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permis de l'espérer, Henri Deville ré assit à les appliquer sûrement au chauffage des générateurs dans la navigation maritime ; déjà il a fait connaître les résultats de ses études sur les huiles minérales de Pensjlvanie, de la Virginie occidentale, sur celles de houille de la Compagnie parisienne du gaz, etc. (1). Ajoutons avec l'abtté Moigno que dans les petites villes et les villages où rétablissement d'un gazomètre serait à la fois difficile et onéreux par l'insuffisance des abonnements particuliers, l'éclairage par l'huile minérale, plus économique que celui du gaz, paraît appelé à desservir les voies publiques, jusqu'à présent plongées dans les ténèbres nocturnes.
Dans l'habitation privée comme dans les ateliers, les huiles minérales donnent plus de lumière et coûtent moins cher que les huiles végétales et les bougies; la lampe Carcel est, tous les avis concordent sur ce point, un des meilleurs systèmes d'éclairage privé ; or, pour qu'elle donne la lumière de cent bougies stéariques, il y faut brûler par heure 532 grammes d'huile de colza épurée, tandis que la même clarté s'obtiendra avec 320 grammes de pétrole d'Amérique : l'économie en poids est d'environ 40 pour 100. Autre avantage : avec des soins assidus d'entretien, une lampe Carcel ou à modérateur baisse en lumière au bout de quatre ou cinq heures de combustion ; la lampe à pétrole verse jusqu'à l'entier épuisement de son réservoir une lumière d'un éclat constant ; mais « il faut que les mèches soient coupées avec la plus grande régularité, et j'ajoute avec intelligence; il faut que l'air où se trouve la lampe soit tranquille, il faut que la lampe elle-même soit trèsbien construite. Hors de ces conditions, la lampe fume ou sent mauvais; l'énorme chaleur développée par la combustion entraîne aisément la fracture des verres à lampe, si l'on pousse trop rapidement la flamme à son maximum (Moigno) ». Le danger des pétroles provient uniquement de lâ grande volatilité de deux des principes constituants de l'huile brute ou mal préparée et de la grande inflammabilité de leurs vapeurs au contact d'un corps en combustion ou chauffé au rouge. Sans ce contact, point d'inflammation. Nul danger dans l'emploi d'une huile qui, versée sur une planche chauffée à 30 ou 40 degrés, ne s'allume pas au contact d'un corps enflammé, ou lorsque la lampe qui la contient peut, étant allumée, être renversée sans que l'huile du réservoir s'allume. Cette double condition est remplie, si dans la fabrication on a soin de mettre à part tous les premiers produits de la distillation dont le point d'ébullition est inférieur à 190 ou 200 degrés, pour les faire servir à d'autres usages (dégraissage, dissolution des vernis, etc.). L'huile qui bout entre 190 et 200 degrés est aussi celle qui éclaire la mieux ; celle qui n'entre en ébullition qu'à 230 ou 340 degrés famé et n'est pas propre à l'éclairage. Nous n'avons pas à décrire les lampes pour l'éclairage à Thuile de pétrole (2); mais une mention est due aux appareils de Mille (gazo-lampe portatif et
(1) Henri Sainte-Claire Deville, Comptes rendus de V Académie des sciences, 10 mars
(2) Voyez Nouveau Dict. de Méd. et de chirurgie prat. t. XII, art. Éclairage.
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fixe) qui utilisent les huiles légères, ne brûlant que leur vapeur mêlée à l'oxygène de l'air, sans aucun mécanisme, par la seule pression atmosphérique; le récipient contient un corps spongieux (morceaux de coke, éponge, etc.) imbibé d'huile minérale; l'air, en le traversant, se charge de vapeurs, s'alourdit et sort, comme autrefois l'huile dans les quinquets, par un tuyau placé au bas du réservoir; au bout de ce tuyau le mélange s'enflamme aussi aisément que le gaz aux becs d'éclairage. Ce mélange d'air (190 parties) et de vapeur (10 parties) peut circuler à tous les étages d'une maison, par des tuyaux de caoutchouc, de fonte ou de plomb, qui partent d'un réservoir disposé à 5 ou 6 mètres de hauteur. Rien de plus simple : pas d'usine, pas de gazomètre, pas de soufflet; l'appareil de Mille peut approvisionner de gaz la machine Lenoir et d'autres moteurs analogues qui facilitent la division du travail industrielle. Le succès est grand surtout pour une très-petite lampe Mille : le petit vase qu'on a rempli d'essence et vidé ensuite, en retient assez pour imbiber une petite éponge d'où la vapeur remonte avec l'air à la mèche placée dans un petit tube de métal qui le surmonte ; le mélange s'y enflamme, la mèche restant presque intacte. Cet éclairage réunit la simplicité, la sûreté et l'économie poussée à sa dernière limite.
4° Le gaz de l'éclairage, gaz hydrogène plus ou moins carboné, a la propriété de brûler avec une flamme dont la blancheur et l'éclat sont en rapport avec son degré de pureté, et en particulier avec la quantité de carbone qu'il retient ; on peut l'extraire des huiles, des résines, du bois, des houilles, des lignites, des tourbes, qu'il suffit de soumettre à l'action d'une chaleur déterminée ; très-généralement on le fabrique, en France, par la distillation des houilles; le prix du coke qui en provient couvre presque entièrement la dépense d'achat de la houille. Dans les pays où la résine est à bas prix, comme en Russie, il sera plus avantageux de le préparer avec cette matière. Des 1786, un ingénieur français, Lebon, établit le premier appareil d'éclairage au gaz; ce n'est qu'en 1818 qu'il fut adopté à Paris, puis étendu successivement à toutes les villes de quelque importance. Le gaz hydrogène circule aujourd'hui dans l'intérieur des maisons; des cages d'escaliers il a passé clans les cuisine, dans les salons; il sert au chauffage des appartements en même temps qu'à leur éclairage ; il intéresse donc l'hygiène privée non moins que l'hygiène publique (1) .
Les huiles grasses contiennent de 75 à 79 parties de carbone, de 11 à 12 d'hydrogène et de 9 à 14 d'oxygène pour 100; décomposées dans les cornues chauffées au rouge, elles donnent de l'hydrogène bicarboné, de l'hydrogène protocarboné, de l'hydrogène pur, des carbures hydrique, sesquihydrique et clihydrique, de l'oxyde de carbone et un peu d'azote ; il se dépose dans les appareils clu charbon et du goudron; les gaz sont recueillis pour la consommation dans un gazomètre; ils s'y rendent à travers une couche d'eau où ils
(1) Voyez. Instruction du conseil de salubrité de la Seine, concernant remploi des Miles de pétrole. Boussingault, rapporteur. 1869.
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se dépouillent d'une partie de l'huile qu'ils entraînent. La houille, soumise dans les cornues à l'action de la chaleur rouge, donne le gaz d'éclairage ordinaire, et, en sus de l'acide sulfhydrique et de l'acide carbonique libres ou unis à de l'ammoniaque et du sulfure de carbone, il se dépose du coke et du goudron. Ce mélange gazeux est conduit au travers d'un tube froid dans lequel il abandonne le goudron qu'il tenait en suspension ; on le fait passer ensuite par plusieurs lits de chaud hydratée pour lui enlever ses acides sulfhydrique, et carbonique et d'autres vapeurs acides; enfin, amené à travers l'eau dans le gazomètre, il y perd un peu de sulfure de carbone, du sulfhydrate d'ammoniaque et de l'huile pyrogénée qui communiquent à ce liquide une extrême fétidité.
Voici, d'après Clegg, une analyse de gaz de houille fourni par une usine d'Angleterre ;
Gaz oléflant (hydrogène bicarboné) 8
Hydrogène protocarboné 72
Oxyde de carbone 13
Acide carbonique. 4
Acide sulfhydrique 3
Plus la température de distillation est élevée, plus la houille donne de gaz, et moins elle laisse de goudron et d'huile essentielle; on ne doit pas dépasser pourtant le rouge- cerise vif ou rouge blanc, pour éviter la décomposition de l'hydrogène bicarboné. Les gazomètres servent à emmagasiner le gaz et à lui donner, pendant la consommation, une pression régulière dont dépend l'uniformité de l'éclairage; ils représentent des cylindres ou de grandes cloches de tôle renversées clans des cuves de maçonnerie hydraulique et remplies d'eau; des contre-poids font équilibre au poids des gazomètres et ne leur en laissent que la quantité nécessaire à la pression qui règle la marche du gaz vers les becs. Un compteur pincé à l'entrée du gaz, dans le gazomètre, indique à tout instant les résultats de la fabrication; un autre compteur fixé à la sortie constate la dépense de gaz. Cette sortie est réglée par l'ouverture de valves ou disques de fonte placés entre deux coulisses, et qui se meuvent à l'aide d'une crémaillère. Sous une pression de 40 millimètres d'eau, le gaz, chassé des gazomètres, parcourt les tuyaux de conduite de fonte avec une vitesse de 26 mètres par seconde; il fait effort contre leurs parois avec une intensité proport ionelle aux résistances qu'il éprouve dans la série des tuyaux, pour en sortir par les orifices du plus petit diamètre. C'est toujours au point de jonction des tuyaux que s'opèrent les fuites de gaz; la perte de gaz qu'elles occasionnent est évaluée annuellement à 25 pour 100; il imprègne le sol ambiant des tuyaux, et quand la fuite est considérable, l'infiltration s'étend à 2in,5 ou o mètres de profondeur; une tranchée faite dans les terres qu'il a pénétrées donne lieu au dégagement d'une odeur infecte : dans des cas rapportés par
privée]
DES HABITATIONS PRIVÉES ET DE L'AIR CONFIi\É.
Parent-Duchàtelet, cette odeur a persisté plusieurs mois, plus ou moins intense suivant l'état de sécheresse ou d'humidité du sol. D'autres fois, le gaz s'échappe du sol, se dirige vers les e goûts qui le conduisent au loin, non sans accidents graves, ou il s'insinue à travers les parois des caves et va se répandre dans toutes les parties d'une maison. Les tuyaux qui l'amènent dans l'intérieur des habitations sont de plomb ; le gaz n'a pas d'action chimique sur eux, et ils n'éprouvent pas d'altération sensible à l'air ; à cause des condensations, il faut établir des réceptacles-siphons partout où il y a des contre-pentes. Les tuyaux sont munis d'un double robinet, l'un à l'extérieur et l'autre le plus souvent au dedans des maisons ; les fuites ont lieu par ces robinets ou par une fissure des parois de conduite; elles se dénoncent par l'odeur de sulfure de carbone, odeur appréciable dans un mélange de 1 millième du gaz d'éclairage avec l'air atmosphérique; nous dirons plus bas les accidents qui résultent de cette extravasation. D'après des calculs établis sur des tableaux de Dumas, un bec de gaz d'huile consomme 38 litres de gaz par heure; il y a absorption de 63 litres un tiers d'oxygène, production de 42 litres et demi d'acide carbonique et de 23sr,810 d'eau. Un bec de gaz de houille consomme 158 litres de gaz par heure, et il y a pendant ce temps absorption de 234 litres d'oxygène, production de 128 litres un tiers d'acide carbonique et de 169sT,66Q d'eau. La quantité de charbon qui se sépare du gaz hydrogène et qui n'est point brûlée est considérable ; elle se dépose sur les objets environnants et elle noircit rapidement les surfaces blanches; on ne peut l'évaluer exactement, de même que l'acide sulfureux, le sulfure de carbone et l'acide sulfhydrique, qui se répandent néanmoins en proportion notable. Payen a trouvé que, sur un bec qui avait brûlé pendant cinq heures et qui avait consommé 15 à 16 litres de gaz, la cuvette du fumivore contenait 24 grammes d'eau et un peu d'acide sulfureux. C'est que la combustion n'est parfaite que dans la partie blanche de la flamme, et ne s'effectue qu'à une certaine distance des orifices; dans la partie inférieure et toujours bleuâtre, le gaz brûle sans être préalablement décomposé; c'est par une décomposition partielle que le charbon se précipite, et son incandescence communique à la flamme la vivacité et le pouvoir éclairant qui lui sont propres (Da vy) : ce pouvoir est représenté par 127, celui de la lampe Carcel étant de 100. Un excès d'air diminue la lumière du gaz; un défaut d'air la rend rougeâtre et sans éclat. Le diamètre utile de la colonne d'air intérieure est de 9 à 10 millimètres; il procure une lumière blanche et moins sujette à fumer. Le gaz s'échappe par de petits trous en jets qui se réunissent pour former une colonne incandescente; sur l'influence du nombre des trous, l'expérience a fourni les résultats suivants :
Becs à 8 trous.
Becs à 10 trous
à 15 trous . à 20 trous, à 25 trous
Becs Becs Becs
Lumière
Dépense ,
Intensité relative
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Le nombre de vingt trous, généralement adopté, est donc le plus productif, et la distance la plus convenable entre ces trous est de trois millimètres.
Guyot, pharmacien à Paris, a inventé un système qui, en permettant I de régler le courant de l'air par la partie supérieure du bec, réalise une I économie de 25 pour 100 dans la consommation du gaz d'éclairage pour la I même quantité de lumière : il consiste en un disque fixé sur le verre au I moyen d'agrafes, avec une ouverture centrale fermée par une soupape à I charnière et servant à l'allumage, pour éviter les explosions par suite du I mélange du gaz avec l'air; au milieu de cette soupape existe un second I disque qui, mobile à l'aide d'une vis, modifie la vitesse du courant d'air I en s'éloignant ou se rapprochant de la soupape. Le mérite hygiénique de I cet appareil est une combustion complète de tous les produits gazeux. I (Voy. Moniteur du 8 mai 1868, Précautions pour la canalisation domestique I du gaz : Ord. du Préfet.)
L'emploi de l'éclairage au gaz, dans les maisons particulières, est subordonné à bien des précautions. En raison de sa grande consommation d'air et des produits que sa combustion répand, tout bec à gaz en activité serait un danger dans un appartement clos et dépourvu d'une ventilation régulière; il l'aurait bientôt dépouillé de son oxygène et chargé d'une proportion énorme d'acide carbonique : c'est donc un mode d'éclairage à bannir des J chambres à coucher. Dans les lieux où régnent de grands courants d'air, comme les magasins, les cours des maisons, les escaliers, l'oxygène qui disparaît par la combustion est promptement remplacé, et l'acide carbonique produit est entraîné au loin ; cependant, par la disposition des magasins, il peut arriver que les gaz délétères qui s'échappent d'un bec d'éclairage soient refoulés dans quelque partie enfoncée, dépourvue de ventilation, comme les arrières-boutiques, les soupentes, les alcôves, l'entresol commu- I niquant avec l'intérieur du magasin, et de là, chez ceux qui y demeurent, I des céphalalgies, du malaise, des étourdissements. etc. Le séjour habituel et prolongé dans de pareils lieux, dont l'air reste chaque soir et toute la nuit plus ou moins vicié, doit influer sur l'hématose, et renforcer la tendance à l'étiolement, à l'anémie, qui caractérise les habitants des rez-dechaussée de Paris. Les personnes qui résident forcément dans des lieux largement éclairés au gaz se plaignent de dyspnée, d'étouffement, de chaleur âcre à la gorge, d'une titillation au larynx, qui provoque une toux sèche et fatigante; les sujets à poitrine irritable, à prédisposition tuberculeuse, s'accommodent le moins de cette atmosphère, et finissent par n'y pouvoir rester I (Briquet). Ces effets sont dus à des substances qui échappent à la combustion, I savoir : l'acide sulfureux, si irritant pour les surfaces muqueuses; le sulfure de carbone, qui a une grande âcreté; l'acide sulfhydrique, dont on connaît l'influence délétère; enfin, la vapeur de charbon, qui, sans cesse aspirée, devient une cause d'excitation pathologique pour la membrane des bronches. Indépendamment de ces inconvénients, le gaz, de l'éclairage, mélangé à l'air
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dans une proportion déterminée, devient explosible, et occasionne des accidents aussi graves que nombreux.
D'après Devergie, le gaz détone aussitôt qu'il constitue la onzième partie de l'air dans lequel est placé un corps en combustion. Les expériences faites à Strasbourg par Tourdes fils et Wurtz (1) démontrent qu'un volume de gaz et cinq d'air produisent une très-forte détonation; que le résultat est le même pour une partie de gaz sur sept, neuf, dix d'air; qu'à une partie sur onze, la détonation est faible et ne s'obtient dans l'eudiomètre que par une forte étincelle; qu'une partie sur onze et demie ne détermine plus ni inflammation ni détonation, mais que le vide se forme avec rapidité : ainsi, au delà d'un onzième plus d'explosibilité ; des lumières peuvent clone brûler dans une atmosphère chargée de gaz sans l'enflammer, et celte circonstance n'indique point l'absence du péril Toutefois, dès que l'odeur du gaz est perçue, il faut s'empresser d'éteindre les corps en ignition; la prudence défend aussi d'entrer avec une lumière dans un appartement où cette odeur est sensible, car sait-on si le gaz n'est pas en proportion suffisante pour détoner, ou si le moment n'est pas proche où, par son accumulation successive, il va devenir explosible? D'un autre côté, l'air cesse d'être respira ble avant que le mélange soit dans les proportions nécessaires pour faire explosion ; pour qu'il arrive à ce degré d'altération, il faut qu'il y ait eu rupture des conduits, ou que le robinet placé dans l'intérieur de l'habitation n'ait pas été complètement fermé. Les cas d'asphyxie, suivis de mort, par le gaz de l'éclairage, sont heureusement rares, malgré la fréquence des fuites. Devergie en a publié le premier exemple (2); Ollivier (d'Angers) en a fait connaître un autre (3). Une catastrophe survenue en 1841 a Strasbourg, et occasionnée par le gaz, a livré aux recherches du professeur G. Tourdes 5 cadavres appartenant à la même famille, et ce médecin légiste en a fait l'objet d'un mémoire qui est un modèle d'analyse médicale. Des faits qu'il a observés et de leur comparaison avec ceux à" Ollivier et Devergie, il conclut que le gaz de l'éclairage n'agit pas seulement sur l'organisme comme simple cause d'asphyxie par la substitution d'un élément non respirable à l'air atmosphérique, mais qu'il est encore doué de propriétés délétères indépendantes de son pouvoir asphyxiant ; que cette influence spécifique se révèle par des phénomènes morbides qui expriment le trouble plus ou moins profond des fonctions du système nerveux, auquel viennent s'ajouter la lésion et l'interruption des fonctions respiratoires. Il résume ainsi les symptômes : 1° invasion insidieuse, prodromes d'une durée variable; 2° céphalalgie, vertiges : 3° nausées, vomissements; 4° trouble des facultés intellectuelles, perte absolue de connaissance; 5° affaiblissement géné-
(1) G. Tourdes, Relation médicale des asphyxies occasionnées a Strasbourg par le gaz d'éclairage. Paris, 1841, p. 60.
(2) Devergie, Annales d'hygiène et de médecine légale, t. III, p. 457.
(3) Ollivier (d'Angers), Ibidem., t. XX, p. 120.
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ral, profonde de résolution des forces, paralysie partielle, convulsions; 6° phénomènes d'asphyxie apparaissant avec lenteur, mais complets et prédominants dans les dernier moments de la vie. Suivant la proportion et la rapidité du mélange du gaz et de l'air, les accidents se prononceront avec plus ou moins d'intensité, marcheront plus ou moins vite. Les expériences faites par Tourdes sur les animaux prouvent qu'à des doses même très-faibles, le gaz manifeste des effets énergiques : à la dose d'un 30e, ils se déclarent après quatre à neuf minutes; à un 75e, la dose insuffisante pour tuer des lapins, leur suscite encore de légers accidents. En général, les animaux soumis à l'action du gaz tombent dans un état convulsif peu durable, remplacé bientôt par un profond affaissement; puis la respiration s'embarasse et s'éteint graduellement : si la proportion du gaz a été faible, l'animal, retiré de la cloche après des accidents graves, revient assez promptement à la vie. Quel est le principe auquel sont dus particulièrement les effets du gaz de l'éclairage? L'acide sulfureux n'est produit que pendant la combustion par la transformation du sulfure de carbone en ce gaz et en acide carbonique: or, les cas d'asphyxie rapportés ont été occasionnés par la fuite ou l'épanchement de gaz non brûlé; elle n'est pas causée par l'acide carbonique qui agit faiblement à des doses où le gaz de l'éclairage donne la mort. Devergie paraît disposé à attribuer un rôle à l'huile empyreumatique; mais les recherches de Tourdes, auxquelles nous renvoyons pour cet objet, portent à croire que le pouvoir délétère du gaz de l'éclairage provient en grande partie de l'oxyde cle carbone; ce que nous dirons plus loin de l'action de ce gaz vient à l'appui de cette opinion.
L'inflammation du gaz produit une quantité considérable de chaleur; pour la déterminer, Criquet (page 35) a opéré sur le gaz de la houille avec le calorimètre de Rumfort, et, le poids cle l'eau ét;;nt converti en son cube équivalent d'air, il a trouvé, par la moyenne de six expériences, qu'un bec qui consomme par heure 138 litres de gaz de houille fait monter 154 mètres cubes d'air de zéro à 100 degrés centigrades, ce qui est énorme. A 0m,33 de distance d'un bec de gaz à houille, dont la flamme de 0ra,029 de diamètre était entourée d'une cheminée de cristal, l'ascension thermométrique a été de 2 degrés; àQm, 162, de 6 degrés.