‹ Traité de médecine ... [electronic resource]Chapitre 10 sur 156 · POU DU PUBIS · texte numérisé non relu

POU DU PUBIS

Description du parasite. — Le pou du pubis {phthirms inguinalis) ou morpion oiï're à peu près les mêmes dimensions que le pou du corps, quoiqu'il appartienne à une espèce différente ; de couleur gris clair, il a une forme arrondie. Il habite principalement les poils de la région génitale, mais peut occuper toutes les régions pileuses; on l'observe fréquemment sur les poils du tronc et des aisselles; c'est à lui qu'est due la phthiriase des cils('), et on a même constaté sa présence (^), principalement chez les enfants, sur le cviir chevelu où plusieurs auteurs, notamment Kaposi, avaient nié qu'on pût le rencontrer.

Symptômes. — Sa présence se traduit surtout par des démangeaisons, parfois par des papules de prurigo pédiculaire ou par des éruptions d'apparence eczémateuse, plus rarement par des pustules d'ecthyma, toutes lésions dont le seul caractère spécial est la localisation pubienne ou axillaire. Parfois, il provoque des lésions plus étendues, occupant tout le tronc, sous la forme de papules de prurigo, extrêmement nombreuses et entourées de zones érythémaleuses.

Les lésions les plus caractéristiques sont des taches de coloration bleuâtre ou ardoisée, légèrement déprimées, visibles surtout à contre-jour, siégeant souvent au-dessus d'une petite veine, occupant de préférence la face antérieure ou interne des cuisses, la région sous-ombilicale, ou encore la partie latérale du thorax lorsque le parasite a envahi les poils de la région axillaire. Ces taches bleues ou taches ombrées sont loin d'être constantes dans la phthiriase du pubis ; on a cru longtemps qu'elles appartenaient à la fièvre typhoïde, à la fièvre synoque, à la fièvre intermittente, on leur a même accordé une valeur pronostique dans la fièvre typhoïde; elles ont été rapportées à leur véritable origine par Moursou et par Duguet {') : ce dernier a fait voir qu'elles sont dues à l'inoculation sousépidermique d'une substance, véritable venin, sécrétée par un appareil glandulaire situé au voisinage de la deuxième paire de pattes du pou.

Diagnostic. — Le diagnostic de la phthiriase inguinale repose sur la localisation du prurit, sur la constatation des taches bleues et du parasite qui est

(*) JuLLiEN, De la phthiriase des paupières, Bull. Soc. de Dermal., 1891, p. 457.

(^) Trouessard, Phthiriase du cuir chevelu causée chez un enfant de 5 mois par le phthirius inguinalis, C. R. Acad. des sciences, 28 décembre 1891.

(^) Duguet, Sur les taches bleues, leur production artificielle et leur valeur séméiologique. Gaz. des hôpitaux, 20 avril 1880. — Mallet, Étude' sur les taches bleues, historique et recherches nouvelles. Thèse de doctorat. Paris 1881-1882.

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