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PHYSIOLOGIE PATHOLOGIOLE DU CERVELET

on peut déjà le supposer d'après la physiologie expérimentale de cet organe, sont soumises à cette règle. Duplouy(') a relaté le cas d'une plaie du cervelet par coup de revolver tiré derrière l'oreille droite : le malade guérit et sa guérison était encore parfaite au bout d'un an. Cependant il y avait eu issue de matière cérébelleuse par la plaie et à aucun moment le malade n'avait présenté un trouble fonctionnel quelconque : il est évident que seul l'hémisphère cérébelleux avait dû être lésé. Il n'en est plus de même quand le vermis est louché primitivement ou intéressé secondairement par la lésion : alors apparaît un phénomène d'importance capitale, qu'on a désigné des noms d'ataxie cérébelleuse, d'incoordination cérébelleuse, de litubation comparable à la titubation ébrieuse. Elle existe dans l'immense majorité des cas où la partie médiane du cervelet est atteinte. Mais certaines observations (Gintrac)(-), (Gribbon)('), etc., concernent des tumeurs développées dans le vermis sans avoir causé ce symptôme caractéristique. Nothnagel insiste sur le fait qu'il s'agit alors toujours de tumeurs à accroissement graduel, car on peut comparer ce qui se passe dans le cervelet à ce qu'on constate dans certaines tumeurs qui peuvent isoler les uns des autres les faisceaux d'un nerf sans les détruire (Graefe, Virchow). Il y aurait écartement sans destruction, ni compression véritable, des éléments cérébelleux. Il n'en reste pas moins acquis que la lésion du vermis, directe ou indirecte, peut seule causer la titubation cérébelleuse.

Le vertige, si fréquent dans les lésions du cervelet, est aussi un signe important de l'atteinte de cet organe. Quoique le plus souvent, quand il existe, on puisse aussi constater l'existence de la titubation, il peut exister seul et le chancellement existe fréquemment sans lui.

Enfin, dans la plupart des observations sont notés une asthénie musculaire plus ou moins profonde, un affaiblissement très marqué de la force musculaire.

On le voit, si l'on rapproche la constatation de ces trois symptômes des données de la physiologie, il n'y a pas de contradiction entre les deux l'ésultats. Les expérimentateurs ont noté la faiblesse, l'incoordination dans la lésion artificielle. Nous les retrouvons dans la lésion pathologique chez l'homme, à cette différence près que nous n'avons plus affaire à une incoordination véritable, mais à un défaut d'équilibre, à une titubation sur laquelle nous reviendrons à propos des tumeurs du cervelet.

Si l'on parcourt les observations de lésions cérébelleuses, on voit notés encore d'autres phénomènes, très nombreux parfois : ils ne dépendent pas immédiatement de la lésion cérébelleuse en elle-même. La céphalalgie, le plus fréquent de ces symptômes, relève de la même cause que les autres douleurs de tète dans certaines lésions de l'encéphale : irritation des méninges ou augmentation de la pression intracrànienne, qui si souvent se traduit par une hydrocéphalie plus ou moins manifeste. Tous les autres symptômes, vomissements, troubles moteurs hémiplégiques, paralysies variées des nerfs crâniens, troubles de la vue, etc., dépendent, quand ils existent, uniquement soit de la compression d'organes voisins (bulbe, protubérance, tubercules quadrijumeaux), soit d'actions à distance pkis complexes et plus difficiles à constater.

Quoi qu'il en soit, sur 167 cas de lésions du cervelet Lussana (') a trouvé

(') DuPLOi'Y (de Rochcforli. Plaie du cervelet. VII' Consfrès français île chirurgie, 5 au 8 avril 180.").

C^) GiNTiiAi;, T. IV, p. 708.

('j GinniiON. Thr Lancet, 18 may 1878.

('*) Lussana. Physiopathologie du cervelet. Arcli. ilal. de Inologie, t. VII, fa^^c. 2, p. 14.5.

[L TOLLEMER.}

MALADIES DU CERVELET

noté 154 fois une incoordination motrice : 17 fois elle n'existait pas. S fois on ne Ta pas recherchée, 8 fois il fui impossible de la constater par suite de complications. Il faut donc conclure (jue le cervelet a un rôle régulateur de Féquilibre locomoteur. C'est le centre où viennent se rendre toutes les impressions d'origine musculaire, visuelle él auditive, capables de guider la marche. De ce manque de renseignements, dont nous avons fait ressortir plus haut l importance dans la fonction d'équilibre, naît la titubation. Le cervelet est une pièce importante du système locomoteur encéphalique, représenté par les corps optostriés, la protubérance, le bulbe et lui-même. C'est le centre de l'équihbre (').

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