ATMOSPHÈRE. — HUMIDITÉ
quatre fois par an au Caire. C'est dans les hautes latitudes que les orages sont le plus rares ; ils augmentent de fréquence à mesure qu'on s'approche de l'équateur. La zone intertropicale est le théâtre de leur maximum de fréquence et de furie. Le bas Pérou fait exception à cette règle; et les habitants de Lima ne connaissent pas le bruit du tonnerre. On l'entend moins souvent en pleine mer que sur les continents ; les orages se forment moins aisément dans l'atmosphère océanique que dans celle des continents et des îles ; ils sont plus fréquents et beaucoup plus violents dans les montagnes que dans les plaines ; à la Jamaïque, les montagnes du Port-Royal sont couronnées de nuages tous les jours, entre onze heures et midi, du 1er novembre au 15 avril : l'orage éclate ensuite, et entre deux et trois heures la sérénité reparaît (Hutchinson). D'après Dillwyn, la nature du terrain exerce une influence sur la production des orages; plus répétés, plus forts dans les pays calcaires, ils le sont d'autant moins que le sol est plus riche en mines métalliques. Ce serait, dit Arago, une grande découverte dans la physique du globe que la preuve d'une liaison intime et prononcée entre la nature géologique des terrains et le nombre ou la force des orages.
Arago et Kaemtz ont réuni des documents à l'aide desquels a été dressé le tableau suivant, indiquant le nombre moyen d'orages annuels :
Nertschinsk (Sibérie, 51° 5' lat. N.) 2
Soendmer 3,9
Bergen (60° 20' lat. N.) . . . 8
Irkoutsk (52° 16' lat. N.) 5,8
Stockholm (59° 20' lat. N.) 9,3
Kasan (55° 47' lat. NO 17,2
Moscou (55° 45' lat. N.) . 9
St-Pétersbourg (59° 56' lat. N.) . . . 9,2
Le Caire (30° lat. N) 3,5
Pékin (40° lat. N.) 5,8
Londres (51° 30' lat. N.) 8,5
Athènes (38° lat. N.) 11
Leyde (52° lat. N.) 13,5
Palerme (38° 6' 45" lat. N.) 13,5
Paris (48° 50' 14" lat. N.) 13,8
Tubingue (48° 1/2 lat. N.) 14,6
Utrecht (52° lat. N.) 15
Toulouse (43° 1/2 lat. N.) 15,4
Maestricht (51° lat. N.) 16,2
Strasbourg (48° 1/2 lat. N.) 17
Padoue (45 1/2 lat. N.) 17,5
Berlin (52° 1/2 lat. N.) 18,4
Smyrne (38° 1/2 lat. N.) 19
Buénos-Ayres (34° 1/2 lat. S.) 22,6
Québec (46° 3/4 lat. N.) 23,3
Viviers (47 1/2 lat. N.) 24,7
Guadeloupe (16° 1/2 lat. N.) 37
Abyssinie(13° lat. N.) 38
Martinique (14° 1/2 lat. N.) 39
Maryland (39° lat. N.) 41
Rome (41° 43' lat. N.) 42,4
Janina (39° 30' lat. N.) 45
Rio-Janeiro (23° lat. S.) 50,7
Patna dans l'Inde (25° 37' lat. N.). 53
Calcutta (22° 1/2 lat. N.) 60
Sur les tempêtes tropicales (ouragans, typhons, cyclones) et sur celles de l'Europe, sur la loi des tempêtes par Dove, de Berlin, et sur le lien théorique de ces grands phénomènes avec les conditions de la circulation atmosphérique et des courants maritimes, le lecteur consultera avec charme et profit les belles expositions de Marié-Davy.
k° Les brouillards, nuages suspendus non loin du sol, proviennent du refroidissement subit de l'air au delà du degré nécessaire pour amener la vapeur qu'il contient au maximum de densité. Kaemtz et Ch. Martins admettent des brouillards secs dus à la fumée de vastes tourbières qui, depuis le
282 DES MODIFICATEURS, — CIRCUMFUSA. [hygiène
Zuyderzée jusqu'à l'embouchure de l'Elbe, occupent une étendue de 100 myriamètres carrés, et représentent sur les bords de l'Erns le tiers du pays, dans la Frise orientale et le duché d'Oldenbourg le quart, sur le territoire de Brème et de Verden le sixième. Pour y semer du sarrasin ou de l'avoine, on retourne la terre en automne; quand les mottes de terre et les végétaux qui y adhèrent sont bien desséchés, on y met le feu. Cette combustion, qui commence en mai, juin ou juillet, se continue tout l'été dans quelques cantons; sa durée ordinaire est d'un mois. De là des nuages de fumée épaisse, d'abord isolés, puis confondus en un vaste brouillard d'une odeur spéciale. Les météorologistes admettent que le brouillard des tourbières de "Westphalie peut diminuer la transparence de l'air de Baie, de Paris et de Brest vers le sud, de Copenhague vers le nord. Les volcans en éruption émettent parfois un brouillard sec, formé par une poussière excessivement ténue. Du 1k mai au 8 octobre 1783, pendant l'éruption mémorable de l'Hécla, en Islande, un immense brouillard s'étendit de la Norvège jusqu'en Syrie, d'Angleterre jusqu'à l'Altaï, c'est-à-dire sur un espace de 25 degrés en latitude et de 120 degrés en longitude. La callina des pays chauds est une troisième variété de brouillard sec qui a l'apparence d'une fumée grise ou rousse entourant l'horizon sans affecter l'hygromètre; les objets paraissent indistincts, plus éloignés de l'œil ; le soleil communique une teinte rougeâlre à l'air, et son disque, moins éclatant, nage dans des cercles concentriques qui semblent doués d'un mouvement vibratoire; plus fréquente et plus intense dans le midi que dans le nord de l'Europe, la callina se montre après une longue série de beaux jours. A ces brouillards secs on pourrait ajouter celui que produit le simoun. En octobre 1851 , au moment où je quittai Guelma (province de Conslanline), vers midi et par un très-beau temps, l'horizon prit subitement une teinte terne et rougeâtre, le soleil nous apparut comme voilé par un brouillard : c'était le vent du sud qui projetait au loin, dans l'atmosphère, les sables brûlants et fins du désert.
Les brouillards aqueux se forment au-dessus de la terre ou des masses d'eau, à la faveur d'une différence de température entre celles-ci et l'air atmosphérique. Harvé a constaté expérimentalement ce fait. Un brouillard de 5 pieds flottant sur un ruisseau dont il suivait le courant et dessinait les contours, il a relevé les températures suivantes :
Température de l'eau » -+- 13°, 3
— de l'air au-dessus de l'eau -f- 8%6
— du sol sur le rivage + 7°, 2
— de l'air sur le sol + 9°, 4
L'intensité du brouillard est* en raison directe de la différence de température entre l'air atmosphérique et la surface qu'il recouvre. Les brouillards se montrent surtout le soir et le matin; presque toujours ils sont dus à l'évaporation des lieux où on les observe, mais la vapeur d'eau est quelquefois poussée par
privée] ATMOSPHÈRE. — PRESSION» 283
les vents dans des régions plus froides, et ne se condense visiblement que plus ou moins loin de sa zone d'origine. Les brouillards des grandes villes contiennent des particules carbonacées et de l'acide pyroligneux qui leur communiquent une odeur particulière et des propriétés irritantes pour les yeux et la muqueuse bronchique. De Saussure n'a jamais vu de brouillard sans un développement considérable d'électricité; celle-ci est en raison directe de l'épaisseur du brouillard.
5° Pour ce qui concerne les pluies, nous renvoyons à l'article II de ce chapitre (Des eaux).
6° Le phénomène de la rosée est le même que celui de la précipitation aqueuse sur un verre froid porté dans une chambre chauffée : elle est due à la condensation de la vapeur d'eau produite par l'abaissement de température qui résulte du rayonnement nocturne des plantes (Wells); aussi tombe-t-elle par les nuits calmes et sereines qui activent l'émission du calorique terrestre vers l'espace. D'après Melîoni, la rosée doit être attribuée au séjour prolongé de l'air rendu plus eu moins humide autour de surfaces rayonnantes. Elle est d'autant plus abondante que Sa température est plus basse et l'air plus humide. Comme elle se forme près du sol, elle mouille moins les objets élevés. C'est sur les côtes qu'on l'observe au maximum; elle est plus forte en rase campagne que sous les arbres ou des abris quelconques qui, faisant office d'écrans, interceptent le rayonnement de la terre. Toutes choses égales d'ailleurs, elle humecte plus les plantes que la terre, le sable plus qu'un sol battu, le verre plus que les métaux, les corps organisés plus que le verre.
7° La rosée, en se congelant pendant sa formation, produit le givre, qui est formé de cristaux de glace très-déliés et réunis en masses floconneuses sur les parties supérieures des tiges et des feuilles, parties qui sont le mieux disposées pour se refroidir par le rayonnement. Sous une température inférieure à 0 degré, la vapeur se condense et ses molécules d'eau se cristallisent en étoiles à six branches, dont les formes sont très-variées: c'est la neige, dont la densité varie de 1/3 à i/8. Elle est appelée grésil, quand elle présente des cristaux compactes serrés autour du centre ; le grésil tombe ordinairement dans nos climats à l'entrée du printemps.
y. — Pression.
L'air qui nous entoure pèse autant que 581 000 cubes de cuivre d'un kilomètre de côté (Dumas); il est retenu à la surface du globe par la pesanteur et est entraîné avec lui dans ses révolutions; les couches dont il se compose s'étendent à une hauteur évaluée à 10 lieues de 2288 toises (Péciet). Mais tout ce que l'on a dit sur la hauteur de l'atmosphère est encore sujet au doute; les mesures barométriques et thermométriques sont insuffisantes, car nous ignorons les lois du déeroissement de la température à une grande hauteur, et la nature des particules aériennes soumises à la fois à une faible près-
284 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
sion et à un très-grand froid; nous savons seulement que déjà, entre 15 et 20 kilomètres au-dessus de la surface de la terre, la densité de l'atmosphère est presque nulle (1). Les variations de pression sont indiquées par le baromètre; mais il faut se rappeler que la pression atmosphérique varie, non-seulement d'après la hauteur de la colonne d'air, mais encore suivant les quantités de vapeur d'eau qu'il contient et le calorique qui en écarte les molécules. A la pression moyenne de 76 centimètres ou 28 pouces 7/10 de ligne d'élévation barométrique, chaque pied carré de la surface terrestre supporte un poids de 2216 livres 2/3. Ce poids diminue d'environ 6 1/10 pour chaque ligne d'élévation barométrique. Un homme de stature ordinaire est pressé sur tous les points de sa surface par un poids de 16 000 kilogrammes ou 33 600 livres; une différence d'une ligne dans le niveau du mercure correspondant à une diminution de pression d'environ 140 livres. En général, les variations de la colonne barométrique proviennent des mouvements de l'air qui subit incessamment des alternatives de raréfaction et de condensation, qui s'élève, s'abaisse, se déverse latéralement par l'effet des températures opposées, par la vapeur d'eau qui s'y mêle en proportion variable, etc. Ces variations sont accidentelles ou régulières : les premières, presque insensibles à l'équateur, augmentent vers les pôles ; les autres croisjent des pôles à l'équateur. La moyenne arithmétique de trois observations faites à 10 heures, à 2 heures et à 10 heures, ou bien encore à 10 heures, à 2 heures et à 9 heures, est sensiblement égale à la pression barométrique moyenne, et l'on peut en déduire l'amplitude des oscillations. Kaemtz a fait connaître la direction des lignes isobarométriques déduites des faits connus ; nous renvoyons à son ouvrage (2) et à celui de Marié-Davy, le guide excellent du médecin météorologiste (3). Sous la pression de 0m,76, et à 0° de température, un litre d'air sec pèse lgr,2991 suivant Biot et Arago, et lgr,2995 d'après Dumas et Boussingault.
L'atmosphère est sans cesse ébranlée dans des directions différentes ; outre les fluctuations qu'imprime à ses couches inférieures tout ce qui se meut à la surface du globe, elle se déplace et s'agite dans la totalité de sa masse sous l'influence de causes nombreuses qui se réduisent néanmoins à des variations de pression, dues elles-mêmes à l'inégalité des températures et aux différences de densité qui en résultent dans la série ascendante des couches de l'atmosphère. Sur tout le pourtour du globe une région chauffée au maximum, équateur thermique mobile suivant le cours des saisons, donne naissance à des courants d'air très-chauds qui, parvenus à une grande hauteur, se divisent en deux autres qui se dirigent vers les pôles. En même temps, deux autres nappes se portent en rasant le sol des régions tempérées vers l'équateur (vents alizés) aux
(1) Kaemtz, Météorologie, trad. par Ch. Martins, p. 415.
(2) Kaemtz, Traité de météorologie, p. 858.
(3) Marié-Davy, Les mouvements de l'atmosphère et des mers, etc. Paris^ 1866.
privée] ATMOSPHÈRE. — PRESSION. 285
approches duquel elles se redressent vers les hauteurs de l'atmosphère pour reprendre une direction sensiblement horizontale vers le pôle en se rapprochant de la terre à mesure qu'ils s'éloignent de l'équateur (contre-alizés sup. de Maury). Le tirage équatorial étant régulier, la nappe d'air ascendante est mieux limitée, moins diffuse que la nappe descendante; le circuit sud, plus étendu que le circuit nord, empiète, même en hiver, sur l'hémisphère austral. La régularité de cette circulation aérienne est modifiée par le contre-coup des mouvements des parties de l'atmosphère qui n'y sont pas directement comprises par la décroissance de la température vers les pôles, par les courants qui en sont la conséquence, surtout par la distribution des terres et des mers à la surface du globe et par la rotation de la terre sur son axe d'O. en E. , avec une vitesse qui, nulle au pôle même, est de M 6 lieues par heure à l'équateur, de 273 lieues sur le Zi9e degré de latitude au voisinage de Paris, et de 238 lieues sur le 55e degré près de Newcastle. (Voy. Marié-Davy, loc. cit., p. 115.)
L'hygiéniste étudie les caractères et les effets des vents sur l'organisme, qui dépendent de leur vitesse, de leur direction, de leur température et de leur humidité ; ces deux dernières qualités sont en rapport avec les surfaces qu'ils parcourent et auxquelles ils peuvent emprunter encore d'autres propriétés, des principes matériels plus ou moins nuisibles, car les vents jouent sans contredit un rôle considérable, comme agents de transport, dans la salubrité des pays et dans la pathogénie des affections populaires.
Les divers degrés de vitesse ou de force mécanique des vents sont appréciés empiriquement par les marins qui leur ont appliqué cette série progressive de dénominations : faible, ou petite brise; modéré, ou jolie brise; assez fort, ou brise fraîche ; violent, ou grand frais, coup de vent, tempête, ouragan. L'anémomètre procure des évaluations plus exactes. Celui de Voltmann est une girouette munie de deux petites ailes de moulin qui, par le nombpe de leurs tours dans l'espace d'une minute, fournissent la mesure de la vitesse du vent. Combes, en y ajoutant un moulinet qui fait tourner une roue dentée, l'a rendu propre à déterminer avec précision les vitesses comprises entre 0m,40 et 5 mètres par seconde.
Tableau des vitesses absolues et relatives des vents.
Mètres par heure.
1 800. . . Vent à peine sensible.
3 600. . . Vent sensible.
7 200... Vent modéré.
19 200 . . . Vent assez fort, brise tendant bien les voiles.
26 000... Vent fort (frais).
54 000... Grand frais.
72 000 . . . Vent très-fort (très-grand frais).
81 000. . . Tempête.
97 200... Grande tempête.
129 600... Ouragan.
162 000. . . Ouragan renversant les édifices, déracinant les arbres.
On admet généralement qu'une vitesse de 1 mètre par seconde corres-
286 DES MODIFICATEURS. — C1RCUMFUSA. [hygiène
pond à 0kii,125 par mètre carré, et par conséquent à on demi- kilogramme pour k mètres de superficie. Dans les ouragans à 40 mètres de vitesse par seconde, la pression va jusqu'à 20 ) kilogrammes par mètre carré.
Pour déterminer la direction des vents, on divise i'honzon en quatre parties égales, et l'on a d'abord les vents correspondant aux quatre points cardinaux: avec quatre divisions intermédiaires de plus, on obtient les directions suivantes : N. E., E. S. E. , S. S. 0.,0. N. 0. Les marins en ont adopté seize: ainsi quand le vent souffle entre le nord et le nord-est, ils l'appellent N. N. E. On désigne sous le nom de rose des vents une circonférence divisée en trentedeux parties égaies dont chacune s'appelle un rumb; le vent change-t-ii, on dit qu'il a sauté un ou plusieurs rumbs, Pour plus de précision encore, on a partagé la circonférence en degrés, et quand le vent fait un angle de 30 degrés entre le nord et l'est, à partir du nord, on dit qu'il est N. 30 degrés Ë. Les nuages, les girouettes, indicateurs de la marche des vents, nous avertissent souvent de l'existence de courants opposés dans les couches supérieures et dans les couches inférieures de l'atmosphère. Ce fait, Kaemtz l'a traduit en loi météorologique : « Si deux régions voisines sont inégalement chauffées, il se produira dans les couches supérieures un vent allant de la région chaude à la région froide, et à la surface du sol un courant en sens contraire. »
Les vents alizés, constants ou généraux (voy. Climats chauds), soufflant pendant toute l'année dans la même direction, réguliers seulement en pleine mer, influencés par les côtes et dus à la progression décroissante de la température de I'équateur aux pôles. On les observe sur le grand Océan, sur l'océan Atlantique et dans les régions équatoriales. La bande équatoriale entre 2 degrés de latitude nord et 2 degrés de latitude sud, est la zone des calmes qui est aussi la zone des orages quotidiens, plus rarement celle des tornades, moins violentes que dans l'océan Indien, excepté les parages des Indes occidentales et des Antilles.
Dans le grand Océan, de 2 degrés à 25 degrés de latitude nord, les vents alizés soufflent du N. E. au S. O. ; et, de 2 degrés à 25 degrés de latitude sud, ils soufflent du S. E. au N. O. .Dans l'Atlantique, l'alizé N. E. se fait sentir du 8e au 30e degré de latitude nord, et l'alizé S. E. du 3" degré de latitude nord au 30e degré de latitude sud. La région des calmes est donc limitée entre le 8e et le 30e degré de latitude nord. C'est à la configuration du bassin de l'océan Atlantique que paraît due la propagation de l'alizé S. E. , au delà de I'équateur, dans l'hémisphère nord (Humboldt). Nous renvoyons au précieux livre de Marié-Davy pour ce qui concerne les limites équatoriales et polaires des alizés, leurs extensions et leurs retraits, leurs différences de vitesses, l'influence des continents sur leur direction, le vent alizé supérieur de retour ou contre-alizé, etc.; ils sont l'un des éléments de la grande circulation atmosphérique, et toutes leurs particularités comme leur ensemble traduisent les lois de îa distribution de la chaleur à la surface du globe.
Les vents périodiques annuels, ou moussons (voy. Climats chauds), géné-
privée] ATMOSPHERE. — PRESSION. 287
ralement dirigés en été vers les continents, et pendant l'hiver en sens opposé. Sur l'Atlantique, entre les deux bandes extrêmes qui correspondent à la ligne des calmes, lèvent souille alternativement du N. E. et du S. ou S. S. O. Vers le tropique nord, dans la région comprise entre les extrêmes limites N. de l'alizé, et particulièrement aux Canaries, le vent souille du M. E. en été, et du S. O. en hiver. Ces renversements périodiques du vent constituent de vraies moussons. L'océan Pacifique offre le même phénomène, mais c'est sur la mer des Indes qu'il se produit avec. le plus de force et de régularité. « Au Sud de l'équateur, du 3(>e au 10e degré de latitude sud, et de Madagascar à la Nouvelle-Hollande, l'alizé du S. E. règne pendant toute l'année comme à la surface du Pacifique et de l'Atlantique. La zone des calmes descend en effet pendant notre hiver jusque vers 10 degrés de latitude sud, mais ne dépasse guère celte limite. De décembre à mai les alizés du S. E. s'arrêtent ainsi à 10 degrés sud. Pendant ce temps, au nord de l'équateur, dans la mer de l'Inde et dans le goife du Bengale, de Sumatra à la cote d'Afrique, règne l'alizé du N. E., comme dans les grands Océans... Mais, de même que dans l'Atlantique, l'aiizé du S. E. dépasse la ligne pour s'étendre sur l'hémisphère nord et que dans ce mouvement il rallie progressivement le S. et le S. S. O., de même, dans l'océan Indien, l'alizé du N. E. dépasse l'équateur pour se prolonger sur les 10 premiers degrés de l'hémisphère sud. Il traverse alors des parallèles de moins en moins étendus et par suite animés de vitesses décroissantes; il gagne sur eux de l'avance dans le sens de l'est et se transforme successivement en vents du N. N. E. , du N., du N. N. O. et du N. O. même. » L'inverse a lieu pendant notre été. Le centre d'aspiration s'est transporté sur le continent asiatique; l'alizé du S. E. se prolonge au delà du 10e parallèle sud; il se rapproche graduellement de la direction du méridien en s'avançant vers l'équateur ; puis^ lorsqu'il a franchi la ligne, la décroissance des parallèles le transforme successivement en vent de S. S. O. et de S. O. — Tel est le phénomène des moussons dans sa plus grande simplicité. Sa grande extension provient du saut considérable effectué deux fois par an par la ligne d'aspiration ou par la nappe équatoriaie ascendante (1). »
Sous le nom de vents étésiens (vents d'été), les anciens avaient déjà signalé l'existence de moussons dans la partie orientale delà Méditerranée; ils rendent en été la traversée de France en Afrique plus courte (de l/k pour les navires à voiles, 1/10 pour les vapeurs) que la traversé de retour.
Les brises de terre (nocturne) et de mer (diurne) se lient à la périodicité nychthémère, et ont pour causes les variations thermométriques de l'atmosphère ; régulières entre les tropiques, elles se coordonnent aux taisons dans nos climats, et leur durée suit la longueur des jours et des nuits. Dans les montagnes régnent des brises analogues que Fournet a décrites sous le nom de flux et reflux atmosphériques; elies consistent en un courant ascendant
(1) Marié-Davy, op, cit.9 p, 20â.
288 DES MODIFICATEURS. — CIRCUMFUSA. [hygiène
diurne et un courant descendant nocturne (thalwind, aloup de vent, etc.). Ces courants se forment dans les concavités des vallées et le long des rampes ; leur alternance concourt à un phénomène bien connu de ceux qui ont voyagé dans les montagnes, la condensation des fumées ou des vapeurs autour des sommets élevés pendant le jour, et leur concentration pendant la nuit dans la profondeur des vallées. — Les vents variables, alternant entre eux ou variant suivant les saisons, dominants dans quelques localités, momentanés dans d'autres; ce sont ceux de nos climats tempérés. Fournet a partagé la France en trois zones anémographiques : Région atlantique, le centre, le nord-est, le nord et l'ouest de la France ; vent prédominant, S. 0. ; — Bassin du Rhône, le vent du nord y prédomine; — Région méditerranéenne, subdivisée en partie occidentale où prédominent les vents d'ouest à l'est, et en partie orientale où le vent N. O. l'emporte sur les autres. Les différences de température des saisons influent sur la direction des vents : pendant l'été ils soufflent du côté des mers, et pendant l'hiver, du côté des continents. Schouw a noté que les vents ont en moyenne une direction plus australe en hiver que dans le cours de l'année, et le maximum de cette direction s'observe en janvier. Les vents d'est prédominent suivant lui en mars et en avril ; l'ouest en été, surtout en juillet, et la direction moyenne de cette saison est N. 0. ; en automne, les vents du sud l'emportent. On consultera avec intérêt le tableau dressé par Kaemtz pour indiquer la fréquence relative des différents vents dans un certain nombre de contrées importantes :
France et Pays-Bas . . .
Russie et Hongrie. . . .
Amérique du Nord. . . .
La température des vents dépend de celles des régions qu'ils ont parcourues avant de nous atteindre : ont-ils passé sur des sommets neigeux, sur des glaciers ou sur une vaste étendue de sables brûlants, ils roulent des masses d'air refroidies ou échauffées par ces contacts. On connaît les vents chauds appelés samoun, semoun, simoun, samiel, en Arabie, en Perse, dans presque tout l'Orient; khamsin en Égypte, harmattan dans le Sahara, solano en Espagne, sirocco en Italie. Dans le sud de l'Europe, les vents du nord sont très-froids. Les chiffres suivants précisent l'influence des vents sur la température moyenne de l'air :
Paris 11,76 12,03 12°,39 13°50 43°64 14°93 15*25 15,43
Moscou.... 1,21 1,44 3,44 3,53 4,65 5,40 5,69 5,96
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L'humidité ou la sécheresse des vents est aussi une conséquence de leur point d'origine et de leurs parcours : en général, les vents continentaux sont plus secs que les vents maritimes ; mais ceux-ci peuvent se dépouiller de leur humidité dans une partie de leur trajet qui devient continental, etc. Quant au transport de divers éléments plus ou moins insalubres par l'intermédiaire des vents, il en sera question aux articles Marais, Épidémies, etc.
Compressible, élastique comme tous les gaz, l'air peut être agité par le mouvement total ou partiel d'un corps, de manière à produire des vibrations ondulatoires qui sont l'excitant fonctionnel de l'appareil auditif.