DIAGNOSTIC DES INFECTIONS A STREPTOCOQUE
La méthode du sérodiagnostic n'étant pas applicable aux infections à streptocoque, le diagnostic bactériologique repose uniquement sur la constatation du microbe avec cette réserve qu'il est souvent nécessaire de discuter si le streptocoque isolé a bien réellement joué un rôle dans révolution de la maladie.
Ainsi le fait de la présence constante du streptocoque à la surface de la cavité buccopharyngée ( Widal et Bezançon) et dans le trac tus intestinal rend singulièrement difficile l'appréciation du rôle joué par ce microbe dans la pathogénie des angines ou des entérites.
Pour les angines, par exemple, si, en prévision de la diphtérie, on a ensemencé l'exsuclat à la surface du sérum de bœuf gélifié, s'il ne s'agit pas de diphtérie, on trouvera toujours, en plus ou moins grande quantité, le streptocoque; le développement de ce microbe sera bien plus intensif si l'ensemencement a été fait sur gélose, et l'on sera tenté de porter, comme c'était la règle il y a quelques années, de ce seul fait, le diagnostic d'angine à streptocoque.
Le jour où il fut bien démontré que le streptocoque est un des microbes constants de la cavité buccopharyngée (*), l'isolement sur les tubes de culture fut considéré comme insuffisant ; il fallut chercher d'autres moyens de diagnostic ; on crut les trouver dans une analyse méthodique des caractères morphologiques ou biologiques du microbe isolé. M. Veillon (2) pensa qu'on pouvait distinguer par l'examen bactériologique le streptocoque qui vit à l'état saprophytique dans la salive du streptocoque patho gène, la constatation du second seule entraînant le diagnostic d'infection à streptocoque. C'est là une opinion que nous n'avons cessé de combattre (5) estimant qu'il n'existe pas de caractères distinctifs suffisants
(*) Widal et Bezançon, Bull, de la Soc. méd. des hôp., 1894, p. 630. (2) Veillon, Thèse de Paris, 1894.
(5) Widal et Bezançon, Soc. méd. des hôp., 13 mars 1896. — Arch. de méd. exp., 1896.