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fermetures hermétiques et de la, quantité d'eau nécessaire pour emporter les vidanges; de perdre par la même voie souterraine les eaux des cours, écuries, cuisines et toitures ; d'assurer aux habitants de la maison un approvisionnement suffisant de belle et bonne eau au moyen d'une citerne et d'un appareil convenable; enfin de faire vider et combler ensuite avec des remblais de bonne qualité les fosses actuellement existantes. Ainsi le système de latrines anglaises se lie à une circulation d'eau dans la maison par deux robinets au moins, l'un dans la cuisine et l'autre dans le water-closet; souvent il y en a un troisième dans le cabinet de toilette avec baignoire. Le drainage ou la perte des eaux qui ont été employées, est la conséquence forcée de cette installation. Toute habitation pourvue d'eau est une habitation drainée; le courant d'eaux pures nécessite un écoulement d'eaux infectes ; de là ce réseau d'égouts et de conduits, sorte de système artériel placé dans le sous-sol de Londres et dont les veines sont partout.
On a proposé pour Paris l'application du système qui consiste à faire circuler l'eau dans toute la hauteur des maisons et à perdre les vidanges aux égouts. La construction d'égouts latéraux à la Seine et l'application des liquides d'égout à la culture par le jeu des machines seraient deux conditions sans lesquelles on aurait à prévoir et la détérioration des eaux de la Seine, et une immense perte d'engrais nécessaires à l'agriculture. Une pareille combinaison de moyens d'assainissement rencontrera bien des difficultés, provenant des terrains et des localités, sans compter celle d'obtenir un fonctionnement régulier par l'ensemble des chasses d'eau et des pentes d'égouts, etc. Quoi qu'il en soit, on ne peut s'empêcher de considérer comme un foyer d'infection toujours menaçant, le réceptacle des matières fécales placé sous le sol même de nos habitations. Les accumulations immondes tendent constamment à vaincre les obstacles qu'on oppose à l'expansion de leur atmosphère. Les rejeter au loin, les perdre au fur et à mesure de leur formation semble une mesure aussi nécessaire que celle de l'inhumation des cadavres à une distance suffisante des habitations. Et quand on sait le nombre énorme de maisons empoisonnées par le méphitisme des fosses d'aisances, quand on peut s'assurer tous les jours dans Paris même que leur vidange, malgré le perfectionnement des méthodes de désinfection et la surveillance de la police, est restée une opération aussi dégoûtante pour les ouvriers que pour les habitants, on ne peut qu'applaudir aux efforts qui auront pour résultat tout à la fois de donner l'eau aux habitations et d'en expulser incessamment le détritus humain. C'est une belle formule que celle du Boarcl of Health : « L'assainissement est l'accord de trois fonctions : distribution des eaux pures, perte immédiate des eaux infectes, et arrosement des cultures. »
Sur l'avis du conseil de salubrité, le préfet de police a adopté, dans son ordonnance du 29 novembre 1854, le principe de l'écoulement direct et permanent dans les égouts des eaux vannes provenant des fosses d'aisances ; il suppose, dans les fosses fixes ou mobiles, la division des matières solides et
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liquides. Les appareils di viseurs s'adaptent aux anciennes fosses ; les nouvelles doivent comporter la séparation des matières. Les liquides, désinfectés rapidement et à peu de frais, pourront, à mesure de leur production, être évacués directement et d'une manière permanente dans les égouts, au moyen d'une conduite souterraine ; à défaut de cette circulation continue, les matières liquides désinfectées, provenant des fosses à proximité des égouts, ne pourront être écoulées dans ces égouts, lors de la vidange qu'au moyen d'une conduite souterraine dont les conditions seront réglées par l'administration ; là où cette conduite souterraine ne peut être établie, on permet l'écoulement des liquides infectés au moyen d'un tuyau aboutissant à la bouche de fégoiït le plus voisin. Si l'éloignement de l'égout ou toute autre circonstance s'oppose à ce mode d'écoulement, les liquides seront déposés au dépotoir. On le voit, ces dispositions de police sanitaire sont un premier pas vers le système anglais ; les fosses avec séparation des liquides et des matières solides sont, en France, le dernier progrès réalisé dans la construction des latrines.
La disposition des cabinets d'aisances contribuera beaucoup à l'assainissement des fosses. Qu'ils soient isolés, éloignés de l'appartement, surtout des chambres à coucher, largement aérés ; que les sièges, de bois dur et cirés, soient garnis à leurs ouvertures de cuvettes à l'anglaise, fermés par une soupape à bascule et communiquant avec un réservoir d'eau. Que le tuyau de chute qui met là cuvette en communication avec la fosse soit de fonte ou de tôle bituminée, et dans les conditions mentionnées plus haut. La ventilation des cabinets d'aisances a donné lieu à deux théories : d'après l'une, le siège seul doit être ventilé ; dans l'autre, le courant d'air, établi du siège au tuyau d'évent, passerait par la fosse. La première a prévalu par cette raison que le contact de l'air extérieur active la putréfaction des matières fécales, tandis qu'elle est ralentie par une atmosphère immobile de gaz azote mêlé de carbonate et de sulfhy d rate d 'ammoniaque.
Pour s'opposer à la diffusion des émanations des latrines dans l'intérieur des appartements, il convient d'isoler le siégea 0m,04 ou 0ra,05 du bord supérieur de la cuvette, en laissant monter les faces de devant et des côtés jusqu'au siège et de mettre l'intervalle en communication avec un conduit d'évacuation des gaz qui s'élève jusqu'au-dessus du toit. Si ce conduit avoisine un foyer régulier de chaleur (tuyau de fumée d'une cuisine) ou si l'on y peut faire passer des tuyaux de circulation d'eau chaude, il s'y produira un appel suffisant ; mais cette ressource manque dans la plupart des maisons privées ; le général Morin conseille alors d'y établir un petit bec à gaz brûlant 30 à 40 litres à l'heure qui, sous l'abri d'un vasistas, servira tout à la fois à éclairer et à assainir le cabinet ; une lampe ordinaire, consommant 15 à 20 grammes d'huile par heure, remplira le même office. Le conduit d'évacuation doit avoir environ 0m,03 à 0m,04 de section ; avec une dépense de 30 litres de gaz par heure, on obtiendra en moyenne une évacuation de 30 mètres cubes d'air par heure, c'est-à-dire l'expulsion de tous les gaz provenant du siège et de son tuyau de
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descente et le renouvellement plusieurs fois par heure de l'air du cabinet avec l'afflux de celui des corridors voisins.
Dans les maisons où il n'existe pas de lieux d'aisances perfectionnés, il faut jeter tous les jours et même deux fois par jour, matin et soir, dans l'orifice du tuyau de chute, un seau (environ 10 litres) de la solution suivante :
Et on lavera les surfaces avec un mélange de 9 litres d'eau et de 500 grammes de chlorure de chaux sec.
A l'exemple de Labarraque, on peut étendre sous les portes une traînée de chlorure de chaux sec, épaisse de 2 centimètres et tendre derrière les portes, sur des cordes, un linge épais trempé dans du chlorure liquide. Le prix élevé des chlorures ne permet guère leur emploi pour la désinfection dos fosses et la préservation des vidangeurs qui y pénètrent; mais on doit exiger, suivant l'avis de Labarraque, qu'une bouteille de chlorure d'oxyde de sodium fasse partie de leurs équipages pour le secours des ouvriers asphyxiés, et que l'on fixe sous le nez et la bouche de ceux qui travaillent à l'intérieur des fosses, des éponges imprégnées d'une solution du même produit.
On a proposé divers procédés pour désinfecter les matières fécales à moindres Irais, en leur conservant en même temps leurs propriétés utiles pour l'agriculture, avantage que n'ont point les chlorures; ils répondent tous à cette double indication : saturer les gaz fétides et utiliser l'ammoniaque.
1° Procédé de Salmon. - C'est le mélange des matières stercorales avec le charbon très-divisé. Il a pour résultat leur désinfection instantanée et complète, et la formation d'un engrais solide, susceptible d'être transporté sans inconvénient et de servir immédiatement à l'agriculture ; mais il répand une poussière noire dans les habitations, il salit les environs de la fosse, et ne sépare pas exactement les substances solides et les eaux vannes. Il est exploité avec succès dans la banlieue.
2° Procédé de d'Arcet, substituant la cendre de tourbe au noir animalisé.
3° Procédé de Schattenmann. — Il a pour base l'emploi de protosullate de fer, qui, agissant sur un mélange d'acide suif hydrique, de carbonate, de sulfhydrate d'ammoniaque, et de quelques éléments organiques, fixe l'ammoniaque à l'état de sulfate et le soufre à celui de sulfure ferreux. Les nouveaux produits ne dégagent plus qu'une faible odeur de fèces et de résidus végétaux qui s'y trouvent contenus en petite proportion ; transportables à de plus grandes distances que le fumier, et délayés dans l'eau sur le terrain, ils constituent un opulent engrais.
4° Procédé de Siret. — On délaye dans 2 kilogrammes d'eau 1 kilogramme de poudre composée de charbon, de sulfate de zinc et de fer; ce mélange est projeté sur les matières à désinfecter. Le sulfate de zinc ne vaut point le sulfate
Sulfate de fer
Acide phénique à 1 100°
800 grammes.
10 litres.
100 grammes.
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ferrique ; les inconvénients du charbon ont été indiqués ; cette poudre est d'ailleurs plus dispendieuse que le moyen de Schattenmann.
5° Procédé de Kraff et Suquet. — Ils appliquent le protôxjde de fer hydraté à la désinfection des matières en séjour dans les fosses d'aisances et à la fabrication de sels ammoniacaux et de la poudrette ; toutefois les produits solides ne sont désinfectés complètement qu'après leur arrivée à l'établissement, où on les réduit en tourteaux solides, compactes et inodores; et c'est aussi là que sont traitées les eaux vannes par la chaux hydratée, qui en dégage l'ammoniaque et précipite les matières animales tenues en suspension. Nous renvoyons, pour de plus amples détails sur ce procédé qui intéresse plus l'hygiène publique et l'industrie que la salubrité des habitations privées, à la description qu'en a donnée Guérard (1); il permet d'établir en quelques heures la dessiccation parfaite des matières fécales solides, et leur conversion en poudrette inodore, infermentescible et d'un facile transport ; tandis que la grossière méthode de Montfaucon, stratifiant les matières semi-fluides, développe une grande surface d'évaporation et de fermentation putrides, qui entraîne, en sus de l'insalubrité sur une grande échelle, le déchet des neuf dixièmes des principes utiles de l'engrais.
6° Procédé de Domange (2) ou vidange atmospliérique. — Ce mode d'extraction a pour unique agent la pression de l'air extérieur : de puissante s pompes pneumatiques qui fonctionnent dans les ateliers de l'établissement, servent à opérer le vide dans des récipients hermétiquement fermés; dès qu'ils sont mis en communication avec les fosses au moyen de tuyaux de plomb, les matières y montent et emplissent les récipients en moins de trois minutes.
La désinfection des matières dans les fosses, avant la vidange, est aujourd'hui obligatoire ; les moyens ne manquent point ; on a indiqué successivement, outre ceux déjà mentionnés : 1° parmi les substances solides, les chaux, le sable, les marnes, les cendres de houille, de bois et de mâchefer, la tourbe mêlée de sous-chlorure et de carbonate de chaux, le salpêtre, les plâtres et les plâtras, les vieux mortiers, les terres calcinées, la sciure de bois, les poussiers de mottes et de diverses écorces d'arbres, le tannin, les résidus des diverses opérations chimiques, tels que les chlorures et les sulfates de soude, de fer et de magnésie, etc.; 2° parmi les substances liquides, le lait de chaux, les lessives de cendres, diverses dissolutions salines, les hypochlorates alcalins, le chlore, les acides sulfureux, sulfurique, chlorhydrique, acétique ou pyroligneux, les décoctions de plantes aromatiques, le goudron, les huiles de schiste et autres, etc. Le principe de la désinfection est l'absorption des gaz délétères, ce qui explique la multiplicité des agents employés : « en grand, toutefois, il est des difficultés qui ont retardé la mise en pratique des procédés réputé les
(1) Guérard, Annales d'hygiène, 1844, t. XXXII, p. 326.
(2) Voyez Annales dïhygiène, 1846, t. XXXV, p. 11.
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plus économiques » (1). Le plus généralement usité dans les fosses mêmes, lorsqu'on doit couler sur la voie publique et qu'il y a lieu d'éviter la coloration noire du sulfate de fer, consiste dans l'emploi du sulfate de zinc parfumé avec l'essence de romarin; s'il s'agit des fosses mobiles, on a recours au sulfate de fer et à l'acide pyroligneux impur, à l'aide de 1 kilogramme de chaque par tonne mobile.
Éloignez de vos demeures les écuries, les étables, les basses-cours : elles répandent des émanations qui sont au moins désagréables par leur odeur. Ces constructions, qui entrent dans le système de beaucoup d'habitations privées, exigent d'ailleurs les mêmes conditions de salubrité : une capacité atmosphérique qui, pour le cheval, le mulet, le bœuf, etc., doit être beaucoup plus grande que celle qui est nécessaire à l'homme ; des ouvertures suffisantes pour l'accès de la lumière et la ventilation; des murs édifiés avec des matériaux secs; un sol disposé pour l'écoulement des liquides et pavé de manière à s'opposer à leur infiltration, etc.; des ruisseaux à pente, des lavages réguliers, contribueront à l'assainissement de ces lieux.
La première de ces conditions consiste dans la ration d'air proportionnée aux besoins des animaux. En comparant les effets de la respiration humaine dans un lieu clos avec ceux de la respiration des chevaux dans des écuries fermées, on trouve qu'un cheval exhale environ trois fois plus d'acide carbonique qu'un homme; Chevreul admet ce nombre comme exprimant le rapport des capacités pulmonaires. On pourrait s'étonner qu'un vétérinaire distingué, Leblanc, s'appuyant sur des expériences, ait fixé à 18 et 20 mètres cubes la ration d'air nécessaire par heure à un cheval dans une écurie close, si Péclet n'avait fixé à 6 mètres cubes par heure celle des enfants dans les écoles. Les règlements militaires ont déterminé la capacité des écuries à raison de 5 mètres cubes par tète d'animal, et de lm,45 environ pour largeur; c'était un progrès, et il a suffi pour procurer, de 1835 à 1858, une diminution de 51 sur 1000 chevaux dans la mortalité par la morve; dans la période décennale de 1848 à 1858, l'ensemble de la mortalité des chevaux par toutes les maladies à subi une diminution de 90 sur 1000. Des expériences poursuivies simultanément pendant plusieurs années dans des régiments de cavalerie, dans des garnisons du nord, du midi et au centre de la France, ont prouvé que les chevaux ont plus de vigueur et de santé dans des écuries dont les portes et les fenêtres, en nombre suffisant, restent ouvertes en toute saison, de jour et de nuit, que lorsqu'on les tient fermées. Des observations concordantes ont été faites sur des étables pourvues d'un grand nombre de têtes de bétail, et l'on a noté ce fait inattendu, qu'elles ont fourni moins de cas de péripneumonie et d'autres affections épidémiques des organes respiratoires que dans la stabulation close. Les vétérinaires les plus autorisés rattachent l'étiologie de la morve chez les chevaux à leur séjour
(1) Rapports généraux des travaux du Conseil de salubrité de Paris, de 1848 a 1848 inclusivement. Pari^, 1855, p. 125.
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dans des écuries trop étroites, humides, où l'air à peu d'accès; les faits de transmission de cette affreuse maladie à l'homme sont une raison de plus pour y dispenser largement l'air pur. Si elles ne sont pas construites de manière à le recevoir sur toute leur longueur et par leurs deux faces opposées, le général Morin conseille de disposer, à partir du plafond, soit au milieu des allées, en cas qu'elles soient doubles, soit au-dessus du passage, en arrière des chevaux, des cheminées d'évacuation en briques ayant 0"Ki,07 à 0'r%08 par tète de cheval; avec une différence de température de 6 à 7 degrés centigrades entre l'air extérieur et l'air intérieur, elles auront une vitesse d'écoulement de l'air deOm,70 par seconde, et procureront à chaque cheval de 180 à 200 mètres cubes d'air par heure, car telle est la fixation actuelle et rationnelle de la ventilation des écuries. La plupart sont éclairées la nuit par des becs à gaz dont la chaleur peut être employée à activer la ventilation, ce qui permettra de réduire la section des tuyaux d'évacuation de l'air vicié.
En cas d'épizootie, il faut s'empresser de faire parquer les bestiaux. Les masses de matière animale et végétale qu'on laisse s'accumuler près des écuries, sous forme de fumiers, couvrent le sol d'excréments et l'imprègnent d'urine; leur fermentation putride donne lieu à des émanations dont la nocuité a été contestée; mais il est remarquable que de nombreuses relations d'épidémies adressées tous les ans à l'Académie de médecine s'accordent à attribuer à la présence des fumiers l'influence la plus fâcheuse. Il sera certainement d'une bonne administration de défendre le séjour des fumiers audelà de deux jours à proximité les habitations. Les chenils, les poulaillers, les pigeonniers, les trous où l'on élève des lapins, ne sauraient être tolérés dans une demeure urbaine; ces réceptacles, dont le bon entretien exige des soins minutieux, et qui finissent toujours par répandre des exhalaisons malsaines, ne peuvent être établis que dans les habitations qui se développent sur une grande étendue de terrain.
§3. ©e rimlHuciice €Ï4\s habitations.
Au point de vue de l'hygiène, l'influence que l'habitation privée exerce sur l'homme et sur la famille n'est autre que celle de l'atmosphère qu'elle circonscrit; or, l'air confiné agit par son humidité, par son volume, par ses altérations, par sa température, par le mode et le degré de son renouvellement.
L — Époque d'entrée.
A quelle époque peut-on entrer sans danger dans une maison récemment bâtie? Marc d'Espine a conseillé d'exposer dans les chambres soigneusement fermées pendant vingt-quatre heures, des bocaux contenant un poids connu de chaux vive récemment cuite et pulvérisée, afin de connaître la proportion de Vapeur d'eau qui a été absorbée pendant ce laps de temps. En expérimentant à
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diverses époques et comparant les résultats obtenus par le même moyen dans les chambres habitées depuis longtemps, il est parvenu, avec le concours du docteur Mayor et de l'architecte Junod, à reconnaître à quelle époque l'air confiné dans les chambres nouvellement construites n'est plus sursaturé d'humidité et permet de les occuper sans inconvénient. Lassaigne(l) s'est applique à résoudre le même problème par l'appréciation directe de la proportion d'eau qui reste interposée dans les parties plâtrées des habitations. La pierre à plâtre contient 20 à 21 pour 100 d'eau de cristallisation ou de combinaison; calcinée sans fusion ignée, elle les perd et constitue le plâtre cuit qui entre dans nos constructions. Le plâtre cuit et pulvérisé, puis solidifié par l'absorption d'une certaine quantité de l'eau froide où on le délaye, et appliqué au revêtement d'une muraille, retient sur 100 parties en poids 36 d'eau ou d'humidité tant libre que combinée; il perd cet excès d'eau par l'exposition à l'air dans un délai qui dépend de la température, des saisons, et â la fin il ne conserve que la proportion d'eau que Ton trouve dans la pierre à plâtre avant sa caicination; c'est donc à 20 ou 21 d'humidité pour 100 dans les plâtres que correspond la salubrité des habitations nouvelles. Le procédé de Lassaigne consiste à prendre, à l'aide d'une vrille ou taraud de 5 à 6 millimètres de grosseur, des portions de plâtre que l'on veut essayer en divers points et à diverses profondeurs de la muraille. Les quantités de plâtre extraites par le forage sont pesées au rouge obscur pendant trois à quatre minutes dans un creuset de platine ou de porcelaine couvert ; un nouveau pesage constate la perte éprouvée par le plâtre calciné et privé d'eau. Voici quelques résultats de Lassaigne.
Plâtre pris à 0m,01 de la surface de la muraille non peinte d'une chambre non habitée, cinq mois après son application :
Plâtre pris à 0m,02 de la surface de la m raille dans la même chambre :
Plâtre pris sur la muraille d'une chambre habitée au sixième étage, extrait à0m,01 delà surface après un an de construction :
Eau
Plâtre sec
Eau
Plâtre sec
A l'intérieur de la chambre, près d'une fenêtre : Eau.
Plâtre sec
(1) Lassaigne. Annales d'hygiène et de médecine légale, 2e série. 1855, t. IV, p. 89.
privée]
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En dehors de la fenêtre, sans contact avec la pluie : Eau 22,7
— — — Plâtre sec. 77,7
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Plâtre appliqué depuis huit jours au revêtement d'une porte extérieure, pris à 0m,01 de la surface de la muraille :
Cette dernière expérience fait voir que par une température moyenne d'environ + 10 degrés centigrades, un intervalle de huit jours a suffi pour évaporer 8 pour 100 de l'eau interposée clans le plâtre, puisqu'au moment de son emploi et peu de temps après sa solidification, celui-ci contenait 36 d'eau pour 100. Lassaigne a été conduit par ses recherches à fixer entre 20 et 22 pour 100 la proportion d'eau sur le plâtre, qui coïncide avec l'opportunité de l'entrée dans les habitations récemment construites.
La masse d'air est en raison directe des proportions de l'habitation et de ses différents compartiments; elle est diminuée par le mobilier et par tous les objets qui, disposés clans l'intérieur des logements, en rétrécissent l'espace : dans l'évaluation de leur capacité, il faut donc tenir compte de tout ce qui constitue l'ameublement, comme aussi des saillies et reliefs des murs et des plafonds ; n'oublions pas de soustraire de la capacité des locaux le volume moyen des personnes qui les habitent. Lassaigne (1) a déterminé directement le volume apparent du corps d'un homme de taille et grosseur moyennes par le déplacement de l'eau dans une baignoire; il a trouvé = 64nt-,24°- ou 0T1 c ,6464. Pour assigner à une maison, à un logement, à une chambre des dimensions conformes à l'hygiène, il importe de déterminer le volume d'air nécessaire, dans un temps donné, à la consommation de l'homme : or, cette recherche exige au préalable la connaissance des altérations que l'air peut éprouver. Toute atmosphère circonscrite contient un certain nombre de principe dont l'analyse chimique constate l'existence et les proportions : ce sont l'azote, l'oxygène, l'acide carbonique, la vapeur d'eau; on y trouve encore des principes variables, les uns définis par leur constitution chimique, tels que l'oxyde de charbone, l'hydrogène carboné, l'hydrogène sulfuré, l'acide nitrique, l'ammoniaque; les autres, d'une nature inappréciable, ou jusqu'aujourd'hui mal appréciés et compris sous la dénomination d'effluves, de
(1) Lassaigne, Recherches sur la composition que présente Pair recueilli à différentes hauteurs dans une salle close oh ont respiré un grand nombre de personnes. {A nnales d'hygiène, 1846. t. XXXVI, p. 300).
m. lévy. Hygiène, 6e édit. 1-57
Eau
Plâtre sec,