SEIZIÈME LEÇON
Sommaire : Remarques préalables, — Bases physiologU/ues, expérimentales et théoriques de l'électrothérapie du cerveau. —Faits thérapeutiques. Recueil d'une séried'observations distinctes. — Déductions îi en tirer. — Guérisons négatives ou partielles. — Désignation des formes morbides dans lesquelles on peut attendre des effets salutaires de l'emploi de l'électrolliérapie et de celles où il n'en faut rien espérer.
A l'emploi direct des courants éleclriques sur le crâne, dansdiflërentes maladies cérébrales, s'opposèrent longtemps dirTérenls préjugés. Les observations publiées depuis longtemps sur l'efTicacité de la méthode thérapeutique dans de semblables afl'ections et particulièremenl les ind'cations précises de Remak sur ce point, furent accueillies avec une dcliance et une incrédulité extrêmes. Une autorité compétente (V. Ziemssen) allirma et on y crut assez généralement, que le courant électrique ne peut pénétrer dans les os du crâne, ni dans le cerveau, tandis que d'autres savants (Duchenne), ayant une opinion diamétralement opposée, ne pouvaient signaler avec assez de vivacité, les dangers d'une pareille application, principalement du courant galvanique sur la tête. Ce que les uns regardaient comme impossible, les autres le déclaraient très dangereux, particulièrement pour le cerveau et pour les organes de rinlcllect. Mes expériences prouvèrent que le premier de ces préjugés physiques reposait sur une erreur et que le cerveau pouvait être atteint très facilement, même par des courants galvaniques et faradrques. On apprit à renoncer insensiblement à un préjugé physiologique, d'après lequel l'application de courants éleclriques au crAnc
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renfermait en lui des dangers particuliers. Depuis longtemps le contraire a été prouvé par des expériences faites sur des personnes saines et sur des malades et surtout par de nombreuses explorations et parle traitement de l'appareil auditif, à l'aide de courants galvaniques souvent très forts. L'application des courants électriques sur la tête est très bien supportée par toutes les personnes bien portantes ; mais pour un cerveau malade, il faut naturellement agir avec une certaine circonspection; quant aux histoires effrayantes de sérieuses perturbations du cerveau, d'apoplexies, d'amauroses, etc., parsuitede la faradisation ou de la galvanisation de la tête, elles n'ont été aucunement confirmées d'une façon authentique. On pouvait donc risquer, avec quelque assurance, Fessai du traitement électrique sur les maladies du cerveau ; mais, avant toutes choses, on dut se demander si et jusqu'à quel point, à propos de maladies du cerveau, on pouvait tenter l'emploi du courant électrique et en attendre une guérison plus ou moins certaine.
Une observation plus approfondie prouve qu'en réalité il existe différents points d'appui qui, dans une série de cas permettent d'espérer une influence favorable de l'électricité sur le cerveau malade. Assurément le simple fait que les courants électriques agissent généralement sur le cerveau, qu'ils provoquent du vertige, de l'étourdissement, du malaise, qu'ils influent favorablement sur le sommeil n'est qu'un motif peu déterminant en faveur de l'emploi thérapeutique des courants électriques ; mais cette base est souvent la première et la seule qui, pour beaucoup de remèdes de notre arsenal pharmaceutique, motive leur emploi dans différentes maladies organiques ! On pouvait toutefois en conclure que des actions excitantes et modifiantes sur la substance cérébrale sont possibles ; que peut-être il s'opère des changements dans les conditions moléculaires et nutritives les plus délicates, et ainsi s'ouvrait la perspective d'obtenir une influence favorable, sur des troubles fonctionnels du cerveau, sur des états de lassitude et d'épuisement et peut-être aussi sur des excitations morbides de ce cerveau, dans l'insomnie, dans les dérangements psychiques, etc.
Des arguments plus importants sont fournis par les données que nous possédons sur Vinfluence électrnphysiologique éprouvée par les vais, seaux cérébraux ; en première ligne, leur modification directe (rétrécissement et élargissement), comme Lijwenfeld le prouva expérimentalement. Ainsi j'ouvre au moins une possibilité plus nette d'accélérer ou de ralentir la circulation dans le crâne et le cerveau, d'agir comme modifiant sur les conditions de nutrition, peut-être d'effacer des phénomènes pathologiques tels qu'anémies, hypérémies tant primaires que secondaires avec leurs conséquences. D'après les expériences de Lowenfeld, ce serait possible par la voie directe; mais moins certaines sont les bases physiologiques pour l'action vaso-motrice indirecte sur le
MALADIIÎS DU CKRVEAU
cerveau, en agissant sur le sympaUiique du cou el Ja moelle cervicale, uclion dont nous avons déjà parlé (7° leçon p, 105 et suivantes).
Il y a de ml^ine peu de fails à l'appui d'une action indireele, encore plus éloignée, sur la rirculaliondu cerveau, exercée dcsréfkxes partant de la peau: loulelois les expériences récentes de Runipf etles expériences thérapeutiques publiées par lui, laissent entrevoir la possibilité d'obtenir, dans celte direction aussi, des résultats favorables et cela par ru[)plicalion faradique du pinceau sur la peau (voir plus haut p. ^-iO). C'est par des faits de ce genre que s'expliquent peut-être maintes guérisons d'affections cérébrales par le traitement électrique périphérique.
Encore moins claires sont les actions probablement moléculaires et dynamiques qui se produisent sur différentes fonctions du cerveau, sans doute aussi par par rexciLalion de nerfs sensibles, mais peut-être sans l'intervention de la circulation. Je ne veux pas citer ici les expériences métalloscopiques, qui sont, certes, assez remarquables, mais seulement rappeler les i-ésuUats des expériences de Vulpian qui, par une faradisation locale, entièrement circonscrite, de différents points de la peau, sur l'avant-bras, vit disparaître des hémianesthésies cérébrales, provoquées sans doute en partie par des modifications anatomiques du cerveau.
Mais des espérances de bien plus longue portée sont éveillées par les actions cataly tiques, des courants électriques, constatées seulement avec certitude sur d'autres parties du corps, et sur lesquelles je me suis déjà étendu (13= leçon, p. 235 et suivantes). La possibihté d'une action directe sur le cerveau et sur ses parties, étant admise, on est bien autorisé à admettre que cesactions ne feront pas défaut dans le cerveau, même en cas de certaines maladies el l'on entrevoit alors, d'une manière très probable, que les courants électriques produiront la résorption des exlravasations sanguines, qu'ils faciliteront les conditions de circulation, le cours de la sève, qu'ils feront disparaître les œdèmes el les fluxions collatérales, qu'ils amélioreront la nutrition des parties el qu'ils élimineront ou du moins diminueront les états chronico-inflammaloires, sclérotiques, dégénératifs et autres semblables, et ainsi s'ouvre toute une série de possibilités thérapeutiques.
Vu les progrès remarquables, faits par la névropalhologie moderne dans le diagnostic local des maladies cérébrales et vu la possibilité physique indubitable de diriger le courant électrique et spécialement le courant galvanique en droite ligne, et avec une as.^ez grande densité sur n'importe quelle partie du cerveau ou à peu près, on a des raisons suffisantes pour justifier des expériences thérapeutiques dans les maladies cérébrales.
Si maintenant nous regardons autour de nous, pour apprendre quel
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résultat oui. eu ces expériences thérapeutiques faites jusqu'ici en grand nombre, quel bien elles ont fait aux malades, nous rencontrons l'accord presque unanime des savants sur ce point : dans beaucoup de maladies cérébrales, disent-ils, l'application des courants électriques et particulièrement galvaniques, à la téte ou même à des régions plus éloignées a eu, sans aucun doute, des résultats favorables, instantanément ou plus tard. La stricte démonstration de cette théorie, qui est plus ou moins l'expression de la conviction personnelle des divers savants, puisée dans un grancHiombre d'expériences, ne repose pas sur un grand nombre de faits dûment constatés ; cependant on trouvera un assez gi'and nombre de cas que le thérapeutiste regardera comme suffisant pour expliquer les ad ions curatives de l'électricité. Gitons-en rapidement quelques-uns, choisis parmi un grand nombre.
io Observation de Neftel. Nëoresthénie cérébrale, médecin à forte clientèle, âgé de 42 ans, Lombé malade à la suite de travaux des plus accablants. Il souffre d'un manque d'énergie corporelle et inlellccluelle. Son activité est fort diminuée; insomnie continuelle, tête embarrassée; accès de mélancolie.
Dégoût et incapacité de travailler et de lire ; épuisement facile ; faiblesse générale ; sensation de pesanteur aux reins. L'examen ne donna qu'un l'ésultat négatif; un peu d'albumine dans l'urine; pas de produits morphologiques. Traitement galvanique : pôle négatif sur la nuque, pôle positif stable et lentement labile sur les paupières, le front, les tempes et la fosse auriculomasillaire des deux côtés. Même procédé en changeant les électrodes de place ; finalement galvanisation du sympathique du cou. Dès la fin de hVpremière séance, soulagement, moins d'insomnies; amélioration progressive, guérison finale, plus d'alb'umine.
2° Observation personnelle. Névrose d' (motion. Hémiparésie du côté droit. Négociant âgé de 46 ans, a eu, il y a dix semaines, une forte émotion (par suite d'une injure qui lui fut faite) : immédiatement après, pesanteur à l'estomac, malaise, perle d'appétit, plus tard vertiges, marche chancelante, ensuite peu à peu, faiblesse croissante, tremblement de lu main droite, à tel point qu'il ne pouvait plus écrire ; lassitude générale, marasme, tendance à pleurer, dépression morale, sommeil inquiet, souvent presque nul. La mémoire a soulfert; quand il parle, il arrive souvent que ses idées lui échappent. Voici les résultats de l'examen : faible parésie du facial droit. — Langue, palais, mastication, déglutition normaux. 11 en est de même des mouvements des yeux et des pupilles. Le bras droit est notablement plus faible que le bras gauche; quand le malade étend la main, il tremble vivement; mouvements de la main un peu maladroits et faibles ; pression de la main droite beaucoup plus faible que celle de la main gauche (Dynamomètre dr. 26o — g. 51»). La sensibilité de l'extrémité droite supérieure est normale. Sesréflexes tendineux un peu exagérés. — Motilité et sensibilité de l'extrémité inférieure droite, normales; les réflexes tendineux et celui de la plante, à cette extrémité, sont un peu exagérés. Traitement galvanique: six éléments pour la région comprise entre la nuque et le front ; huit élél'^KB. — Élccti'olhérnpie. 19
-f'> MAUlJlI'S DU CKRVJCAU
iiiciils, le syiiip,'iLlii(|ii(; du cou ; ilix-liiiiL L-ir-inoiiLs \hi\i: in'jgfilif l.-ihilc, à travers les iierl's el les muscles du Itras droil, ({uolidieiiiieiueiil.
26 juin 1870. Avant la premifire séance ; IJynarn. à dr, '26» à i^. '■'>l° id. Après id : ,> dr. '.iO" — j,'. ii°
.\niélioration, sommeil meilleur uitérieinement.
29 juin : État variable : en somme amélioration.
Avant le traitement galv. : Dynam. à dr. 'Ai" — Après id. : » à dr. ■42" — fs. il"
11 juillet. Douleurs de tête, vertige, sommeil meilleur.
Avant le traitement galv.: Dynam. à di'. 40° à g, 41" Après id. : » à dr. 40» à g. 43"
12 juillet. Le patient ressent une amélioration, spécialement pour la tête et le langage ; il dort bien mieux en général. Il se plaint encore de douleurs dans le bras, lequel est réellement plus fort, mais n'est pas encore tout à fait remis ; la légère différence persiste encore pour le visage. II est forcé de partir.
30 Observation personnelle. — Insomnie ; dépression psychique. — - Veuve, de 41 ans ; depuis environ deux mois, à la suite d'affections morales, dal de grande dépression d'esprit, senllmenl d'angoisse précoi'diale très manifeste et perte de sommeil presque absolue (avec idées noires, inquiétudes dans les membres, etc.). — Un peu d'anémie. — Appétit et digestion bons.
Le chloral et la morphine ne sont pas supportés. — Ordon. : Soir, thé de valériane et traitement électrique.
Le 21 janv. Faradisation de la tête, à l'aide de la main.
22 janv.: Aucune amélioration encore ; forte angoisse; faradisation de la tête, et en outre depuis la nuque jusqu'à l'épigastre.
23 janv. : Sommeil d'une demi-heure ; angoisse bien moindre.
2^ janv. : Insomnie par suite de douleurs abdominales et de diarrhées. 2ojanv. : Sommeil de deux heures; coliques ont disparu.
26 janv. : Insomnie (était l'après-midi en compagnie).
27 janv. : Insomnie; angoisse disparue ;un traitement galvanique est main tenant établi ; quatre éléments depuis le front {-}-) jusqu'à la nuque, stable, 1 1/2 min.; six éléments, depuis la nuque jusqu'à l'épigastre, stable 1 1 /2 min .
28 janv. : Sommeil de deux heures. Angoisse dissipée pour longtemps.
29 janv, ; Sommeil de 2 heures 1/2.
- 30 et 31 janv. : Pas dormi (Menstrues en imminence, approchantes), mais état moral très bon.
lof févr.: Sommeil de 3 heures.
2 /(iw. : Sommeil de plus de ii heures ; bien-être. Début des menstrues. Avec elles deux nuits presque sans sommeil ; migraine ; légère angoisse, point de traitement galvanique.
"} févr. : Nuit passée tout entière à dormir., 7-8 /lewes. Depuis des mois, nulle nuit n'avait été aussi bonne, traitement galvanique.
0 févr. : îi-C heures de somincil. Angoisse totalement passée.
7 févr. : 7 1/2 heures de sommeil sans interruption. Pas de maux de tôle, pas d'angoisse ; se sent tout à fait bien. Elle part aujourd'hui en voyage ; une
ÛBSEUVATIONS 291
comniiinic.-ilion ultérieure uous apprend ([ue rainéliorfition s'est maintenue-, chaque nuit de 4 à ii heures de sommeil.
40 Observation de Rumpf. — Uypéréinic du cerveau (névrosthénie céréjjpale). — Négociant, 47 ans, pas très nerveux s'étant toujours hicn porté. Par suite d'une grande tension d'esprit et d'excitation morale, d'abord sentiment désagréable de pression à la lête, puis le visage rougit facilement et sentiment de congestion à la tête. Pesanteur et lourdeur croissante de la tête ; de temps à autre, violente douleur de tôle; sensation pénible de vertige, surtout en levant et en baissant la i^ie ; bourdonnements d'oreilles, diminution de l'activité, émotions même pour des causes futiles, sommeil très mauvais. — Fonctions spinales tout à fait normales. Objectivement tout est normal. Brùmure de potassium sans succès. Traitement: Vigoureuses frictions faites avec le pinceau faradique sur le dos, la poitrine et les extrémités supérieures. Après cela besoin de dormir, tête plus dégagée. Après un deuxième traitement semblable, disparition de tous les phénomènes fâcheux.
b" Observation personnelle — Hémiplégie lat. droite (ex hœmorrhagia cérébrale) 2o ans. Ébéniste. Le 10 février 1872 (dans un bal) début subit de l'hémiplégie, sans perte de connaissance et sans aphasie, mais avec langage indistinct (anarthrie). Paralysie latérale droite complète, même pour le visage; fourmillements mais conservation de la sensibilité.
Amélioration lente et graduelle jusqu'à l'état normal. Auparavant tout à fait bien portant. État au 8 avril 1872 : Hémiplégie latérale droite.
Parésie des branches faciales inférieures. Langue obliquant un peu vers la droite. Luette rectiligne. Voile du ])alais normal. Avant-bras très peu mobile ; main et doigts pas mobiles du tout. Une certaine mobilité à l'articulation de l'épaule. Légère contracture des tléchisseurs au bras. Extrémités inférieure et supérieure parétiques et raides, mais le patient peut marcher. Sensibilité normale, léger sentiment d'engourdissement au bout des doigts. Pupilles et mouvements des yeux normaux. Pas d'aphasie. Cœur tout à fait normal.
Traitement galvanique. Longitudinalement à travers la moitié gauche du crâne, stable et transversal, à partir de la tempe gauclie jusqu'au plexus bras chial droit ; ensuite encore le pôle négatif labile au travers des nerfs du bras droit. Le jour suivant, le patient accuse une amélioration notable. Une observation plus exacte donne (le 9 avril), avant le traitement galvanique, une immobilité absolue des doigts ; la main ne peut être approchée que jusqu'à un pouce ^ du nez et des cheveux des tempes. Après le traitement (seulement sur la tête !), le patient porte aisément la main jusqu'au nez et jusqu'aux cheveux du front ; il peut un peu fléchir les doigts ; les mouvements de l'avant-bras s'elfectuent un peu plus aisément. — H avril : le patient remarque, après chaque séance, une amélioration notable, même à la jambe qui jusque alors n'avait été ni examinée ni traitée ! — Ib avril, amélioration croissante ; les mouvements du bras sont plus libres ; la flexion des doigts est possible, mais très faiblement. Le patient se touche aisément la tête et le nez ; la jambe notamment (qui n'a jamais été traitée) se meut, après chaque séance, plus facilement, et est plus vigoureuse. — 1 août 1872 : le malade, sort très amélioré. Sa marche est presque entièrement libre et légère. La
MAl.AIJlliS DU CliUVEAU
inoLililé du hrns esl bien meilleure ; elle est déj/i li'és bonne infime dans les extenseurs ; plus de conLraclures ; il lui est encore impossible d'écrire à cause des diflii;idir's de la pronuLion. I.a lAle esl libre. A [lartir de la fin de septembre, le patient peut di; nouveau reprendre son métier.
0" Observation de Brenner. Jliimipli'iiie cérébrale. Améliorulion notable et subite de la paralysie. 38 ans, négociant, est atteint de syphilis en 1803. Récidives fréquentes. Traitement irrégulier. Knviron un an et demi apiés, le patient se réveille le matin avec liémiplégie complète du côté droit, déviation de la face et trouble de la parole. Quatre semaines après, paralysie complète des extrémités supérieure et inférieure de droite, avec une très faible contracture do llc-vion, parésie des branches inférieures du facial, sans ancsthésic cutanée. — Après environ i minute d'excitation faradique des muscles du haut du bras, le patient put subitement lever de nouveau le bras, détacher le bras du tronc et courber l'avant-bras ; le résultat obtenu à la jambe fut encore plus remarquable. Quelques contractions ayant été opérées en prenant pour point de départ le nerf crural et le nerfpéronier, le malade se ieva et marcha, en traînant la jambe, mais sans appui, par la chambre. La continuation du traitement diminua la paralysie, mais pas beaucoup et il resta une hémipai ésie durable avec contracture.
7" Observation personnelle. Héniiplégie latérale droite. Amélioration subite. — Fonctionnaire âgé de 53 aus, subitement paralysé, il y a 3 ans, sans attaque. D'abord paralysie complète. Maintenant le faciès est bien, la jambe est encore faible, avec de fortes contractures de flexion. L'excitabilité électrique est normale. Immédiatement après la faradisation des nerfs et des muscles du bras, le patient peut remuer un peu mieux les doigts ; il en est de même après le passage d'un courant galvanique transversalement ou le long de la tête. .\près cette première séance (explorative) s'était manifestéeune notable amélioration. Le patient se trouvait plus agile et plus vigoureux.
11 pouvait se lever plus aisément de sa chaise et marcher sans canne ; mais le bras n'allait pas mieux ; d'ailleurs un traitement électrique prolongé ne put ajouter grand'chose à cette amélioration qui n'avait été que momentanée.
8° Observation de Nef tel. Hémiplégie latérale droite. Aphasie (par embolie ?) Homme de 38 ans. Le 23 février 1877, violente attaque d'apoplexie, suivie d'une hémiplégie du côté droit et d'une aphasie. Prompte amélioration, suivie d'une parésie de l'extrémité inférieure etplus encore de l'extrémité supérieure. Trouble de la vue et de l'ouïe au côté droit, mal de tête, accès de mélancolie, faiblesse générale, insomnies, bruit systolique, à la pointe du cœur. Parésie du muscle droit interne de l'œil, du côté droit. Défectuosité dans le champ visuel, de l'anl droit, sous forme d'une hémianopie nasale. — Traitement galvanique (à partir du 19 mars 1877); 1" pôle négatif sur la nuque. Pôle positif stable et lentement labile sur les paupières, le front, la tempe et la fosse auriculo-maxillaire des deux côtés. De quatre à sept éléments de .Siem. ; 2" même procédé avec placement des électrodes en sens inverse ; 3" galvanisation du sympathique du cou (pôle négatif sur le ganglion). Amélioration immédiate : tête pins libre, sommeil moins souvent interrompu ; l'insuITisancc du droit interne disparaît, de même que la défec-
OBSEHVAÏlONS 293
luosilé du cliainp visuel. La parésie des exlrémiLés droites s'améliore aussi ; (elles ne furent traitées que deux fois, plus particulièrement dans un ])ut de dia"-nostic). — Interruption de la cure, le 29 mars (après onze séances). — Quelques semaines après, recrudescence du mal, surtout maux de tête, verlio-es, insomnies, douleurs au bras droit. 29 mai, reprise du traitement (môme procédé), maintenant encore amélioration notable, après huit séances seulement.
90 Observaiion de Mor Meyer. Hémiplégie, fwbahlement à la suite d'une hémorragie. 26 ans, négociant, maladif, battements de cœur, hypertrophiedu ventricule gauche, sans altérations des orifices ; vertiges, sjmcope quelque temps après, crampes, hémiplégie complète sensorielle et motrice du côté gauche, paralysie de la vessie. Amélioration très lente. Deux ans plus tard : le bras gauche peut à peine se soulever de manière à former un angle de 70 degrés; il est maigre, froid, en partie anesthésié ; faible contracture, flexion, spasmes notables et pesanteur de la tète ; la vessie se remet de nouveau assez bien. Traitement: au début, simple galvanisation du sympathique du cou (pôle positif sur le ganglion supérieur gauche). Résultat très satisfaisant ; après douze séances, le bras peut se soulever et s'étendre ; sa sensibilité s'est améliorée; le malade traîne moins la jambe. Âjoutez-y encore des courants descendants des nerfs et des muscles. Après les quinze séances suivantes, les mouvements de la main et des doigts sont bien moins gênés ; température du bras est à peu près normale ; la sensibilité n'est pas encore complètement rétablie.
10° Ob$ermiion de Vulpian. Monoplégie du bras droit avec complète anesthésié (probablement à la suite d'une hémorragie), 18 ans, ouvrier ; attaque d'apoplexie. Perte de connaissance ; à son réveil, on trouve l'extrémité supérieure droite complètement paralysée. A part une aphasie de très courte durée, la paralysie est limitée exclusivement sur le bras droit; outre la paralysie complcle du bras il existait encore une anesthésié complète. Différents traitements (nitrate d'argent, chlorure d'or, de sodium ; faradisation et galvanisation du bras paralysé), ce traitement n'amena qu'une amélioration très légère de la motilité et de la sensibilité. Au bout de cinq mois, le patient est soumis à la faradisation cutanée (le pinceau faradique est promené avec force sur une région très circonscrite de l'avant-bras droit). Amélioration rapide, dans la sensibilité comme dans la motilité. La sensibilité s'améliore de jour en jour de haut eu bas, la motilité, au point que, vingt jours après, le dynamomètre indique à droite 8 degrés ; à gauche, '61. L'un des jours suivants, le dynamomètre indique 10 degrés à droite, avant la faradi.sation, et 17 après la faradisation. Cinq semaines après, la sensibilité est rétablie jusqu'au bout des doigts; tous les mouvements des bras s'effectuent sans effort spécial. Deux mois après, dynamomètre 3.'i degrés à droite ; GO, à gauche. Le malade se sert de sa main droite aussi bien que de sa main gauchp ; seulement la première est un peu plus faible.
M° Observation d'Althaus : hémiplégie du côté gauche (après hémorragie). Dame de 53 ans, a eu, il y a, deux mois, une attaque d'apoplexie du côté gauche. Maintenant elle recommence à marcher un peu ; mais le bras