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ECZÉMAS DU TRONC

Le tronc peut, dans les eczémas généralisés, présenter des lésions d'aspect varié.

Les parties méi.Hanes du thorax, en avant et en arrière, sont les sièges de prédilection de l'eczéma séborrhéique et en particulier d'une forme cpii a été décrite à propos de ce dernier.

Le mamelon et Varéole sont le siège d'eczémas généralement suintants, fissurés, avec croûtes jaunâtres, pouvant s'étendre plus ou moins sur le reste du sein. Ces lésions sont liées presque exclusivement à la grossesse et à la lactation, lorsqu'elles ne sont pas produites par la gale. L'eczéma du sein doit être distingué de la maladie de Paget, dermatose très nettement différenciée et dont l'évolution naturelle est la transformation épithéliomateuse : dans la maladie de Paget, la rougeur repose sur une base légèrement saillante et infiltrée, elle est limitée par des bords nets, arrondis, polycycliques ; le mamelon se rétracte d'une façon assez précoce. Les eczémas du sein sont justiciables d'un traitement émollient, applications de compresses humides ou de cataplasmes et des pommades à l'oxyde de zinc, etc. ; mais ils ne cèdent qu'après la cessation de la cause qui les produit.

Uombilic est vme localisation assez banale des divers eczémas, en particulier de l'eczéma séborrhéique. Il présente, au point de vue symptomatique et au point de vue du traitement, la plus grande analogie avec l'eczéma des plis.

ECZEMAS DES PLIS

L'adossement de deux surfaces cutanées place le revêtement épidermique de ces surfaces, déjà naturellement moins résistant au niveau des plis articulaires, dans des conditions particulières de chaleur, d'humidité, de contact avec des sécrétions susceptibles de transformations chimiques et de fermentation : ces conditions, qui sont la cause du développement de l'intertrigo banal, modifient également l'aspect et les caractères des eczémas.

Aussi les eczémas des plis sous-mammaires, chez les femmes à seins pendants, ceux des aisselles, du pli des coudes, des régions interfessière,inguino-crurale et

[GEORGES THIBIERGE J

MALADIES CUTANÉES

poplitée, des plis inlerdigitaux des orteils et même parfois des plis interdigitaux des doigts, doivent-ils à leur localisation des caractères communs.

Les plis peuvent être atteints au cours d'un eczéma généralisé ou étendu à une portion plus ou moins considérable du tronc ou des membres ; alors que les lésions des surfaces de continuité ont disparu, les plis restent le siège d'altérations persistantes et souvent longtemps persistantes qui peuvent être le point de départ de généralisations ultérieures.

D'autre part, la localisation de l'eczéma peut se faire exclusivement dans les plis et y rester exclusive; souvent alors plusieurs régions analogues sont prises simultanément ou successivement : ces eczémas systématisés s'observent surtout chez des sujets gras, hyperhidrosiques et uricémiques.

Les eczémas des plis débutent ordinairement par des plaques rouges, occupant d'abord le fond du pli; les vésicules semblent souvent faire défaut en raison de leur caractère éphémère ; elles ne s'observent guère qu'à la périphérie des plaques, en dehors des zones d'adossement des deux surfaces cutanées ; les surfaces eczémateuses ne tardent pas à perdre leur revêtement épidermique et à devenir le siège d'un suintement plus ou moins abondant, d'odeur généralement fétide, qui se concrète parfois en croûtes à leur limite externe, mais qui, sur les parties adossées, demeure fluide et irrite le tégument. Lorsque l'épiderme se reforme, il reste mince, facilement vulnérable et le moindre grattage détermine des excoriations souvent étendues ; pendant longtemps il persiste des fissures plus ou moins longues au fond même du pli; ces eczémas provoquent un prurit généralement intense, qui s'exagère lorsque les sécrétions s'accumulent sur les surfaces malades, et une sensation de brûlure provoquée par les moindres mouvemenls.

Le traitement des eczémas des plis comporte, au même titre que ceux des autres régions, une hygiène alimentaire sévère et la mise en œuvre d'une thérapeutique interne combattant les tendances constitutionnelles du malade. Il est souvent nécessaire, tant pour les guérir que pour en prévenir les retours, de combattre par une diététique et un traitement appropriés l'obésité ou la tendance à l'obésité qui est si fréquente chez ces sujets.

Pendant le traitement et après la disparition des lésions, les malades devront éviter de porter, au contact des surfaces malades, des étoffes imperméables qui exagèrent la transpiration locale ou des étoffes de laine qui, changées à intervalles éloignés, constituent des réserves de parasites et de sécrétions cutanées altérées et irritantes.

Le traitement local consiste en soins de propreté minutieux, en lavages avec des liquides aseptiques ou légèrement antiseptiques ou astringents (infusion de camomille, décoction de feuilles de ronce, de roses de Provins, d'écorce de chêne, etc.), et en applications de poudres inertes et absorbantes, poudre de talc, d'oxyde de zinc, de sous-nitrate de bismuth, etc., à l'exclusion des poudres végétales susceptibles de fermenter : les poudres, qui ont pour effet non seulement d'absorber les sécrétions, mais encore d'empêcher l'adossement des deux parois du pli, seront autant que possible maintenues par un linge fin introduit dans le pli afin de mieux assurer la séparation des surfaces.

Lorsque les phénomènes aigus auront disparu et que le suintement aura aussi cessé à peu près complètement, mais seulement alors, on pourra recourir à l'emploi des pommades à l'oxyde de zinc, au sous-nitrate de bismuth, au dermatol et, plus tard, si l'eczéma persiste, à l'emploi de pommades à l'huile de

LES ECZÉMAS

cade, au goiulon, quelquefois à l'acide pyrogallique et, si le malade est niauifestement séborrhéique, associer le soul're aux goudrons.

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