‹ Traité d'hygiène publique et privée [electronic resource]Chapitre 76 sur 149 · DES CLIMATS · texte numérisé non relu

DES CLIMATS

Le mot climat (ùi^a, région, xli^l, degré) désignait autrefois et désigne encore dans le langage de quelques hygiénistes (2), une bande de terre comprise entre deux cercles parallèles à l'équateur. Les anciens géographes avaient partagé l'espace de l'équateur au pôle en trente climats, dits astronomiques ou mathématiques, dont vingt-quatre entre l'équateur et le cercle polaire, et six de ce cercle au pôle; ils les avaient calculés d'après la longueur des jours comparée à celle des nuits, au solstice d'été ; de là le nom de climats de demi-heure donné aux climats renfermés entre l'équateur et le cercle polaire, parce qu'au solstice d'été le jour se prolonge, pour chacun d'eux, d'une demiheure de plus; et le nom de climats de mois, imposé aux climats situés entre

(1) Grange, Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXIX, p. 695, séance du 10 décembre 1849.

(2) Tourtelle, Traité d'hygiène, avec notes de Briclieteau, 1838, p. 188. — Alph. Guérard, Dictionnaire de médecine en 30 vol., 2e éclit., t. VIII, p. 117, art. Climat.

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le cercle polaire et le pôle, et dans chacun desquels le jour augmente d'un mois. Les géographes modernes partagent l'intervalle de l'équateur au pôle en 90 degrés, ce qui représente le quart de la circonférence du cercle. La division moderne, en multipliant les parallèles, augmente aussi, pour ceux qui l'ont appliquée à l'hygiène, le nombre des climats. Mais les influences dont l'ensemble caractérise un climat ne se distribuent point entre les diverses régions du globe avec autant de régularité, et ne se prêtent point à une classification mathématique. Les phénomènes météorologiques ni les conditions du sol ne sont identiques dans toutes les contrées placées sur le même parallèle; en ne consultant que la latitude, on s'expose à embrasser dans un même système de climats des régions qui diffèrent complètement par leurs éléments et par l'action qu'elles exercent sur les êtres organisés. Or le mot climat emporte l'idée d'uniformité, ou au moins de similitude de conditions; clans son acception la plus naturelle, il représente une étendue plus ou moins vaste du globe qui offre sur tous ces points les mêmes conditions d'existence à l'homme. Il s'ensuit qu'il est impossible de déterminer les climats par des lignes purement graphiques.

Humboldt, en 1817, a substitué, à la considération pour ainsi dire brute des parallèles, un tracé de lignes qui circonscrivent les contrées auxquelles est départie, par saisons et par année, une égale quantité de chaleur. Si la distribution du calorique solaire ne rencontrait aucune cause perturbatrice à la surface du globe, ni dans l'atmosphère qui l'enveloppe, les lignes d'égale température moyenne par année (isothermes), par été (isothëres), et par hiver (isochimènes), se confondraient avec les latitudes géographiques, c'est-à-dire que de l'équateur aux pôles en observerait un décroissement régulier et graduel de la chaleur; mais en raison d'un grand nombre de circonstances que nous avons mentionnées en parlant des eaux et du sol, les courbes isothermes subissent des inflexions plus ou moins considérables, et ne conservent leur parallélisme que dans la proximité de la zone torride. Pour déterminer leur direction, Humboldt a été conduit à analyser toutes les causes atmosphériques, géologiques, naturelles et accidentelles qui influent sur l'état thermique des lieux; ses recherches en ont suscité d'autres, et l'on connaît aujourd'hui numériquement les véritables rapports de la répartition de la chaleur à la surface du globe, rapports exprimés sur la sphère par les inflexions des lignes isothermes; par là des résultats d'un grand intérêt ont été mis au jour. La marche des lignes isothermes à travers les deux continents montre que les climats de l'Europe jouissent d'une température moyenne plus forte que ceux de l'Asie centrale et de l'Amérique ; que l'hémisphère boréal reçoit plus de chaleur que l'hémisphère austral : la différence se manifeste dès le vingtième parallèle, et va croissant jusqu'à proximité du cercle polaire; entre zéro et 60 degrés de latitude, elle n'est pas moindre de 9 degrés centigrades. Dans le même hémisphère" et sous la même latitude, la chaleur annuelle diminue rapidement de l'ouest à l'est, dans l'intérieur des terres, tandis qu'elle suit

une progression inverse de l'est à l'ouest vers les côtes. Il existe donc, entre les deux continents et dans le même hémisphère, entre les climats de l'est et ceux de l'ouest, une opposition qui résulte de l'influence contraire des masses continentales, et des masses liquides et diaphanes. Cette opposition se prononce encore davantage dans le partage de la chaleur entre les saisons : ainsi, à latitude égale, l'Amérique a des étés plus ardents, des hivers plus rigoureux, des saisons intermédiaires plus variables que l'Asie et l'Europe; même contraste pour chaque continent, entre les régions de l'est et celles de l'ouest. Les lignes isochimènes, prolongées de l'est à l'ouest, en Europe et en Asie, peuvent traverser les pays dont la latitude diffère de 9 à 10 degrés, et plus; les lignes isothères rapprochent des contrées que séparent 11 degrés de latitude, etc.

Le système des isothermes conduit à distinguer sept espèces de climats :

1. Climat brûlant dans la zone torride, de 27°, 5 à 25° de température moyenne.

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