EMPOISONNEMENT PAR LA NICOTINE
L'action de la nicotine a été surtout étudiée au point de vue de la physiologie expérimentale. Son histoire médico-légale se borne jusqu'à présent à l'affaire Bocarmé, qui a eu un retentissement considérable.
La nicotine est un alcaloïde huileux dont quelques gouttes suffisent pour causer une mort foudroyante. Une goutte déposée sur la conjonctive d'un lapin amène la mort de l'animal en quelques secondes. Chez l'homme, quelques centigrammes de cette substance tuent rapidement. Quand la mort est moins rapide, elle est précédée, comme dans l'empoisonnement par le tabac, de brûlures dans la gorge, de violentes douleurs gastriques, de diarrhée, de convulsions et de coma.
TABAC
A l'autopsie, il n'existe aucune lésion significative. La chimie permet de déceler la présence de la nicotine dans les organes. La nicotine résiste fort longtemps à la putréfaction et on peut la déceler longtemps après la mort. Hugounenq rapporte que Melsens a pu retrouver de la nicotine sur la langue de deux chiens empoisonnés sept ans auparavant par Slas.