DIX-NEUVIÈME LEÇON
Sommaire : Introduction. — Bases physiologiques et théoriques de l'électrothérapie de la moelle épinière. — Faits thérapeutiques . — Discussion de certains cas. — Conclusions à en déduire. — Insuccès thérapeutiques. — Formes d'affections médullaires dans lesquelles l'on peut espérer des succès électrothérapeutiques ? itfé- ^Aorfes et technique de l'électrothérapie de la moelle épinière. — Traitement direct : Action polaire et de direction. — Méthodes de l'application dans les maladies circonscrites et dans les maladies étendues. — Traitement indirect en prenant le sympathique pour point de départ ; traitement combiné du sympathique ; en prenant la peau pour point de départ; d'une manière l'éflexe. — Excitation diplégique. — Traitement des points de pression et de douleur. — Traitement sympiomatique.
Arrivés à 1 eleclrothérapie des maladies de la moelle épinière, nous nous trouvons sur un terrain plus solide que ne l'est celui des maladies mentales. Nous possédons ici des expériences bien plus nombreuses ; il y a déjà bien plus longtemps que les maladies de la moelle épinière' sont l'objet d'études électrolhérapeutiques plus approfondies et plus complexes ; d'ailleurs la pathologie de la moelle épinière s'est développée quelque temps plus tôt que la pathologie cérébrale.
Remak a eu le mérite d'avoir entrepris et développé le traitement électrique des maladies de la moelle épinière avec toute l'énergie de son talent. Ses efl'orts ne furent que médiocrement entravés par la croyance de savants distingués qui furent longtemps persuadés que la moelle épinière ne pouvait être atteinte par aucun courant électrique, quel qu'il fût, dirigé par la main de l'homme. Même sans la réfutation expérimentale de celte erreur, le poids des faits accumulés aurait suffi pour démontrer les succès évidents du traitement électrique, dans de nombreuses maladies de la moelle épinière, en dépit des sceptiques, obstinés sur ce point. De toutes parts, on a commencé à combattre les maladies de la moelle épinière au moyen de courants électriques et surtout galvaniques et les différents Ihérapeutistes ont public les heureux succès qu'ils ont dus à ce traitement. D'un autre côté, on
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ne peut nier que ces réussites furent contrebalancées par un nombre d'insuccès égal el quelquefois même supérieur à celui (ies succès ; de plus, dans un fir.ind nombre de cas, on n'a obtenu que dfjs succès mesquins ou partiels. Malgré cela le nombre des faits positifs et permettant des conclusions ultérieures est si grand sur ce terrain que le courant électrique a conquis une place sûre et éminenle dans la thérapeutique des maladies chroniques de l'épine dorsale. Or toute l'électrothérapie repose en général sur ces expériences cliniques et thérapeutiques.
Car ce que nous savons, d'après des expériences physiologiques, de l'action de l'électricité sur la moelle épinière, est très précaire et nullement propre à provoquer un jugement favorable en faveur de futilisalion thérapeutique des courants électriques ou ;i fournir des renseignements sur le mode et Ja manière de les employer. Je vous renvoie au peu que je vous ai communiqué antérieurement (7'= leçon, page H5), à propos de l'électrophysiologie de la moelle épinière et vous avouerez que cela est insuffisant pour nous fournir des données positives sur l'usage thérapeutique des courants électriques, dans les lésions de la moelle épinière.
Mais grâce à nos connaissances générales sur l'action des courants, à nos nombreuses expériences thérapeutiques sur les nerfs périphériques et sur d'autres organes du corps, nous avons été en droit de compter, comme nous l'avons dit (16° leçon), à propos des maladies cérébrales, sur toute une série d'actions curatives déterminées sur la moelle épinière malade, quoique nous eussions à notre disposition bien moins de bases expérimentales que pour le cerveau.
Ainsi nous avons pu, dans beaucoup de cas, espérer des actions catalytiques du courant une influence salutaire sur des troubles, plus ou moins grossiers, de la nutrition, sur les différentes formes et terminaisons de l'inflammation, sur les processus de dégénérescence chronique, sur ce qu'on appelle les maladies fonctionnelles de la moelle épinière, etc. ; les actions vaso-motrices des courants électriques paraissent non moins utiles dans des troubles de la circulation et dans le but de faire disparaître les troubles de la nutrition et cela d'autant plus que des expériences récentes prouvent d'une manière de plus en plus péremptoire que, par la voie indirecte aussi (moins par les voies vasomotrices, par le sympathique, que d'une manière réflexe, en partant de la peau), une influence peut être exercée sur la circulation et Tafflux sanguin dans la moelle épinière aussi bien que dans le cerveau ; enfin il n'a pas été possible de nier l'utilité des actions excitantes el modifiantes des courants électriques sur la moelle épinière dans de certaines maladies (notamment dans des troubles fonctionnels, dans les états d'excitation ou de faiblesse, dans certaines formes de crampes,
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dans certaines formes fonctionnelles de paralysie), (|iielqnc peu transparenls que soient ces effets an point de vue physiologique, quelque peu élucidée que peut être d'ailleurs la nature de la maladie au point de vue pathologique. A tout prendre, il est certain que l'on devait compter spécialement et à priori sur l'efficacité des effets dits catalytiques (y compris les vaso-moteurs, comme l'a fait remarquer en premier lieu Remak; de plus, la méthode, suivie par la plupart des observateurs, prouve que l'on comptait en première ligne sur ces efTets.
Mais toutes ces considérations, émises à priori^ ont dû rester dépures chimères, tout que leur exactitude n'a pas été démontrée par des expériences pratiques. La conviction n'a pu tout d'abord être entraînée que par des recherches fhérapeuliques, par une large et multiple expérimentaiion. Et celte conviction est faite depuis longtemps ; l'expérience pratique cite quantité de guérisons, positiveset incontestables, obtenues dans les afl'ections les plus diverses de la moelle épinière ; elle nous a appris que, dans beaucoup de cas, nous pouvons aboutir à la guérison et par quelle voie ce résultat est possible et même par une voie qui n'avait pas été prévue à p7'io)n. Vous en trouverez la preuve dans les quelques observations péremptoires que nous publions ci-contre (cette quantité pourrait être fort augmentée) :
18° Observ. de Hitzig. — Méning-ite spinale subaiguë, 33 ans, sergent; mars 1865, chute de cheval suivie do longues douleurs dans le dos.
— Mai i86o, intlammatioa de la poitrine et affection de l'estomac (ulcère ?).
— A partir de juillet IBGii, souffrances plus grandes, douleur dans le dos, souffrances excentriques aux extrémités, hyperesthésie générale de la peau ; fourmillement et sensation d'engourdissement dans les jambes ; secousses musculaires totales et partielles ; diminution de l'activité motrice ; incontinence d'urine. Plus tard, grande indécision dans les mouvements, surtout dans l'obscurité ; il ne^ peut marcher que courbé, à cause de douleurs intenses dans le dos. Longues insomnies. — État en janvier 1866 : grande faiblesse dans les mouvements; attitude courbée ; le patient chancelle beaucoup quand il a les yeux fermés. — Pupilles normales ; sensibilité troublée à un haut degré ; la sensibilité au toucher est émoussée et il existe une hyperesthésie prononcée ; foiie sensibilité de la colonne vertébrale à la pression. — Traitement ultérieur (avec nitrate d'argent, iode, dérivation) sans succès. Traitement galvanique avec courants descendantn stables, à travers le dos. Après huit séances, sommeil tranquille pendant sept heures ; presque plus de souffrances spontanées; sensation de soulagement dans les jambes. Le traitement continuant, on constate que la galmnisatiun du sympathique a exercé une influence salutaire sur l'ensemble du corps. Ensuite, on traite les nerfs cruraux, aussi à l'aide de courants descendants. Après un traitement de 6 semaines, plus de symptômes nerveux ; il ne reste qu'une médiocre douleur lors d'une pression sur plusieurs espaces invertébraux.
Pendant 9 mois, le patient eut à faire des travaux pénibles ; puis, à la suite d'un elibrt et d'un refroidissement, il eut une rechute avec de nouveaux
MALADIES DK LA MOELLE ÉIMNIÈHE
symplômes très accentués et très graves, dont il fut débarrassé presque complètement par leniAme traitoinont palv.'iiiiipio prolongé pendant '2 ou 'A mois.
l'J" Observ. personnelle Méninffite spinale ehronique (?). Ilypérémie de la moelle épinière (?). — Adolescent de lîians, fut atteint, en février i870, d'une maladie que l'on prit jjour une inllainmation cérébrale (mal de tète, vertige, vomissements, synco[)es d'une longue durée). Dejtuis ce temps, nombreux maux de téte, santé moins bonne qu'auparavant. Depuis août 1870, beaucoup de douleurs aux lombes et au eôté gauche. A partir de décembre 1870, plus grande faiblesse dans les jambes; il se fatigue vite, sensation de fourmillement, d'cndolorisscment et de froid dans celles-ci. Extrémités supérieures normales, sommeil inquiet, parfois vertige. — Ktat au 20 janvier 1871 : diiïérentes vertèbres des reins très sensibles à la pression. .Mouvements des extrémités inférieures possibles avec une force suffisante ; mais le patient se fatigue vite ; après avoir marché pendant dix minutes, il ne peut plus avancer à cause de la pesanteur et de la raideur des genoux et d'une grande faiblesse dans les jambes. Il ne chancèle pas après avoir fermé les yeux. La sensibilité est normale. Les réflexes n'ont pas augmenté. La vue est mauvaise, à cause des leucomes des deux côtés. Les deux oreilles fonctionnent bien. Toutefois, les bourdonnements d'oreilles sont fréquents depuis quel- <i::os .semaines (simple byperesthésie bilatérale du nerf acoustique). — ïrailement galvanique : 12 éléments Stohr, en montant du dos vers le sympathique ilucou, 16 éléments en montant àtravers la colonne vertébrale, lepôlenégatif y étant promené lentement de haut en bas. 12 février 1871 : Amélioration extraordinaire. Maux de tête et bourdonnements entièrement disparus. Plus de douleurs lombaires. Paresthésies et faiblesse des jambes complètement disparues. Le 18 février, il sort guéri ; seule, la réaction anormale du nerf acoustique subsiste encore.
20° Observ. personnelle. — Commotion de la moelle épinière (apoplexie méningée ■?) Journalier de 5b ans, tombé il y a 4 semaines d'un arbre, sur ses pieds et sur son séant. 11 fut immédiatement paralysé des jambes et il fallut le transporter chez lui. Douleurs vives et ditluses aux lombes et aux jambes. Les jambes furent, environ 6 jours, paralj'sées, ensuite il se manifesta peu à peu de nouveaux mouvements, de sorte que le malade put un peu marcher. 11 n'y eut jamais d'anesthésie. La mixtion fut tout à fait normale. — Les douleurs disparurent peu à peu. — État: faiblesse évidente des jambes, marche hésitante, il traîne les pieds, pas d'alaxie. — Station sur les orteils ou sur un pied, difficile. Après avoir été longtemps debout, tremblement. Sensibilité normale. Réflexes de la peau et des tendons conservés; pas d"atrophie manifeste ; excitabilité électrique simplement diminuée. Sphincters et extrémités supérieures normaux. Pas de changement sur le dos ni sur la colonne vertébrale. — Traitement: galvanisation de la colonne vertébrale et des jambes. — Résultat frappant : après un petit nombre de séances, le patient peut très bien marcher ; au bout de 22 séances, il est renvoyé guéri.
21° observation de Lewin. — VarapUgie complète (à la suite de myélite aiguë). Guèrison par le courant galvanique. Femme de 35 ans non hystérique ; malade depuis 3 semaines environ. Fièvre, faiblesse et engourdissement des deux jambes; faibles douleurs tcnsives ; au bout de huit jours para/ysie su-
FAITS THÉRAPEUTIQUES: OBSERVANTIONS
bite et complète des jambes, vives douleurs lancinantes, douleur en ceinture, paralysie des sphincters. Réflexes normaux. La sensibilité n'est pas notablement ti'oublée. Traitement avec des courants descendants et stables. Au bout de 0 jours, douleurs disparues. La jambe gauche peut être un peu soulevée. Au bout de 14 jours, la paralysie des sphincters { a disparu. Au bout de 4 semaines la patiente peut lever les deux jambes et rester debout quelques instants ; la fièvre a diminué (cessé). Au bout de 7 semaines, la patiente peut circuler dans la chambre, mais en traînant un peu les jambes.
22° Observation personnelle. — Paraplégie traumatique. Solda t âgé de 23 ans, a reçu à Werth (6 août 1870) une blessure par arme à feu de la colonne vertébrale du cou (la balle a passé du milieu du muscle sterno-cleido gauche jusqu'à l'extrémité postérieure de l'épine droite scapulaire, probablement en traversant la colonne vertébrale). Immédiatement après, paralysie complète et anesthésie des jambes et au-dessus, jusqu'à la poitrine; rétention, et plus tard incontinence d'urine qui disparait au bout de 4 semaines. La sensibilité et la motilité s'améliorent peu à peu, surtout à la jambe gauche ; la plaie guérit sans incident. État au 20 octobre 1870 : épines des 6° et 7^ vertèbres du cou un peu sensibles à la pression. Sensibilité assez bien rétablie ; elle n'est plus qu'émoussée un peu subjectivement ; tous les mouvements de la jambe gauche peuvent de nouveau s'efTectuer, mais encore sans grande force ni sûreté ; par contre, la jambe droite est encore fortement parésique ; les mouvements du pied et des orteils sont presque imperceptibles. Souvent tremblement clonique dans les jambes, surtout adroite (clonus du pied). Les bras sont libres. Les selles et la mixtion sont normales. Excitabilité électrique dans les extrémités supérieures, bien conservée. Traitement galvanique : courants stables à travers le dos, surtout en tenant compte de la région blessée ; puis le pôle positif sur la nuque et le pôle négatif labile à travers les nerfs des jambes. (Il faut, pour le traitement, porter le patient). Bés lors l'amélioration marche à grands pas ; après la 7^ séance, le patient peut déjà se tenir debout, un peu sur la jambe gauche et remuer plus aisément et plus librement la jambe droite. Après la 10° séance, il peut faire à pied le tour de son lit. Après la 12" séance, il se tient debout ferme et seul, puis il fait quelques pas. Après la 16", il vient seul au traitement appuyé sur un bâton. Après la 40*= séance, il marche lestement, avec l'appui de sa canne; seulement il traîne un peu la jambe droite.
23° Observation de Seeligmûller. — Myélopathie. Tabès dorsalis? Maçon âgé de quarante-deux ans. Depuis deux ans, deuxième attaque d'une paralysie qui dure encore. Marche incertaine, vacillante, avec l'aide exclusive d'une canne. Il traîne la jambe gauche, faiblesse dans le bras droit ; le patient chancèle fortement quand il a les yeux fermés. Impossibilité de monter sur une chaise. Douleurs à la nuque et aux lombes, paresthésies des mains et des pieds, douleurs à la ceinture, anesthésie des mains et zone anesthésique à la nuque, depuis la pointe de l'omoplate jusqu'au vertex. Impuissance, faiblesse de la vessie, constipation. Traitement galvanique: dix éléments, descendant à travers le dos (nuque-reins). Tous les jours dix minutes. — Résultat merveilleux. Dès la première séance douleur moindre, sen-
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sibililô améliorée. Pour la première fois depuis longtemps, le patient traverse lu nio, sans canne. Apn'-s la ciiniuième séance, la marclio est visiblement ann';liorée. Plus de sensation de lassitude, lion sommeil. Sensihilit''presque entièrement rétablie. Après quatorze séances, le patient est renvoyé comme guéri; il peut travailler comme maçon et comme allumeur de lanternes. Au bout do dix-buit mois, l'amélioration s'est maintenue complète.
240 Observation de von Kroff't-Ebmg. — Tubes dorsalis. IJoucber âgé de vingt-six ans, malade depuis un an. ParesUiésies, sensalions dn colon et engourdissements des jambes, ([in sont faibles et incertaines; douleurs en éclairs, <éré6ran<es des extrémités inférieures; incertitude dans l'obscurité, en gravissant des escaliers et en tournant ; marche de plus en plus difficile, possible seulement à l'aide d'une canne. Vessie et rectum intacts. Les frictions froides et le nitrate d'argent n'ont pas eu de résultat notable. Le patient présente une alaxie intense aux extrémités inférieures ; la force est bien conservée ; le patient ne peut marcber qu'environ cinq minutes et avec une canne. Il chancelle beaucoup quand il a les yeux fermés. Marcbe traînante, douleurs lancinantes, anesthésies circonscrites, particulièrement dans la partie inférieure de la cuisse droite et dans le pied. Traitement galcanique : courant stable le long de la colonne vertébrale, tous les Jours quelques minutes, excitation labile du péronié. Dès la quatrième séance, amélioration visible. .Vprès cinq semaines, le traitement dut être interrompu. Amélioration très notable ; disparition complète des troubles sensibles; plus de chancellement, les yeux fermés ; la vigueur, la sûreté et l'usage de ses jambes sont revenus ; il peut se promener pendant une ou deux heures et reprendre ses rudes fonctions de boucher.
250 Observ. personnelle. — Tabos dorsalis. Tailleur âgé de 33 ans, a eu précédemment des chancres ; depuis 8 ans, il a des douleurs typiques lancinantes. Faiblesse excitable àe5 organes sexuels, tremblement des jambes; depuis 3 ans, faiblesse des jambes; démarche incertaine et traniante, paresthésies. Ily a 3 ou 4 mois, le mal a promptement empiré. Grande incerlilude dans l'obscurité ; jamais de diplopie. État : ataxie intense des jambes, il ne peut marcher ni rester debout que si on le soutient ; la force est un peu diminuée; ia sensibilité cutanée des jambes a fortement baissé, ralentissement accentué de la conductibilité de la douleur, soufl'rances avec retard de la sensation. Forte diminution de la sensibilité des muscles. Chutes quand les yeux sont fermés. Réflexes de la peau faibles. Absence de réflexes tendineux. Faiblesse de la vessie, impuissances. Extrémités supérieures, cerveau et nerfs du cerveau à l'état normal. Excitabilité électrique dans les péroniés simplement diminuée, dans les cubitaux anomalie qualitative de la loi de secousse AnFS •< KaF.S (voir plus haut page 199), Traitement galvanique : 12 éléments, en montant du dos au sympathique, en alternant la position des pôles positifs; 18 éléments, en montant à travers la colonne vertébrale, en alternant la position des pôles négatifs, tous les jours; tous les deux jours en outre, pôle négatif labile, montant à travers les nerfs des jambes (En môme temps, nitrate d'argent). Au bout de 8 jours déjà, le patient sent qu'il peut mieux remuer ses jambes et qu'il marche d'une manière plus assurée.
FAITS TllKRAPEaTIOUES: OBSERVATIONS 33'1
Au bout de quatre semaines, la marche est encore bien meilleure; les douleurs lancinantes ontbcaucoup diminué. 6 semaines plus tard, il peut marcher seul, à l'aide d'une canne. Au bout de huit semaines, il monte et descend seul un escalier; la sensibilité est aussi amélioréeobjectivement. Douze semaines plus lard, l'amélioration a fait des pro§:rès ; la cure est interrompue. Au bout de six mois, le mieux est complet; mais il n'est pas encore questionde cure définitive. Le patient marche seul, sans bâton, avec prestesse, mais toujours encore d'une manière ataxique. 11 peut rester debout, les pieds collés l'un contre l'autre ; le trouble de la sensibilité est moindre, mais peut encore se constater. Les réilexes des tendons font encore défaut.
26° Observ. psrsonnelle. - Tabès dorsalis au début i?). Atrophie den nerfs, optiques. Femme de 37 ans, depuis quelques mois, diminution de la faculté de la vue qui s'aggrave de plus en plus : en même temps, douleurs déchirantes et endolorissement des jambes ; fatigue rapide soit dans la station verticale ou la marche, surtout à la jambe droite, de là une certaine claudication. Depuis, aussi, les pieds toujours froids. Les sphincters à l'état normal. État, en janvier 1875 : Amblyopie intense, compte les doigts des deux côtés de 12 à 16 pieds. Cécité pour le rouge, limitation du champ visuel, avec angles rentrants aux deux yeux, ophthalmoscopiquement : atrophie du nerf optique. Faiblesse des jambes, marche titubante. La malade traîne un peu le pied droit. Elle se tient bien debout sur le jiied e'auche, mais difficilement sur le pied droit. Les mouvements isolés sont aussi un peu plus difficiles à droite qu'à gauche. Elle ne chancelle pas, après avoir fermé les yeux. Au dos du pied droit et aux orteils, anesthésie locale ; à part cela, la sensibilité est normale. Les extrémités supérieures, le cerveau, etc. sont dans l'état normal. Simple diminution de l'excitabilité électrique dans les péroniés, Traitement galvanique : 14 éléments, du dos au sympathique des deux côtés. 18 éléments, en montant, stables et labiles, à travers la colonne vertébrale. 8 éléments stables, de la nuque aux paupières fermées. Après dix séances, amélioration notable ; douleurs bien moindres ; sensibilité visiblement augmentée. La patiente marche avec beaucoup plus d'assurance, les pieds redeviennent chauds. — Après 30 séances 'amélioration notable. La patiente monte deux escaliers, sans difficulté ; elle marche plus facilement, plus vite et plus sûrement. Objectivement aussi a augmenté la force de la jambe droite. Les douleurs et le fourmillement ont entièrement disparu. Objectivement en ne peut plus constater de trouble de la sensibilité. Les yeux mêmes vont mieux. Elle voit les doigts des deux côtés, de 16 à 18 pieds; avec le verre convexe, elle lit J. n° 7. — Api'és la 45^ séance (juin 1874), continuation du mieux. Elle gravit les escaliers et marche d'une façon très satisfaisante. Plus de souiïrances, plus de sensation de coton aux jambes. Les pieds ne sont plus froids. La sensibilité objective est tout à fait normale ; l'état des yeux aussi s'améliore peu à peu. Sn 200 (A) est reconnu à 20 pieds et elle lit (avec le verre convexe) .1, n" 7. Le résultat de l'examen ophtlialmoscopique est le même.
27° 06.se™. de Mor Meyer. — Tabès dorsalis. — Traitement de points douloureux de la colonne vertébrale. Lithographe, âgé de 41 ans, atteint d'ataxie. Il ne peut ni se tenir debout ni marcher sans appui. Il a une parésie de la vessie
«^^^ MALADIES m LA MOELLE ÉPI^'IÈRR
el du rectum, des paresthésies et une faculté de localisation défectueuse aux lieux jiimhos et aux plantes des pieds, trouble de la sensibilité dans les cubitaux, douleurs lancinantes dans les jambes, el souffrance lois de la pression exercée suv les 4« et 6" vertèbres dorsales. Truileinent galvanique de la région endolorie avec le pôle positif stable; il eut pour résultat qu'après 4 ou 5 semaines le patient put de nouveau circuler dans la ville pendaiit des heures eiili(''ros sans rien qui l'en empêchât. Deux ans api es, ii la suite d'un refroidissement, rechute avec les mêmes phénomènes ; cette fois encore, le même traitement eut des résultats exactement semblables, mais plus lents; on n'obtint d'ailleurs pas une f,'uérison complète ; il resta une série de manifestations, quoique le patient eut recouvré pleinement sa faculté motrice.
28°Observ. de Drissiti [chez M. Meyer). Tabès dor salis. Trailement d'un point douloureux à la pression. Homme de 1)2 ans; il soutire, depuis six ans, de douleurs lancinantes, d'ataxie progressive survenue à la suite d'un violent refroidissement ; sa marche est très peu assurée ; il ne peut guère se tenir debout. Il tombe quand il a les yeux fermés. Ancsthésie de lu plante des pieds, surtout à droite. La première vertèbre des reins est sensible à la pression. Trailement : application du pôle positif sur cette vertèbre, du pôle négatif allernalivemenlà droileet à gauche sur l'os delahanche. Aprèsla cinquième séance, il ne chancelle presque plus, quand ses yeux sont fermés. L'insensibilité de la plante des pieds a disparu. Le patient fait de longues marches sans canne et sans fatigue. Il se déclare guéri et repart.
29° Obscrv. de Brenner. — Tabès dorsaiis. — Traitement de points douloureux à la colonne vertébrale. 42 ans, fort de la halle. Depuis un an, tabès accentué, auparavant syphilis. Après une diplopie préalable, des douleurs lancinantes, de la lassitude et de l'incertitude des jambes, de la faiblesse de la vessie, etc., survinrent une ataxie manifeste, de l'analgésie., absence des réflexes tendineux elc. Douleur en ceinture très intense, et rien qu'en deux endroits : la ceinture supérieure enlace, avec une largeur égale à celle de la main, la poitrine des deux côtés ; l'inférieure enlace le ventre au-dessus et au-dessous du nombril. U examen galvanique, avec la Ka indique une région très douloureuse correspondant aux 2", 3'^, 4" et vertèbres dorsales et une 2" pareille, à la hauteur de la première jusqu'à la troisième vertèbre lombaire. Après deux semaines de traitement, (avec le pôle positif stable) le point douloureux d'en haut a disparu complètement ainsi que la ceinture de Ja poitrine ; trois semaines plus tard, avec le même traitement, le point douloureux, d'en bas s'est aussi considérablement amélioré. Pour les autres symptômes tabiques du patient, traités également à la périphérie (faradiquemeut, il s'est manifesté une amélioration considérable. (Le malade, que j'ai encore aujourd'hui en observation, ne subit depuis des années, aucun progrès dans sa maladie).
30° Observ. de Mor. Merjer. — Myélopalhie (tabès ?). — Traitement avec le pinceau faradique. Savant âgé de !)4 ans. 11 souffre, depuis bien des années, de faiblesse dans les jambes, périodiquement de maux detôte violents, douleurs sensibles dans le dos et aux extrémités. Les mains et les pieds refusent presque tout service. Tout à coup survint une insensibilité complète des jambes avec des douleurs à la vessie. Le patient ne pouvant plus ni se tenir
FAITS thérapeutiques: observations 333
debout ni marcher sims appui. Ucliancelle beaucoup quand les yeux sont fermés. Douleurs en ceinture ; douleurs vives et lancinantes aux extrémités tant inférieures que supérieures ; elles sont en partie anesthésiées. Incontinance d'urine, pieds froids. Traitement: le pinceau faradique est promené sur les extrémités avec un courant nettement sensible. Après trois séances, soulagement notable. — Après vingt séances, la cure est terminée. Le patient peut de nouveau faire de longues marches et se servir de ses mains pour écrire ; les douleurs sont bien moindre. Le mieux continue les années suivantes.
31° Obse^-v. de Rumpf. — Tabès dorsalis. — Traitement avec le pinceau faradique. — Journalier, âgé de 40 ans. Jamais de syphilis. Il a beaucoup travaillé sur le sable humide. Dans l'espace de 11 ans, durant lesquels il a éprouvé des douleurs lancinantes, il est devenu de plus en plus incapable de marcher ; il s'y joignit une violente affection d'estomac (crise gastrique ?) puis une faiblesse intense des jambes, avec des sensations anormales dans les pieds et dans les mains, douleur en ceinture, faiblesse de la vessie, enfin augmentation des souffrances telle, que le patient ne peut faire que de petites courses à pied, encore est-ce à l'aide d'une canne. Objectivement se manifeste une indubitable ataxie des extrémités inférieures et supérieures, malgré la conservation de la force motrice ; analgésie de toute la surface du corps : diminution de la semibilité au toucher et à la température ; forte sensation de lassitude, douleur en ceinture et faiblesse de la vessie ; absence totale des réflexes tendineux. Le malade ne chancelle pas quand il a les yeux fermés, pas de contraction réflexe des pupilles.
Traitement avec le pinceau faradique : pôle positif sur le sternum; pinceau promené sur le dos, puis sur les extrémités, deux fois, pendant dix minutes environ, tous les deux jours. Après la faradisation, les douleurs ont presque disparu-, la douleur en ceinture est moindre, la sensibilité s'est améliorée. Au bout de quatre semaines, mieux sensible sous tous les rapports : seules la lassitude des jambes durent encore. Alors galvanisation du dos alternant avec l'emploi du pinceau faradique ; cinq semaines plus tard, le patient est renvoyé guéri et capable de travailler. Objectivement, il n'y avait plus rien à constater que l'absence totale des réflexes tendineux et du réflexe de la plante des pieds. Au bout d'un an, la guérison est complète ; les réflexes patellaires font toujours défaut ; mais les réflexes tendineux aux extrémités supérieures et le réflexe plantaire sont revenus.
32° Observation personnelle . — Paralysie spinale spastique. Myélite dorsale chronique (?). — Femme de 30 ans, malade depuis cinq ans, faiblesse des jambes avec sensation de froid et engourdissement ; jamais de douleurs : le mal empire peu à peu. En dernier Heu, faiblesse des bras : depuis six mois, entière impossibilité de se tenir debout et de marcher. Sphincters normaux. — État: les deux extrémités inférieures sont très parésiques, les mouvements lents et peu assurés. Les jambes présentent une certaine rigidité ; lors des mouvements passifs, très vives tensions et contractures musculaires ; exagération des réflexes tendineux (clonus du pied). Sensibilité à peine troublée ; sensation subjective de fourmillement. Objectivement, la sensation de toucher et de douleur, le sens de l'espace est parfaitement normal ; dans quel-
MALADIES DE LA MOELLE ÉI'INIÉRK
ques endroits souli;iiii;iil, la seiihiilioii <Je la tejii))éiature est quelque peu éiiiousséc. Hi'-flexe do la peau un peu exagéré ; vessie normale. — Les extrémités supérieures ne sont pas notablement troublées. État tout à fait nor/nal de la tftle et dos nerfs du cerveau. — Traitement (jalvanique du dos, }' compris le svmpaLlii(jue du cou. Succès tout à fait surprenant. Au l)out de cinq semaines, amélioration déjà très sensible ; jambes plus maniables, plus mobiles ; mouvements isolés plus énergiques et plus prompts ; les tensions des muscles ont pres(jue disparu. La marche est raide et maladroite. Deux mois après, on voit que l'amélioration a continué, bien que lentement. La .sensibilité est tout à fait normale. La molilité est bien meilleure, mais pas encore parfaite. La patiente ressent encore une grande faibles.se, mais elle pe«< marcher seule "par la chambre et gravir seule l'escalier. 11 reste encore de faibles tensions des muscles et le clonus du pied, lîlle est renvoyée.
33° Observatioyi personnelle. — Poliomyélite antérieure subaiguè. — 47 ans, fumiste, éprouve depuis longtemps des sensations de fatigue dans les jambes. Il tomba malade au commencement d'octobre 1878 et eut d'abord des accès de fièvre, avec une sensation de lourdeur et de légè'^es douleurs aux extrémités; le lendemain, grande faiblesse, qui le force de marcher très lentement; le surlendemain, il s'affaissa sur lui-môme, en sortant. Au bout de huit à dix jours, sa faiblesse s'était changée en une paralysie complète des jambes, qui ne dura toutefois qu'environ une semaine ; puis revinrent peu à peu quelques mouvements. Mais bientôt les douleurs devinrent plus vives pour redisparaitre, quand la paralysie fut moins intense; mais poi«i de paresthésies, point de trouble de la sensibilité. — Pas de crampes, vessie normale. — En même temps un peu d'engourdissement dans les mains, et faible douleur dans les bras. — État à la fin de novembi e 1878 : tête et nerfs de la tête complètement libres. Muscles du cou, de la nuque et des épaules à l'état normal. — Extrémitéti supérieures tout à fait normales en ce qui concerne la motilité et la sensibilité ; seulement faible dépression du premier espace intercostal. Des deux côtés, existent des réflexes tendineux. — Muscles du ventre normaux. — Aux extrémités inférieures parésie accentuée de tout la zone crurale, des deux côtés; adducteurs également parésiques comme aussi la région du tibial. Dans la région du péroné seul, pas de parésie évidente. Sensibilité des extrémités inférieures parfaitement normale sous tous les rapports. Réflexes de la peau conservés. Les réflexes des tendons font défaut; seulement, à gauche, trace d'un réflexe patellaire. Les muscles parésiques sont tous plus ou moins atrophiés ; ils sont, à un haut degré, sensibles et endoloris, à la pression ou à la percussion (surtout lazone crurale et les mollets). 1^'examen électrique donne, dans tous, une DR complète ou partielle, comme au.çsi dans la région du péroné, des deux côtés. — Traitement galva nique : 20 éléments, montants ou descendants sur le dos, principalement pardessus le renflement lombaire. De 24 à 26 éléments, Ka labile et revirements du courant dans les nerfs et dans les muscles des jambes. — Déjà, après 6 jours, amélioration considérable. Le patient peut marcher sans canne. Après 10 jours, le patient est sorti de son lit et se promène beaucoup dans la chambre. Il se sent plus fort. Les muscles des jambes sont plus fermes et plus durs, bien moins endoloris loi's d'une pression. Au bout de 4 semaines,
FAITS thérapeutiques: observations 335
amélioralion notable ; mais la réaclion de dégénérescence subsiste encore et les rétlexes des tendons font encore défaut. Pause dans le traitement qui est repris, 4 semaines plus tard. Dans l'intervalle, le mieux fait des progrès et, le 6 février 1879, le patient est renvoyé comme presque guéri. LamoLilité est excellente ; on ne peut plus constater de réaction de dégénérescence que dans la région du péroné. Les réflexes des tendons font encore défaut. La circonférence des jambes s'est accrue considérablement. — Plus tard, guérison complète et possibilité de travailler.
34° Observation personnelle. — Poliomyélite antérieure chronique [forme moyenne. — Mécanicien de chemin de fer, âgé de 36 ans, tombé malade en février 1877. Douleurs au bras gauche, diminution des forces, maigreur croissante. A la fin d'août, manifestations semblables, à l'extrémité inférieure de gauche et aussi de droite, à partir du l.') novembre. Douleurs profondes, faiblesse et amaigrissement croissants. Sphincters normaux. — État à la fin de novembre 1877 : Parésie accentuée des deux jambes ; pas d'ataxie, il ne chancelle pas, les yeux étant fermés. — Sensibilité normale dans toutes les directions. — Muscles très sensibles à la pression. Réflexes de la peau faibles. Réflexes des tendons très vifs. — Muscles du tronc et extrémité supérieure de droite, à Vèi9.i normoiX. Extrémité supéneure gauche, Tparésique et amaigrie. Leur sensibilité est normale. Muscles sensibles à la pression. Réflexes des tendons vifs. Cerveau et nerfs du cerveau, colonne vertébrale, vessie, etc., à l'état normal. Atrophie visible des deux jambes ; pas de contractions fibrillaires. — L'examen électrique donne très nettement la réaction partielle de dégénérescence, surtout dans les jambes et dans la i-égion l'adiale de l'extrémité supérieure de gauche. Traitement: courants galvaniques stables seulement sur le dos. — Au bout de 3 séances, amélioration notable; cessation des douleurs, retour du sentiment de la force, les muscles cessent de s'atrophier. L'amélioration augmente de plus en plus, la faiblesse disparaît, la réaction de dégénérescence s'efl'ace de plus en plus, les muscles deviennent plus élastiques et leurs mouvements plus étendus, et, à la fin de mars 1878, on peut regarder le patient comme à peu près guéri.
3o" Obscrvaiiou •personnelle. — Atrophie musculaire progressive (forme typique). — Brasseur, âgé de 26 ans, libre de toute alfection héréditaire, remarque, depuis l'hiver de 1872 à 1873, une légère faiblesse dans la main «Iroite, jointe à un fourmillement et à des secousses passagères dans les petits muscles de la main. Il éprouve aussi à l'épaule droite, une légère faiblesse fonctionnelle : peu à peu s'aifaissent les espaces interosseux de la main 'Iroite (particulièrement dans le premier espace interosseux) ; cette affection progresse lentement. Depuis 18 mois, cette atrophie s'est aussi manifestée à la main gauche : faiblesse, contractions fibrillaires et dépression des espaces interosseux. — Récemment aussi, dans les jambes, une certaine faiblesse, surtout à droite. A part cela, santé complète, aucune cause ne peut être invoquée ; pas de syphilis. — État au 1" mai 1879 : adroite, main légèrement en grifl'es ; espaces interosseux profondément déprimés, atrophie de l'hypothénar, bien moins, du thénar, ~ Mouvements des doigts défectueux et maladroits; cependant les interosseux ne sont pas tout à fait paralysés. Avant-bras droit très maigre, dans son tiers inférieur. 11 montre de nom-
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breiises conlraclioiis fibrillaires, surLoiil dans les extenseurs. Muscles du haut du bras, un peu faibles ; ils présenlenL d'abondantes coininolions fibrillaires, surtout dans le biceps. Le deltoïde est encore tout à fait normal. L'extrémité su])érieurc de gaucbe montre absolument les mAmes troubles, mais dans de moindres projiortioiis. Le dyiiainomf;tre, à droite, i'-i" ; à gaucbe, 19°. — Sensibilité tout à fait normale. On n'aperçoit, aux jambes, rien d'anormal. Mais, sur le dos, atropbie de certaines parties musculaires (trapèze, saci'o-lombaire). Pour le reste, tout est normal. L'examen électrique donne, dans les muscles de la main fort alropbiés, la réaction partielle de dégénérescence nettement accusée.
Traitement galvanique : galvanisation du sympaLliique ; puis le pôle positif stable sur le renflement cervical et lombaiie, puis ensuite le pôle négatif stable. — Après, le pôle positif sur la nuque, le pôle labile à travers les nerfs et les muscles des extrémités supérieures, particulièrement sur l'avant-bras et la main. — Au i'6 mai, dynam., à droite, 14° ; à gaucbe, t9° Au 7 juin (après 26 séances), on a constaté un mieux sensible : dynam., à droite, 19°; à gauche, 33°. Les bras sont devenus visiblement plus forts. Le patient peut aussi se servir de ses mains mieux qu'auparavant ; il les meut avec plus de dextérité et de vigueur. Les paresthésies des bras ont disparu. Le patient est renvoyé dans son pays, pour y être traité ultérieurement.
Ce serait chose facile que d'augmenter considérablement la liste de ces observations ; mais on pourra se contenter de celles-ci. Dans le choix de ces exemples, il s'agirait surtout pour moi de trouver des cas où l'électricité avait indubitablement eu une action prompte et efficace et oii elle avait été employée soit exclusivement soit à peu près seule. Il serait très difficile d'entasser les cas où l'électricité ne déploie son influence salutaire qu'après un emploi prolongé ou réitéré, ou peutêtre en alternant avec d'autres méthodes curatives, particulièrement dans les maladies graves et chroniques de la moelle épinière, dans le tabès, la myélite chronique, la paralysie spinale spastique, la paralysie spinale des enfants, etc. ainsi que dans les cas de névrosthénie prolongés et opiniâtres. Mais on n'a pas grand profit à utiliser ces cas comme arguments ; ils ne sont d'ailleurs guère plus instructifs que les autres. Ils ne peuvent que servir de piédestal pour ce qu'il nous reste à dire sur les formes distinctes de maladies.
Naturellement, ici encore, il faut avouer que l'électrothérapie des maladies de la moelle épinière peut aussi compter un nombre extraordinaire d'insuccès, bien plus grand que celui des succès, et bien plus que cela ne serait à désirer pour l'intérêt des malades. En fin de compte, c'est un résultat inévitable, vu la nature des affections qu'il s'agit de traiter; mais ce n'est pas une raison pour nous faire renoncer aux études thérapeutiques.
Les observations, mentionnées plus haut et la somme de toutes les
FORMES d'affections Sl'INALES A TRAITER PAR L'ÉLECTRICITÉ 337
expériences acquises jusqu'ici relativement à celle queslion, nous apprennent f«<'Mne action thérapeuiique salutaire des courants électriques appliqués de difïerenles manières), est non seulement possible, mais encore efficace (les preuves en sont irrécusables) ;90Mr toute une séiie de maladies spinales et c'est là déjà un résultat important, opposé aux insuccès désespérants de l'ancienne thérapeutique dans un grand nombre de ces maladies.
Elles nous apprennent en outre que ce résultat favorable peut se manifester tout d'abord dans les simples troubles de fonction de la moelle épinière (telles que névrosthénie, irritation spinale, commotion de la moelle épinière, peut-être aussi dans la paralysie ascendante aiguë, etc.). Ici l'on peut bien, absolument comme dans le cerveau, penser d'abord à l'action excitante et modifiante des courants électriques; mais peut-être que leurs effets vaso-moteurs et catalytiques jouent un rôle encore plus important, en ce qu'ils aident à faire disparaître les troubles probables et plus délicats de la nutrition.
De même dans les tj'oubles de circulation (hypérémies, anémies, transsudation exagérée de la moelle épinière, pour lesquelles il est tout au moins probable qu'ici comme pour le cerveau, des influences directes ou indirectes, spécialement des actions réflexes, partant de la peau, peuvent déterminer un résultat favorable ; il en est de même pour les suites d'hémorragies ou de ramollissement de la moelle épinière, où l'on peut utiliser les actions vaso-motrices et catalytiques du courant.
On peut aussi compter sur elles dans tous les troubles saisissables de la nutrition et dans les modifications anatomiques plus palpables (comme dans les états de méningite et de myélite aiguë, dans les formes chroniques de ces inflammations, dans lamyélite par compression, dans la sclérose, la dégénérescence grise, l'atrophie, etc.), et ici nous devons naturellement recourir de nouveau, en première ligne, aux actions catalytiques déjà souvent mentionnées, que nous avons vu tant de fois employées sur des parties extérieures. Les influences du courant électrique sur la circulation, l'échange moléculaire, la nutrition, la circulation delà lymphe, l'excitation de centres et dévoies Irophiques, peuvent certainement rendre ici de grands services, ce que toutefois il n'est pas toujours possible de prévoir avec certitude.
Il est vrai que nous devons aussi nous dire (et les trop nombreux insuccès du traitement électrique ne nous apprennent cela que d'une manière trop frappante, qu'il existe toute une série de formes et de cas de maladies dans lesquels nous n'avons rien à espérer de Félectrolbérapie (pas plus que d'autres médicaments!) comme par exemple dans toutes les modifications invétérées, chroniques, déjà fort avancés, inflammatoires et dégénératives, les contusions et hémorragies graves et dans Erb. — Élcctrolhérapie. 22
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leurs conséquences, dans les néoplasnnes, les formations de cavités, etc.
Pour atteindre ces dill'érents buts thérapeutiques, il existe maintes voies cl métliodos. Nous pouvons traiter la moelle épinière direclemenl ou par voie iniUrccle, on partant de diflérontes voies nerveuses vasomotrices (et tropliiques) ou d'une façon réflexe en partant de la peau, absolument comme le cerveau.
Pour le Irailemenl direcl de. la moelle épinière, il faut employer en première ligne et presque exclusivement le courant galvanique ; il est vrai que, dans la plupart des cas, il s'agit d'actions vaso-motrices et calalyliques, dans lesquelles le courant galvanique est incontestablement bien supérieur au courant faradique, sans compter qu'il pénètre plus aisément à la profondeur nécessaire que le courant faradique. Il est de fait d'ailleurs que le courant faradique joue, depuis longtemps, un rôle bien secondaire, dans le traitement des affections chroniques de la moelle épinière et il faudra de nouvelles expériences pour démontrer que l'emploi du courant faradique, récemment préconisé par Lowenfeld, a aussi sa raison d'être dans le traitement direct de la moelle épinière, surtout dans ses troubles fonctionnels.
Pour la plupart des actions de courants qui viennent en cause, et spécialement pour les actions catalytiques et vaso-motrices, mais non moins pour les actions excitantes et modifiantes, la première et indispensable condition est certes de faire agir le courant avec une force, une densité et une durée suffisante, sur la partie malade, c'est à ce point de vue surtout qu'il faut choisir et appliquer la méthode.
On ne sait point encore jusqu'à quel point les actions polai7'es isolées doivent avoir de l'influence sur le mode d'application. Pour les actions catalytiques, les deux pôles sont plus ou moins équivalents, et ne différent que peut-être quantitativement. Il en est de même des actions vaso-motrices. Par contre, pour les effets excitants et surtout modifiants, le choix d'un pôle ou de l'autre (pour la partie malade), n'est pas chose indifl'érente ; ce choix doit se faire d'après les principes généraux, mais a besoin d'être contrôlé par l'expérience thérapeutique dans chaque cas isolé.
Nous ne savons pas d'une façon plus précise si telle ou telle direclioyi de courant, joue un rôle dans le traitement de la moelle épinière. Pour l'action catalytique, ce rôle est très vraisemblablement tout à fait indifférent, il en est de même pour l'action vasn-motrice. Pour les actions excitantes et modifiantes, le choix d'un pôle plutôt que de l'autre est certainement la condition principale du succès, la direction du courant n'étant qu'une cause secondaire. Toutefois, en fin de compte, ce n'est peut-être pas chose indifl"érenle que de savoir quelle position relative les deux pôles doivent avoir sur la moelle épinière, quelles parties de celle-ci doivent être mises sous l'action du pôle négatif ou du .
pôle positif et, à ce point de vue, telle ou telle direction du courant peut avoir de l'importance. Finalement l'expérience thérapeutique peut seule vider la question et bien que nous soyons encore loin de ce résultat, la plupart des thérapeutes penchent à croire que, pour le traitement de formes morbides déterminées, il faut donner la préférence à telle ou telle direction du courant. Pour ma part, je préfère, dans les états de faiblesse de la moelle, dans les processus de dégénérescence chroniques, etc., la direction ascendante du courant ; je n'emploie la descendante que dans les états plus irritatifs : mais bien des des fois, pour produire une action aussi intensive que possible sur la moelle épinière, il faut utiliser les deux directions Tune après l'autre.
Si l'on tient compte de ces principes, on trouvera d'emblée la méthode d'application requise par tel ou tel cas ; une irrigation aussi complète et aussi intense que possible de la moelle est l'essentiel. A cet efTet, vu la profondeur de l'organe, il faut des courants assez énergiques ; choisissez donc de grandes électrodes et éloignez-les le plus possible l'une de l'autre, afin que le courant pénètre jusqu'au fond, (voir les explications données, 4" leçon, p. 36). Il ne faut absolument pas employer de petites électrodes ; évitez aussi de les poser trop près l'une de l'autre (par exemple aux deux côtés des prolongements épineux, à la même hauteur, comme font beaucoup de médecins)*. On galvanise ainsi les muscles du dos et les épines vertébrales, mais non lamoelle épinière. Je prends ordinairement mes grandes électrodes et, pour des personnes obèses, mes toutes grandes. Que l'application se fasse, autant que possible, avec toute la surface. Si les prolongements épineux font de fortes saillies, il faudra pousser les plaques un peu de côté, puis les disposer le mieux possible, l'une à gauche, l'autre à droite desdits prolongements. Seeligmiiller, ayant à traiter des personnes très maigres, s'est efforcé de remédier à cet inconvénient, quelquefois fâcheux, en construisant une électrode spéciale, formée de deux tiges métalliques, parallèles, rondes et revêtues d'éponge. On l'applique de telle façon que les tiges reçoivent entre elles les prolongements épineux et saillants. Mais vous pouvez toujours vous tirer d'affaire môme sans cette électrode.
En vertu de principes connus, il importé naturellement de placer la partie malade, aussi directement que possible, sous l'action des pôles et de la mettre en contact avec eux dans toute son étendue. Suivant la nature du cas, vous choisirez tel ou tel pôle. Dans la plupart des cas surtout quand il s'agira d'obtenir des effets calalyliques, vous ferez bien de laisser agir sur la partie malade, successivement, les deux pôles.
Lamélhode plus spéciale de l'application se règle naturellement sur les conditions anatomiques du cas isolé et ici il est permis d'établir une distinction entre les aflections longitudinales de la moelle épinière
(les dégénérescence resliformes), et les affer.lions circonscrites (les foyers de nnaladie de très l'aible étendue, la myélite transverse, la paralysie spinale des enfants, l'apoplexie spinale, etc.).
On recommande, pour les affeclions circonscrites en foyer, de recouvrir la partie malade entih^ement aoecl'un desdeux pôles ot d'appliquer l'autre pôle sur la surface antérieure du tronc, juste en face, de telle façon que le foyer de maladie, tombe dans le domaine de la ligne droite que relie les deux électrodes ; c'est ainsi que l'on obtient son irrigation avec le plus de certitude. Comme ces foyers morbides se trouvent le plus souvent dans les renflements de la moelle épinière, vous devrez tenir compte, dans l'application des électrodes, surtout de la position relative de ces renflements par rapport aux segments de la' colonne vertébrale (voir page 272). Suivant l'indication ou votre volonté, vous choisirez pour l'application sur le dos tel ou tel pôle ; vous pourrez même les faire agir successivement de cette manière.
Si vous pensez qu'un pareil courant purement transversal ne soit pas suffisamment actif, vous pourrez toujours laisser l'un des deux pôles an-dessus du foyer morbide et placer l'autre sur la colonne vertébrale par-dessus ou par-dessous, à la plus grande distance possible'. Vous pourrez aussi dans certaines circonstances, intercaler le foyer morbide entre les deux électrodes, pas trop éloignées l'une de l'autre, sur le dos. J'ai souvent fait cette dernière opération, dans une myélite de compression avec cyphose forte et angulaire, en plaçant un pôle au-dessus et l'autre au-dessous de la cyphose et en amenant aussi le foyer morbide presque immédiatement dans le domaine des traînées de courant les plus denses.
Dans les maladies longitudinales (tabès, sclérose des voies pyramidales, sclérose multiple, dégénérescences' secondaires, etc.) vous ferez bien d'appliquer les deux pôles sur le dos, l'un sur la région de la nuque, l'autre sur celle des reins. C'est ordinairement une action stable que l'on désire, mais il faut alors naturellement qu'elle ait lieu oyec un échange successif des points d'application, pour amener autant que possible, toute l'étendue de la partie malade sous l'influence des traînées de courant les plus denses. Vous fixerez ainsi, par exemple, le pôle inférieur et vous ferez passer peu à peu le pôle supérieur sur toute la longueur de la moelle épinière, en descendant (opération à laquelle suffisent, le plus souvent, trois ou quatre étapes). Vous en ferez ensuite autant avec le pôle inférieur, en montant et en fixant le pôle supérieur. Mais vous pourrez aussi obtenir une action tout à fait semblable en fixant l'un des pôles sur la surface antérieure du tronc (sternum, épigastre) et en agissant stablement avec l'autre, successivement sur toute la longueur de la colonne vertébrale ; on pourrait effectuer cela éventuellement avec les deux pôles, l'un après l'autre.