II. — Mer
La mer occupe plus des deux tiers de la surface du globe ; dans l'hémisphère boréal, elle est à la terre comme 1000 à 419, et dans l'émisphère austral comme 1000 à 129 ; ses profondeurs constatées varient entre 30C0 et 10 000 mètres. La profondeur moyenne de l'Atlantique est d'environ 4000 à 5000 mètres. Limpide et légèrement verdâtre près des rivages et sur les basfonds, elle prend un aspect bleu noir là où elle offre le plus de profondeur; elle n'a point d'odeur ; celle que l'on perçoit sur les rivages provient des varechs. L'eau de mer a une saveur à la fois salée, amère et nauséeuse; sa pesanteur moyenne, plus forte que celle de l'eau douce, est, d'après Gay-Lussac, de 1,0286 ; selon de Humboldt, sa densité augmente depuis les côtes de la Galicie jusqu'aux îles Canaries, puis elle diminue du 22e au 18e degré de latitude ; l'évaporation augmentant avec la température, on admet généralement que la pesanteur spécifique de la mer va croissant du pôle à, l'équateur. Voici, d'après Marcé, les chiffres qui en expriment les variations :
Mer Glaciale .
Mer Baltique, Mer Blanche Mer Noire. . ,
Mer de Marmara Mer Jaune.
Méditerrannée.. .
Neumann a établi que la plus forte densité de l'eau douce correspondant à -]- 4° cent., l'eau de mer n'atteint son maximum de poids qu'à moins de 2 degrés au-dessous du point de glace. A l'embouchure des fleuves, l'eau douce, plus égère, surnage et la salure de la mer se prononce moins. Les eaux de la mer s'échauffent moins à leur surface que le sol, parce que les rayons solaires qui la frappent avant cle s'éteindre entièrement, pénètrent à une plus grande profondeur. L'eau possède un pouvoir rayonnant très-considérable, et la surface
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de la mer se refroidirait à la fois par rayonnement et par évaporation, si, en raison de leurs molécules, les couches d'eau ne tendaient sans cesse à se diriger vers le fond de la mer, à mesure que leur densité augmente par le refroidissement. La température de l'eau de mer est plus élevée que celle de l'eau ordinaire; elle varie suivant ses latitudes; et là où il n'existe ni courant ni bas-fonds, elle indique à peu près la température moyenne de la latitude où l'on se trouve. L'océan équinoxial atteint très-rarement le maximum de 28 degrés, on ne l'a pas vu jusqu'ici au-desus de 36°, 6. Dans de larges bandes de la zone équinoxiale, la surface de la mer perd une partie de sa température à cause des courants qui amènent de l'eau froide de latitudes plus élevées : cette perte est telle que dans l'océan Atlantique, à l'ouest et au sud-ouest des côtes de Guinée, l'eau de la surface s'abaisse jusqu'à 20°, 6 et 22 degrés, et le long des côtes péruviennes, jusqu'à 15°, 4, et 19 (Humboldt). Sur les basfonds, la mer est plus froide qu'au large. La température de la mer, prise à la surface, est plus faible à midi que celle de l'atmosphère observée à l'ombre; elle est plus élevée après midi : le matin et le soir, l'une et l'autre sont à peu près égales (Davy). Vers le 50e degré de latitude, les eaux de la mer se congèlent près des rivages ; vers le G0e, la glace se présente au large, de plus en plus abondante ; enfin les glaces fixes apparaissent vers le 80e. La température de l'Océan décroît de la surface au fond : des sondages thermométriques ont signalé, à 3000 et à 4000 mètres de profondeur, des températures voisines de 2 degrés centigr. pour des points équatoriaux où les eaux superficielles marquaient 26 et 27 degrés au thermomètre. A bord de la Bonite, à une profondeur de 1600 brasses, la température de l'air étant de -j- 26°, le thermométrographe rapporta un minimum de -f- 6°, 7 (1). Les expériences faites à bord de la Zélée et de Y Astrolabe ont établi que jusqu'à une petite profondeur, la température de la mer augmente, mais qu'au delà, elle baisse, sans que cette décroissance soit en rapport régulier avec le degré de profondeur. Dans l'une de ces séries d'explorations, la mer, donnant -j- 19°, 5 à sa surface, a révélé par les sondes :
A 53 brasses 20»,6 A 153 brasses 15o,5
James Ross, l'un des premiers, a constaté la loi de décroissance de la température dans le sens vertical de la mer; d'après lui, les couches liquides des mers équatoriales se refroidissent graduellement jusqu'à 2200 mètres, profondeur qui marque seulement 4 degrés centigrades.
Nous donnons ici l'analyse des eaux delà Méditerranée par Usiglio (2), et celle des eaux de l'Océan par Fauré. Le premier a trouvé, pour un litre d'eau de mer de la Méditerranée (à 3500 mètres de la côte de Cette et à un mètre de profondeur) :
(1) Fonssagrives, Hygiène navale, 2e édition, Paris, 1877, p. 474.
(2) Usiglio, Annales de physique et de chimie \f septembre 1849, p. 107,
DES MODIFICATEURS. - CÏBCUMFTJSA.
[hygiène
Gram .
Oxyde ferrique « • • 0,003
Carbonate calcique. .. 0,118
Sulfate calcique 1,392
Sulfate magnésique 2,541
Chlorure magnésique 3,3()2
Chlorure potassique 0,518
Bromure sodique 0,570
( 'hlorure sodique 30, 1 82
Eau..., 987,175
Poids total du litre 1025,800
Les analyses des eaux de l'Océan, faites par Fauré (1) ont donné :