DE LA KOPIOI'IK
à une double blépharite ciliaire étaient associés, sur les deUS cornées, des obscurcissements offrant çà et là des pointa crétacés d'un blanc mat, les uns isolés, les autres rcunis en groupe; ils provenaient de dépôts insolubles mie les solutions de sous-acétate de plomb liquide, dont on avait imprudemment conseillé l'usage lors d'une kératite, avaient laissés dans les cornées. L'expulsion tles collections saturnines, sous l'influence seule des pommades à l'oxyde rouge de mercure , que je recommandai contre la blépbarite, me parut un fait clinique exceptionnel; on sait, en effet, que c'est cà l'instrument qu'on est presque toujours forcé de recourir dans de telles circonstances. J'ai vu, chez plusieurs sujets , des taies, suites d'une phlegmasie, diminuer par le fait d'une seconde phlegmasie oculaire; de telle sorte que, quand j'observe une ophthalmie de médiocre intensité qui envahit un œil, dans lequel l'exercice des fonctions visuelles est gêné par un obstacle kératique peu épais qui masque la prunelle, je suis plutôt tenté de m'en réjouir, trouvant dans cette circonstance morbide un travail qui peut utilement modifier l'opacité cornéale , et apporter dans l'état de la vue un amendement notable. Si c'est, en effet, l'inflammation qui engendre les taies, c'est l'inflammation circonscrite clans de justes bornes qui en triomphe. Les instillations de laudanum , les insufflations pulvérulentes ne fonctionnent-elles pas pour une large part en créant des ophthahuies artificielles?
Observation 6. — Chez Collibert, sculpteur sur bois, dont nous avons publié l'observation en 1847, dans la Gazette médicale , la kopiopie reconnaissait pour cause l;i position excentrique de ses pupilles (corectopie congénitale). Verticalement ovalaircs, comme chez les chats,
"llV TRAITÉ m L\M\U\VSE.
elles occupent à l'un et à l'ai* e œil le segment inférieur de 1 iris , de telle sorte que le diaphragme est imperforé dans ses deux tiers supérieurs environ, et que l'extré, mite inférieure de chaque prunelle est accolée au limbe keratique. J'ai remarqué, chez cet homme, que les paupières étaient fréquemment clignotantes, ce qui me parut provenir du peu de mobilité des iris, qui, ne venant pas régler et modérer l'entrée des rayons de lumière vers le fond de l'œil , semblent abandonner cette fonction aux voiles palpébraux.
On a prétendu que les monstruosités de ce genre étaient inaccessibles aux ressources de l'art, opinion que nous" ne saurions partager. Dans les corectopies par vice de conformation , comme dans les pupilles artificielles excentriques , la détérioration de la vue est liée surtout à ce que les rayons lumineux franchissent les milieux transparents dans des points où la réfraction est moins forte qu'au centre de l'organe. Placez devant ces pupilles un verre convexe , vous suppléez, par la puissance réfringente de cette lentille , à l'insuffisance de la réfraction de la cornée/dont la plus grande convexité correspond au centre des pupilles ordinaires , à celle du cristallin diminué d'épaisseur vers sa périphérie , cà celle enfin de l'humeur aqueuse , dont la couche est plus mince près du bord kératique , par suite du léger rétrécissement antéro-postérieur que subit dans ce point la chambre antérieure. Les verres convexes, n°20, que notre corectopique s'est empressé d'adopter, nous ont paru augmenter le plus la netteté de sa vue; ils lui facilitent l'exécution de son travail, et auront probablement pour résultat de prévenir les conséquences mauvaises que la fatigue qu'il éprouvait aurait pu avoir.
DE LA KOPIOPIE. 25
L'existence d'une cataracte incomplète est susceptible d'amener l'asthénopie , en forçant le malade à ne regarder qu'à travers un voile, ce qui oblige l'organe de se livrer à beaucoup plus d'efforts que si la pupille était librement accessible à la marche des rayons de lumière. L'observation démontre que souvent les verres convexes améliorent momentanément la vue , dans cette circonstance. Les stries lenticulaires fatiguent aussi la vision par un mécanisme d'une interprétation facile. Nous en dirons autant de l'obstacle que place dans le champ visuel une cataracte lenticulaire ou capsulaire centrale, seule ou accompagnée d'une cicatrice à la cornée. Cette association , qui prend fréquemment naissance dans le cours d'une ophthalmie des nouveaux-nés, s'explique par l'invasion d'une ulcération kératique centrale qui s'est perforée , d'où l'écoulement de l'humeur aqueuse et Fadossement de l'iris et de la capsule correspondante à la face postérieure de la cornée. Alors la portion médiane de la cristalloïde , accolée à l'ulcération , reçoit les produits morbides que celle-ci lui transmet, et se tache dans une partie limitée. Plus- tard, la plaie se ferme; le liquide régénéré remplit de nouveau les chambres , et l'appareil lenticulaire reprend sa position primitive ; mais la plaie cornéale a été remplacée par une taie, etjune opacité circonscrite a succédé à la lésion circonscrite de la capsule antérieure , d'où elle a pu se propager au cristallin.
La présence d'une cataracte , d'un staphylôme de la cornée , d'une trichiase , etc., à un œil, entraîne souvent la kopiopie dans son congénère. Nous avons connu des borgnes portant des moignons irrités sans cesse par les cils qui les froissaient, et qui ne se délivraient de la lassitude oculaire à laquelle le globe sain était exposé qu'en