‹ Traité d'hygiène publique et privée [electronic resource]Chapitre 67 sur 149 · TERRAINS DE TRANSITION · texte numérisé non relu

TERRAINS DE TRANSITION

Ce groupe est caractérisé par la grande abondance des cryptogames vasculaires, et par l'absence presque complète des plantes dicotylédones; les animaux vertébrés n'y sont représentés que par 1 quelques emprein- \ tes tie puj.foBu.iib,

Système des ballons (Vosges) et des collines du bocage de la Normandie. — Direction E. 15° S. à 0. 15o N.

Terrain ! Vieux grès rouge des Anglais (sys- | de ) tème devonien).

1 transition ) Anthracite de la Sarthe et des envisupérieur, l rons d'Angers. !

\ . „ . / Calcaire des environs de Brest, callerram 1 caire de Dudley.

... 1 Schistes i ardoises d'Angers), transition ) Grèg quartzite) Caradoc sandstone des moyen. ^ Anglais (système silurien).

Système du Westmoreland et du Hundsruck. —

Direction E. 25° N. à 0. 25° S.

Terrain

de

transition inférieur.

) Calcaire compacte esquilleux. ' ; Schiste argileux (.système cambrien). j

Terrains granitiques.

(Granit formant la base principale de la croûte du j globe.

On a intercalé dans ce tableau les noms de chaque système de montagnes qui s'est soulevé à l'époque correspondante, et a mis fin à la formation qui l'a précédé. C'est ce système qui a imposé à chaque formation la direction qu'elle présente. Un exemple suffira pour donner la clef de ce tableau. Entre les formations crétacées et les terrains tertiaires, on a écrit : Système de la chaîne des Pyrénées et de celle des Apennins, direction E. 18° S. à 0. 18° N. Il résulte de ce que nous avons dit ci-dessus, que le soulèvement de la chaîne des Pyrénées a eu lieu après le dépôt des formations crétacées et avant le dépôt des terrains tertiaires. En effet, ces derniers terrains s'étendent en couches horizontales au pied des Pyrénées, tandis que les formations crétacées qui y existent ont été fortement redressées sur leurs pentes. En outre, la direction de ces redressements, précisément la même que la direction générale de cette chaîne de montagnes,. est Orientée de l'E. 18° S, à l'O, 18° N,

frivëe] DU SOL. - STRUCTURE ET COMPOSITION DU SOL. Ui

C'est un fait remarquable que l'affinité des végétaux pour les divers terrains ; quoique les animaux et l'homme aient des relations moins intimes et moins stables avec le sol, la nature de sa composition ne peut manquer d'agir èn quelque chose sur leurs manifestations vitales. Les terrains détritiques et diluviens nourrissent dans leur tourbe fangeuse une végétation particulière, dans laquelle on remarque les Salix, Ledum, Scirpus, Eriophorum, Acra, Tamarix, etc. Un fond crayeux se décèle par les résédas, les giroflées, les campanules, les scabiées, etc. Suivant l'observation de de Candolle, les terres argileuses sont, après les rochers, celles qui se montrent les plus réfractaires à la végétation ; leur compacité s'oppose à l'action de l'oxygène atmosphérique; le sable est également contraire aux plantes par sa mobilité et la sécheresse qu'il acquiert sous un ciel ardent : telle est en grande partie la structure du delta d'Afrique, mélange d'argile et de sable que dessèchent un soleil implacable et les vents du désert. Sur les dunes formées par les alluvions sablonneuses, végètent les Car ex, les Lymus, le Triglochin, etc. Les terrains pierreux se couvrent de Sedum, à'Asclepîas, de cymbalaires, de clinopodes, etc.

C'est l'humus, constitué par un détritus de matières organiques et minérales, et en partie assimilables, qui sert à la nutrition des végétaux; sous cette couche existent les éléments minéralogiques du sol provenant de la décomposition des roches : certains sols se sont formés aux dépens des roches ignées, du granit, du micachiste, de la siénite, etc.; d'autres l'ont été aux dépens des terrains de sédiment. Les roches primitives, en se décomposant sous l'atteinte des actions météoriques, fournissent des galets, du sable, de l'argile, etc. L'eau qui s'infiltre dans les fissures de ces roches se dilate en se congelant, et finit par rupturer violemment les masses, dont les débris, entraînés par les cours d'eau, produisent sur leurs bords et à leurs embouchures, des atterrissements dont s'empare la végétation. L'intervention des agents météoriques suffit pour décomposer le feldspath, le mica, l'amphibole, le protoxyde de fer, principes constituants de ces roches; les deux premières de ces substances, devenues terreuses, friables, se convertissent en une espèce d'argile appelée kaolin ; l'amphibole et le pyroxène subissent une altération analogue par la suroxydation du fer; moins dures, les masses calcaires cèdent plus facilement aux actions mécaniques et se dissolvent dans les eaux chargées d'acide carbonique. La ségrégation et la décomposition de ces matières fournissent des dépôts de cailloux, de sable et d'argile où se montrent d'abord des plantes qui vivent plus de l'atmosphère que du sol, cactus, mimosas, lichens, mousses, fougères, etc. L'accumulation de leur détritus annuel crée un terrain chargé d'acide humique propre à la culture. Les terrains de cette origine ont pour principes constituants, outre les matières organiques, de la silice, de l'alumine, de la chaux, de la magnésie, de la potasse et de la soude, des oxydes de fer et de maganèse, de l'eau, etc. (1). Les terres de culture sont assez meubles

(1) Boussingault, Économie rurale considérée dans ses rapports avec \a chimie, la physique, la météorologie, t. lf

142 DES MODIFICATEURS. - CIRCUMFUSÀ. [hygiène

pour que l'eau s'y infiltre sans y séjourner, pour que l'air y circule sans les dessécher, pour que les racines puissent s'y plonger et s'y ramifier : cette qualité dépend des proportions de sable et d'argile. Les phosphates et les sels ferreux sont nécessaires pourla production de la fibrine et de la caséine végétales : on a doublé en Angleterre la fertilité des champs destinés à certaines cultures (froment) en y semant des débris d'ossements, ou des engrais phosphatés minéraux.

Les terres arables et susceptibles de produire une végétation peuvent se diviser comme il suit :

1° Sols argileux.

2° Sols sableux.

Sols d'argile pure.

Argilo-ferrugineux.

A rgilo- calcaire.

Argilo-sableux, Sable pur.

Sablo-argileux.

Quartzeux, graveleux et granitiques.

Volcaniques.

Sablo-argilo-ferrugineux.

Sablo-humifères (terre de bruyère).

Calcaires.

3o Sols calcaires } J?aJeUX*

Tuffeux.

Marneux.

4° Sols magnésiens.

Kn ci i ' -P* ( Tourbeux.

o° Sols humiferes

Marécageux.

Dans le sol on distingue deux parties, l'une active, contenant du terreau et perméable aux influences atmosphériques ; l'autre inerte, sans terreau, non modifiée par l'action de l'atmosphère, et qui échappe à celle du labour. Le sous-sol sur lequel repose la terre végétale agit particulièrement sur la végétation par son degré de perméabilité. Dans les montagnes, le sous-sol présente souvent la même constitution minérale que le sol ; dans les plaines et sur les plateaux étendus, cette analogie de composition n'est plus aussi constante. C'est à la faveur des différences et même des oppositions de propriétés entre les couches superposées et le sous-sol, que celui-ci peut agir utilement sur celles-là par l'adjonction de quelques éléments : des labours profonds, exécutés avec prudence (1), augmentent à ses dépens l'épaisseur des couches arables, à moins que celles-ci ne recouvrent des roches d'une grande cohésion, comme le granit, le porphyre, le micaschiste.

On appelle terres fortes celles qui sont tenaces, peu perméables, lentes à sécher, c'est-à-dire les terres où l'argile domine : un sol est dit argileux quand il contient 40 pour 100 de sable. Les terres légères contiennent beaucoup de sable; la végétation s'y développe rapidement; l'engrais leur profite moins parce qu'il s'y dissout et s'y dissipe facilement par les eaux pluviales ; ces terres se dessèchent vite. A 75 de sable sur 100 parties de terre, celle-ci est encore

(1) Boussingault, op. çit\ 2e édition, 1851, t, I.

psivéeJ DU SOL. - CONFIGURATION DU SOL. 443

propre à la culture de l'avoine : quand la proportion de sable monte à 90 pour 100, la sécheresse lui ôte toute cohésion, et dans nos climats il devient très-difficile de l'utiliser. La science agricole a réussi toutefois à fixer un sol mouvant en le couvrant de plantations productives. Des forets de pins et de genêts couvrent aujourd'hui, dans le bassin d'Arcachon,les dunes formées aux dépens des sables rejetés par l'Océan. Les sables mouvants, siliceux ou calcaires qui couvrent de grandes étendues dans l'intérieur des continents, peuvent eux-mêmes être rendus à la culture au moyen d'irrigations, et au milieu des déserts arides, comme dans le Sahara algérien, quelques filets d'eau, qui jaillissent du sol, suffisent pour créer ces oasis où la végétation se développe avec force, et qui nourrissent des tribus entières.

Au demeurant, le règne végétal d'une contrée est déterminé par la composition du sol arable et par les conditions climatériques ; la première dépend 1° delà nature géologique et minéralogique du sous-sol, désagrégé à la longue par les agents atmosphériques, 2° de la disposition topographique des lieux qui permet l'action plus ou moins complète de ces agents et la rend plus ou moins permanente; 3° du degré d'intensité de ces agents dont l'ensemble constitue le climat proprement dit. Celui-ci est à son tour influencé : 1° par la latitude et l'altitude; 2° par la direction des vents régnants; 3° par le voisinage des mers etdesmontagnes, les premières uniformisant la température par l'effet de la mobilité même de leurs éléments, les dernières provoquant des condensations fréquentes de vapeur dans les vents marins qui viennent frapper leurs massifs refroidissants.

Ainsi, constitution géologique, topographie, conditions climatériques mêlent leurs influences et déterminent, par leurs résultantes, la physionomie naturelle d'une contrée sur laquelle il n'est guère donné à l'homme d'agir que par le dessèchement des marais (voy. Marais), l'assèchement du sol (Drainage), le déboisement ou le reboisement et le colmatage.

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