pour tous les cas de paralysie hystérique, de telle sorte que cet élat ne peut pas être considéré comme ayant une valeur diagnostique ou pathognostique ; il existe du reste aussi dans d'autres paralysies. Les résultats thérapeutiques de la paralysie hystérique sont maintes fois (par exemple dans la paralysie hystérique des cordes vocales extrêmement prompts et, à la lettre, merveilleux, d'autres fois, tout au contraire, lents et hésitants, de telle sorte qu'un traitement très longtemps continué est nécessaire à la guérison ; ceci est vrai surtout pour les paralysies se présentant sous la forme de paraplégies.

Contre l'anesthésie, vous utiliserez les moyens de traitement indiqués dans la 29° leçon ; le traitement préconisé par Vulpian, de badigeonnage local faradique d'une place circonscrite de la peau, est souvent d'un effet brillant contre les hémianesLhésies des hystériques, lesquelles ne sont pas rares dans les cas graves.

Contre les spasmes hystériques, le traitement électrique est fréquemment fructueux, en dépit de toutes les méthodes possibles. Contre les contractures, le courant galvanique (descendant stable) se montre maintes fois utile, ainsi que le faradique ; il en est de môme de l'application continue d'un courant galvanique faible (Leloir). — Les fortes attaques hystéro-épilep tiques doivent bien des fois être abrégées et

1. Pour l'aphonie hystérique, Emminghaus a aussi trouvé utile la galvanisation transversale par les processus maâtoïdes mais il ne se permet pas de décider si c'es Ik un effet physique ou psychique.

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