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PARTIE SPÉCIALE

SIXIÈME PARTIE Électrothérapie Spéciale

Bibliographie. — 11 y a liea de consulter pour ce chapitre, outre les ouvrages spéciaux indiqués dans diverses leçons, les anciens travaux de Grapengiesscr, Augustin, Helwag et. Jacobi, Bischoff, Ph. Th. Walther, Sundelin Most et. A. fvoir les indications bibliographiques de la p. .3) qui renferment une discussion très remarquable. — En outre :

Duchenne (de Boulogne), D(! l'électrisation localisée et de son application à la physiol., à la paliiol. , et à la thérapeut. Paris l8ïo(2. Edit. 1861; 3 Edit. 1872). — Bequerel, Traité d.applicat. de l'électricité à la thérap. Paris 1857. — Tripier, Électrothérapie. Paris, 1861. — Applications de l'électricité etc. Paris, 1874. — Van Holsbeck, Compend. d'électricité médicale. Paris, 1861. — Mor, Meyer, Die Elektric. in ihrer Anwendung auf d. pract. Médicin. Berlin 18?4. (2. Edit. 1861 ; 3. Edit. 1868). — B. A. Erdmann, Die iirtl. Anwendung der Elektricit;it in der PLysiol., Pathol.u. Thérapie. 18o6. (2. Edit. 1838; 4. Edit. 1877.) — Baierlacher, Die Inductionselectricitat. Niirnberg 1857. — H. Remak, Galvanotherap. d. Nerven- u. Miiskelkrankheiten Berlin 1838. — Applicat. du courant constant au traitement des névroses. Paris 1865. — Althaus, A treatise on médical electricity etc. 1859.(3. Edit. 1874.)— M. Rosenthal, Die Electrotherapie, ihre Begriindung u. Anwendung etc. Wien 1863. (2. Edit. 1872.) — W. Erb, Galvanotherap. Mittheiungen, Deutsch. Arch. f. klin. Medic. 111. 1867. — Benedikt. Elektrolhérapie. Wien 1868. (2. Edit. 1874/76.) — Brenner, Untersuch. u. Beobacht. aufd. Gebiete der Electrother. Tome 1 . et. 2. Lcipsig. 1868/69. — Sceligmiiller, Ueb. d. .Anwendung der Elektr. b. Krankheilen. Corresp.-Bl. d. Ver. d. Aerzte in Merseburg. 1867. No. 6. et. 7. — Fr. Pieber, Compendium d. Electrotherapie. Wien 1869. — Pierson, Compend. d. Electrotherapie. Leipzig 1875. 3. Edit. 1882. — Tibbits , Med. electricity. London 1873. — Russel Reynolds, Lectures on the ciinical uses of electricity. London 1S71. - Beard and Rockwell, A practical treatise on the médical and surgical uses of electr. etc. New-York 1871. — Onimus et Legros, Traité d'électricité médicale, etc. Paris, 1872. — Teissier,De la valeur thérapeut. des courants continus. Paris, 1878. - R. Remak, Article ,, Electrotherapie " in Eulenb.'s Real-Encyclop. d. gesammt. Heilk. Wien, 1880.

Nous arrivons maintenant à notre tâche principale ; à 1 étude des effets salutaires de l'électricité dans les formes morbides disllncles, à l'exposé des indications nécessaires à l'emploi de ce traitement, au moment de formuler exactement les méthodes convenables aux différentes maladies et à leurs innombrables modifications, par conséquent

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à Vélectrol/iérapie spéciale, dans l'intérêt de laquelle nous avons fait toutes nos recherches antérieures et toutes nos observations.

J'ai dù, dans mes dernières leçons, vous expliquer que, grâce à nos nos connaissances électrophysiologiques, de nombreuses expériences et une élude approfondie des phénomènes pathologiques, comme de l'action des courants électriques, nous avons conquis de nombreux points d'appui qui nous permettent d'attendre de l'électricité des guérisons 1res variées; mais j'ai dû ajouter qu'il ne saurait être question de la certitude de nos théories, ni d'espérances conçues à priori. Nous sommes au contraire placés encore plus ou moins sur le terrain de l'empirisme pur et nous devons déclarer que ï électro-thérapie proprement dite plonge encore toujours ses racines dans le terrain de l'expérience.

De là résulte pour nous, avant toutes choses, la tâche d'examiner le plus consciencieusement possible les observations élecli'othérapiques que nous possédons, de voîr si ces faits permettent de croire à des guérisons tout à fait certaines, s'ils résistent victorieusement au contrôle de la méthode de recherche inductive et s'ils doivent être ainsi utilisés comme base de la fixation des indications thérapeutiques?

Cela veut dire, ni plus ni moins, que le critique doit tamiser toutes les observations accumulées, aussi hien les siennes que celles qui figurent dans la bibliographie de tous les autres spécialistes, c'est là en effet une tâche difficile à surmonter, surtout quand nous songeons aux obstacles qui, sur ce terrain, peut-èti^e encore plus que sur tous les autres, s'opposent à la constatation de faits thérapeutiques irrécusables ! Abstraction faite de l'élément subjectif qui s'attache, sous bien des rapports à ces découverles, abslraclion faite des idées préconçues dont la plupart des spécialistes sont envahis à l'égard de leurs méthodes de guérison, des illusions plus ou moins inconscientes auxquelles les spécialistes sont exposés si souvent, il s'agit précisément ici, et d'une façon prépondérante, des formes de maladies au sujet desquelles l'observateur le plus consciencieux et le plus défiant peut devenir la proie des erreurs les plus grossières. Dans les maladies nerveuses et spécialement dans les névroses fonctionnelles si nombreuses, bien des changements sont possibles ; bien des améliorations en apparence spontanées, bien des guérisons remarquables se manifestent, l'impulsion psychologique, beaucoup d'autres actions extérieures et en partie presque entièrement inconnues, jouent souvent ici un si grand rôle que le posl hoc, ergo propter hoc entraîne très souvent la conviction sur des voies trompeuses. — Dans d'autres cas, il s'agit de processus morbides si longs, d'une durée de traitement si prolongée qu'avec la possibilité de rémissions et d'améliorations spontanées, le jugement sur le résultait thérapeutique est aisément Iroublé. Ou bien, comme d'autres raédi-

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calions simultanées lie sont pas exclues, leurs njsullaLs favorables, les conséquences d'autres cures (bains, etc.), peuvent à tort être attribuées à l'électricité. C'est ainsi que se dressent de tous côtés des obstacles presque invincibles contre l'acquisition d'expériences thérapeutiques certaines; le recueil statistique de grandes séries d'expériences luimême permet à peine une conclusion positive, vu que les cas distincts sont ordinairement très différents les uns des autres, même quand ils portent le même pavillon diagnostique ; c'est au point qu'ici encore se manifestent de grandes sources d'illusion. Sous ce rapport, il n'y a que les séries d'expériences recueillies par des observateurs scrupuleux qui puissent revendiquer une plus grande valeur.

Si, malgré ces diCTicultés, le savant, d'une grande expérience, ne perd pas tout à fait l'espérance de sortir de cet océan d'erreurs, cela tient à ce que, précisément quand on a une grande expérience, il se manilesle tant de causes de joie et d'émulation, tant de preuves, d'une nature, il est vrai, plutôt subjective en faveur des effets bienfaisants de l'électricité, qu'il en naît une impulsion incessante pour des travaux et recherches ultérieures, sur ce terrain si difficile.

Mais pour la fixation des résultats, pour la construction lente et presque insensible des bases d'une électrothérapie scientifique, il faut assurément faire un choix aussi judicieux que possible parmi les expériences ; dans cette riche collection de cas, on ne doit et on ne peut •choisir que ceux qui reposent sur une observation positive et exacte et dans lesquels, par la promptitude et la grandeur du résultat, par l'emploi exclusif de l'électricité et par toutes les circonstances concomitantes, on peut établir, avec le plus de certitude possible, que le résultat thérapeutique doit être attribué réellement à l'électricité seule et non pas au hasard, ni à d'autres influences simultanées. Une pareille quantité de cas, tamisée avec discernement, est encore, sous bien des points de vue, un piwn desiderium ; c'est ce qui ne fait pas mystère pour le savant compétent. Compléter autant que possible, et seulement avec des observations choisies, cette quantité d'observations est encore toujours la tâche principale de l'électrothérapie scientifique.

Une deuxième tâche importante est aussi le choix définitif des méthodes^ d'après lesquelles le li'ailement électrique doit se faire le plus logiquement, dans les différents cas distincts. Ce choix, comme on vous l'a dit antérieurement, ne peut pas s'eflecluer à priori, en vertu de notre connaissance des ditl'érentes actions physiologiques des courants, bien que ces actions doivent nous servir de guides dans nos recherches ; au contraire, cela n'est possible qu'en vertu d'une expérience riche et tamisée logiquement. Indubitablement, une méthode exacte et basée sur la science peut seule nous conduire au but ; des expériences faites au hasard, sans système, sans choix judicieux, ne fourniront jamais de

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matériaux utilisubles. Celui qui, dans le Iraitemenl dune myélite dorsale, place un pôle sur un pied et l'autre sur la main du même côté, ou celui qui cherche à guérir une atrophie musculaire progressive, à l'aide du pinceau faradique et autres méprises semblahles (j'en ai vu de mes propres yeux l), celui-là ne pnurra jamais se flatter de recueillir, dans ses expériences, des matériaux importants. Avant tout, il faut que des théories physiques, claires et précises, forment les bases d'une bonne méthode. D'ailleurs, cotte méthode doit tout d'abord être déterminée et dirigée par notre expérience physiologique, par notre connaissance des effets les plus importants des courants ; si ces secours lui font défaut, elle peut naturellement rester sur le terrain empirique ; mais toujours l'expérience doit prononcer l'arrêt décisif et péremptoire ; c'est ainsi seulement que nous arriverons peu à peu à une méthode claire et perfectionnée.

C'est d'après ces principes que je me suis efforcé d'élaborer une électrothérapie spéciale; mais plus je m'occupais de cette tâche, plus j'étais forcé d'avouer qu'il existe sous ce rapport de grandes lacunes dans nos connaissances. Malheureusement les faits exacts et positifs nous font encore bien des fois défaut et je reconnais franchement que mes propres expériences, mes propres et nombreuses observations renferment encore beaucoup de défectuosités, beaucoup de lacunes, désagréments dont je souffre vivement, sans que j\y puisse porter un remède efficace. Il faudra donc encore travailler beaucoup dans ce sens d'après les méthodes scientifiques les plus strictes et les plus rigoureuses. Il faut encore ajouter que pour moi le devoir de l'électrothérapie ne me paraît pas d'attirer le plus grand nombre de maladies possibles dans la sphère de son activité ; il ne faut pas recourir à elle, partout où elle peut être un peu utile, mais seulement quand elle est préférable à d'autres médications, quand son efficacité est prépondérante. Dans les cas où nous possédons d'autres médicaments plus efficaces, nous pouvons nous passer d'elle ; ainsi je regarderais comme déraisonnable de vouloir traiter la fièvre périodique avec le courant électrique (bien cependant que ce courant ne soit pas tout à fait inefficace contre cette maladie), au lieu d'employer la quinine ; on pécherait de même si l'on voulait traiter le rhumatisme articulaire aigu à l'aide du pinceau faradique, au lieu de le traiter avec l'acide salycilique ou si l'on voulait assignera l'électricité une place importante dans la thérapeutique des maladies cutanées et autres affections. On peut naturellement bifler sans remords des conseils semblables, quelque intéressant et justifiable que soit, en fin de compte, l'examen scientifique de la sphère d'activité des courants électriques, môme dans ces direciions diverses, La science n'est pas forcée de se délimiter elle-même sous ce rapport ; mais l'électrothérapie pratique a cependant pour tâche de

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